QUATRIÈME PARTIE
MACHINES ET APPAREILS ACCESSOIRES
1° Appareil Molteni pour projections.
Au sujet des agrandissements, nous croyons indispensable de parler des appareils de projection. Après les progrès accomplis dans la préparation des papiers sensibles, parmi lesquels ceux au gélatino-bromure occupent le premier rang, nous sommes persuadés qu’on arrivera à utiliser ce moyen pour l’agrandissement sur les planches de pantographe. Quelques essais que nous avions faits dans le temps , tout imparfaits qu’ils étaient, nous ont laissé la conviction qu’on arriverait un jour à utiliser
les projections. Fig. aJ3. - Appareil Molteni.
L’appareil de projection
que nous employions se composait d’un socle A, qui supportait une double platine B, en cuivre ; chacune de ces platines
était munie d’une vis de rappel permettant de déplacer le chalumeau de droite à gauche et d’avant en arrière.
Une troisième crémaillère servait à régler en hauteur le corps G de l’appareil à volonté. L’objectif ou condensateur D est composé de trois lentilles dont la monture était indépendante du cône F. Les robinets JIv servaient à amener le gaz oxygène et le gaz hydrogène mélangés, sur le crayon de chaux qui produit une lumière excessivement vive quand il est en incandescence. La lumière électrique et les lampes à acétylène donnaient aussi d’excellents résultats.
Il existe aujourd’hui toute une série d’appareils de ce genre. N importe quel opticien peut donner les renseignements désirés.
2° Appareils pour réduire ou agrandir les dessins.
Il existe aujourd’hui un grand nombre d appareils permettant d’agrandir ou de réduire un dessin. Le principe sur lequel repose
la construction de ces divers appareils est dans tous le même, c’est-à-dire consiste dans l’allongement ou le rétrécissement d’une feuille de caoutchouc. Tels sont les appareils Loir, Guérin, etc. Nous indiquons ici seulement l'appareil Guérin (fig. 224), qui se compose d’un pied sur lequel est un cercle extensible muni d’un caoutchouc. On imprime avec l’encre lithographique le dessin sur la plaque de caoutchouc; si l’on veut diminuer le dessin, la feuille de caoutchouc a dû être tendue pour l’impression ; si, au contraire, on veut augmenter, la feuille doit être à son minimum de tension ou plutôt à l’état naturel. Après l’impression, on fend ou on détend et on reprend une empreinte.
Nous nous bornerons à ce genre d’appareils et nous ne décrirons plus que l’appareil Cellerin qui a été le premier dans ce genre.
Fig. 224. — Elargisseuse Guérin.
MACHINES ET APPAIiEILS ACCESSOIRES
3° Appareil Cellerin.
Cette machine se compose d’une plate-forme ronde en fonte, sur laquelle est fixé un disque de caoutchouc, très souple et très résistant. Ce disque est pincé bien intimement entre deux anneaux en fer de 2 à 3 centi mètres de largeur. Des boulons en fer le serrent fortement pour qu’il ne puisse pas bouger de place.
Au moyen d’une vis de rappel D, on peut agrandir ou réduire à volonté ce caoutchouc. Le dessin est effectué sur une feuille de gélatine, et les traits sont remplis de noir d’impression. Au moyen d'une forte pression, opérée par la plate-forme B, le noir est imprimé sur le caoutchouc A. On peut alors augmenter ou réduire la grandeur du dessin, et en tirer une empreinte sur le papier.
Cette machine peut rendre de grands services, car les empreintes en sont très nettes, très pures, pour les mignon nettes, surtout ce que nous avons constaté avec une machine plus petite, dont les empreintes sont ravissantes^ ainsi que peuvent le prouver les spécimens ci-après (voir figure 226, les Guêpes).
TRAITE DE LA GltAVUIlE SUI! HOULEAUX
4° Machine GaïfFe .
Il existe un moyen d’indiquer les hachures sur rouleaux, c’est par le pantographe GaïfFe, qui consiste en un cylindre de zinc ou d’acier, sur lequel le mat est figuré au moyen d’un mastic isolant. Des électro aimants, portés par un support en regard du rouleau, sont armés d’un diamant qui retombe sur le rouleau chaque fois que le guide, dont est armé le cylindre-type, rencontre le ciment isolant. Quand le guide arrive sur la partie métallique, le courant est rétabli et la pièce, sur laquelle est fixée le diamant, vient se coller contre l’électroaimant et sans tracer de hachures jusqu’au passage sur le ciment isolant. Cette machine, peu connue encore, rendra peut-être dans l’avenir de grands services, comme tout ce qui se lie à l’électricité, quoique jusqu’ici les résultats aient été variables et peu constants.
MACHINES ET APPAREILS ACCESSOIRES
5° Machine Wittham.
Une machine anglaise très avantageuse est celle inventée par Wittham pour tracer un fond ou des matages, sur des cylindres vernis, sans le secours de vernis pour réserver les blancs. Ce fond est tracé en diagonale ou de toute autre manière voulue, en se conformant à une esquisse faite par les moyens ordinaires. Le guide ou croquis peut être une surface plane ou ronde. Si le modèle X est rond il est placé sur le
Fig. 237. — Machine Wittham pour tracer les hachures.
centre, de manière à faire un certain nombre de révolutions en rapports avec le tour du rouleau A.
Si le modèle est plat, il est vissé sur une coulisse, ayant un mouvement de glissoire qui lui est donné en proportion de celui du rouleau. Dans chaque cas, le modèle imprime le mouvement dans un point donné, à un levier D et à une barre R, travaillant au centre, dans un chariot automate S réglant par son mouvement un nombre convenable de leviers et de diamants CGC
t R AIT |£ DE LA GRAVURE SUR ROULEAUX
(voir fi g. 227, 228, 229). Ces leviers et diamants CCC transmettent au rouleau les contours et entailles rencontrées sur le
modèle, par la pointe ou guide D (fig. 228 et 23o).
Le passage du chariot
mi
MW
Fig. a3o.
- Machine Witlham.
Section.
roue
Fig. 329.
dentée
trace des lignes dont l’écartement est donné par le butoir O ; quand le chariot arrive au bout de sa course, il s’engage
— Machine Witlham. Section. , . . ,
sous les dents d une N où il change la division de l’écartement voulu.
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De cette manière, quand le guide D rencontre un contour sur le modèle, il s'enfonce dans ce contour, la nervure V du levier abandonne le contact avec la tète de vis P, et le diamant trace, sur le rouleau la môme forme rencontrée par la pointe D.
Pour rendre cette machine automatique, Wittham a adapté au chariot transversal S, un bras coudé Z, qui fait passer la courroie
P sur la poulie folle, ou sur la poulie fixe, suivant la position du chariot (fig. 228).
La machine s arrête d’elle-même quand Je rouleau a terminé sa révolution. Une disposition particulière du mécanisme permet d agrandir ou de réduire le dessin à volonté. On peut marcher aussi a la main en se servant d’une simple épreuve pour sauter les blancs. Le modèle est mû dans le même sens que le chariot quand le dessin doit être agrandi, et tourne plus lentement en proportion ; mais quand on demande une réduction du dessin, le modèle se meut dans le sens inverse du chariot et tourne proportionnellement plus vite.
Fig. 23i .
Table à tracer et à diviser les plaques pour pantographe.
6° Machine à tracer et à diviser les plaques pour pantographe.
Cette machine (fig. 23i) est destinée spécialement à diviser et à tracer les plaques pour pantographes. Sur la table, se place la plaque de zinc, puis au moyen du curseur placé au milieu et en regard de l’ouvrier (le curseur pouvant aller dans tous les sens), on trace aux distances voulues soit les parallèles, soit les hachures. — Celles-ci se font ou verticales ou horizontales ; pour les faire horizontales on tourne la plaque, pour les faire verticales on tourne le chariot. Une roue de division sert à donner les écartement voulus.
7° Machine à trancher à plusieurs burins.
M. Paul Nicolas de Mulhouse a inventé une machine à trancher, à plusieurs burins, qui repose sur le même principe que celles décrites. Cette machine est combinée de manière à ce qu’en travaillant avec un seul burin, tous les autres réglés et accouplés par une tringle au moyen de laquelle on les met en branle, exécutent le même mouvement. Ainsi le rouleau aurait dix rapports en largeur, la barre horizontale porterait dix burins; de même pour vingt rapports, chaque burin graverait deux rapports en largeur.
Cette machine peut rendre de grands services pour les dessins rayures, ou les objets détachées pour lesquels elle fait de bonne besogne, et beaucoup plus rapidement que celle avec un seul burin. La grande difficulté est de régler bien exactement la position et la coupe de chaque burin. A cet effet le graveur indiquera, en faisant sa gravure, une petite croix qui sera placée dans la partie à trancher; cette croix sera un guide parfait pour le trancheur et lui permettra de régler ses outils avec la plus grande perfection.
On coupe de même des fonds unis sur cette machine ; mais comme le raccord des burins se remarque toujours un peu, nous n’en sommes pas grands partisans.
MACHINES ET APPAREILS ACCESSOIRES
Le point le plus essentiel dans 1 emploi de cette machine est le centi âge paifait du rouleau sur son mandrin. Pour être assuré de ce fait on laisse sur son mandrin le rouleau que le moleteur vient de tei miner et cela sans le demandriner ; on sera assuré ainsi que rien n’a été dérangé depuis le tournage.
8° Appareil pour la morsure des rouleaux.
L’appareil le plus commode que nous connaissions est celui employé dans les immenses ateliers de MM. Lockett et C° à Manchester.
Fig. 23s.
A, auge remplie d’acide.
B, auge remplie d’eau pour rafraîchir.
G, rouleau.
DD', deux poulies en bois sur lesquelles sont deux cordes en gutta-percha, inattaquables aux acides; ces cordes supportent le rouleau et le font tourner ; elles passent sur les deux poulies mobiles, fixées sur un arbre mû par la manivelle F.
G, manivelle donnant l’impulsion aux deux roues R et au pignon O qui mettent en mouvement la crémaillère H.
N, est une espèce de rail sur lequel roule le bâti entier, au moyen de deux galets ZZ et qui permet de passer de l’auge à acide dans celle renfermant de l’eau et vice versa.
Par ce mouvement de descente et d’ascension du rouleau et de roulement de côté, on peut le plonger ou le retirer instantanément de l’une ou de l’autre auge. Ce moyen est très ingénieux, car il évite les accidents d’un coup maladroit donné dans le passage d’une auge dans l’autre.
9° Auge à décomposition.
Quelques graveurs ont essayé d’appliquer des auges en cuivre rouge pour renfermer les bains galvanoplastiques, croyant avoir par là des anodes naturelles et faciles à tenir en bon état; mais le trop grand volume de ces anodes, joint à la destruction assez rapide d’une auge de ce genre les ont bien vite fait renoncer à de semblables ustensiles.
Les meilleures auges, les plus économiques, les plus isolantes et que l’on peut rendre très résistantes, sont celles en bois de chêne rendues étanches au moyen d’un mastic.
On fait construire une auge eu bon bois de chêne bien sec et sans nœuds; il faut que toutes les faces en soient bien boulonnées ensemble pour que les joints soient aussi parfaits que possible. On enduit alors l’intérieur avec le mastic suivant.
On prend d’abord 2Ôo grammes de gutta^percha (des déchets conviennent parfaitement pour cet usage), on les coupe en fragments assez menus et on les fond dans une casserole. Ouand on est arrivé à la fusion, on y incorpore 760 grammes de pierre ponce, pilée bien fin, et 011 triture le mélange. On ajoute alors 760 grammes de poix blanche et on mélange bien le tout avec une spatule en bois.
Lorsque le mélange de ces ingrédients est bien intime on en barbouille l'intérieur de l’auge au moyen d’un gros pinceau en soies de porc, en veillant surtout à ce que les angles en soient
MACHINES ET APPAREILS ACC ESSO I li ES
bien garnis. On revient à plusieurs reprises, en donnant deux ou trois couches, pour que les angles soient parfaitement préservés et que le tout devienne lisse. On chauffe un fer offrant un plat, avec lequel on nivelle le mastic et au moyen duquel on introduit bien celui-ci dans les moindres recoins de l’auge. Poiir plus d assurance, on peut faire la même opération à l’extérieur, et si la besogne a été bien faite, une auge semblable peut durer cinq à six années. Le mastic dont nous donnons la composition a été imaginé par Henri Berthoud et devient dur comme la pierre elle-même.
Fig. 2.33. — Pantographe à rouleaux (système Garside).
10° Pantographes Garside et Keller.
Nous avons décrit page 58, le principe sur lequel repose le pantographe Garside. Le dessin (fig. 2.33) fera mieux comprendre
Fig. 234. — Pantographe à rouleaux (système A. Keller).
le jeu de la machine. La figure 234 représente la machine Keller dont la description a été faite page 60. Ces deux pantographes sont à table plane.