‹ Traité de la formation des mots composés dans la langue française comparée aux autres langues romanes et au latinChapitre 38 sur 113 · III. — Particules qualificatives · texte numérisé non relu

III. — Particules qualificatives

Bene; maie; minics; bis; cal.

45. Bene , bien , est une particule séparable. Bene formait des juxtaposés en latin : benedicere, benemerens et benemeritus (Inscrip.), beneolens (Virg.), benefacere (Inscript.), beneplacens eibeneplacitics (Hieron.), benesuadu^s (Apulée), benevolens , etc. '. Parmi ces juxtaposés , quelques-uns ont passé en français: bénir, benoît, benisson (yiQxjoL franc., de benedictionem).

* On voit dans ce mot rapplication des lois qui régissent Taccentuation des composés par particules : Iri-pédem.

' Nous avons vu plus haut les juxtaposés avec cent , mille (page 39). Pour les composés de iouts voir plus, chap. IV, sect. m, i . Quant à multi^ il n'a passé que dans mulliplicare, en v. fr. movtepUer: Par quoi tous biens et joie mouleplie (Maetzner, Altfr. Lieder, VJII,^0). Rappelons encore carrefour, de gvadrifurcum.

• Cf. Corssen, Aussprache, ^ lî, 8S6.

— loa —

Juxtaposés français : bien-aimé ; -disant ; bienfaisant, d'où bienfaisance, mot créé au siède dernier par l'abbé de Saintr Pierre; bienfait, d'où bienfaiteur {bienfacteur dans La Bruyère); bienheureux; bien-intentionné; bienséant y d'où bienséance; bien-tenant, d'où bientenue; bienveillant pour bienveuillant, c'est-A-dire bienvotUant, d'où bienveillance; bienvenu, d'où bienvenue; bienvoulu. Bienrdire y -faire , bienvenir (dans se faire bienvenir; mot fait sur bienvenu, d'après une analogie erronée).

Dans les composés qui suivent le verbe, est pris substantivement : le bien-dire , le bien-être, le bien-^mourir. C'est le grec tb xaX(oç ervot ou l^eiv, zh xaXû<; Bv^oxeiv.

Le vieux français avait bienestance : Toz remanout a bienestance (Chr. des ducs de N., v. 20361).

Bienestanty fréquent en provençal, n'est pas employé dans la langue d'oil. Celle-ci connaissait encore le verbe bienveignier qui se prenait au sens de bien venir et faire bien venir : Si li vont à rencontre et la font bienveignant {Chronique en prose, dans Bartsch, ^ 322, 27) ^

46. Mâle , mal. — Juxtaposés latins : malecastus , maiedicaœ, maledicere, maie faber (Pruà.) , m^lefacta, mMefirmus, malefortis, maleloquaœ, malesanus, malesobrius, malesutus (Prud.), malevolens, etc.

— Juxtaposé latin passé en français : maledictio, maudisson ; maledicere, maudire.

— Juxtaposés français : malade, d'oxi maladie, de maie aptus (dans la vieille langue malate); maladroit, d'où maladresse; malaisé, d'où malaisance (dans malaise, mal est adjectif); mal-appris; malarmat (nom provençal d'un poisson de la Méditerranée); malavisé, malbâti, mal - bouché , malcomplaisant, malcontent, mal-denté, maldisant, malembouché, malendurant, mal-en-point, malentendu ; malfaisant, d'où mal f aisance; mal fait, d'où malfaiteur; malfamé; malhonnête, d'où malhonnêteté; malhabile, d'où malhabileté; malheureux (peut-être dérivé de malheur, mMum augurium); malingre (male-œger); malintentionné; malitorne (i) ou par altération maritorne; maljugé; malotru (maie astrutus), mulpeigné, malplaisant; m^propre, d'où malpropreté ; m^sage , 'malsain, mal-

* Rappelons l'adverbe de la vieille langue bor ou buer « bona hora. Cf. plus haut, p. 66.

séant j malsentant , malsonnant; malveillant (pour malveuillant, malvoiUant), d'où malveillance; mal-i^enant, m^-^enu; maubouger, d'où maubouge; maudit, maupiteux , m^icssade, — mar (mala hora ; cf. plus haut , p. 66) et marvoyer (v. fr.).

— Verbes : malmener, maltraiter, malverser ^ m^udire^ maugréer. — Dans mal-être , l'infinitif est pris substantivement.

Vieux français : Malartos (perfide) : Marbreon li mal artos (Parten. de Blois, II, v. 7153). Cruels et fels et mal artos \id., V. 8101).

Malbailli : Par. I. mesfait an fuit puis isi maubailiz (Floo^ vent, éd. Guessard, v. 19). — Seras dampnés et malbaillis {Part, de Blois, v. 6186).

Mal fait ou maufait, pris subst. comme synonjrme de diable : Li Escot i curent cume maufez (Chron. de J. Fanr tâme, V. 1595).

Malmis (maltraité) : Mais k'il ne soit blessié ne màlmis (G. de Viane, v. 528). — Plus de quatorzes li bers en a malmis {Mort de Garin, v. 4664).

Maupensis (malintentionné) : N'est de rien vers lui mau^ pensis (Chr. des ducs de Norm., v. 12374).

Mal feu (maie fatvJtus, malheureux) : Dolente e malfedude (Aleccis, 89, d). — Las, malfedud ! (id., 124, a.). — Dans le même sens dur f eu (durùm fatutus) : C'est li dolenz, li dur feus (Fabl. et Cont. de Méon.y I, p. 324), que Burguy explique à tort par l'allemand dur f en. — Je sui bien dur feu ; Jou sui trop durfeu (Baud. deSeb., I, 370 et 371).

Malquerant : Vers le duc mauqueranz et feus (Chron. des ducs de Norm., v. 20405).

Maltalentifs. RoUanz ad doel , si fut maltalentifs (Ch. de Roland, CLIII, 1).

Malcuidant (mal pensant) : Sarrasin qui ot nom Afaueutdant (Gaufrey, v. 3729) K

47. Minus donne naissance à une particule inséparable mes, me , dont la signification est péjorative ^. Cette particule se

} Juxtaposés de bene et maie dans les autres langues romanes : ital. maledire, malmeitere; benedire, — malsano ; benvenuto ; esp. malbaratar, malograr; bienavenlurar,^ malasirugo ; \iOTtmalfazer; bemfazer,^ malr ferido; bemsabido; prov. maldire, benezir, — malapte, benanan,

' On ne peut rapprocher mes du germanique miss, à cause des formes que prend cette particule dans les autres langues romanes. L'espagnol et le portugais disent menos , le provençal dit mens et mes ; on a là la

combine avec des verbes : méconnaître , mécontenter, m^ croire ; médire^ d'où médisance; mé faire y méfier (se), méprendre (se)y d'où méprise ; mépriser, d'où mépris; mésallier, d'où mésalliance ; mésarriver, mésavenir, mésestimer , mésoffrir, messeoir, mésuser, mésinterpréter.

— Substantifs : mégarde, méplat, mésaise, mésaventure, mésintelligence.

— Adjectifs : mécontent , mécréant , méchant (= meschéant).

Vieux français : mescheoir, mesaesmer, mesconseiller, mesamer, mescroire, meschoisir, meserrer, mes faire, mesgarder, meshaigner, mesmener, mestraire S mesckef, mesestance,

48. Bis. Nous avons vu plus haut cette particule inséparable employée dans un certain nombre de composés au sens étymologique de deuœ fois, doublement; dams quelques autres, elle commençait à affecter une valeur quelque peu déprèciative ; nous allons la voir maintenant arriver franchement à une signification péjorative, et prendre sa place à côté de maie et de minus, tout en gardant une nuance qui la distingue nettement de ces deux adverbes. Mal indique simplement que la chose n'est pas comme elle doit être : un homme maladroit est un honune qui n'est pas adroit comme il le faut. Mes à l'idée de mal ajoute l'idée d'une action, d'un état meilleur duquel on déchoit. Dans la mésalliance , on descend de son rang pour s'unir, contre toutes les convenances, à une personne d'un rang inférieur. Quand on me^^^^em^ quelqu'un, on l'estime moins; il perd dans notre estime. Mes conserve donc toute la force de son sens étymologique minus. Bis ajoute au mot avec lequel on le combine une idée de défectuosité choquante, de vice qui frappe et blesse l'esprit , quelquefois aussi de bizarrerie grotesque et baroque. Les mots biscornu, bévue, berlue, par exemple, emportent l'idée de quelque chose de risible, de ridicule. Dans le vieux français besloyer, besjugier, bis dit plus que maie et marque mieux la violence de l'injustice. Bis est donc une particule éminemment péjorative , et les diverses nuances de sens

filière complète qui conduit de minus à mes. L'italien mis {minus, min's, mis) arrive à se confondre pour la forme et pour le sens avec le mot germanique.

* Sur ce mot, très-usité en v. f^., surtout dans la locution mestraire la mérelU, cf. A. Tobler, Mitiheilungen aus tUifr. Handschr,, I, Chans. d^Au» bery, Gioss. s. v.

dont elle est susceptible donnent à cette signification péjorative une physionomie bien caractérisée.

Comment du sens latin de deux fois , bis est-il arrivé à ce sens détourné * ? Est-ce sous l'influence d'un mot en qui le sens propre de bis amenait naturellement une idée défavorable, laquelle, par analogie, se serait étendue à toute la série des composés , par exemple l'espagnol bis-ojo (qui voit double, louche)? Le sens péjoratif qui ici appartient au composé total bisojo se serait donc, par erreur, appliqué à la particule. Cette hypothèse n'a rien de contraire au développement logique des sens. Cependant, si l'on considère l'histoire de la racine indo-européenne dva = deux, on est frappé de ce fait qu'elle aboutit généralement à Vidée de mal. Dva donne , outre S6(i>, la particule 36ç qui a un sens péjoratif et emporte l'idée de chose difficile, pénible, fâcheuse 2. De Su dérive encore *îFtç, qui devient d'un côté, en grec, Kç = deux fois (d'où liya^ qui, outre sa signification de doublement^ en deux parties, prend dans quelques composés une valeur dépréciative : Si^évouç, perfide; 3ixo(jTa(j{a, discorde)^ et de l'autre, en latin, *dvis, d'où sortent la particule souvent péjorative dis et l'adverbe bis y lequel aboutit à notre mot roman bes *. L'allemand zvoei, le bas allemand twei et l'anglais two^

* Dans les diverses langues romanes, et non pas seulement en français : preuve que cette sigaiOcation péjorative remonte à l'époque romane primitive. Elle s'est surtout développée au moyen âge; mais, si elle a laissé dans notre langue un nombre assez considérable de composés , elle n'existe plus maintenant qu'à Tétat de souvenir. Voici des exemples de hU dans les langues sœus : ital. bUcanlare , bistoimare. Oislungo, barlume; esp. bislumbre , bisojo; pg. vesgo , bisunlar; prov. bescambi, beslornerj besconitar,

* Awç, à dire vrai, ne dérive pas directement de dva. Ost le même mot que le sanscrit dus, qu'on rattache à la racine dvisrh (haïr), laquelle vient de dva (diviser, mettre d'un autre côté, haïr). La déviation de sens n'en est que plus sensible.

» On pourrait représenter la série de sens de cette racine dans le tableau suivant (î indique l'idée de dualité, p la signification péjorative).

DU, î.

/ lai. *dvi8

lai. bisy 3 dis, p.

rom. oet, p«

qui appartiennent à la racine clva^ entrent dans des locutions ou des compositions où apparaît franchement la signification péj(>rative : entztoeireissen^ « mettre en pièces » (proprement rfechirer en deux) ; mine Schau sint twei : « mes souliers sont déchirés » (proprement : sont deux); came a-iwo, « se casser » (proprement venir à deux) ^ . Aliter et oXXioç aboutissent parfois au sens péjoratif qui est habituel à secus (proprement autre) ^ et alter y est entièrement arrivé dans alterare, adulterare. L'allemand miss , qui signifiait en vieux haut allemand varié, divers, a pris dans l'allemand moderne le sens de mole. En français, duplicité est synonyme de fourberie. Il semble donc que ce soit une loi de l'esprit d'arriver de l'idée de diversité à celle de perversité. Sans doute, la pensée, se portant sur^es objets où cette diversité est précisément un défaut, étend la signification péjorative à la diversité en général. Ainsi pour St^^vouç, pour duplicité. De même, de l'idée d'aiUre on passe, à l'aide de l'idée intermédiaire autrement qu'il ne faudrait, à celle de fâcheux. L'idée de dualité amène encore naturellement à celle de séparation^ déchirement y et par suite à celle de peine et de mal. De la sorte, l'explication que nous donnions, d'après Diez, du fait propre au roman , en partant de l'espagnol bisojo^ n'en serait pas moins exacte. Elle ne serait qu'un cas particulier de la loi qui régit la transformation de sens de l'idée primitive de deux.

Bis est employé au sens péjoratif dans les mots suivants :

Bagou 2, halèvre, balafre *, balourd (?), barbouiller *,

barbouquet (bouton aux lèvres) , barlong , berlue (bis-lux) ,

besaigrcy bescouchier (vieux français) ^, besivre (id.) 6, bes--

jugier (id.)^; besloi (bis-lex), d'où besloyer{}à.)^] besoin (?),

* Voir M. Mûller : Nouvelles Leçons sur la science du langage, 1 1 , p. 313 et 314 de la traduction fhmçaise de MM. 6. Harris etO. Perrot.

'De bis et gula. Picard hagoul. C'est proprement le substantif verM du verbe bagouler conservé dans débagouler.

* De bis et de Fane. haut, allem. leffur, lèvre; au sens de lèvres d*une plaie. Au champenois bêrlafre (bouton aux lèvres), cité par Diez (Et. W., II , c. balafre), on peut ajouter le poitevin balafre, qui a le môme sens. Ces deux formes balafre et bêrlafre assurent Tétymologie.

* N'est-ce pas cette particule bar = bis qu'il faut reconnaître, transformée par l'assimilation, dans far-fouiller, far-fadet?

* Rober, tolir et baréter, Et fc«coc/n>retmesconter.(i?om. de la Rose, dans Ducange, s. v. biscalia.)

* Quant le suppliant et autres de sa compaignie virent qu'il estoit ainsi besivre (texte de 1416, cité par Oucange).

^-* N'erent raent ne besUié N'a tort mené ne bajugié. (Chron. des ducs

bévtce, biais (bîfacem), bigarrer (f), bigle (bis-oculus ?), ôwcomu^ bistourner, bluette (belluette, berluette), breloque. Ajoutons bêche dans tête-bêche ^ où bêche représente bis^ caput ^

Quelques-uns de ces mots ont été rajeunis. Ainsi bistourner, en y. fr. bestoumer ^. En général la particule ne possède pas la valeur péjorative sous la forme bis, qui est savante, maiâ sous la forme populaire bes, bé. Car, si la vieille langue nous montre bes avec le sens du latin bis, la langue moderne, rajeunissant la particule dans les mots où elle conserve son sens étymologique, parce que la formation s'y laisse plus facilement reconnaître, a fait ainsi le départ des deux significations de bis, et en général a attribué à chacune une forme spéciale.

Si de nos jours la différence de forme correspond presque toujours à la différence de sens, la vieille langue, dans sa formation populaire, ne connaissant point la forme bis, devait parfois employer bes dans un même composé, au double sens de deux fois et de mal. On en a un exemple dans le mot becuit , c'estrà-dire biscuit y qui , dans la citation de Joinville donnée à la note 2 de cette page, a le sens de det^œ fois cuit, et dans une glosse interlinéaire du ms. 86, fonds hébreu , de la Bibl. nat. (fol. 9, a : becoit) signifie mal cuit, desséché, moisi. Cette glosse traduit un mot hébreu , signifiant (pain) moisi (Josué, IX, 5)'.

La particule bis, au sens péjoratif, ne forme plus de créations nouvelles, parce que la langue actuellement a perdu le sentiment de sa signification. Elle n'existe plus qu'à l'état de souvenir. On en peut dire presque autant d'une autre particule, jusqu'ici à peu près entièrement restée inconnue , et qui entre dans la composition d'un certain nombre de mots : la particule cal ou chai.

49. Cal. L'existence de cette particule a été reconnue par M. Littré qui l'a signalée dans le provençal caluc et le patois du

de Norm.y v. 381S3-4.) — Ne nos mengnies a tort et a bellnis, (ChevaUrie Ogier, y. 1619.)— Tel est li siècles de beihis. {Partén, de Bloù, v. 5747.)

* Voir Littré, s. v.

' Li siècles est si beslomez (Montaiglon, Fabliaux, I, p. 147. De la dent, V. l). Il en a été de même de bis au sens de deux fais : Bisaiguë a remplacé besaiguë; la vieille langue disait becuU pour biscuit. « Manière de pains que Ton appeUe beguis, pour ce qu'ils sont cuis par deux fois. » {Juin» ville, 220; dans Littré, s. v. biscuit.)

* Voir mes obtenrations sur ce ms. dans la R&ftuMtda, I , p. 162.

haut Maine calorgne i. Comme je compte publier plus tard une étude sur cette particule, je me contente de résumer ici le résultat de mes recherches.

La particule cal ou chai présente des formes très-variées. En effet, quand le mot avec lequel elle se combine commence par une consonne, l'euphonie amène soit l'addition d'une voyelle, d'ordinaire i 2, qui s'intercale entre la liquide finale / et la consonne initiale suivante : cali , chali , soit la chute de la liquide ca, ch2. D'un autre côté, la liquide peut se transformer en r et le c dur s'affaiblir en g. De là les diverses variantes :

Calf car, chai, char^ gai, gar^ — cali, gali, chali^ chari, chaly char, — ca, ga, cha.

La particule se retrouve dans les mots suivants :

1. Cali fourchons. Y arianlea: cal fourchons : « A cal fourchons sur les aiz de ta proue » (Ronsard , p. 946). Cal fourchons et callifourchons (Cotgrave).— Ca fourchons : ^^'^^ tant avancé à cafourchons sur les gardes du pont » (D' Aubigné, Hist., I, 336). — Califourchon : «Mis à galifourchon sur les branches chenues » (abbé Gusteau , traduction en patois poitevin de la 1" églogue de Virgile, cité par Favre, Glossaire du Poitou^ s. V. brandi).

A ce composé cali fourchons y se rattache cafourche^ qui se dit dans toute la Saintonge au sens de carrefour.

2-5. Calorgne y caborgne j caliborgne, caliborgnon ^ calourCy calouche, tous mots signifiant louche ^ myope et formés de la particule et d'un mot indiquant l'idée de voir (borgne^ loure) ou celle de mal voir (borgne , louche) *.

> Voir Littré, UUt. de la langue française, 2* édition, II, p. 435, et DiC' tionnaire, s. v GA.

* On trouve aussi dans calofurciunu Voir Scheler : Trois Irailés de lexicographie latine, dans le Jahrbuchfûr rom.undengl, Liller, VI, p. 376.

> Calorgne se dit dans le haut Maine; cf. Glossaire du haut Maine, par C. R. 0. M. On peut y rattacher le lorrain calougna.^ Calorgne se dit également dans le haut Maine; caliborgne, dans lé Berry {Glossaire du centre de la France, du comte Jaubert), et dans la Picardie {Glossaire picard, de Gorblet) ; caliborgnon, dans la Picardie {Glossaire picard, de Hécart). Rappelons le nom d*un personnage célèbre dans les contes de fées, le géant l)orgne caliborgnon. Les caliborgnetles, en Normandie {iHctionn. du patois normand, d*£d. du Méril),sont les lunettes, objet dont se servent les caliborgnons.^ Caloure est employé en Touraine {Vocabulaire tourangeau, de Brachet, dans la Romania, l, p. %),—Calouche est champenois {Langue de la Champagne, de Tarbé).

Dans ces divers composés , les seconds termes n*ofif^ent pas de difficultés : borgne et louche existent encore. Loure seul a disparu de notre langue. Le v. fr. disait tour au sens de louche : c Se aucuns bons ou autres

Page 1