D'ENSEMBLE
un strctto pour une lugue d iicole : du stretto
1" PREMIER STRETTO. Composé de quatre entrées (canoniques ou non), la quatrième entrée seule devant faire entendre le sujet en entier, accompagné ou non du contresujet. — Ce premier stretto est toujours dans le ton principal de la fugue.
2" DIVERTISSEMENT — (ou stretto du contresujet à deux entrées au minimum) — conduisant à un
3' DEUXIÈME STRETTO du sujet — qui peut n'être composé que de deux entrées — entendues dans un des tons voisins.
4' SECOND DIVERTISSEMENT court et serré — ou second stretto du contresujet plus rapprociié que le premier.
5" TROISIÈME STRETTO du sujet qui, s'il est le dernier, doit être à quatre entrées très rapprochées et dans le ton principal de la fugue.
Ce dernier streilo peut être précédé d'une pédale de dominante, et être entendu sur une pédale de tonique ; ou l)ien séparer la pédale de dominante de la pédale de tonique ; ou bien encore commencer sur la pédale de dominante et se terminer sur la pédale de tonique.
Dans tous les cas, il est bon de conclure soit sur la pédale de tonique, soit immédiatement après.
381. — Il était de règle autrefois, dans la fugue d'École, de faire précéder stretto la pédale d'un stretto inverse, c est-à-dire commençant par la réponse : on '^ *' peut encore, si la chose présente un intérêt musical, se conformer à ce principe, mais il n'est pas obligatoire.
STRETTO 382. — Nous allons maintenant analyser, dans son ensemble, un stretto écrit pour une fugue d'École: — nous on donnerons d'abord l'exposition. — Le sujet offre par lui-même peu d'intérêt musical; pour cette raison, précisément, il peut servir à montrer aux élèves ce que l'on peut tirer de n'importe quel sujet, pourvu toutefois qu'il se prête aux combinaisons sans lesquelles il n'est pas de fugue possible :
Exposition
sEi
tr^
Coda.
tr^
p--tr»f^f î?rrrf
H-fti^f-^
es.
es.
iTTp
^-Àhi
r/Strelto
~* 2i5 « — CONSTRUCTION DU STRETTO r/ Divertissement
tr
lètedela R
yF=*F
îp
tète de la R
^ • iïfiS^
frUle la Coda
»-l;o /:Z^-ab^JJ
Coda par m' contraire
2*Strett'o (canon à Ps^^de R
fes
rj f
tête de la
tète du S
ri • m
tête de la
tète de la R .
U fiUl
Rèp.par dimin .
lf^^4
Ifi
la réponse
3^ Stretto au S*^ degré (canon du S. et delà FTà 1' 8^^ )
tr
tr
1» f p||J J ppEj
ta
dimin . cont .
Tr-F~ f 0
tète de la R
dimin . cont .
4*" Stretto (canon delà Réponse à la 5'e sup""-*^» g dimin
CONSTRUCTION DU STRETTO — * 21G * 2* Divertissement
5*Stretto (canon delà Re'p.àla 6'-*^ et à Ia 2'*.'= sup"".")
6'^Strettoivrai) Rëp.dimin.
Coda
Sujet diminue
fr'du es
S.dimin.
rrm^
frMuCS.
S.dimin.
tête du S
tes*
\>0\rF\>0
tête du S .
to-
S . dirain..
fr^du es. par m' cont.
Y^à tj
atôfl
Pedaîè ae aominânte
iZ^-
tète du S.^
s.dimin.
tète du S
S.dimin..
tète du S.,
S.dimin.
fr.duC.S..
ijj l/J nJ
tète du S .^
p \frj r=
S.dirtiin.
ji,j j ^ y ^JiJ ^
J i>j ijj
jj^ -
* '.'ir ^ — CONSTRUCTION DU STRETTO
Pédale sup .
S.dimin .
'^Jjj^ A ^^î
Pédale supérieure
7* Stretto et conclusion R-
rv P
383. — Si tovit d'abord l'on compare l'exposition de cette fugue avec le premier stretto, on voit qu'ils diffèrent l'un de l'autre non seulement par la disposition des entrées, plus rapprochées dans celui-ci cpie dans celle-là, mais encore par l'écriture des parties : dans le stretto, ces dernières font entendre des fragments du contresuj'et en imitations serrées.
11 ne faut })as en effet que le premier stretto, qui est une sorte d'exposition à entrées plus serrées, ressemble à l'exposition faite au début de la fugue ; en tombant dans ce défaut, on paraîtrait recommencer la fugue elle-mêuie.
384. — A la quatrième mesure du stretto commence un premier dii'ertissement dont les
éléments sont empruntés à la tête du sujet et à sa coda: les entrées du tlièuie principal,
équidistantcs, se l'ont de mesure en mesure, le ténor et le contralto s'imitant mutuellement tandis que les deux autres parties s"nn.\\.en\. parnwuvenient contraire. Le divertissement, basé sur une progression non modulante, module brusquement au ton de la dominante à la dixseptième mesure, où commence le second stretto.
385. — Ce stretto, formé d'un canon à l'octave de la réponse, est à deux parties : les autres parties font entendre soit la l'éponse par diminution [basse, mesure 17), soit la tête du sujet et de la réponse, par diminution et par mouvement contraire (contralto et basse, mesures 18 et 19).
Le troisième stretto, plus rapproché d'un temps que le précédent, présente, au ton du troisièuie degré, un canon du sujet et de la réponse à l'octave entre le contralto et le ténor.
Le quatrième stretto est basé sur un canon de la réponse à la quinte supérieure : ce canon est entre la basse et le ténor à la même distance que le précédent.
386. — Les deuxième, troisième et quatrième strettos se sont succédé sans interruption; nn divertissement de deux mesures, formé de ligures reproduisant en diminution des fragments du sujet, sert de transition entre le quatrième et le cinquième strettos : celui-ci commence à trois parties ; la basse et le contralto font seuls entendre le canon qui se termine par une cadence au ton principal amenant un sixième stretto canonique du sujet et de la réponse; en même temps est esquissé, dans les deux parties supérieures, un stretto identique, mais par diminution.
387. — hapédale de dominante, à laquelle aboutit (mesure 42) le sixième stretto, est d'une écriture plus complexe ; elle fait entendre en elfet simultanément :
1° le sujet par diminution ;
1° la tête du sujet en valeurs originales ;
'>° des fragments du contresujet par mouvement direct ou contraire.
Telle qu'elle est, on peut la considérer comme un divertissement développé et serré dont on figurerait ainsi la conduite mélodique jusqu'à la fin de la cinquantièuic mesure :
é'^JjjJ.U^^J^>^lJn'^^J^-'iM''^^fe
fef^
1^ j r r^rl'pV I ^v rV'Tjv^'r'T r r i/'ïy r r
388, — Sans entrer dans le détail de la composition musicale de cette pédale, puisque nous aborderons ce sujet dans le chapitre suivant, nous ferons remarquer que cette partie de la pédale se compose de deux groupes de quatre mesures harmoniquement et mélodiquement semblables dans leur ensemble.
389. — A la cinquante et unième mesure, commence sur une double pédale (supérieure et inférieui'e) un stretto du contresujet en canon à l'octave, tandis que la basse fait entendre le thème principal de la fugue: la pédale se porte à la tonique^a^v une cadence rompue, à la cinquante-septième mesure, et soutient un divertissement serré formé d'imitations de la tête du sujet, pendant que la ligne mélodique commencée à la cinquante et unième mesure se continue dans les deux parties de soprano.
y. I (j « — CONSTRUCTION DU STRETTO
390. — La pédale de tonique se tei'inine à la fin de la soixante-deuxième mesure, et après quatre entrées rapprochées du sujet et de la réponse, dont la tète seule est entendue {septième siretlo), on arrive à la conclusion de la fugue par une cadence parfaite.
391. — En analysant de plus près encore ce stretto, les élèves se rendront compte que, dans aucune de ses parties, il ne renferme d'éléments étrangers à ceux qui ont été fournis par l'exposition : ils verront par là que, lorsque l'on sait se servir de tous les artifices du contrepoint, il n'est point de thème qui ne soit apte à être développé musicalement.
392. — Dans ce stretto, plus développé d'ailleurs que ceux que l'on écrit d'habitude dans la fugue d'Ecole, toutes les combinaisons auxquelles se prête le sujet n'ont pas été utilisées. Nous engageons donc vivement les élèves à reprendre ce sujet et, après l'avoir analysé méthodiquement, en recherchant tous les canons et imitations du sujet, de la réponse et du contresujet, à refaire un strelio renfermant des combinaisons différentes de celles qui ont été employées ci-dessus.
— <ïï<:*;?Ci==C!b^ft='