TRAITEMENT DES CALCULS VÉSICAUX
à la production de calculs. Et nous allons plus loin, pour notre part, et nous serions tenté de renverser la proposition en disant ceci : la taille hypogastrique paraît favoriser non seulement la récidive des calculs phosphatiques mais leur formation directe h
Ces conditions favorisantes sont complexes et peuvent varier suivant les cas. Elles nous paraissent être les suivantes :
Si la taille a été faite pour autre chose que des calculs, sur une vessie indemne des lésions qui amènent la précipitation calculeuse de burine, on peut supposer : '
1° Que la taille, surtout si elle reste longtemps fistuleuse, peut permettre l’infection secondaire de la cavité vésicale et réaliser peu à peu ces conditions de précipitation calculeuse ;
2° Ou bien que la taille a permis l’introduction directe de corps étrangers dans la vessie autour desquels la récidive pourra se former (fils de suture, de ligature, débris de gaze iodoformée, poudre d’iodoforme, salol, etc.).
S’il s’agit de récidive calculeuse dans les vieilles vessies malades, les conditions de récidive sont évidemment les mêmes pour la lithotri tie que pour la taille, par la précipitation des phosphates ammoniaco-magnésiens de l’urine alcaline. Mais la taille agit en plus :
1° Par la possibilité de pénétration de ces corps étrangers dont nous parlions ;
2° Par une question de cicatrice vésicale encore mal connue, cicatrice plus ou moins saillante du côté de la cavité vésicale et qui peut favoriser le dépôt des sels calcaires.
1 Voir Lambroschini, Thèse, Lyon, 1897.
TRAITEMENT DES COMPLICATIONS SUR LES ORGANES
D. — Traitement des complications prostatiques.
I. Abcès d© la prostate. — Ils seront ouverts suivant les règles générales applicables à toute suppuration prostatique.
On doit rejeter en principe, à l'heure actuelle, les ouvertures par l’urèthre ou par le rectum.
L’ouverture par Y urèthre est faite à l’aveugle, au petit bonheur, avec le bec d’une sonde; elle peut notamment siéger à la partie supérieure de la poche purulente, qui forme clapier dès lors, et dans laquelle l’urine s’accumulera plus ou moins, d'où des suppurations interminables et des fistules uréthro-prostatiques rebelles.
L’incision par le rectum pourrait être réservée à des collections venant bomber d’elles-mêmes du côté du rectum, limitées à la prostate, sans tendance à la diffusion, et pour lesquelles un coup de la pointe du bistouri, enveloppé de diachylum sur le reste de la lame, suffit à évacuer la collection. Et cependant la voie rectale a aussi bien des inconvénients : elle permet l’accès de la poche par les matières fécales, et la production de fistules prostato-rectales, ou même uréthrorectales, quand l’abcès s’est également ouvert en partie du côté de l’urèthre; elle est souvent insuffisante à drainer efficacement la cavité de l’abcès, d’où des fusées purulentes secondaires; enfin, elle expose à de graves hémorrhagies et plusieurs faits connus dans la science témoignent dans ce sens. Le danger de ces hémorrhagies vient surtout de ce qu’elles ne forcent que tardivement le sphincter et peuvent passer inaperçues, sous forme d’hémorrhagies internes 1.
1 La voie rectale a cependant été trop abandonnée. C’est l’avis de Routier