‹ Traité de la lumière, t.1Chapitre 105 sur 171 · Le docteur Brewster a découvert que les propor · texte numérisé non relu

Le docteur Brewster a découvert que les propor

tions entre les divers rayons absorbés varient avec la tempé- “rature des milieux. La chaleur rend, en général, les teintes

des corps plus foncées # c’est ce qu’observent fréquemment les personnes accoutumées à manier le chalumeau. Le mimium et l’oxide rouge de mercure deviennent tellement fon-

cés par la chaleur, qu’ils paraissent presque noirs ; mais ils reprennent leur couleur en se refroidissant. Le docteur Brewster.cite, cependant, des exemples, non séulement parmi les verres artificiels, mais mêmé parmi les minéraux transparents, dans lesquels l'élévation de la température faisait passer les corps du rouge au vert; mais la teinte primitive revenait par’ le refroidissément:, sans que les Corps eussent subi d'altération chimique.

5ob..— L'analyse du spectre au moyen de milieux colorés présente une foule: de circonstances dignes de remarque. ; D'abord, la’ distribution bizarre et irrégulière des bandes noires qui travérsent.le spectre; quand on l’examine à travers * de semblables milieux ayant plusieurs maxima de transmission ,,nous reporte visiblement aux raies fixes de Fraunhofer et aux phénomènes analogues produits par diverses sour= ces de lumière : nous sommes conduits aimsi àles attribuer à la cause, encore inconnue, qui fait que tel rayon est absorbé de préférence à tel autre. Il n’est pas impossible que les rayons déficients dans la lumière du soléil:ow des étoiles soient absorbés par l’atmosphère: de ces astres; ‘ou, sinous remontons à l’origine même dela lumière, on peut concevoir que tel rayon coloré soit éteint pendant Facte même de la transmission par un pouvoir absorbant:tres intense qui résiderait dans la molécule même d’où il émane. En ummot, la même disposition moléculaire qui fait qu'un corps absorbant ne laisse-pas passer tel rayon coloré au travers ou à côté de lui peut constituer un obstacle #» Jimine à la production de cerayon. Quoi qu’il en soit, lesphénomènes sont parfaitement connus, quoique nous ne puissions encore les expliquer d’une manière satisfaisante. ;

506. — On observera ensuite que toute idée de gradation entre les couleurs , en allant d’une extrémité du spectre à l’autre; disparaît aussitôt que l’on emploie un milieu absorbant. Des rayons d'une réfrangibilité très différente,

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04 + comme les deux espèces de rayons rouges mentionnées à l'art, 497, ont absolument la même couleur et ne peuvent être distingués. D’un autre côté, la transition du rouge pur.au jaune per est subite, et le contraste des couleurs est d’autant plus frappant que les intervalles noirs qui les séparent deviennent de plus en plus étroits , quand on donne au verre l’épaisseur convenable, sans qu’on y aperçoive la moindre nuance d’orangé. On, peut demander alors ce que devient cette dernière couleur, et comment le rouge le remplace en partie d'un côté et le jaune de l’autre. Ces phénomènes sont assurément propres à nous faire croire que l’analyse de la lumière blanche à l’aide du prisme n'est pas la seule possible, et que la connexion-entre la couleur et la réfrangibilité i'est pas aussi intime que Newton l’a supposée. La couleur est une sensation produite par‘les rayons lumineux : or, si deux rayons inégalement réfrangibles font naître la même sensation de couleur, l’hypothèse contraire à celle de Newton ne paraît pas d’une absurdité mamifeste, c’est-à-dire que deux rayons de couleur différente peuvent avoir le méme indice de réfraction. Il est évident qu’alors un simple changement de direction produit par un prisme, etc., ne pourrait jamais séparer ces rayons; mais que, s’ils élaïent inégalement absorbés par un milieu qu’ils devraient traverser, l'analyse se ferait par l’extinction d’une partie du rayon composé. Cette idée a été défendue par le docteur Brewster, dans les 7ransactions philosophiques d'Édimbourg, vol. 9, et semble confirmée par des expériences publiées dans le même volume de cette collection. D’après cetté doctrine, de spectre se composerait au moins de trois spectres distincts, dont les couleurs seraient le rouge , le jaune et le bleu, qui empiéteraient les uns sur les autres; chaque couleur aurait son maximum d'intensité aux points où le spectre composé

offre les teintes les plus fortes et les plus éclatantes.

5o7. — Il faut avouer cependant que cette théorie n’est pas à Pabri de toute objection, Uné des plus fortes résulte

d’une affection singulière de l'organe de la vue, -qu'ibn'est pas même très rare de rencontrer. Quand on présente à certains individus, non les couleurs ordinaires des peintres, mais des teintes optiques d’uné composition connue, elles leur pa=+ raissent toutes jaunes ou bleues. Nous ayons examiné avec beaucoup d'attention un opticien distingué dont les yeux (ou plutôt un œil, car il avait perdu l’autre par un accident } offraient cette particularité : nous nous sommes assuré que tous les rayons du prisme produisaient en lui la sensation de clarté, et lui rendaient les objets visibles, ce qui est contraire à l'opinion reçue; de manière que ce vice d'organisation ne provenait aucunemént de l’insensibilité de la rétine à Pégard de certains rayons d’une réfrangibilité particulière, ni d’une coloration des humeurs de l’œil qui eût empêché certains rayons d'atteindre la rétine (comme on l'avait 'ingénieusement supposé), mais d’un défaut dans le sensorium même, qui rendait celui-ci incapable d'apprécier avec exactitudeila différence entre les rayons qui produit la diversité des couleurs.

La table suivante est le résultat d’une série d'expériences dans lesquelles on soumettait au jugement de l'individu en! question les teintes successives produites par la lumière polarisée qui traversait une lame de mica inclinée d’une certaine manière que nous décrirons bientôt. Dans chaque expérience, on lui présentait deux cercles uniformément colorés, placés l’un à côté de l’autre, dont les teintes étaientcomplémentaires,

c’est-à-dire que la réunion de ces teintes eût donné le blanc.

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