Lancereaux, Congrès Internat louai de Londres, août
rinflammation goutteuse et formant une sorte de pierre de touche pour cette diathèse.
L'étude de la physiologie pathologique du plomb sur l'organisme montre que les systèmes nerveux et circulatoire sont profondément atteints. A l'autopsie on a trouvé le plomb dans presque tous les tissus, surtout le cerveau ' et l'intestin ^ Gaffky ^ admet une lésion des nerfs vaso-moteurs de l'abdomen, surtout des rameaux sympathiques du splanchnique, ce qui expliquerait les lésions rénales. Kussmaul et Maier '' ont publié l'autopsie d'un cas de saturnisme chronique dans lequel, parmi beaucoup d'autres lésions, ils ont trouvé la prolifération et la sclérose des cloisons de tissu conjonctif des petits ganglions du sympathique, surtout des cœliaques et des cervicaux. Ces ganglions étaient durs et le nombre des cellules nerveuses était diminué. Les petites artères étaient rétrécies et l'induration péri-artérielle très prononcée. Il est difficile de saisir la relation exacte de ces lésions, mais on sait que, sous l'influence du plomb, l'action du cœur se ralentit et que la tension artérielle s'élève '\ Il est également établi qu'une élévation permanente delà tension artérielle est en elle-même une cause d'hypertrophie cardiaque et d'épaississement artériel et il peut bien se faire qu'un certain nombre des lésions du saturnisme se développent de cette façon. La rétention de matières excréraentitielles, telles que l'acide urique, dans le sang, s'accompagne souvent de sclérose artério capillaire et l'on a supposé que ce sang impur trouvait de la résistance dans les petits vaisseaux et provoquait ainsi une élévation de tension. Cependant il peut se faire que tout cela provienne d'une lésion primitive du sympathique produite par le sang contaminé.
Garrod a démontré que le plomb diminue le pouvoir excréteur du rein à l'égard de l'acide urique et Charcot " compare cette action inhibitoire du métal à une sorte de paralysie du rein. Il y a donc rétention d'acide urique dans l'organisme. Si l'on tient compte de ces faits, il devient dès lors facile de saisir la relation étroite qui unit le saturnisme et la goutte; mais cela ne nous explique pas pourquoi la fréquence de la goutte dans la cachexie saturnine n'est pas plus