‹ Traité de la goutteChapitre 147 sur 165 · COLLYRE · texte numérisé non relu

COLLYRE

Cocaïne 5 centigrammes

Sulfate d'atropine 13 —

Eau de roses 30 grammes

On maintiendra le malade à l'abri de la lumière. On donnera des purgations et des pédiluves chauds.

Il est à noter que ces troubles sont très influencés par la saison et le climat et qu'ils surviennent bien plus fréquemment au printemps et à l'automne.

Système cutané. — Affections goutteuses de la peau. — Pour réussir dans le traitement des aff"ections goutteuses de la peau, il faut y apporter beaucoup d'attention et déployer beaucoup d'habileté. Il est très important de savoir reconnaître leurs rapports avec cette dyscrasie et il l'est non moins de savoir distinguer celles qui en sont indépendantes. Dans bien des cas, il n'y a pas d'antécédents de goutte articulaire chez le malade, mais ses antécédents de famille et ses prédispositions individuelles, lorsqu'on se donne la peine de les chercher, suffisent à fixer la nature de la maladie.

Le traitement devra être à la fois local et général. Beaucoup de ces affections tendent à récidiver de temps en temps comme le fait la goutte articulaire; elles sont souvent très ennuyeuses pour le malade et parfois très difficiles à traiter. Dans certains cas, il vaut mieux ne pas instituer un traitement trop actif et savoir reconnaître qu'elles constituent en somme un mal bien moindre que ne pourraient l'être les affections qui surviendraient si on venait à le supprimer. Certaines manifestations ont un caractère aigu et une évolution brusque; d'autres sont chroniques et persistent pendant des années.

Prurit. — Il résiste quelquefois à tous les traitements. Je connais de vieux goutteux chez qui il dure en permanence pendant des années. Il est très important d'en faire le diagnostic précis et de s'assurer qu'il n'est pas causé par des pédiculi. Il peut n'y avoir aucune lésion cutanée apparente, en dehors de quelques follicules pileux lacérés par le grattage.

On devra rectifier les erreurs de régime. On proscrira les repas abondants, le sucre, les acides, les fruits, de même que toute espèce de vins. On permettra de légers grogs. On donnera de temps en temps avec profit des purgatifs mercuriels et des alcalins et l'on fera boire aux repas une eau alcaline quelconque.

Tous les deux ou trois jours, on fera prendre un bain de son, alcalin ou sulfureux. Il est préférable de porter en contact avec la peau, selon la saison, du coton ou de la soie recouverte de flanelle plutôt que de la flanelle seule.

Souvent on obtient du soulagement à l'aide de lotions chaudes au borax et à l'acide phénique. On pourra faire des badigeonnages avec la teinture de benjoin sur les points irritables. S'il est nécessaire, on donnera des bromures ou du hachisch, pour assurer le sommeil. Les applications fréquentes de pommade à l'oxyde de zinc, contenant 4 grammes de camphre ou d'acide phénique pour 30 grammes de vaseline, sont également utiles. On pourra aussi faire usage d'une pommade composée de 4 grammes d'huile de cade pour 30 grammes de vaseline. On pourra essayer des bains de Schlangenbad ou des eaux de Hombourg, de Kissingen ou d'autres analogues. Quand il existe des signes de faiblesse, on donnera des acides minéraux avec du quinquina, de la strychnine ou de l'arsenic.

Prurit anal. — On fera faire des lotions chaudes alcalines, phéniquées ou ferrugineuses (10 centigrammes de sulfate de fer pour 30 grammes d'eau). On saupoudrera l'anus avec du bismuth, de l'acide borique, du talc, de la terre à foulon, du carbonate de zinc, après chaque bain. S'il y a en même temps une tendance aux hémorroïdes ou des signes de congestion de la veine porte on donnera des purgatifs mercuriels et on restreindra le régime , en défendant surtout les soupes et le vin. Le soufre est souvent utile, soit sous forme d'électuaire, soit sous forme de pastilles, qu'on prend en se mettant au lit, pendant une ou deux semaines.

Furoncles-Anthrax. — Dans ces affections, il ne faut pas négliger d'examiner l'urine parce qu'il peut y avoir du sucre ou de l'albumine. On pourra essayer du salicylate de soude associé au quinquina, du

sulfure de calcium (un centigramme quatre fois par jour), la levure fraîche à la dose de 30 grammes trois fois par jour, ou bien la quinine avec les acides minéraux. Quelquefois les badigeonnages iodés autour du furoncle le font avorter. Quand celui-ci commence à pointer, on l'ouvrira avec une lancette trempée dans une solution phéniquée et on le pansera avec de l'iodoforme. L'utilité des cataplasmes est discutable.

L'anthrax s'observe surtout chez les vieillards goutteux; il faut donc prescrire un traitement tonique mais non stimulant. On défendra l'alcool à moins qu'il n'y ait de la prostration. Le régime lacté est le meilleur. On rejettera les cataplasmes et on les remplacera par des applications d'extrait de belladone mêlé à parties égales de glycérine. Quand la surface est parsemée d'ouvertures et laisse écouler •du pus, on la pansera avec de l'iodoforme. Aujourd'hui on n'est pas d'accord sur la question de savoir s'il faut ou non inciser l'anthrax. Dans certains cas, il peut être nécessaire de faire des incisions et l'on court certainement moins de risques qu'avant la période antiseptique. Pendant la période d'évacuation de l'anthrax et pendant la convalescence, on donnera du quinquina, de l'ammoniaque, de la quinine, du fer, des acides minéraux avec du vin. Chez les glycosuriques, l'anthrax peut être dangereux et mortel.

Psoriasis. — Le traitement doit être différent pour les formes aigui' et chronique de la maladie.

Dans la première, il y a peu de chose à attendre d'un traitement local ou autre. Les purgatifs salins, associés aux alcalins et au colchique, sont très utiles. On pourra prescrire la formule suivante :

Nitrate de potasse 50 centigrammes

Bicarbonate de potasse 1 gramme

Sulfate de magnésie 4 —

Extrait de semences de colchique 2 centigrammes

Eau de menthe 30 grammes

A prendre trois fois par jour.

S'il y a pléthore générale, on pourra donner de temps en temps -des purgatifs mercuriels. Le régime doit être très sévère, de façon à ce que la formation des acides dans l'économie soit réduite à son minimum. Au début, le traitement local se bornera à de simples onctions avec de l'huile d'amanrles douces ou un liniment avec du blanc de baleine. Puis on emploiera l'huile de cade dans la proportion ■de 10 grammes pour 30 de vaseline ou de parafîne, ou l'acide chrysophanique : 10 centigrammes pour 30 grammes, et l'on fera prendre des

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