‹ Traité de la fièvre jaune (volume 2)Chapitre 3 sur 22 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

o'iL est vrai que les maladies dont Thompie peut être la victime ont entre elles des rapports plus ou moins grands, se rapprochent par des traits plus ou moins saillans, qui permettent de les enchaîner les unes aux au-» très, et de les ranger toutes sous un même système nosologique ; il est bien plus vrai encore que chacune d'elles a des caractères propres , qui n'appartiennent qu à elle seule, qui la distinguent de toutes les autres, et qui forcent ainsi à l'étudier séparément, La nécessité des nosologies peut être contestée; elle l'a été plusieurs fois, et par des hommes qui font autorité en anédecine; la nécessité des traités spéciaux ne l'a jamais été, elle ne peut l'être. L'objet de la médecine n'est -il pas, en effet, de prévenir ou guérir les maladies ? Et comment pourrait-on le remplir, si on ne connaissait à fond ces maladies? si on nelesavait

étudiées jusque dans leurs plus petits détails , dans leurs causes, leurs symptômes et leur traitement? si on ne les connaissait^ en un mot, que par ce qui peut en être appris dans une nosologie, pût-oa la supposer parfaite? La nécessité des traités spéciaux est donc incontestable ; elle a été si généralement sentie , qu'il n'est peut-être pas de maladie sur laquelle on n'en ait fait plusieurs; et entre autres, la fièvre jaune, dont je vais m'occuper, en a fait naître un grand nombre. Comme quelques-uns jouissent d'une réputation justement mé* ritée; comme j'ai d'ailleurs, moi-même, fait déjà paraître deux écrits pour faire connaître celte maladie , je dois, rendre compte des motifs qui m'engagent à publier encore celui-ci; mais, auparavant, qu'il me soit permis d'établir , du moins en partie, les droits que j'ai de le failre.

« L'homme qui rapporte un très-grand nombre d'observations, dit M. Double, doit faire connaître, tant à ses contem-r porains qu'à la postérité, les circonstances dans lesquelles il s'est trouvé pour les re-

cueillir^ les causes qui ont concouru à faire passer sous ses yeux un nombre suffisant de malades , pour choisir un nombre considérable de cas curieux ou instructifs ; les loisirs quil a eus pour se livrer à ce genre de travaux; enfin^ la durée du temps qu'il a consacre à cette noble et louable entreprise [à). » Ce précepte est dune sa-»

gesse reconnue, et Ton doit toujours s'y conformer; on le doit surtout,' lorsque non-seulement on veut rapporter des observations médical^, mais que Ton veut encore les accompagner de toutes les circonstances qui les ont environnées; et de cet ensemble, déduire des conséquences qui , si elles ne sont pas précisément neuves , du moins ne sont pas généralement admises. Dans ce cas, ce serait une faute très-grave que de s y soustraire; et c'est pour ne pas la commettre, et non pour

satisfaire au vain plaisir de parler de moi-

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