Réfrigérants
Le système de réfrigérant le plus ancien et qui est employé encore dans nombre de distilleries, consiste dans un serpentin en cuivre plongé dans un vase plein d'eau, ainsi que le représente la Sg. 201. Primitivement, on faisait le réfrigérant assez grand pour que le serpentin n'en occupât que la partie inférieure et pour qu'il existât au-dessus un espace entièrement rempli d'eau. On obtenait de cette
F)g. loi. Fig. loa.
façon une réfrigération plus complète, le fond du vase étant toujours occupé par l'eau la plus froide, tandis quecelle qui s'était chauffée au contact des vapeurs, s'élevait à la partie supérieure. Ces réfrigérants étaient installés, sans exception, en dehors des bfltiments ; on les appliquait généralement conlre un des murs de la distillerie. On pouvait ainsi, pendant les mois froids de l'année, laisserl'eau se refroidir pendant la nuit et s'en servir de nouveau le lendemain pour la condensation.
L'utilisation del'eau froide dans ces réfrigérants n'était cependant pas complète, car il y avait dans le centre du vase toute une zone d'eau ne touchant pas le serpentin On a remédié, dans une certaine mesure, à cet inconvénient en apportant à la construction du rélrigérant la modiâcarion représentée par la fig. 202 et qui consiste en \ ^ f n ce qu'un second vase, autour
duquel se déroule le serpentin, est placé au milieu du premier. Cet appareil utilise l'eau froide d'une manière plus complète.
Ces réfrigérants sont d'ailleurs toujours plus abandonnés, par suite de leurs dimensions colossales qui les rendent peu commodes, et des frais d'entretien qu'ils exigent; aussi, trouve-t-on.
presque sans exception, dans toutes les nouvelles distilleries , des réfrigérants plus perfectionnés dont nous allons décrire quelques types.
Le réfrigérant le plus employé, et qui est représenté Fig. ïoî a, Fig. 304 a. pa"" 'a fig. 2o3. se compose
d'un système de tubes étroits enfermés dans un vase cylindrique long et étroit, et qui est rempli d'eau. Les coupes 2o3 a et 2o3 * permettent de
„ . ,-- . se rendre aisément compte de
Fig. 303 b. Fig. Ï04 b. , ^ , *^ „
la marche des vapeurs : elles entrent en A dans le système de tubes, et le liquide condensé s'écoule en B. L'eau froide servant à la condensation entre dans le bas de l'appareil en C et ressort en D ; elle marche en sens contraire des vapeurs. On emploie aussi fréquemment le réfrigérant annulaire représenté par les fig, 204 a et 204 â. Cet appareil se
compose d'un&ou de deux capacités aanulaires placées dans un vase cylindrique pareil à celui du réfrigérant à tubes. Les vapeurs arrivent dans ces capacités annulaires et se condensent sous l'action de l'eau froide qui en baigne les parois ; leur marche ainsi que celle de l'eau froide sont indiquées dans les coupes 204 a et 204 k.
Le réfrigérant de Theisen est analogue à celui que ce même constructeur construit pour les moûts.
Fig, 105.
Cet appareil se compose de deux plaques de cuivre ondulées,
boulonnées entre elles, et dont l'écartement diminue de haut en bas.
Ces plaques de cuivre sont entourées d'un manteau en fer forgé , ei
c'est entre ces deux enveloppes que coule de bas en haut l'eau h^de
servant à la condensation. Des lamelles rivées aux parois du manteau extérieur obligent l'eau à couler le long des plaques de cuivre.
Les vapeurs alcooliques entrent par an tuyau spacieux dans l'espace compris entre les deux plaques de cuivre. Ce tuyau débouche à la partie supérieure de l'appareil, c'est-à-dire à l'endroit où les plaques de cuivre sont le plus écartées ; les vapeurs descendent alors entre les deux parois qui vont toujours en se resserrant, et se condensent de plus en plus. Elles marchent en sens inverse de l'eau froide, et l'alcool condensé se réunit au bas de l'appareil, à l'endroit oti l'eau est la plus froide.
Le tuyau amenant les vapeurs alcooliques est muni d'un presseétoupe, à son entrée dans le réfrigérant, pour que l'eau ne puisse pas pénétrer dans l'espace qui leur est destiné. Ce tuyau aboutit dans un autre tuyau b très large et affectant la forme demi-circulaire.
L'alcool se trouve encore à l'état de vapeur dans la zone b b\ tn c, il est condensé, c'est-à-dire à l'état liquide ; il se rassemble dans un nouveau tuyau demi-circulaire et s'écoule par le tube d. L'eau froide entre dans l'appareil en e, s'élève sous pression entre les plaques de cuivre et l'enveloppe en fer forgé, et s'écoule en^. Pendant cette ascension, des diaphragmes h obligent l'eau à couler le long des plaques ondulées ; g est la sortie de l'eau chaude.
Cet appareil dépense relativement peu d'eau, car, d'après tVittehhôfer, l'eau s'élève, pendant son fonctionnement, de lo^C.à 77® C , c'est-à-dire de 67®, tandis que dans des essais faits à la distillerie de Biesdorf, on a constaté que l'eau chaude sortant du réfrigérant à tubes de Christoph n'avait que 63** de température. L'appareil de Theisen utiliserait donc mieux l'eau.
4. Ëproupeites ou systèmes adoptés pour ricoulement de F alcool.
Les constructeurs ont donné à l'orifice d'écoulement de l'alcool diverses dispositions qui ont pour but de protéger l'alcool contre les dangers d'inflammation et , en même temps , de permettre de contrôler constamment le degré de l'alcool qui coule, au moyen d'un alcoomètre. On appelle cette partie de l'appareil : Yèprouvette,
Le genre d'éprouvette qui est le plus répandu en Allemagne, tel que le construit, par exemple» C. Heckmann de Berlin, est celui
qui est représenté par la figure 206. L'alcool condensé arrive dan l'éprouvette par un tuyau qui se dirige d'abord vers le sol, puis remonte verticalement, et débouche dans une cuvette recouverte d'unecloche en verre. Ce tuyau, dans lequel plonge l'alcoomètre, a ses bords recourbés. Un tuyau d'air surmonté d'une cloche permet aux gaz, principalement l'acide carbonique, qui sont entraînés à travers le réfrigérant et qui risqueraient de briser l'alcoomètre, dese dégager. Ce tuyau d'air a été la cause de bien des explosions et des incendies, aussi est-il prudent de le conduire jusqu'à l'extérieur.
Dans la province de Posen, cette précaution est prescrite par les règlements qui régissent les distilleries.
On ne peut pas nier qu'en dehors de ce tube â air, la non-étanchéité des tuyaux et des appareilsnesoit la source de bien des dangers d'inflammation; c'est pourquoi il faut, autant que possible, éclairer les distilleries de l'extérieur, à travers des baies devant lesquelles on place des lumiËres munies de réflecteurs.
Il faut rechercher la cause d'un grand nombre d'explosions dans le phénomène suivant: quand on arrête un appareil , les vapeurs
qu'il renferme encore se condensent ; il se produit un vide dans l'appareil, et, par suite, une aspiration d'air. Quand alors on remet l'appareil en route, cet air, saturé de vapeurs alcooliques, est chassé de l'appareil et se répand dans l'atmosphère de la salle où il peut produire des explosions, s'il s'enflamme. On peut amoindrir ce danger en ayant soin de refroidir fortement lorsqu'on met de la vapeur dans l'appareil, mais on ne le conjure pas complètement.
Nous ne décrirons pas l'éprouvette de Savalle, bien connue des distillateurs français, qui permet de mesurer d'un coup d'celi la quantité de liquide qui s'écoule et de séparer les produits impurs de l'alcool.