TRAITEMENT DES COMPLICATIONS PROSTATIQUES
II. Calculs prostatiques. — Nous avons vu qu’il doit être réservé seulement, aux cas des calculs prostatiques qui peuvent devenir volumineux. D’une façon générale, l’opération doit être proposée :
1° Quand le calcul a amené par sa présence des accidents inflammatoires (abcès ou fistules) ;
2° Quand il détermine du côté de la vessie ou de l’urèthre des accidents de rétention ou de dysurie ;
3° Quand il fait une saillie notable du côté du rectum, amène de la gêne de la défécation, du ténesme rectal, etc.
Il faut du reste éviter de le laisser tomber spontanément dans le rectum, car il peut en résulter des fistules urétro-rectales rebelles.
On peut évidemment chercher à extraire les calculs prostatiques pointés ou tombés du côté de l’urèthre, en se servant des extracteurs conseillés pour les corps étrangers de l’urèthre en général, et des brise-pierres uréthraux.
Mais nous n’hésitons pas, sinon à repousser, au moins à restreindre considérablement leur emploi. Chez nos malades, les manœuvres uréthrales ne seraient pas souvent commodes, à cause des difficultés mêmes du cathétérisme. Ce sont en outre là des interventions à l’aveuglette encore, de hasard, surtout dans cette région profonde du canal. On peut réussir, et on a souvent réussi, à extraire ou à fragmenter une pierre logée dans l’urèthre prostatique ; mais on est obligé d’y revenir souvent, à plusieurs reprises, de faire souffrir son malade, de le faire saigner en pinçant la muqueuse en même temps que la pierre ; on risque aussi d’amener des
l’ouverture de ces abcès. Au lieu de l'incision en croissant, il prolonge simplement l’incision médiane sur le raphé-périnéal, jusqu'au voisinage de l’anus.
464 TRAITEMENT DES COMPLICATIONS SUR LES ORGANES
accidents fébriles; enfin, la plupart du temps, on n’enlève pas toute la pierre ou toutes les pierres. Après une accalmie passagère, les accidents repiquent et on est forcé cl’en venir à la véritable méthode, sûre celle-là et innocente, à l’extraction directe par la voie périnéale1 .
Les premiers temps seront les mêmes que pour une taille prérectale.
Une fois la prostate bien dégagée du rectum sur toute l’étendue de sa face postérieure, on. incise délibérément son tissu pour en extraire le ou les calculs.
Le calcul peut être senti la plupart du temps par le doigt à travers la prostate non encore incisée. Alors on incisera directement sur lui.
S’il y a des calculs multiples, on débarrasse toutes les loges qu’on sent remplies de concrétions.
Dans les cas d’abcès ou de fistules, on peut se servir de l’exploration de celles-ci avec un stylet pour arriver plus directement sur le calcul; puis on nettoie les trajets et les poches à la curette, et on draine largement par le périnée en le laissant ouvert.
E. — Traitement de l’urétéro-pyélo-néphrite.
I. Rareté des indications d’un traitement chirurgical. — Le traitement chirurgical des complications ascendantes de l’urétéro-pyélo-néphrite ne se pose pour ainsi dire pas chez les malades que nous étudions ici.
1 II ne peut s’agir de l’extraction par incision rectale que dans des cas tout à fait exceptionnels, quand le calcul petit pointe nettement de ce côté, et qu’on suppose par exemple pouvoir l’extraire par une toute petite boutonnière, sans risquer trop une fistule rectale secondaire.
TRAITEMENT DES COMPLICATIONS RENALES
Les lésions sont toujours bilatérales, quoique pouvant être inégalement développées des deux côtés, et on n’a guère ici la ressource qu’offre un côté resté sain aux grandes opérations faites sur les voies urinaires supérieures, chez d’autres malades que les vieux urinaires dont nous nous occupons. En outre, ces malades sont des gens âgés, affaiblis, qui ne supportent guère les opérations chirurgicales brillantes, mais graves.
Enfin, nous avons vu que, pour ce qui concerne l’appareil rénal en particulier, on n’a guère cpie des lésions de néphrite suppurée diffuse ou de pyélite ouverte chez nos malades; on ne trouve pas la tumeur rénale, l’abcès fermé typique de l’hydronéphrose tuberculeuse ou calculeuse, par exemple. Pour ces principales raisons, les opérations comme la néphrotomie ou la néphrectomie, la pyélotomie, l’urétérectomie, etc., ne trouvent pas ici leurs indications, et nous n’avons pas à discuter leur emploi.
IL Cathétérisme urétéral. — Pourra-t-on essayer, au moins, dans les cas d’urétéro-pyélite bien confirmés le cathétérisme thérapeutique des urétéres, dont la technique a été considérablement perfectionnée dans ces derniers temps par Albarran? Nous ne pensons pas que cette méthode, qui peut donner ailleurs de si bons résultats, et qui a sûrement de l’avenir, soit bien pratique et bien efficace chez nos malades.
L’introduction et la manœuvre facile des instruments appropriés sera le plus souvent ici rendue très difficile, parfois impossible, à cause des obstacles prostatiques ; et, d’autre part, il ne faut pas oublier que ces sujets sont très sensibles aux explorations et aux manœuvres
traitement des complications sur les organes.
prolongées sur leurs voies urinaires. Ce serait d’ailleurs traiter, en vidant et en lavant simplement les uretères, un tout petit côté de leur affection, ce ne serait pas traiter les causes véritables et primordiales de leur complication ascendante, qui est la maladie vésicale; tant que celle-ci ne sera pas guérie, les lésions ascendantes persisteront ou se reproduiront, même si on aura été assez heureux pour les améliorer directement. Somme toute, ce n’est pas chez les prostatiques que le cathétérisme des uretères donnera des résultats thérapeutiques bien positifs, même si l’instrumentation arrive à être bien perfectionnée et d’emploi bien pratique.
III. Traitement médical. — On devra, en dernière analyse, se rabattre sur le traitement de la vessie chez nos malades; si les lésions ne sont pas encore trop anciennes ou trop avancées, si on parvient à désinfecter la vessie et à guérir la cystite, les lésions ascendantes s’amélioreront d’elles-mêmes, d’autant mieux qu’ici, encore une fois, le pus ne reste guère emprisonné dans les urétères ou le bassinet et s’évacue de façon assez régulière par les voies urinaires inférieures.
On devra aussi, bien entendu, dans les cas où les douleurs rénales sourdes, les accidents du côté des voies digestives, etc. , indiqueront l’urémie chronique, et à fortiori quand l’urémie prend une forme aiguë, agir par tous les moyens médicaux en usage pour les cas semblables ; d’abord les décongestifs et les révulsifs, sangsues dans le triangle de J.-L. Petit (conseillées dans l’urémie aiguë par J. Renaut, de Lyon), ventouses sèches ou même scarifiées, cataplasmes sinapisés, pointes de feu superficielles sur la région lombaire; puis, les déri-