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TRAITEMENT DES TROUBLES CIRCULATOIRES

d'extrait de belladone ou d'extrait de datura, dont on fera prendre une à deux par jour. On pourra associer l'iodure de potassium, la belladone et l'arsenic à petite dose. Dans les cas rebelles, il pourra être nécessaire d'employer la morphine. Le chloral et le bromure d'ammonium rendent des services ; on pourra également faire respirer un peu de chloroforme ou d'éther, mais sans laisser le malade faire cela lui-même. On pourra aussi avoir recours dans le même but aux capsules de nitrite d'amyle.

L'arsenic est de la plus grande utilité contre les états nerveux dépendant de la diathèse arthritique, mais il ne faut pas en abuser.

De temps en temps on donnera des purgatifs mercuriels avec du colchique. La teinture éthérée de lobélie, à la dose de quinze à vingt gouttes, est quelquefois utile, de même que de petites doses de vin d'ipéca et d'esprit d'éther nitreux '.

Pendant les accès, on peut fumer du tabac ou des cigarettes de datura.

L'attention doit être appelée sur les organes digestifs et l'on doit être très sévère au point de vue du régime à imposer au malade. Dans chaque cas, on devra rechercher s'il y a du catarrhe bronchique ou des dégénérescences de tissus.

L'influence du climat est très marquée et l'on ne peut à ce point de vue donner aucune indication générale, car tout varie selon les cas. Les stations à climat sec et à altitude modérée sont en général préférables aux localités boisées, excepté dans les pays de pins dont la végétation s'accommode le mieux de sols secs et sablonneux. L'atmosphère des villes, sèche et enfermée, convient très bien dans certains cas, tandis que, dans d'autres, il faudra l'air le plus pur comme celui de la mer. La plupart des cas d'asthme goutteux se trouveront bien au Mont-Dore, à Arcachon, à Aix-les-Bains, à Dax et dans les stations subalpines.

Système circulatoire. — Les troubles du système circulatoire dus à la goutte se traduisent par des symptômes tels que des batte-

i. ESPRIT d'éther nitreux (Ph. Brit.)

Placer 150 grammes de nitrite de soude dans un matras communiquant avec un condenseur. Verser sur ce sel 1200 grammes d'alcool rectifié et 160 grammes d'acide sulfurique, préalablement mêlés l'un à l'autre, et distiller de façon à obtenir 1050 grammes de liquide qu'on conservera au frais.

VIN d'ipéca (Ph. Brit.)

Racine d'ipéca concassée o grammes

Vin de Xérès 100 —

Faire macérer pendant huit jours. Filtrer.

ments vasculaires désordonnés, de l'irrégularité du cœur, des affections valvulaires, des névroses cardiaques paroxystiques, des troubles causés par une nutrition insuffisante des parois du cœur et des vaisseaux.

Pulsations artérielles anormales. — Les pulsations anormales de l'aorte abdominale et thoracique sont souvent associées à des troubles gastriques. On devra instituer un traitement et un régime dirigés contre les manifestations gastriques les plus saillantes. Contre les pulsations rapides et violentes, on donnera de la teinture d'aconit, à condition cependant que l'état général du malade soit satisfaisant et que les fonctions digestives s'exécutent normalement. Dans d'autres cas, les bromures de potassium ou de sodium seront très utiles, à la dose de 50 à 75 centigrammes répétée trois fois par jour. Ensuite, des acides minéraux et de la strychnine.

Tachycardie NERVEUSE. — Contre la tachycardie purement nerveuse, on donnera de l'aconit, en observant les précautions habituelles. Les battements du coa siégeant dans les artères thj^roïdiennes seront combattus avec de l'ergot et de la digitale; et l'on pourra également employer ces médicaments dans les autres formes de battements anormaux. L'arsenic à doses prolongées sera utile.

Insomnie. — L'insomnie est parfois la conséquence de ces états et peut être combattue par des bromures, par une stimulation alcoolique modérée, surtout chez les individus âgés et cachectiques, et par de laparaldéhyde à la dose de 2 grammes en se couchant. On pourra aussi avoir recours au monobromurc de camphre à la dose de 15 à 25 centigrammes, au musc en pilules à la dose de 10 à 25 centigrammes. Le séjour dans un climat bien approprié est très souvent utile pour modifier l'état neurasthénique sous la dépendance duquel sont bien des symptômes fâcheux.

Irrégularité cardiaque. — L'action irrégulière du cœur peut être un symptôme grave ou sans conséquence. Quelquefois elle dure toute la vie du goutteux sans avoir de signifiation importante ou bien elle peut survenir à l'occasion, comme manifestation de la goutte viscérale, auquel cas elle demande un traitement spécial. Dans ce dernier cas, il faut chercher à rappeler la goutte dans l'organe affecté en dernier. Il faut toujours chercher à savoir quel est l'état de la nutrition du muscle cardiaque et des valvules, quand il y a une insuffisance d'action cardiaque due soit à un défaut d'influx nerveux, soit à une faiblesse des parois. Le défaut de compensation des parois s'accompagnant de dilatation des cavités indique la digitale et la strychnine seule ou

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associée à l'étlier d'abord, puis à l'arsenic, avec ou sans fer, selon les cas. Dans les cas d'affection des valvules aortiques permettant le reflux, la digitale sera contre-indiquée et remplacée par de la belladone, et l'on suivra les règles ordinaires pour le traitement de l'insuffisance mitrale. Dans le rétrécissement mitral, la digitale est souvent utile pendant quelque temps, mais il faut surveiller attentivement le malade pendant qu'on administre ce médicament. Dans les cas de faiblesse du muscle cardiaque, la teinture de strophantus est utile et, aux doses de quatre à six gouttes, elle est sans danger. Les lésions consécutives du cœur droit, telles que la dilatation avec insuffisance tricuspide, seront traitées, chez les goutteux comme chez les autres malades, selon les principes généraux, sans craindre la saignée quand elle est indiquée.

Le pronostic est surtout défavorable dans les cas où il y a une dégénérescence vasculaire progressive et une néphrite interstitielle. Les iodures à petites doses et la noix vomique sont les médicaments les plus utiles et s'il est nécessaire d'avoir recours à des hypnotiques, on donnera la préférence à la paraldéhyde et au hachisch.

Fausse angine de poitrine. — La fausse angine de poitrine s'accompagne habituellement de troubles gastriques et d'une flatulence extrême. Les symptômes peuvent ainsi simuler la goutte de l'estomac. On les observe chez des sujets plus jeunes que les angineux vrais. On ne trouve au cœur aucun signe d'affection organique et il peut n'y avoir aucun signe de dégénérescence vasculaire. Pour calmer immédiatement ces malades il faut leur donner des stimulants, tels que de l'alcool, du sel volatil ou de l'éther, ou bien une potion carminative contenant du bicarbonate de soude, de l'esprit de cajeput, de la teinture composée de lavande^ et de l'eau de menthe. On appliquera sur le creux de l'estomac un grand cataplasme de farine de lin saupoudré de moutarde. Quand les symptômes les plus pressants ont cédé, on donnera une ■dose de mixture composée de séné avec 2 grammes de vin de colchi-

d. TEINTURE COMPOSÉE DE LAVANDE (Ph. anglaise).

Essence de lavande 6 grammes

Essence de romarin 10 gouttes

Cannelle o grammes

Muscades 5 —

Bois de santal rouge 15 —

Alcool rectifié 1200 ■ —

Faire macérer la cannelle, les muscades et le santal dans l'alcool pendant sept jours. Exprimer le liquide, y faire dissoudre les essences et ajouter : alcool rectifié q. s. pour faire deux litres.

Dose : 6 à 8 grammes.

que, qu'on fera quelquefois précéder d'un purgatif mercuriel. Un pédiluve chaud pourra être de quelque utilité.

Angine be poitrine vraie. — L'angine de poitrine vraie, s'accompagnant de lésions organiques cardio-vasculaires, réclame un traitement différent. On doit toujours avoir sous la main des capsules de nitrite d'amyle pour faire des inhalations, s'il en est besoin. La nitro-glycérine ou trinitrine est très efficace pour éloigner les accès. Les stimulants sont nécessaires et dans les douleurs angoissantes prolongées, on devra faire des injections de morphine. On pourra appliquer sur la région précordiale des liniments contenant de la vératrine ou de la belladone et du chloroforme en parties égales. On pourra aussi donner de la liqueur d'Hoffmann à la dose de vingt gouttes avec une quantité égale de liqueur d'acétate de morphine^ dans de l'eau camphrée, en faisant attention à l'état des reins. La névrose cardiaque sera combattue par de l'arsenic, de la strychnine, de la belladone et du fer dans les cas où l'on suppose qu'il existe un ramollissement des parois. Comme les accès peuvent éclater pendant le sommeil, le malade doit toujours avoir à côté de lui des capsules de nitrite d'amyle et une potion calmante. On doit le maintenir dans un état de calme absolu et éloigné de toute cause d'émotion.

Hémorragies. — Les hémorragies survenant chez les goutteux ne présentent pas d'indication spéciale. Elles s'arrêtent d'elles-mêmes et quelquefois même elles sont utiles.

Phlébite. — La phlébite, en tant que manifestation goutteuse, demande un traitement très attentif. On devra tout d'abord établir d'une façon précise la nature goutteuse de la maladie, ainsi que la gravité du cas. On devra toujours prescrire au malade un régime approprié et le suivre pendant au moins deux mois, jusqu'à ce que tous les signes de la maladie se soient dissipés et que le caillot ait disparu ou soit devenu inoffensif.

La phlébite siège généralement au mollet, mais elle peut aussi se rencontrer aux extrémités supérieures et les cas les plus graves sont ceux dans lesquels la veine axillaire est atteinte ou une veine du cou.

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