VI PRÉFACE
OU son centre dans le bulbe. En un mot, la goutte serait une troplionévrose bulbaire.
Sans vouloir discuter ici l'idée théorique de Sir Dyce Duckworth, je reconnais qu'il l'a étayée d'arguments sérieux et qu'il a habilement fait valoir tous les caractères tirés soit des rapports mêmes de la goutte avec diverses affections nerveuses, soit des nombreux troubles nerveux qu'on observe si fréquemment chez les goutteux. Je signalerai en particulier les chapitres intitulés Rapports de la goutte avec le diabète et Rapports de la goutte avec les différentes névroses.
L'étude des urines goutteuses a fourni à Sir Dyce Duckworth un chapitre intéressant. Je regrette seulement qu'il n'ait pas fixé son attention sur les caractères que présentent les goutteux dans ce qu'on pourrait appeler la période préparatoire de la goutte, c'est-à-dire avant toute manifestation appréciable de la diathèse. Ces caractères, qui m'ont toujours paru très évidents et sur lesquels j'ai insisté dans mon Traité de la goutte, m'ont permis, à plusieurs reprises, de prédire par la seule analyse des urines l'apparition d'une attaque articulaire. Ils sont, pour moi, la preuve la plus nette de l'exagération dû fonctionnement cellulaire, de l'hypersécrétion organique qui produit d'abord la surcharge urique du sang, l'uricémie et, à la longue, les altérations viscérales et les diverses manifestations articulaires et internes de la goutte.
Je suis absolument d'accord avec Sir Dyce Duckworth au sujet de la marche de la fièvre pendant l'accès de goutte. « J'ai constaté, dit-il, que la température dépasse rarement 38 degrés 8 dans les attaques les plus aiguës, quand il n'y a pas de complications. )» Cette affirmation est appuyée sur de nombreuses observations thermométriques. Me fondant sur des observations prises à la Maison Dubois, j'ai dit de même que la température dans l'accès de goutte aiguë dépasse ou même atteint rarement 39 degrés et qu'en tout cas cette élévation est toujours très passagère.
Le chapitre consacré par Sir Dyce Duckworth aux rapports de la goutte avec le rhumatisme est à lire avec soin. Il prouve à quel degré de confusion conduit la fameuse formule de Pidoux :