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TRAITEMENT DE LA NÉPHRITE INTERSTITIELLE

Système génito-urinaire. — Néphrite interstitielle goutteuse. — Les manifestations goutteuses qui affectent les voies urinaires sont nombreuses. Nous avons déjà exposé avec des développements suffisants l'état des reins, au point de vue des lésions cirrhotiques de ces organes, et nous avons également insisté sur l'importance qu'il y avait à les diagnostiquer dans les périodes précoces comme dans les phases avancées. Lorsqu'on institue une médication quelconque chez un goutteux, il faut toujours avoir en vue l'existence d'une lésion rénale, lorsqu'on prescrit un régime alimentaire ou un traitement pharmaceutique, surtout en ce qui concerne les aliments azotés, ou bien les substances telles que l'opium, le colchique, le salicylate de soude.

L'influence du climat est très marquée dans ces cas, et l'on peut parfaitement arrêter la sclérose rénale dans sa marche en associant un régime convenable au séjour dans les pays chauds pendant l'hiver. On peut se rendre compte de l'insuffisance rénale en observant le volume et la densité de l'urine, surtout lorsqu'il y a peu ou pas d'albuminurie. On dosera l'urée de temps en temps et lorsque l'élimination sera inférieure à 2 p. 100, on devra surveiller attentivement le malade. Le régime se composera surtout de poisson, de légumes verts et de féculents. Le régime lacté est quelquefois utile pendant un certain temps ou d'une façon continue quand il peut être supporté. On évitera la viande de boucherie et l'alcool. Dans chaque cas, on tiendra compte de l'état du malade plutôt que de la nature de sa maladie. L'arsenic, la strychnine et les acides minéraux sont souvent utiles surtout quand le fer est contre-indiqué ou mal sup porté. La fréquence des mictions pendant la nuit, chez les individus âgés qui ont des reins granuleux, peut être combattue par les bromures et l'on devra restreindre la quantité de liquide prise à la fin de la journée.

Dans ces cas où il y a une dilatation du cœur, la paraldéhyde rendra de grands services. Les céphalalgies si fréquentes, dans ces cas, seront calmées à l'aide de pastilles de nitro-glycérine dosées à 5 centigrammes p. 100, dont on prendra trois ou quatre par jour. Les convulsions urémiques seront combattues à l'aide du chloral à la dose de 23 centigrammes toutes les deux heures, en débutant par une dose peut-être un peu plus élevée. Pendant l'hiver on habitera des climats chauds, en choisissant des villes bien abritées. Alger est une des plus favorables.

Lithiase rénale. — Le traitement doit avoir pour objet de diluer le

sang de façon à obtenir une action diurétique marquée. La médication alcaline est très importante et sera surtout utile en prolongeant l'emploi de ces agents sous une forme très diluée. Le signe le plus net de l'existence de calculs rénaux est la colique néphrétique; mais dans bien des cas, les reins peuvent renfermer des pierres qui ne présentent aucune tendance à se déloger et manifestent leur présence par des douleurs localisées, de l'hématurie plus ou moins grave et continue. Dans ces cas, le traitement pharmaceutique donnera bien peu de résultats.

Le repos est très important. On soumettra le malade à un régime dirigé surtout contre son état général et contre sa dyscrasie et l'on fera prendre des boissons diurétiques. On donnera de l'eau d'orge, de l'infusion de graine de lin ou du lait écrémé ou encore mieux de l'eau distillée à la dose de deux litres par jour, si l'on ne peut se rendre dans une station thermale appropriée. On maintiendra la liberté du ventre à l'aide d'une eau purgative quelconque. Mais les résultats de beaucoup les plus favorables sont ceux que l'on obtient à la suite d'une saison à Buxton, Bath, Malvern ou Vittel. Il faut en général ingérer une grande quantité de ces eaux pour obtenir l'élimination ou la dissociation des calculs. II est à remarquer que les eaux de cette dernière station sont assez riches en sels de chaux, ce qui théoriquement semblerait en contre indiquer l'emploi dans les affections calculeuses; mais on sait, d'après les expériences du D"" Paul Rodet *, que la chaux ne fait que traverser l'organisme sans s'y fixer : de plus, les résultats que l'on obtient sont incontestables, car on observe l'expulsion de calculs et de masses de concrétions uratiques, ce qui coïncide avec la cessation des hématuries et avec le soulagement complet des malades. Les bains et les douches lombaires aident également à l'expulsion des calculs et des graviers. Ces eaux sont facilement transportables, mais il est difficile sinon impossible de faire un traitement sérieux chez soi.

La cystite chronique, d'origine goutteuse ou calculeuse, est susceptible d'une grande amélioration ou même d'une guérison complète à Vittel ou même à Contrexéville.

Coliques néphrétiques. — Le spasme rénal et uretérique, dû au passage des calculs, réclame le traitement habituel par l'opium, la belladone, le hachisch, le chloral, les injections de morphine, les lotions ou les bains de siège chauds.

1. P. Rodet, De l'action des eaux de Vittel sur la nutrition. Mémoire récompensé par rAcadémie de médecine.

Calculs vésicaux. — Les calculs vésicaux, qui ne sont pas dissociés par les eaux diurétiques, doivent être opérés. On peut combattre la prédisposition à la formation de calculs, en ayant recours de très bonne heure aux eaux de Carlsbad, Yittel (Source Salée) ou de toute autre source saline laxative, prise tous les matins.

Balanite. — On la traitera surtout par des fomentations chaudes, suivies de l'applicalion d'une poudre composée de parties égales d'amidon et d'acide borique et en isolant le prépuce du gland à l'aide d'un peu d'ouate.

Prurit yulvaire. — Le prurit vulvaire est souvent très rebelle. Le plus souvent il est associé à la glycosurie, quand il n'en est pas le résultat. Quelquefois les lotions d'eau chaude ou d'eau phéniquée à 1 pour 40 donnent de bons résultats. Les pommades au calomel dosées à 4 pour 30, suivies de l'application d'une poudre composée de 4 grammes de camphre pour 15 grammes d'oxyde de zinc et d'une égale quantité d'amidon, donneront aussi de bons résultats. Les liniments à la cocaïne sont également très efficaces, ainsi que la teinture composée de benjoin en application locale. L'état général dont le prurit est l'expression symptomatique doit être l'objet d'un traitement approprié.

Affections du pénis. — Nous avons déjà parlé plus haut du priapisme persistant en tant que symptôme dans certains cas de diathèse goutteuse. On peut le rencontrer chez les hommes d'un certain âge et il est très gênant lorsqu'il survient la nuit. Le traitement alcalin et le bromure de potassium, aidés d'un régime convenable, suffisent généralement pour le faire disparaître.

On peut observer un épaississement fibreux de la gaine des corps caverneux produisant des érections irrégulières, ce qui donne lieu à la sensation de masses dures au niveau du septum ou à d'autres endroits de la verge. Cela peut donner lieu à la forme cordée, de même que la blennorrhagie. Paget a décrit une inflammation goutteuse de tout l'organe, déterminant l'augmentation de volume, mais non la dureté de l'érection.

Thrombose du pénis. — Il peut se faire dans les corps caverneux, une thrombose, de la même façon que se produit la phlébite goutteuse. On peut alors sentir un ou plusieurs nodules du volume d'un pois, qui peuvent être indolents, même à la pression, rester ainsi pendant longtemps, puis diminuer lentement de volume. H y a très peu de chose à faire comme traitement local. On pourra faire des applications de pommade iodée;. mais l'on devra néanmoins ne pas se départir du traitement général antigoutteux.

Herpès du prépuce. — Les goutteux présentent une tendance plus marquée que d'ordinaire à l'herpès du prépuce. Certaines balanites revêtent la forme herpétique. Il y a de grandes tendances à la récidive qui peut se produire sous la seule influence du coït. On appliquera localement une pommade à l'oxyde de zinc contenant 2 grammes pour 30 d'acide borique ou d'acide phénique.

Orcuite. — L'orchite est quelquefois une manifestation très nette de la goutte aiguë. Elle peut être une phase de la goutte rétrocédée ou bien elle peut éclater tout d'un coup après de légers symptômes de goutte survenus dans d'autres parties.

Le traitement consiste à soutenir le testicule. On fera fréquemment des lotions chaudes avec de l'eau blanche laudanisée, ou bien on fera des badigeonnages avec un liniment contenant de la glycérine et de l'extrait de belladone à parties égales. On administrera un purgatif mercuriel et on entretiendra la liberté du ventre. Le colchique associé à l'iodure de potassium et au bicarbonate de soude est très efficace. Le repos est indispensable. Le régime devra être très peu substantiel. Le gonflement peut durer plusieurs semaines avec un peu d'induration de l'épididyme. Au début, il peut y avoir un peu d'épanchement dans la tunique vaginale. Le testicule n'est pas exposé à être atrophié.

Hémorrïïagie vésicale. — Nous en avons déjà parlé plus haut. Elle ne demande pour ainsi dire pas de traitement. Cependant on peut retirer les caillots à l'aide d'une sonde à gros œil ou par l'aspiration.

Cystite. — Elle est quelquefois assez sérieuse et demande à être traitée par des boissons adoucissantes, en particulier le lait, ainsi que par des fomentations belladonées chaudes et des cataplasmes sur l'hypogastre. Un eczéma existant peut disparaître et amener sous forme de métastase un exanthème vésical, qui produit de la cystite. On pourra prescrire du citrate de potasse associé à la jusquiame et administré dans une infusion de buchu ou une décoction de pareira brava. S'il est nécessaire, on prescrira de l'opium ou de la belladone. Comme boisson, on donnera de l'eau d'orge, l'infusion de graine de lin ou de chiendent avec de la réglisse. Le repos dans un lit chaud est indispensable et l'on pourra donner deux fois par jour des bains de siège chauds. La nuit, on administrera des pilules contenant du colchique et de la poudre de Dover. De temps en temps, on fera prendre un purgatif mercuriel suivi d'un cathartique salin.

Uréthriti; et prostatite goutteuses. — L'uréthrite goutteuse, qui simule souvent la blennorrhagie, et la prostatite goutteuse

réclament un traitement analogue : repos, régime léger, santal, bains de siège chauds.

Si les manifestations vésicales, prostatiques ou urélhrales sont dues à une rétrocession de goutte articulaire, on fera tous ses efforts pour rappeler Farthrite. Dans les cas graves et sthéniques, on pourra appliquer une demi-douzaine de sangsues au périnée, suivies de fomentations. L'émétique, à petite dose, et l'opium pourront être de quelque utilité, de même que les purgatifs. S'il y a rétention d'urine on pratiquera le cathétérisme.

OvARiTE. — L'ovarite réclame le repos au lit avec des cataplasmes chauds arrosés d'un liniment belladone. A l'intérieur, on donnera du colchique, des alcalins et des purgatifs.

Le décubitus doit être imposé jusqu'à ce que toute douleur ait disparu et il sera bon de persister ainsi jusqu'après la prochaine période cataméniale. Quelquefois de petits vésicatoires, appliqués au niveau de l'ovaire affecté, pourront être utiles, de même que des suppositoires belladones ou opiacés.

Dysménorrhée congestive. — Névralgies ovariennes et pelviennes. — La diathèse goutteuse prédispose aux douleurs au moment des règles. Cela peut être, en y ajoutant certaine tendance hystérique, une névralgie ovarienne ou utérine alternant avec d'autres manifestations névralgiques.

Dans ces cas, il faut éviter de s'exposer au froid et à l'humidité. Les purgatifs salins sont utiles. On calmera la douleur à l'aide du hachisch, du bromure de potassium, de l'antipyrine, à la dose de 50 à 75 centigrammes. Dans les cas atoniques, il est quelquefois utile de donner du gaïac, surtout peut-être pour utiliser son action laxative;on prescrit par exemple 50 centigrammes de poudre de gaïac avec une égale quantité de carbonate de magnésie, qu'on fait prendre tous les matins. Gela est surtout utile quand il y a expulsion de caillots ou de lambeaux de membranes. Tous les soirs, on prendra des bains de siège chauds. On proscrira toute espèce de stimulants alcooliques ou les sédatifs. Contre les névralgies pelviennes, on fera prendre de la jusquiame avec du musc, de la valériane et de la quinine; l'arsenic et les alcalins sont également utiles, dans certains cas.

Les malades atteintes de ces affections retireront le plus grand profit d'une saison dans certaines stations thermales, telles que Vichy, Schlangenbad, Ems, Wiesbaden, Baden-Baden, Marienbad et Carlsbad.

Affections goutteuses de l'œil. — Oputalmie arthritiquI'. — Pour tout ce qui concerne le traitement de l'ophtalmie arthritique,

de l'iritis, de l'irido-cyclite, des hémorragies rétiniennes, de l'épisclérite et du glaucome, nous renverrons le lecteur aux traités spéciaux. Je dirai simplement ici que ces affections demandent un traitement approprié toutes les fois qu'une manifestation locale apparaît. A l'intérieur on donnera surtout du mercure, de la quinine, de l'aconit, du colchique, de l'iodure de potassium et des alcalins. Localement on appliquera un collyre au borax ou au sous-acétate de plomb chaud, avec une solution de cocaïne à 4 p, 100 s'il y a une douleur vive; quelques sangsues aux narines ou aux tempes et de l'atropine pour maintenir la dilatation pupillaire, à moins cependant qu'il n'y ait une tension sanguine exagérée dans le globe de l'œil. On pourra prescrire le collyre suivant :

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