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PREMIÈRE PARTIE

APPRENTISSAGE DE L’ÉLÈVE GRAVEUR

Il est bon de ne choisir que des élèves auxquels le dessin soit familier, les progrès seront plus rapides et les travaux de l’élève plus parfaits.

Le maître commencera par faire faire quelques études préparatoires sur une planche plate en cuivre rouge préparée comme nous le dirons plus loin. Pour ces débuts il deyra commencer à affûter quelques burins et planer sa planche sur un bloc de bois marchant circulairement au moyen d’un pivot en fer fixé dans la table, ce mouvement de rotation permettant de tourner la planche dans tous les sens.

A. — Outils

i° Burins. — Les burins sont de petits barreaux d'acier trempés, carrés ou losanges; l’extrémité qu’on nomme nez ou bec est coupée de biais et présente ainsi une pointe ou bec coupant.

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Ils sont montés sur un inanche de bois en forme de champignon, que l’on coupe d’un côté afin que l’instrument puisse être couché à plat sur la planche sans gêner les mouvements de la main. Un burin doit être busqué comme l’indique la figure n° i .

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Fig. i. — Iîurin.

Burin carré pour la planche plate. — Il existe G espèces de burins suivant les usages requis par les différentes opérations de la gravure :

i° Le burin carré.

2° Le burin demi-losange.

3° Le burin losange.

4° Le burin losange renversé.

5° L’échoppe ou burin plat.

6° Le burin à filets.

Fig. 2 à 7.

— Formes des divers burins.

APPRENTISSAGE DE l’ÉLÈVE GRAVEUR

Le burin carré est celui dont on se sert le plus souvent pour les contours, la plupart des matages.

Les burins losanges et demi-losanges sont employés pour des contours fins ou des travaux qui demandent plus de profondeur que ceux faits au burin carré.

L’échoppe ou burin plat sert uniquement à net toyer les reliefs, à les débarrasser des échappées du burin, et des fautes du graveur.

Le burin à filets dont les différents numéros portent 2, 3 ou 4, etc, filets, servent à indiquer des hachures équidistantes et plus ou moins espacées suivant le besoin; les hachures légèrement indiquées sont ensuite renforcées avec l’un des burins ci-dessus.

Le burin losange renversé sert à faire des travaux peu profonds et ayant beaucoup de pied.

Affûtage des burins. — Une opération très importante, c’est l’affûtage et la préparation d’un burin.

Pour s’assurer de sa bonne qualité, on en casse l’extrémité ; la cassure doit être nette, avoir un grain très fin et de couleur gris cendré dans toutes les parties.

Comme les deux faces qui forment le tranchant dans les burins carrés et losanges doivent être bien polies, on passe le burin sur la pierre du Levant en le poussant et le ramenant dans le sens de la longueur, en ayant soin d’appuyer sur la lame avec la main gauche; il ne doit plus rester de traits visibles sur les deux faces polies.

II est presque toujours nécessaire de donner un petit recuit aux burins avant de les employer ; on peut y arriver de plusieurs manières :

On allume une chandelle de suif, et on passe le burin au-dessus de la flamme ; quand le burin a atteint le ton jaune paille, on le passe rapidement dans le corps de la chandelle, ce qui l’empêche de dépasser le point atteint.

Un autre moyen plus sûr consiste à poser le burin sur une racle en laiton ou en acier, à l’exposer ainsi au-dessus d’une lampe à alcool pour le plonger ensuite dans de l’huile.

Nous préférons cette méthode à la première, la flamme de la chandelle formant sur le burin du noir de fumée qui empêche de suivre les phases du recuit.

Quand le burin a le recuit voulu on 1 affûte sur ,1a meule en °rès c’est-à-dire que l’on aiguise le dos du burin de manière à l’effiler vers la pointe.

Fig. 8.

Il ne faut pas que le burin soit trop mince dans le milieu de la partie aiguisée sans quoi il ferait ressort et donnerait beaucoup d’ennuis au graveur.

Nous insistons beaucoup sur la bonne préparation de cet outil, car de là dépend souvent une plus ou moins parfaite exécution des dessins, et une rapidité plus ou moins grande dans lu travail.

C’est surtout pour le travail sur l’acier fondu que ces recommandations et ces soins sont indispensables, à cause des aciers durs et aigres sur lesquels le graveur est appelé souvent à travailler. Il est même nécessaire d’employer des burins sans aucun recuit, car ceux-ci seulement parviendront à attaquer un aciei dur et aigre. Un burin bien préparé ne doit pas se casser à la pointe, signe de trop grande dureté ; il ne doit pas non plus grainer , c’est-à-dire qu il ne doit pas se former de bavures au bec, c’est un signe de trop de recuit.

Si le burin se trouve brûlé à la trempe, aucun moyen ne

peut le corriger il faut le rejeter tout à fait.

2° Tenue du burin. Etude sur mofette d’acier. — Pour bien conduire le burin soit sur une planche plate, soit sui une molette, on le tient avec le pouce et les trois doigts extérieurs; on place la partie ronde du manche dans la paume de la main et on allonge l’index sur la lame, de telle sorte qu’en portant l’instrument sur la surface à graver aucun des doigts ne gêne les mouvements du burin ; on coupe alors le métal d une

APPRENTISSAGE DE I. ELEVE GRAVEUR

manière égale, sans enfoncer la pointe plus clans un endroit que dans l’autre.

En étudiant bien la position indiquée par la fîg. 9, l’élève arrivera à ne plus être gêné par les doigts qui seront entièrement dissimulés, ce qui lui permettra de faire les courbes les plus capricieuses sans embarras. La pratique est le meilleur maître pour le burin, la théorie ne pouvant en enseigner que les éléments les plus simples.

L élevé ne devra pas se rebuter des échappées qu’il lui arrivera de faire dans le début ; il ne visera qu’à acquérir un coup de burin hardi et franc, sans hésitation aucune.

Les échappées deviendront plus rares avec l’assurance et une grande pratique.

Le maître recommandera fréquemment à son élève de tenir son burin bien droit, c’est-à-dire qu’il ne fasse pas des traits penchés ou couchés d'un côté ou de l’autre, ces traits retenant mal la couleur à l impression.

Nous disions au commencement de ce paragraphe que l’élève débute sur la planche plate.

Le maître commence par lui tracer une série de lignes droites marquées légèrement avec une règle et une pointe. L’élève s’exercera à pousser des traits bien droits et bien fermes, et sans reprises. Quand le maître aura remarqué assez de fermeté et de pureté dans le travail accompli, il indiquera des portions de cercles. Ici l’élève devra apprendre à suivre avec son bloc sur

pivot, toutes les inflexions des courbes qu’il aura à exécuter.

Quand l’élève aura acquis une certaine habileté dans 1 exécution des lignes courbes, le maître lui fera faire quelques matages,

c’est-à-dire creuser des lignes équidistantes, de manière à ce qu’elles ne laissent plus qu’un mince filet blanc entre chacune d’elles. Comme ce serait pour l’élève du temps perdu que de s’exercer sur la planche de cuivre, on lui fera exécuter ces études préliminaires sur la molette ou il aura deux difficultés de plus à vaincre, la dureté plus grande de l’acier et la connexité de la surface, ce qui lui occasionnera souvent des échappées dans les premiers jours. Ce n’est que lorsque la main aura saisi le coup qu’il deviendra un peu maître de la direction de son burin.

3" Porte-molette loupe et porte-loupe. — Le porte-molette dont on se sert généralement de nos jours est composé d’un socle en fonte A percé d’un trou o dans lequel tourne librement le tourillon i avec la pièce ou table B. Celle-ci a une rainure en queue d’aronde dans laquelle glisse aisément la coulisse C. Une vis u sert à fixer la coulisse pour certains travaux (fig. io, ii, 12).

Dans la coulisse G une deuxième rainure à queue d’aronde sert de guide à deux poupées en bronze D. D. portant chacune une pointe E qui sert dé prise et de centre de rotation à la molette F.

APPRENTISSAGE DE L'ÉLÈVE GRAVEUR

La pièce G porte en son milieu une gorge dans laquelle est engagée la fourchette H vissée à demeure dans la coulisse G ; une des extrémités est une vis droite, l’autre est une vis gauche; chacune d’elles traverse une poupée C. Eu tournant cette double vis dans un sens au moyen de la clef «1, on rapproche les poupées l’une de l’autre ce qui permet de saisir et de fixer commodément la molette.

Pour sortir celle ci on n’a qu’à tourner la clef dans le sens inverse. Jusqu’ici nous laissons travailler l’élève sans loupe, car il n’aura pas trop de ses deux mains pour gouverner le portemolette et le burin.

Porte-loupe. — Pour graver au burin l’élève doit être pourvu d’un porte-loupe à tige mobile afin de pouvoir placer sa loupe à toutes les positions voulues.

L’élève commencera à prendre une lentille bi-convexe d’un foyer très éloigné et ce pour deux raisons : la première pour lui laisser toute liberté de mouvement entre la loupe et la molette, la seconde pour ne pas trop se fatiguer la vue dès les débuts ; ce ne sera que par l’affaiblissement graduel de la vue qu’il prendra des verres plus puissants et d’un foyer progressivement plus rapproché du travail.

11 est difficile ici de donner des indications précises, le tout dépendant de la vue de l’élève ; mais nous insistons sur ce sujet pour recommander à l’élève d’être très circonspect dans le choix de sa loupe, l’avenir de sa vue dépendant du choix qu’il fera. Il est donc urgent de choisir un verre bien limpide et taillé avec soin. S’adresser pour cela à un opticien consciencieux.

Quelques personnes préfèrent les verres bleus que nous trouvons trop sombres; d’autres préfèrent les verres chromatiques qui n’altèrent pas la vision des objets. Lemaître guidera l’élève dans ce choix.

Sur un pied S en laiton massif ou garni de plomb est fixé une tige T (voir fig. 1 3). Cette tige T porte un coulant R avec ressort de pression intérieur armé d’une branche B dans laquelle glisse, pressé par un ressort, une tige G à laquelle sont fixées deux cornes mobiles F, c’est entre celles-ci que l’on place la loupe M.

Les mâchoires 00 serrent la tige N au moyen d’une boule pincée entre elles.

Pour les opérations du burin on peut monter ou descendre à volonté le coulant R, allonger ou raccourcir la branche B, de manière à atteindre toutes les positions désirables.

Un socle S en laiton massif ou garni de plomb supporte la tige T et par son poids empêche l’appareil de tomber. La figure i4 représente un autre genre dont le fonctionnement est le même. A est le socle, BB sont les pinces tenant les fourches FF dans lesquelles se met la loupe.

4° Chalumeau et lampe pour la trempe des petits outils. — La lampe à alcool des plombiers ou la lampe à souder à essence de pétrole servent très bien pour la trempe. Elles dispensent de l’emploi du chalumeau à bouche indispensable si on emploie la lampe à alcool simple ou le bec à gaz de Bunsen. Comme toutes ces lampes sont dans le commerce, nous ne les décrirons pas.

APPRENTISSAGE DE L'ELEVE GRAVEUR

Quand par un moyen quelconque, le barreau d’acier a été chauffé au rouge cerise, on le plonge dans un vase rempli d’eau froide, et après s’être assuré avec une lime que la trempe est bonne, on blanchit la portion trempée au moyen de la pierre à huile ou de la pierre ponce pilée, ou du papier émeri fin. On expose alors le barreau, du côté trempé, sur la flamme ou sur un fer chauffé au rouge et quand l’outil a atteint la couleur jaune-paille, on le plonge dans l’huile ou dans le suif, comme nous l’avons expliqué pour le recuit du burin.

5° Poinçons-types. — Pour créer de bonnes collections d'outils, le graveur devra faire ou se procurer de bons poinçons-types, soit sur molette cylindrique, soit sur une plaque en acier sur laquelle seront gravées avec soin et numérotées les différentes séries employées.

Nous indiquerons ici seulement les poinçons les plus usités pour ne pas entrer dans de trop longs détails ; nous allons donner la manière de les faire le plus exactement possible.

Pointes sèches. — Nous placerons en tète les pointes sèches ou pointeaux qui sont d’un grand usage pour frapper les picots un

Fig. i5. — Pointe sèche.

à un. Si l’on avait toujours sous la main un petit tour à archet, il serait facile de les tourner ; mais comme cet outil n’est pas répandu, nous indiquerons le moyen que nous employons.

On commence par limer

plats

les deux

bou

ts du bar-

reau

d’acier ;

on

frappe

un

picot

fin bien

au

centre

du

côté

où devra

se

trouver

la

pointe. On pince

le barr

eau

dans

un étau

à main, et

au

moye

n d’un morceau de

bois

méca

nicien ou

i limera la

poi

i niant à l’étau

à main

un i

Fig. .6.

Afin d’ètre sûr que la partie A est parfaitement ronde, on emploiera une espèce de filière en laiton percée de trous progressivement plus grands (fig. 16). En passant la pointe sèche

dans l’un de ces trous, le laiton y

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