Kussmaul et Maier, Dealsch. Archiv., t. IX, p
5. Harnaci\, Archiv fiïr cxperimenlelle Pathologie und Pharmacologie. IX ter Band, Leipsicl<, 1878, p. 132.
6. Cliarcot, Leçons sur les maladies des vieillards, 186S, p. 124.
grande qu'elle ne Test réellement. Pye-Smith n'a jamais observé de goutte dans le saturnisme sans qu'il y ait une prédisposition héréditaire ou de l'intempérance. On peut expliquer ce fait que l'association de la goutte et du saturnisme s'observe peu dans le nord de l'Angleterre, en Irlande et en Ecosse, d'après les conditions d'hérédité et de genre de vie des habitants de ces contrées. Il y a toujours eu beaucoup plus de goutteux à Londres et parmi les buveurs de bière des comtés sud de l'Angleterre que parmi les populations du nord, de l'Ecosse et de l'Irlande où on boit surtout de l'alcool, c'est ce qui fait que les habitants du sud paient le plus large tribut à la goutte saturnine. D'autre part la bière n'est pas la seule cause efficiente dans la production de la goutte, car on observe celle-ci chez des individus qui n'ont jamais bu que de l'alcool ainsi que chez ceux qui, comme les ouvriers de Paris, boivent, d'une façon immodérée, il est vrai à la fois de l'alcool et des vins de qualité inférieure. Nous pouvons donc conclure que ce sont les deux principaux facteurs, l'hérédité et l'intempérance, souvent réunis, quelquefois isolés, qui produisent la goutte saturnine. Dans ces cas, on trouve deux des principaux éléments essentiels de la goutte : a, l'altération du système nerveux; h, la rétention de l'acide urique.
L'action du plomb sur la production de la goutte peut très probablement être attribuée à l'action spécifique du poison sur les centres nerveux. Cette influence provoque des modifications trophiques dans tout le système vasculaire et dans les reins, de même que l'état pathologique qu'on désigne sous le nom de goutte, dans son sens le plus large. Dans le satujrnisme, comme dans la goutte, le processus de dégénérescence s'effectue d'une façon pour ainsi dire parallèle et semble n'être modifié que par les habiludes de l'individu et ses prédispositions diathésiques *.
Saundby ^ après avoir analysé 13 observations, arrive à cette conclusion « que la goutte saturnine est plutôt un fait de doctrine que d'observation ». Je crois que si l'on étudiait tous les cas on arriverait à démontrer l'association du saturnisme et de la goutte d'une façon indiscutable.
Frerichs, de Berlin, m'a communiqué 163 cas de saturnisme, qu'il a étudiés à sa clinique, dans le but de découvrir s'il existait parmi eux quelque association de goutte.
1. D'après Poney, l'action du plomb se porte surtout sur le foie, en mettant obstacle aux métamorphoses qu'il est chargé d'accomplir.