CONCLUSION
Nous espérons que ces pages, écrites après une expérience de plus de trente années de travail et à l’aide de quelques renseignements que nous avons puisés dans l'ouvrage de M. Persoz, à l’aide surtout des généreux renseignements que M. Joseph Laucher, qui fut un de nos plus habiles graveurs, a bien voulu nous donner, pourront convaincre quelques incrédules de la peine, des soins incessants, et surtout de la multiplicité des connaissances qu’un graveur doit posséder aujourd’hui. Les moyens qu’il possède se sont multipliés à l’infini il est vrai, mais aussi que d’opérations délicates à conduire, que de minuties dans tout ce qui concerne l’électricité, où le moindre oubli, la moindre négligence peut tout déranger.
Le travail du graveur passe dans beaucoup de mains qui peuvent dénaturer son œuvre ; le trempeur peut donner à sa molette une trempe mauvaise ou inégale ; le releveur peut produire un relief imparfait d’une gravure excellente en elle-même ; le moleteur de son côté peut livrer un rouleau tiraillé par une pression mal entendue, ou par un rapport cadrant mal qui donne mauvais aspect au tout; l’imprimeur plus ou moins intelligent, qui doit imprimer le dessin sur une machine plus ou moins parfaite, ’ avec des couleurs plus ou moins parfaitement préparées, etc., etc. ; ne voilà-t-il pas assez d’aléa pour effrayer le graveur le plus adroit. Et après, n’y-a-t-il pas encore des chances d’insuccès dans des traitements inappropriés, pour terminer les pièces plus ou moins convenablement?
La gravure la plus soignée court tous ces périls, aussi doit-on mieux faire la part de tous ceux qui concourent à l’achèvement