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Pour bien comprendre ce phénomène, il faut

considérer que l'impression produite par la lumière paraît s'étendre sur la rétine à une distance extrêmement petite autour du foyer des rayons concentrés par les lentilles de l'œil. C’est ainsi que l’image d’une.étoile n’est jamais un point, mais un disque d’un diamètre sensible, et d’autant plus grand que la lumière est plus forte ; c’est ainsi que la partie lumineuse de la lune à son premier quartier paraît plus large que l'autre, dont la clarté est beaucoup plus faible : cet effet se nomme irradiation, et résulte évidemment de la nature méme de l’organe de la vue, comme nous l'avons remarqué plus haut.

C98. — Il s’ensuit que, si des ondes émanent de points indisceruables à l'œil par leur proximité apparente , on peut les regarder, en n’ayant égard qu’à leurs effets sur l’œil, comme propagées suivant une même ligne droite, qui est la direction du rayon moyen. Leurs interférences seront les mêmes que si l'œil était dépourvu de lentilles, et que la rétiné fût un simple écran où les rayons tombassent en un point physique (celui de la réunion des images par les lentilles de l'œil), et auquel les ondulations interférentes propagées simultanément des deux origines communiquassent une vibra-

tion égale à leur résultante. ;

Ggg. — Cela posé, nous pouvons maintenant apprécier l’explication que la théorie oudulatoire donne des phénomenes produits par la combinaison de lames d'épaisseur différente. Ils furent observés pour la première fois par le docteur Young, qui s'exprime en ces Lermes :

« Enyregardant une chandelle au travers de deux morceaux dé verre plans, entre lesquels se trouvait un peu d’humidité, j’aperçus des espèces de franges semblables à celles que donnent les lames minces : je trouvai que ces nouvelles franges étaient dans la même direction que les franges produites par la réflexion ; seulement elles étaient plus larges. En examinant les verres à la loupe ; je remärquai que, par-

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tout où il y avait des franges, l’eau était mêlée d'air; ce qui lui donnait l'apparence de la rosée.

« Il est aisé d’assigner les deux groupes de rayons qui formaient ces franges : car, la lumière transmise par: l’eau se mouvant dans ce milieu avec une vitesse différente de celle de la lumière qui passait par les interstices remplis d’air seul ,- les deux groupes interféraient et produisaient une coloration conforme à la loi générale. Le rapport des vitesses dans l’eau et dans l’air étant celui, de trois à quatre, les franges doivent paraître aux endroits où l'épaisseur est six fois plus grande que celle qui donne la même couïteur dans le cas des lames minces ordinaires. En faisant l'expérience avec un verre plan et unelentille légèrement convexe, je trouvai que le premier cercle obscur avait le même diamètre que le sixième anneau obscur dans l'expérience des lames minces. On obtient des couleurs ‘ avec la même facilité, en substituant à l’eau du beurre, du suif ou de l'huile, et les anneaux deviennent plus petits en raison de la densité réfringente de la substance grasse ; mais, quand on remplit d’eau les interstices de l’huile, les anneaux s’élargissent considérablement : car alors il faut avoir égard à la différence des vitesses dans l’eau et dans l'huile, et celleci est beaucoup moindre que la différence des vitesses dans l'air et dans l’eau, Ces circonstances suffisent pour nous rassurer sur la vérité de l’explication, et l’on\peut s’en convaincre encore davantage en inclinant les lames par rapport à la direction de la lumière : alors, au lieu de se dilater, comme dans l’expérience des lames minces, les anneaux se rétrécissent. Cet effet est la conséquence nécessaire de l’allongement des routes de la lumière qui traverse les deux milieux obliquement, etilest lemême que si la lameétait devenue plus épaisse. Il faut observer cependant que les couleurs ne se manifestent point dans toute l’étendue de la lumière transmise, Une petite portion de chaque pinceau traverse les bords de chaque gouttelette , et coïncide assez avec la lumière qui passe par Les globules d’air environnants pour qu’il y ait interférence.

D'ailleurs il est aisé de démontrer qu’une grande partie de la lumière qui traverse l’eau se dissipe latéralement par réflexion à son entrée dans celiquide, à cause de la concavité particulière qu’affecte chaque partie d’un fluide adhérent aux surfaces de deux verres; en outre, une grande partie de la lumière qui passe par l’air se dissémine par réfraction à la seconde surface : voilà pourquoi l’on! voit les franges lorsque les lames ne sont pas interposées directement entre l'œil et l’objet lumineux. » (Youxg, Trans. phil., 1802, Sur certains cas de production de couleurs. )

Nous ajouterons que, pour chserver ces phénomènes avec facilité, il suffit de laisser sécher presque entièrement une goutte d’eau savonneuse entre deux verres plans, et de tenir ceux-ci entre l’œil et une chandelle ou image du soleil réfléchi par une surface polie. Si l’on se sert de deux verres

convexes , ou d’un verre plan et d’un verre convexe, les. franges seront disposées en anneaux.

$ VII. — Des couleurs produites par des surfaces striées.,

Interférence des rayons réfléchis par des lignes très rapprochées. — Couleurs des stries. — Systèmes de Lignes équidistantes. — Analogie prétendue entre les couleurs des surfaces striées et certaines espèces de sons. -— Couleurs d’une toile d’araignée , etc. ; de la nacre de perle.

700. — Si deux points susceptibles de réfléchir la lumière. dans toutes les directions (deux petites sphères, par exemple, elc.) sont assez voisins pour que l’œil les confonde, et si les rayons qu'ils réfléchissent vers l'œil proviennent d’une origine commune , il y aura interférence. Si la lumière est homogène, son intensité variera périodiquement, et l'intervalle de retard sera proportionnel à la différence des routes ; sielle est blanche, la couleur du rayon réfléchi sera la même que

sicerayon avait traversé une lame d’air d’une épaisseur égale à cette différence, sans être affaibli par le mélange du blanc.

Supposons (fig. 141) deux cylindres polis, ABC, abc, extrêmement déliés, parallèles entre eux et perpendiculaires au rayon visuel.

Soit S un point lumineux, tres éloigné par rapport à la distance entre les cylindres, et E l’œil placé de manière à recevoir les rayons réfléchis BE, db E, que nous supposerons assez rapprochés pour interférer.

La différence des phases des rayons, au moment oùils frappent la rétine, sera évidemment

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