‹ Traite de la formation des mots dans la langue grecque avec des notions comparatives sur la derivation et la composition en sanscrit, en latin et dans les idiomes germaniquesChapitre 45 sur 120 · Voy. plus haut, p. 235, note · texte numérisé non relu

Voy. plus haut, p. 235, note

2. Le mot sanscrit açru, qui a le même sens, a perdu le d (voy. les Notions comparatives, p. 290). En latin, nous trouvons un / au lieu d’un d : lacru-ma (comptez, comme on l’a fait souvent, levir à con(p, SaFijp, sanscrit de'vn ; Ulysses, à ’OSugcsuç ; olere et odur).

3. Nex-vç, y£x-pô;, ont la même racine que le latin r.ex, nec-is, et le sanscrit naç, périr.

çtov, gén. 9 (ou («9«ov, t^iov, Û910V).

Ces trois suffixes , ou plutôt ces trois formes d’un même suffixe, servent à former un petit nombre de diminutifs. Exemples : {[uX-wpiov , ÇiA-ifyiov, £uVu<piov, petit morceau de bois , de ^uX(ov), bois ; £<o-u<ptov, animalcule, de Çw(ov), animal.

'Têiov est peut-être aussi un suffiie de diminutif dans xKja-uêiov, coupe de bois de lierre , de xica(ôç), lierre.

90?, gén. 90U ( 190^

Le suffixe 90; est très-rare, et presque tous les mots qu’il forme sont d’origine obscure. Exemples : xvaf- -çoî , chardon (avec lequel les foulons grattent le drap), de xva(w), gratter ; ^x-90; , petite pierre , de <J/a(«) , racler, mettre en morceaux ; è"Xa- <po; , cerf, d’è'Xa(o>), éxciter, mettre en mouvement.

Dans le substantif cxap-t-<po<, poinçon dont on se servait pour dessiner , et dans l’adjectif c-rep-i-cpo;, solide, le suffixe est précédé d’un ij car ces mots paraissent venir, le premier deffxaip(w), sauter, s'agiter ; le second de <mp(eôî), ferme, solide. Dans apy- -u-<po ;, blanc, qui vient évidemment d’àpy(ôç), blanc, la voyelle de liaison serait u, à moins que nous n’admettions qu’âpyu-<poç est composé d’«py(o;), blanc , et de ûip(âcu), faire un tissu, et qu’il signifie proprement tissu en blanc (voy. § 73, III).

2HS

/} (">«. ov.

Ce suffixe ne forme que les deux adjectifs pwXoéysynonyme poét. de u.élaç (gén. jjw'Xav-oç), noir, et pénible, effrayant, de £uç, difficilement.

ypo<, a, ov.

Ce suffixe ne se trouve que dans les deux adjectifs ae^i-ypoî, doux, de miel, et Trevi-ypo;, pauvre, de TC6v(o(iai), être pauvre. Dans irevi^po;, l’i paraît être une voyelle de liaison.

Dans fiuffay poç, et par syncope «,'joypoç, abominable, de piuffa TTopwxi (fut. (xuaa^oaai), exécrer , ou peut considérer le y comme appartenant au thème verbal.

gén. ôoç (voy. § 188).

Ce suffixe forme les substantifs abstraits : ireiô-w , persuasion, de 7ceiô(w), persuader ; <pet£-w, économie, de <pei£(o|*ai), épargner ; ype-w, besoin, deypvf, il faut ; u.tXk-(i>, retard , de fju'XX(ofi.ai), tarder ; £ox-w, opinion, de &ox, radical de quelques temps de Sox(éw), fienser;

, écho, d’r,y(o;) , jo/i; et peut-être ân^-w (gén. inS-oùi, dans Sophocle, Aj., 628), rossignol, d’âeiS(w), chanter ; et xep-àw, renard, de xép£(o;), ruse. -

Remarquez encore le sens de ce suffixe dans xaaw-<o ( vieille femme) q.ur garde le coin du feu, de xa-

fAiv(oç), fourneau , cheminée ; et dans nourrice , de ârA(^), mamelle.

Dans àTC-eo-Toj , absence , d’ar-eiLu (<*7r-e<r-p.t), être absent, le suffixe n’est pas w, mais tco.

<â8ï]ç, voy. rjç, eç, § 79.

wv, ov, su/f. de comparatifs , voy. îcov, tov, § 1 06, et p. 1 02, note 3.

cov, ov. — (ov, g en. covoç, ovoç (icov, eoov, acov, r,cov, tcov).

Ce suffixe forme des mots d’origine et de signification très-diverses :

1“ Des adjectifs ; aïô-cov, -ov, brûlant, d’atô(co), brûler; rct-cov, -ov, gras, qui a la même racine que ro(ap), graisse;

2° Des substantifs, comme xM$-<av, flot, de xW, radical de xlvÇu, arroser ; Tpië-wv, manteau usé, de Tpté(co) , user en frottant ; yocorp-wv, qui a un gros rentre, de yao -nfp, ventre; eîx-wv, image, d’eix, radical d’ê-otx-a, ressembler ; xuç-cov, tout instrument courbé, de xut:(tco), se pencher ; ô^oXoy-wv, cri de la grenouille, d’o>.oluy , radical d’oloW^w, hurler ; xoiv-wv, compagnon, de xotv(oî), commun; Tprip-wv, colombe timide , de Tpr,p(o'î), peureux.

3° Dans un petit nombre de mots, le suffixe est précédé d’un e, d’un i, d’un «, ou d’un ». Exemples : xuX>.o- -iroâ-f-cov, qui a les pieds cagneux, , été ywXkdg), courbé, et no8, radical de iroOç (gén . no , pied; Àujz-t-cov , destructeur, de Ao(A(ti), dommage; ôn-oc-w, compagnon , A' onâ.(ï,o\s.a.C), prendre pour compagnon, ou de ?7î(op.ai), suivre; ^uv-vf-cuv, compagnon, de £yv(o'ç), commun.

4° Dans Te'x-rwv, charpentier , ouvrier, qui paraît

avoir la même racine que reuyw, fabriquer , le suffixe est probablement tojv.

-5° Les désinences fov, ewv remplacent la désinence latine io, dans quelques mots empruntés au latin î xevTu-puov, centurio , centurion; ôttt-uov, optio, lieutenant; Xsy-ewv, legio , légion.

6° Iwv sert à former les noms de mois de l’année athénienne. Exemples: ’E\a<piiêo'X-icov, neuvième mois (le Cannée , d’ ’EXaçTiëôXia, fête en l honneur de Diane * Dans noGEià-Etov, nom du sixième mois de Cannée, formé de no<mS(&W), Neptune, ewv remplace uiv.

7° Enfin fov forme des noms patronymiques. Exemples : Kpov-twv, fils de Saturne, de Kpov(o$), Saturne ; FlrXe-ûav, fis de Pelée, de ni)Xe(oç), Pélée.

<a>v , gén. ovtoç.

Ce suffixe forme quelques substantifs, qui, pour la plupart, étaient primitivement des participes. Exemples : apy-tüv, archonte, d’apy(w), commander ; ax-wv, javelot; 0epair-a»v , serviteur; où nous trouvons les mêmes racines que dans iuji i), pointe, 0epaic(eu(i>), servir; éx-tâv, qui agit librement, etc.

Remarquez la double désinence d’ôSouç, gén. à£ovto;, dent, qui fait chéz les Ioniens ôSwv, ô^ovtoç.

■ Jiv, gén. £5vo<. — ewv, ewvoç.

Ces suffixes se combinent avec des thèmes nominaux et forment des substantifs qui désignent des

lieux, et surtout des lieux où certaines personnes, certains animaux, certaines choses se trouvent en grand nombre. Exemples : Oup-cov, place devant la porte , de ôup(a'), porte; àv&p-<6v , appartement des hommes , d’àvrîp, radical d'àrr'p, gén. «v^p-o;, homme ; yuvatx-wv, appartement des femmes , de yuvxtx, radical de y’jvt), gén. yuvaix-oç, femme; mpiarep-cov, ireoicTep- -eojv , pigçonnier , de 7repis?6p(a) , pigeon ; àa^sX-wv, àpnreXe-cov, vignoble, d’ap.TC6A(o;), vigne,

S»oç, t>>ou.

Le suffixe ûo; n’est autre chose que le suffixe oioç, légèrement modifié (voy. § 94). Il s’ajoute à des thèmes nominaux, pour former des adjectifs qui marquent relation, rapport à quelque chose. Exemples : «vàp-woç, viril, d’àvàp, radical d’àvyjp, homme ; 7:aTp-ûo;, paternel , de rar/ip, gén. ir«Tp(o';), père; u.r,zp- -ùo;, maternel , de pi'-r/ip, gén. u.7]Tp(oç), mère ; xepà- -ûo;, qui procure du gain, de xépS(o;), gain.

Dans xoXw-oç, vacarme, de xoXot-d;, geai ( choucas ) ; éù-o;, matinal, de ew-ç, aurore; (ôpeffjxw-oî, qui habite la montagne , d’ôpoç, montagne, et xeï(pai), être couche', l’to ne fait pas partie du suffixe, mais du radical.

Remarque/ dans (ôpêojxûo; le changement de la diphthongue ei en w.

«p, gén. opoç.

C’est la désinence que prennent les adjectifs com-

DK LA FORMATION DES MOTS

posés dont le dernier terme est dérivé d’un mot en r.p ou en op. Le changement d’r, en w est un fait analogue au changement d’s en o. Exemples : xaxo-pnf-r-wp, qui a une mauvaise mère , de xaxo'(ç) , mauvais , et pwfmp, mère; iro^u-àv-wp , qui a beaucoup d'hommes, très-peuplé, de iuoW({), beaucoup, etâvrjp, homme; •/fja-awp, qui a un glaive cl'or, de y pjcd(ç), or, et âop, glaive ; ueyaX-’ifrtop, magnanime , de (iéyaç , [/.eya^(ou), grand, et r/rop, cœur (voy. § 37, 5°).

Remarquez encore yocTxEo-puT-wp, qui a un ceinturon d’airain, de yà7x£o(ç), d’airain, et fmp(a), ceinturon.

Comparez à ces adjectifs les composés dont le dernier terme est dérivé de «pptfv, cœur, et qui changent aussi leur r, en w (voy. § 17, Rem. IV). Exemple : £u-<ppwv, bienveillant.

wp, gén. opoî, topo { (?/.

Ce suffixe forme un très-petit nombre de substantifs. Exemples : e}.£-iop , désir, d’<D,£(op.ai', désirer; £7-top, proie, de é'X(eîv), aor. 2 de aip «w, enlever ; roiptav-wp, pasteur , de irotp-a iv(w), faire paître.

C’est peut-être encore à l’aide de ce suffixe que sont formés les deux substantifs d’origine obscure, xéXup, fils , et , monstre . Ce dernier est proba-

blement dérivé de iré>(«) , être. On a pu dire être pour être extraordinaire , comme nous disons quelquefois événement pour événement extraordinaire.

Les mots üàwp, gén. uàaxo;, etaxtop, gén. ffxaxoç, lie sont pas- terminés par ce suffixe (voy. § 51 , V , et p. 91, note).

wp>5, gén. wp?);, voy. Xr„ § 108.

«>?, ge/i. ooç.

Il n’y a en grec que trois substantifs qui aient cette désinence. Elle ne paraît être un suffixe que dans aùî-téç , pudeur , d’ai£(op.ai), respecter'. Dans y peau , w? est probablement pour ao;, où l’a appartient au radical (cf. y pà-o>, ypau-to, effleurer'). Le substantif eu»; , aurore , est d’origine obscure*.

b)ç, gên . m.

La désinence attiqiîe w; dans pour tcXé-o;,

plein, et dans quelques autres mots, remplace le suffixe o?, ou. D’autres fois, c’est une contraction pour ao(;). Exemples : ajcepco;, pour à'-xépao;, sans cornes , d’à privatif et de xépafç) corne ; à-ppwç, ne vieillissant pas , d’à privatif et de yüpa(<;) vieillesse.

Quelquefois cet w, qui remplace ao, attire devant lui un e; par exemple, dans *ew; pour Àaôç, peuple;

1 . M. Bopp (G>. comp. § 932) pense que le suffixe b>; d’aiob»? a la même origine qne le suffixe o?, to? (voy. plus haut, § 129), et qu’il répond, comme ce dernier, au suffixe sanscrit as, servant à former des noms abstraits. Le génitif aîo-ôo? serait pour alo • d*o?.

2. On a t'approché la forme éolienne *ûwç, du nom féminin sanscrit us/ias, qui a le même sens (rac. its/t, « brûler, briller *.). Dans les Védas, on trouve l’aedusatif sing. ushasnm et ushdsam, le génitif pluriel ushasdm et ushdsdm. Cette déclinaison nous expliquerait l’o long (pour d long) du nom latin auront, qui, en ajoutant un « au radical, serait passé de la déclinaison imparisyllabique dans la parisyllabique (voy. le Glossaire du Sdma-l'éda de M. Benfey, et la Gr. ccimp. de M. Bopp, § 931, B.).

DE LA FORMATION DES MOfS

dans vewj pour veto;, temple ; dans euyew;, pour toyaw; (eiïyao;), fertile , de yaîa, terre.

wç, gin. <oo;.

Cetle désinence n’est un suffixe de dérivation que dans les deux substantifs : [Mixp-ioç, frère de la mère , et lïàrp-toç, frère du père.

Se terminent encore ainsi lessubstantifsvipw;, ^pw-oç, héros , Û(6;, ôw-ôç, chacal. Il y a des grammairiens qui donnent aussi à yp«6; , peau , un génitif y pw-dç, mais son vrai thème déclinable est y po- ou ypwx- : il fait un geni- . tif y po-o; ou y pto-To';(voy* § 188 et 19|)‘.

uiç , gén. wto;.

I. Ce suffixe forme un petit nombre de substantifs qui se rattachent, pour la plupart, à des verbes en au, et dans lesquels la désinence w; peut être considérée comme une contraction pour âo;. Exemples : yt'l-o;, rire, de y£X-a(to), rire; amour, d' èp-â(io), aimer ,etc.

' Ces substantifs forment des adjectifs composés, sans changer de désinence. Exemple : iro>,u-ye>.-wç, qui rit beaucoup.

IL Ainsi se terminent encore les adjectifs verbauA suivants, qui ne sont usités qu'en composition : -yv»ç , -Ppii;, -iïtm;, de yt-yvu>(<n««j) , connaître, fii- -ëp<à(<Tx.(o) manger ; tci-iît(w) , parf. 7ce-irToj-)ia, tomber. Dans ces trois mots , l’o du thème verbal peut être considéré comme se contractant avec la voyelle du

sullixe ou comme allongé devant la formative t. Comparez à ces adjectifs les adjectifs en yîç, gén.

(§ 80, II). Voyez aussi § 192, I.

On pourrait ajouter à cette liste certaines consonnes qui paraissent jouer, dans un petit nombre de mots, le rôle de lettres formatives. Voyez, par exemple (§ 15, Rem. V), <pXe\|/, gén. flt-ê-ôç, reine, de <pXé <o), ('tre plein ; <jdÇ, gén. vj/i-y-o';, miette , de e'mietter;

et (§ 16, Rem. V) -<rofç, gén. -crct-S-o;, qui se tient , de ma , racine de urniUt , placer , <rrŸ;-vai, stare; ald-^-a, acc. de l’inusité xXaç, branche , de xXâ(io) , rompre. Comparez encore «ppvi'y, gén. <ppe-v-o; (§17, Rem. 111).

Le -r est peut-être aussi une lettre formative1, et non la consonne finale d’un suffixe, dans les adjectifs verbaux : -xpfç, -êXrç, -xpâç, -yvw;, etc., qui font au génitif -xpi-r-oç r t-oç , -xpâtT-oç, -yv«T-

-o;, etc. (voy. §§ 80, 11, et 191, H). Dans ce cas, il faudrait considérer les voyellés n , a, a> comme appartenant aux thèmes verbaux xap, (ïaX, x(e)pfx, yvo. Dans les deux preiliiers de ces adjectifs il y aurait eu métatlièse, et dans tous allongement de la voyelle, pour compenser la légèreté de la désinence de dérivation (t).

Enfin, pour être complet, il faudrait encore parler de quelques autres suffixes, rares et exceptionnels,

1 . Comparez les racines sanscrites qui prennent un t à la fin des composés et dont nous avons parlé plus haut, p. 103.

qui ne forment qu’un très-petit nombre de mots, dont quelques-uns même n’en terminent qu’un seul.

Exemples : «a (vn-uaa, enfantillage ); aAia («pur-aAia, verger) ; a v, gén. àvo; (ireAex-xv , pivert, de reAexâ-w, hacher ; voy. § 72, Rem. 7°); av«« («iy-avéa', javelot /tour la chasse aux chèvres )• [io; (çAoî-c-Êo;, bruit des ondes , de ©Aot-w, regorger, cf. <pAe-w‘); (sira-oi;, branche arrachée, cf. cra-oèi ; Ho v taéa-^ov, superficie , cf. pam>) ; eflfov (TToAi-éSpov, ville; voy. § 164); iç (xw- $-d;, synonyme de , tête)’, xrk (6-4-xt, , coffre , de TuOr-fii, /toser; voy. § 107); via (Ssxa-v£a, décurie)’, 'Ai ' (oA-ooç,* destructeur)’, ptç querelle , du même ra-

dical que &*-«>;, ennemi, àatto, diviser ; ï&-piç, savant, cf. i-iïsiv) ; T’jp, tuî ([/.dp-rup, aac-T’jç, témoin ), etc.., etc.

■ § 192 bis.

Sur les suffixes îles dérivés déclinables.

Dans la liste qui précède, nous ayons rangé les suffixes des mots déclinables par ordre alphabétique, pour faciliter les recherches ; ici nous les classerons d’après la nature des lettres dont ils sont formés, ou du moins de leurs lettres dominantes. Ces lettres sont ou des vovelles ou des consonnes, ou des coinbinaisons de consonnes et de voyelles.

1, Dans xoXoêdç, mutile, le fi paraît tenir la place de l’u île xoXou-io, mutiler.

2. 11 est bien possible que dans oyfpi; le suffixe soit t{, et que ce nom ait la même racine que oep-w, écorcher, qui, au figuré, signifie tancer, piquer par île. dures vérités.

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