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Aïnsi, a restant la même, cette expression variera avec l’obliquité du rayon incident et du rayon réfléchi, par rapport au plan des axes : conséquemment , si l’on fait tourner ce plan autour d’un axe parallèle aux cylindres’, on verra paraître une série de couleurs analogues à celles que trans-
mettent les lames minces, mais beaucoup plus vives, comme celles que l’on voit par réflexion.
701. — Une strie extrêmement fine sur une surface polie peut être considérée comme une surface concave, cylindrique, ou courbe du moins, qui réfléchit également la lumière dans toutes les directions. Deux stries semblables menées pa- ‘rallèment, que l’on ferait tourner autour d’un axe parallèle à leur direction commune, en les tenant exposées aux rayons
du soleil, affecteraient l’œil de couleurs successives analogues à celles des lames minces : c’est cé qu’on observe en effet.
Le docteur Young a trouvé, en examinant les raies tracées sur le verre, dans les échelles micrométriques de M. Coyentry, que chacune était formée de deux kgnes très fines exactement parallèles , et à une distance réciproque de de pouce. En plaçant l’échelle de manière à réfléchir la lumière
du soleil sous un angle constant, et en faisant varier l’inclinaison de l'œil , il trouva que le rouge le plus éclatant paraissait sous des angles dont les sinus suivaient la progression arithmétique 1, 2,3, 4.
702. — Le docteur Wollaston , M. Barton et Fraunhofer, sont parvenus à tracer sur le verre et sur l’acier, avec une pointe de diamant , des lignes exactement parallèles, équidistantes, et séparées par un intervalle qui, dans certains cas, n’excédait pas un dix-millième de pouce. En appliquant l’œil contre la surface réfléchissante ou réfractante que couvrent ces stries, de manière à recevoir par réflexion la lumière d’un corps éloigné, très brillant, et d’un petit diamètre apparent, on remarque, dans le plan du rayon visuel, des spectres dont il est aisé de concevoir la formation : ils sont disposés suivant une ligne droite, perpendiculaire aux stries et passant par l’image réfléchie et incolore ; leurs distances angulaires, l'ordre de leurs couleurs , etc., sont tels que les donne la théorie précédente; leur éclat dépend de la parfaite égalité desintervalles entre les stries : c’est cette égalité qui fait coïncider précisément à la même distance de l’image principale les images latérales réfléchies par chaque couple ; ce qui multiplie l’effet. Si ces intervalles sont inégaux, les images des différents couples ne coïncident pas ; les couleurs se mêlent et produisent une traînée de lumière blanche. Telle est la cause de ces rayons que l’on voit jaillir des surfaces irrégulièrement polies, comme s’ils émanaient d’un corps lumineux. Si l’on transmet à de la cire àcacheter, ou à d’autres corps mous, l'empreinte d'une surface strice, on obtient les mêmes ap-
parences. C’est en imprimant , au moyen d’une forte pression, les stries d’une plaque d’aciersur un métal plus tendre, qu’on parvient à fabriquer des boutons et d’autres objets de luxe qui imitent le jeu du diamant.
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703. — Le docteur Young a comparé la couleur produite par un rayon de lumière blanche qui vient frapper une-suite de lignes équidistantes, à l’effet musical produit par un son qui est répété en écho par une série de Jattes équidistantes, dont les surfaces planes sont perpendiculaires à la direction de la barre dans laquelle elles sont enchâssées, comme une grille de fer : il est évident que de tels échos frapperont l'oreille successivement et à des intervalles égaux, chacun étant égal au temps employé par le son à traverser deux fois l’espace qui sépare les lattes; ce qui doit produire sur l'oreille l'effet d’un son musical, si les lattes sont en assez grand nonbre. ( Trans. phil., 18o1, Sur la théorie de la lumière et des couleurs. )
Cette explication nous semble cependant plus mgénieuse que satisfaisante. La gravité du son musical produit par les échos est indépendante de la qualité du son répété, qui peut n'être qu’un simple bruit, c’est-à-dire un son composé de vibrations non périodiques. D’ailleurs, pour obtenir ce son musical, il faut que les lattes soient assez nombreuses pour que les échos se prolongent pendant un temps appréciable.
La lumiere réfléchie par des stries parallèles dépend au contraire de la couleur du rayon incident : elle est rouge si ce rayon est rouge, jaune s’il est jaune, etc., et l'expérience réussit aussi bien avec deux stries qu'avec mille. C’est l'ins tensité et non la couleur, la vivacité et non la fréquence de limpression produite sur la rétine , qui sont modifiées par l’interférence des rayons réfléchis.
Nous avons cru nécessaire de signaler cette erreur, d’autant plus qu’elle est devenue presque populaire, parce qu’elle paraît ingénieuse et plausible au premier abord, tandis qu’elle
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