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Il y aurait eafia à étudiei: un dernier mode de déflegmation que nous appellerons déflegmation idéale. Il repose sur des données plus compliquées, mais produit des résultats d'autant plus simples. Qu'on imagine un tuyau traversé dans un sens par le courant continu de vapeur et en sens opposé par celui du liquide condensé, et qu'on suppose aussi que les parois se refroidissent successivement en suivant la direction de la vapeur dans le tuyau. La transmission de chaleur par les parois est, du reste, si grande à la moindre différence de température » que Ton peut admettre que, dans chaq^ue coupe traasversale du tuyau, le liquide aussi bien que la vapeur ont la température correspondant à cette section. La proportion du liquide condensé, par rapport aux vapeurs qui lui ont donné naissance, suivra les règles de Grôning ; elle augmentera suivant la quantité d'alcool dont les vapeurs se seront enrichies.
Pour mieux nous rendre compte de la puissance des divers modes de déflegmation que nous venons de décrire prenons un exemple de chaque cas :
1° Déflegmation dans \m espace fermé , Dans ce cas, si Xox\ prçrid une vapeur renfermant 70 % d'alcool en volume . ce ne seront que les dernières parties condensées qui atteindront la richesse de 89 % en vol. (voir le 2' tableau du paragraphe de la distillation simple) ;
2** Déflegmation avec élimination constante du liquide condensé. D'après le dernier tableau de 889 kilos d'une vapeur renfermant 69.2^/0 d'alcool en vol., il n'en reste que 5 12, soit 0,576 par unité de poids, après que sa richesse s'est élevée par condensation à 89 7o en volume. Le liquide condensé renferme 36,8 % d'alcool en vol.
3° Déflegmation idéale. Dans ce cas, 1 kgr. de vapeur à 69.2 ®/o d'alcool en vol. est réduit à 0,673 kgr. après que la richesse de cette vapeur s'est élevée par condensation à 89 ®/o. Le liquide condensé renferme 18 % d'alcool en vol.
Si l'on voulait simplement se baser sur ces chiffres pour calculer la puissance des déflegmateurs industriels, on s'exposerait à un séripux mécompte, les résultats qu'ils pourraient donner étant bien au-dessous de ceux que nous venons d'indiquer. On a , en effet , à tenir compte dans la pratique de ce qu'une section qui serait faite transversalement à travers les couches de liquide et de vapeur, n'au-
rait nullement partout la même température» En général, la température augmentera constamment de la surface réfrigérante à celle du liquide avec lequel elle est en contact, et de là au centre du courant de vapeur. Ce ne sont que les couches de liquide et de vapeur qui se touchent, qui ont la même température et obéissent aux règles de Grôning et, à mesure que les vapeurs s'éloignent du liquide, elles ont une température plus élevée et sont moins alcooliques. Quanta la force alcoolique du liquide condensé, elle augmente et diminue en allant de sa surface à celle de l'appareil réfrigérant, suivant que les courants de liquide ou de vapeur marchent dans la même direction ou en sens inverse. Il se forme, du reste, aussi bien dans la couche de vapeur que dans celle de liquide, des courants de diffusion qui tendent à atténuer les différences dans la force alcoolique des diverses parties et qui , joints au rayonnement et à la conductibilité, aident aussi à égaliser la température.
Ces différences ne peuvent naturellement être complètement effacées tant que la cause qui les produit pendant la réfrigération n'est elle-même supprimée.