TRAITEMENT DE LA BRONCHITE
Si la digestion est lente, on fera prendre de la strychnine avec de la pepsine et des acides minéraux pendant les principaux repas.
Dans le cas de vertige d'origine centrale, une attaque de goutte articulaire fait parfois disparaître le vertige. Dans ces cas, les laxatifs contenant du mercure et du colchique sont tout indiqués. Afin de prévenir la gêne causée par les éblouissements pendant la marche, il sera bon de recommander au malade de se borner à fermer un œil. Dans tous les cas, on devra examiner les yeux, car quelquefois un certain degré d'ophtalmoplégie externe peut suffire à expliquer le vertige.
Hystérie. — 'L'hystérie, en tant que manifestation de la goutte héréditaire, ne peut guère prétendre à une médication spéciale, en raison de son étiologie. Gela est vrai la plupart du temps; cependant il y a des cas où un traitement antigoutteux est nettement indiqué.
Les fonctions intestinales devront être régulières et l'on maintiendra autant que possible l'activité de la circulation. Le régime sera aussi tonique que possible, car cette catégorie de malades ne comprend que de petits mangeurs à appétit très variable. On autorisera du vin à un repas. L'exercice est de toute nécessité. On supprimera impitoyablement toute espèce d'alcool et de narcotique. Ces cas revêtent généralement le type atonique et il ne faut par conséquent employer aucun médicament déprimant. Le fer est souvent mal toléré. On donnera plutôt avec avantage du chlorure d'ammonium avec de la noix vomique et de l'huile de foie de morue. Le changement du climat sera utile surtout en hiver et au printemps.
Appareil respiratoire. —Bronchite. — Les goutteux présentent une tendance marquée au catarrhe bronchique, à la bronchite chronique et à l'emphysème. Dans ces cas, il faudra bien savoir reconnaître l'élément goutteux et modifier le traitement en conséquence. On prescrira surtout les alcalins, les iodures et les ammoniacaux. Les expectorants stimulants, tels que le polygala, la serpentaire, la noix vomique, sont très utiles, ainsi que la térébenthine à la dose de cinq gouttes quand il y a de la bronchorrée. Quand il y a un élément spasmodique, on donnera de la belladone ou du datura avec de l'iodure de potassium. Quand les symptômes aigus ont disparu, on fera changer de climat et on dirigera le malade vers une station thermale appropriée.
L'eczéma chronique ou des plaques de psoriasis peuvent alterner avec la bronchite goutteuse et souvent on fera bien de respecter les manifestations cutanées, à moins qu'elles ne causent une trop grande gêne.
Quand il existe un emphysème marqué, les malades courent le risque d'avoir une pneumonie, souvent mortelle. Dans ces cas, on trouvera une haute tension artérielle.
Pneumonie. — La pneumonie peut survenir tout d'un coup et elle constitue parfois une véritable forme de la goutte viscérale. Elle réclame un traitement spécial. On donnera de la quinine et des alcalins ou de l'iodure de potassium et de l'alcool, selon l'état du pouls et le degré de fièvre, on y ajoutera également du colchique. Les lésions pulmonaires peuvent se modifier rapidement. On n'oubliera pas d'examiner l'urine. La pneumonie de nature embolique réclame une attention spéciale du côté du système circulatoire et un traitement dans lequel les stimulants joueront un grand rôle. Ces cas peuvent être très ennuyeux. La pneumonie goutteuse peut s'accompagner d'une diarrhée grave.
Asthme. — Il accompagne très souvent la bronchite; cependant on peut le rencontrer sous la forme purement nerveuse, ou comme manifestation de la goutte rétrocédée. Dans ce dernier cas, il est bon de rappeler la goutte vers les articulations. Les écarts de régime peuvent provoquer le spasme bronchique (asthme peptique) et l'on arrive avec le temps à reconnaître quel est l'aliment qui produit le mal. Les diverses inhalations sont utiles, telles que celles de fumée de tabac, de datura mélangées de nitre. On pourra prescrire le mélange suivant :
Poudre de feuilles de datura 15 grammes
Poudre d'auis 5 —
Nitrate de potasse pulvérisé 5 —
Poudre de tabac 0,25 centigrammes
On pourra également se servir d'un papier imbibé d'azotate et de chlorate de potasse qu'on fait sécher et qu'on imprègne ensuite de teinture composée de benjoin ^; on en fera brûler une bonne quantité et on en aspirera largement la fumée. Dans certains cas, 10 centigrammes de caféine dans une tasse de café procureront beaucoup de soulagement. La belladone, le datura et les alcalins se donneront plutôt en potion ou on formulera des pilules contenant chacune un centigramme