DE M. LE DOCTEUR LECORGHE
Garrod en démontrant par ses mémorables recherches que l'acide uriqne est bien la matière peccante de la goutte n'a pas épuisé la série des questions que soulève la pathogénie de cette maladie. iVprès avoir établi que l'excès d'acide urique dans le sang est la cause directe des accidents morbides de la goutte, il reste encore à se demander comment se produit cet excès d'acide urique dans Torganisme, et en deuxième lieu pourquoi se fait cette production anomale.
On a essayé de répondre à la première question en disant que l'excès d'acide urique était la conséquence d'un vice de la nutrition intime de nos tissus. Les uns ont pensé qu'il y avait ralentissement de la nutrition; j'ai soutenu, pour ma part, qu'il y avait au contraire suractivité du travail cellulaire.
Mais pourquoi cette perturbation nutritive? Sir Dyce Duckworth a tenté à son tour de l'expliquer en supposant une modification primitive de l'élément nerveux. Pour lui la goutte est une trophonévrose, habituellement héréditaire, mais pouvant aussi être acquise. C'est là l'idée mère du traité que le D'' Paul Rodet vient de traduire à l'usage des médecins français.
A titre d'hypothèse Sir Dyce Duckworth admet môme que la portion du système nerveux qui est surtout prédisposée au trouble fonctionnel connu sous le nom de goutte, a son siège Duckworth. — Goiuto. (i