Eïïes doivent être vues ensemble par le même œil
6S. — 5® Toute autre lumière que celle des objets éclaires doit être soigneusement écartée.
67. — 6® Les lumières qui éclairent les deux surfaces doivent avoir la même couleur. Entre deux lumières diversement colorées , on ne peut établir aucun parallèle susceptible de précision ; et l'incertitude de notre jugement est d'autant plus grande que cette différence de coloration est plus considérable.
68. ' — Quand toutes ces conditions se trouvent satisfaites , nous pouvons nous prononcer avec certitude sur l'égalité ou l'inégalité de deux clartés. Quand on ne peut apercevoir la limite qui les sépare , en approchant ou en éloignant l'œil , on peut être certain que les deux lumières sont égales.
69. — Bouguer, dans son Traité (Toptique (1760, page 35), a fait servir ces principes à la mesure ou plutôt à la comparaison de différents degrés de clarté. Deux surfaces de papier blanc, égales en grandeur, découpées dans la même feuille, et par conséquent égales en pouvoir réfléchissant, sont éclairées l'une par la lumière dont on veut mesurer le pouvoir éclairant, l'autre par une lumière dont on peut faire varier l'in-tensité à volonté en augmentant la distance, et qui, en vertu de cette disposition , est susceptible d'une appréciation rigoureuse. On approchera ou l'on éloignera la lumière mobile jusqu'à ce que les deux surfaces paraissent également éclairées, et l'on obtiendra' la mesure cherchée, connaissant la distance entre )es deux luminaires , que l'on aura mesurée par mesure directe ou autrement.
70. — M. Ritchie a fait récemment une application aussi élégante que simple de ce dernier principe. Son photomètre consiste en une boite rectangulaire d'un pouce et demi ou deux pouces d'équarrissage, ouverte aux deux bouts, et dont A BC D (fig. 5 ) représente une section. Cette boîte est noircie en dedans, pour absorber toute lumière étrangère. Elle renferme deux miroirs plans rectangulaires, F C, F D, inclinés de 45 degrés sur Paxe de la boîte , et se joignant en F au milieu d'une fente étroite E F G d'environ un pouce de long et un huitième de pouce de large, recouverte d'un tissu très fin ou de papier huilé. Les miroirs proviennent tous deux d'une même glace , pour que leur pouvoir réfléchissant soit parfaitement égal. On placera en F dans la fente rectangulaire un morceau de carte noire , pour prévenir la confu-' sien des rayons réfléchis par chaque miroir.
71. — Supposons que l'on veuille comparer le pouvoir éclairant de deu^ sources de lumière (de deux flammes, par , exemple ) P et Q : elles doivent être placées à une certaine distance Pune de l'autre , et l'instrument entre deiix , de telle sorte que la lumière de chaque luminaire tombe sur le miroir le plus vcnisin , et soit réfléchie sur la partie du papier E t* ou F G qui y correspond. Il faut alors approcher l'instrument de l'un ou de l'autre luminaire , jusqu'à ce que le papier paraisse également éclairé de chaque côté de la division F. Pour mieux atteindre ce but , on regarde à travers un tube prismatique noirci intérieurement , dont on applique une extrémité tout-à-fait contre l'œil , et l'autre contre la partie supérieure A B du photomètre. Au moment où les deux lumières sont d'une égalité parfaite, il est évident que le pouvoir éclairant de chaque luminaire est en raison directe du carré de sa distance au milieu du photomètre.
72. — A l'aide de cet instrument , on peut se convaincre facilement que la lumière décroît avec le carré dé la distance : car, si l'on place 4 chandelles en P , aussi rapprochées
que possible et brûlant arec la même viracité , et une 5* chandelle en Q, on trourera que les portions E F et G F do papier seront également éclairées qnand les distances PP, QF^ seront entré elles : : 2 : t ; et cette loi continue à se rérifiet*, quel que soit le nombre des chandelles placées de chaque cÀté du photomètre.
75. — Pour rendre la comparaison des lumières plas exacte, on les ramènera plusieurs fois de suite au point d'égalité, en retournant chaqœ fois Pinslmment dont les deux extrémités changeront de place. La moyenne entre toutes les déterminations de distances obtenues de cette manière approchera sensiblement de là vérité.
74* — Quelquefois on préfère couvrir la surface des miroirs en; y collant une bande de papier, de manière à présenter deux surfaces obliques de papier blanc formant des angles égaux avec la lumière incidente : dans ce cas , on ôte le papier qui fermait rouverture £ F G , et l'on compare les surfaces blanches. Un des avantages de cette disposition est d'éviter de laisser entre les deux moitiés de l'ouverture un intervalle noir qui rend peut-être moins sûre la comparaison exacte de leurs degrés d'éclairement.
75. -^ Si les lumières que Pon compare sont diversement colorées, comme la lumière du soleil, de la lune ou d'une chandelle, il est impossible de les rendre exactement pareilles (art. 67). La meilleure manière de faire usage de l'instioiment, dans ce cas, est de le tourner jusqu'à ce que l'un des côtés de la fente paraisse visiblement le plus éclairé, malgré la différence de coloration des lumières; puis de faire mouvoir l'instrument en sens contraire , jusqu'à ce que l'autre côté devienne à son tour le plus éclatant. La position moyenne entre ces deux points doit être conddérée comme le véritable point d'éclairement égal.