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I. — Comment on imprime les tissus

Impression au rouleau. — De nos jours, les tissus s’impriment presque exclusivement au moyen cle rouleaux sur lesquels sont gravées en creux les parties représentant le dessin. Le tissu, passant dans la machine à imprimer, entre le cylindre dit prèsseur et le rouleau gravé chargé de couleur et nettoyé par la racle, est recouvert de couleur aux endroits gravés.

Lé impression à la planche plate est faite d’une façon analogue; mais la fourniture de la couleur, le raclage et l’impression sont exécutés successivement. Ce procédé n’est plus guère employé que pour certains genres de foulards.

L’impression en relief consiste à transporter sur le tissu une couche de couleur adhérente à la surface d’une planche ou d’un cylindre généralement en bois, en métal, ou bois et métal, ou môme feutre et bois.

Des ouvriers spéciaux gravent, ou mieux sculptent, les dessins à imprimer.

L’art du graveur pour impressions sur tissus s’applique spécialement à l’impression au rouleau. Exceptionnellement le graveur doit aussi graver sur planche plate.

Il — Les cylindres d’impression.

C’est en cuivre rouge et en cuivre jaune ou laiton que les cylindres d'impression sont généralement fabriqués. De nombreux essais ont été faits pour remplacer le cuivre et le laiton par des alliages moins chers. On a employé des rouleaux en fonte recouverts de cuivre par voie galvanoplastique, des îouleaux de zinc soit pur, soit mélangé à d’autres corps ; on a même essayé le celluloïd (voir Bulletin cle Ici Soc. Ind. de Mulhouse, 1897, p. 6), le verre (voir Bulletin de la Soc. Ind. de Mulhouse, 1901, p. 35o), mais jusqu’ici rien n’égale le cuivre rouge bien martelé et le laiton.

Le cylindre d’ impression ou rouleau est une sorte de tube cylindrique à l’extérieur et cylindro-conique à l’intérieur. On y introduit, pour la gravure et pour l'impression, une âme en fonte ou en fer forgé ou même en acier. On appelle cette pièce mandrin ou axe.

Il y a diverses espèces de mandrins ou axes; 1 operation d adapter un mandrin sur un cylindre d’impression s appelle mandrinage ou axage et se fait par diverses machines soit a vis, soit a leviers combinés à des engrenages et à des vis, soit par la presse hydraulique.

Les mandrins les plus employés sont les suivants :

Le mandrin uni, légèrement conique, qui est forcé dans le cylindre et qui y reste. Tel le rouleau employé à Rouen.

Le mandrin, également conique, mais avec une petite clavette dans le haut, vers l’orilice le plus large. Ce mandrin se force aussi dans le rouleau, mais s’enlève et sert pour d'autres cylindres. Mulhouse emploie de préférence cet axage.

Le mandrin avec la rayure longitudinale sur toute la longueur du rouleau. C’est un des systèmes employés en Angleterre. Il est un des moins bons, le rouleau ne tenant pas bien le rapport.

INTRODUCTION

Le mandrin dit à pioche qui, en somme, est composé de deux parties : deux tourillons qui se vissent à chaque extrémité du rouleau et y restent fixés Ces sortes de rouleaux usités à Rouen, tournent très facilement faux-rond et quand la virole n’est pas très épaisse (au delà d’un centimètre de cuivre) le rouleau cède, plie et empêche le raccord.

Enfin, le mandrin de graveur qui se compose d’un arbre sur lequel sont adaptés, à chaque extrémité correspondant à l’entrée et à la sortie du rouleau, six vis mobiles destinées à bien centrer le rouleau. Ce mandrin sert pour la gravure et surtout pour la gravure au pantographe.

Les métaux employés pour la fabrication des cylindres d’impression sont : le cuivre roacje , le cuivre jaune ou laiton , et en dernière catégorie, le cuivre galvanop/astigue recouvrant des âmes en fer forgé ou en fonte.

Cylindres en cuivre rouge . i° Les rouleaux en cuivre rouge sont ceux qui sont le plus employés, tant en Angleterre que sur le continent. Ils sont en général composés de cuivres natifs, les cuivres pyriteux ne convenant pas à leur fabrication. Plusieurs causes motivent la faveur dont jouissent les cylindres en cuivre rouge depuis l’invention de l’impression au rouleau ; ces causes sont : i° l’homogénéité du métal ; 20 l'absence de soufflures ou piqûres, qu’on rencontre cependant dans des viroles mal récrouies et mal travaillées ; 3° la facilité du moletage et l’égalité du résultat ; 4° la meilleure adhérence du vernis, dans le cas de gravure au pantographe; 5° la facilité que l’on a de brunir une partie défectueuse ou que l’on veut faire disparaître.

Un grand inconvénient qu’ont les cylindres en cuivre rouge, c est la difficulté qu ils présentent quand on veut y trancher des fonds; le métal s’arrache et use rapidement le burin. On peut cependant arriver à trancher de grands mâts et même des fonds au moyen d'un procédé que nous donnerons à l’article: Machine à trancher les fonds.

Les Anglais préfèrent ces rouleaux pour la morsure soit au panlographe, soit à tout autre genre où l’acide s’emploie. Les meilleurs graveurs d’Alsace et les plus adroits dans la morsure

des rouleaux préfèrent les cylindres en cuivre jaune avec lesquels ils éprouvent beaucoup moins de mécomptes.

Pour ce qui concerne la durée comparative d’une gravure faite sur cuivre rouge ou sur cuivre jaune, il y a une forte controverse ; quelques imprimeurs prétendent qu’une gravure sur cuivre rouge durera plus longtemps que la même gravure établie sur cuivre jaune. Cependant il est avéré que les angles vifs de la première seront plus vite arrondis et usés que ceux du rouleau de laiton, la nature molle du cuivre rouge expliquant ce fait. Cette question est un sujet de discussion continuelle entre les partisans de l'un ou l’autre métal. Nous croyons sincèrement que les graveurs à façon y mettent un peu de passion et que la facilité du moletage, la plus-value des tournures ne sont pas étrangères à la prédilection de quelques graveurs pour ce métal.

2° La composition du métal des rouleaux en cuivre jaune est assez difficile à établir 5 elle varie à 1 infini d après les matières premières employées. Ainsi en employant des cuivres rouges du lac supérieur, du Corocoro, du cuivre du Chili allié avec du zinc de la Vieille-Montagne, qui est la première marque, on aura des résultats supérieurs à l’emploi de cuivres de la deuxième ou troisième qualité alliés avec le zinc de Silésie, bien inférieur à celui que nous citons plus haut. Le choix de ces combinaisons de métaux est un grand point de la part du fondeur, qui devra, d’après les essais et analyses laites de ses matines premières, augmenter ou diminuer les proportions de 1 un et de l’autre métal. Ainsi les proportions de cuivre peuvent varier de 100 à qo parties pour 65 à 70 de zinc. Les proportions étant bien établies il reste encore plusieurs opérations à faire pour amener le métal à l’état parfait ; comme après la fusion le métal est ordinairement un peu dur et aigre, il faut lui faire subir un recuit, et après ce recuit il faut redonnei du corps au métal en le récrouissant,, en le forgeant avec force pour resserrer les molécules. Cette operation de recuit doit mt me s’opérer plusieurs fois et être suivie après chaque traitement de récrouissages et martelages très forts.

INTRODUCTION

Les rouleaux jaunes de la Société de constructions ci-devant Ducommun, sont souvent aussi faciles à moleter que les rouleaux en cuivre rouge et offrent une grande homogénéité due au grand soin que cette maison apporte, dans le choix de ses métaux, et dans les opérations consciencieuses de récrouissage et de martelage avec lesquelles ils terminent leurs viroles d’impression.

Ces rouleaux se tranchent sans peine ; ils résistent bien à des impressions prolongées. Le moletage et la morsure s’y font parfaitement, comme nous l’avons dit plus haut.

3° Les rouleaux en bronze composés de ioo parties de cuivre, pour 4^ à 5o d’étain, sont en général durs et peu employés de nos jours, à cause de la difficulté qu’offre la mise sur rouleaux, et aussi parce qu’ils sont d’ordinaire un peu plus chers et plus durs que les rouleaux en laiton. Ces rouleaux se tranchent parfaitement pour les fonds et l’opération de la morsure se fait aussi bien que sur les rouleaux jaunes. Ils résistent à la racle et donnent de belles impressions.

La composition des rouleaux estdes plus variables. Nous pensons devoir donner ici un extrait d’un travail de MM. Dépierre et Spiral (voir Bulletin de la Soc. Ind. de Mulhouse, r 883 , pp. 217 et suiv.) sur les métaux employés pour rouleaux. Les essais ont porté sur vingt cinq échantillons de provenances les plus diverses.

Dans les trois tableaux qui suivent, le premier indique la provenance des échantillons; le deuxième, les propriétés physiques et le troisième, les analyses.

le'' Tableau. — Provenance des échantillons

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