‹ Traité de la fabrication de l'alcoholChapitre 104 sur 154 · De la Dèflegmatim · texte numérisé non relu

De la Dèflegmatim

On appelle dèftegmation l'opération consistant à enrichir les vapeurs alcooliques en en séparant, par refroidissement, un liquide plus faible en degré.

La déflegmation n'est en somme que l'inverse de la vaporisation (1). Aussi, Tétude que nous avons faite dans le paragraphe précédent de la distillation dans un espace fermé, n'a-t-elle besoin que d'être prise à rebours pour nous faire comprendre ce qui se passe pendant la déflegmation. Si, par exemple, on soumet à un refroidissement lent et régulier 1000 kilos d'une solution alcoolique à l'état de vapeur, à 88,7® C. de température, et renfermant 70 % d'alcool en volume, sous une pression atmosphérique constante, on doit obtenir les mêmes chiffres que dans le tableau précédent, mais naturellement dans un ordre inverse. On pourrait, cependant, objecter à cela que ces vapeurs à 70 % d'alcool en volume n'étant pas en présence d'un liquide bouillant renfermant 18.7 % d'alcool en vol., pourraient parfaitement ne pas être à l'état de saturation, mais être surchauffées , ce qui leur permettrait de pouvoir être refroidies sans qu'il se produise une condensation. Par le fait, nous n'aurions pas pu prouver dans le paragraphe précédent que les vapeurs sont par elles-mêmes à l'état de saturation, mais ce que l'on peut avancer avec certitude c'est que, dans tous les cas pratiques, les vapeurs entraînent toujours avec elles une quantité plus ou

(i ) Maercker ne doit pas cacher ici que Pampb ne partage pas son opinion sur ce point (voir la ZeitschriftfùrSpir. ind. 1885, p. 415). Ce constructeur dit dans cet article qu'il est arrivé a la conviction qu'il n'est nullement exact que les vapeurs alcooliques, refroidies à une certaine température, se décomposent forcément en un liquide moins alcoolique et en vapeurs plus riches, mais que ce phénomène ne se produit, au contraire, que lorsque la condensation d'une partie des vapeurs est suivie d'une nouvelle vaporisation. Peu importe, du reste, que cette opération ait lieu dans le déflegmateur ou dans le rectificateur. Le cadre de cet ouvrage ne permet pas à Maercker d'engager une polémique sur ce sujet, mais il importait cependant que cette manière de voir y fut signalée.

moins grande de gbuttelenes de liquide qui, dans l'exemple dont nous nous occupons, renferment 18.7 •/„ d'alcool en volume. Nous pourrons alors considérer la défiegmation comme une aspiration, par le liquide, de certains éléments des vapeurs , aspiration qui rétablit l'état de saturation détruit par l'abaissement de temperature. Cette explication permet de se rendre compte de l'action des déflegmateurs dans lesquels le liquide rétrogradant et les vapeurs formées, suivent le même chemin et restent, par suite, pour ainsi dire, constamment en contact.

Une autre hypothèse que l'on peur examiner est celle où le liquide condensé serait éliminé dans la mesure même dans laquelle il se condense. Dans ce cas comme dans celui de la distillation simple, le liquide formé pendant la séparation sera seul en présence des vapeurs ; cette séparation se fera donc suivant les règles de GKÔNiNâ. Si, maintenant, procédant d'une %on analogue à ce que nous avons fait dans le cas de la distillation simple, nous admettons qu'un refroidissement qui, par exemple, élève la richesse des vapeurs de 64 à 66.8 % d'alcool en vol., a pour effet une condensation dont le produit renferme environ iS"/» d'alcool en vol., c'est-àdire la quantité correspondant â la condensation d'une vapeur ren-

64-1-66.8 fermant : — =: 65.4 **/,, d'alcool en vol., nous obtiendrons, en

poursuivant le calcul, le tableau suivant faisant le pendant à celui que nous avons établi dans le premier cas.

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