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ligne verticale dans ce parallélogramme formera donc au foyer de l'objectif une image de même couleur qu’elle; et ce verre étant achromatique, toutes ces images seront à égale
distance; de manière que le rectangle L'/’ aura pour image une figure de même couleur, perpendiculaire à l’axe du té . lescope : cette figure sera vue comme un objet réel à travers l’oculaire, et le spectre sera amplifié de cette manière, com- . me le serait tout autre objet, én raison du pouvoir dé l’intrüment (art. 582).
Aù moyen d’un appareil ainsi disposé (et c’est celui dont s’est servi Fraunhofer), les lignes fixes ressortent très bien, et peuvent être rendues aussi larges que l’on voudra, pourvu que le prisme soit parfait : on conçoit, en effet, que le moindre défaut d’homogénéité doit rendre l’observation im-
possible. IL serait tout-à-fait inutile d’essayer cette expérience avec des prismes ordinaires; et, pour la répéter, on est obligé d’avoir recours à des liquides très réfringents contenus dans une boîte de verre prismatique. Les oculaires des télescopes n’étant pas toujours achromatiques, il faut légèrement changer le foyer pour voir les lignes dans le rouge et dans le violet. L’usage d’un oculaire achromatique prévient cet inconvénient.
425: — En démontant le télescope et en recevant Îles rayons réfractés par l’objectif sur ün écran placé à son foyer, l’on démontre aisément qu’il se forme en ce foyer une véritable image du spectre et des lignes fixes. On peut ainsi faire voir ces phénomènes à plusieurs personnes à la fois d’une manière très satisfaisante. On place un objectif achromatique d’une longueur focale considérable (six pieds, par exem-
ple) à une distance à peu près double de cette longueur de
l'ouverture qui laisse passer la lumière : comme le prisme se trouve immédiatement devant le verre , l’image se formera
à environ douze pieds derrière l’objectif(à cause def =L-Æ+D, L=;,D=-£,f=i-—Z=+-); et, étant reçue alors
sur un papier blanc ou un verre usé à l’émeri, lon pourra l’examinet à kaisir, et mesurer à l'échelle les distances des }igues entre elles, etc.
Mais la meilleure méthode d’obtenir ces mesures est celle qu'a employée Fraunhofer, c’est-à-dire en adaptant un micromètre à l’extrémité, du télescope la plus voisine de. l'œil (voyez dans la table le mot Wicromètre), pour s'assurer des distances des lignes les plus rapprochées : on fait tourner alors l’axe de l'instrument avec le prisme, qui fait corps avec lui, dans un plan horizontal où des verniers et des loupes donnent à la lecture des angles sur un cercle gradué toute l'exactitude des observations astronomiques. L'appareil de Fraunhofer, qui peut servir.également à une foule de recherches d'optique, est représenté par la fig. 96.
424.— Les lignes fixes dans le spectre ne marquent aucune ‘limite précise entre les diverses couleurs. Selon le docteur Wollaston (Trans. Phil.,1802),le spectre se composede quatre couleurs : le rouge, le vert, le bleu et le violet. Ce savant considère comme un mélange de rouge.et de vert la petite ligne de jaune qu’il aperçoit, en observant d’après sa méthode qui consiste à regarder à la vue simple une ligne de lumière à travers un prisme; il regarde ces couleurs comme bien terminées, sans gradations sensibles entre elles et d’une teinte à peu près uniforme dans toute leur étendue. Nous avouerons qu’il ne nous a jamais été possible de vérifier cette
dernière observation. Dans les expériences de Fraunhofer,
dont nous avons eu l’avantage d'être témoin, puisqu'il le
répéta lui-même devant nous à Munich, les lignes les plus.
fines du spectre étaient parfaitement distinctes et les rayons sans aucun mélange. Cependant les teintes variaient par degrés tout-a-fait insensibles, en passant d’une couleur à celle qui la suit; et l’on remarque la même chose dans la figure colorée du spectre publiée dans le premier mémoire de cet excellent artiste, et exécutée par lui avec un soin et une fidélité incroyables. La présence d’une bande jaune-pailie
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d'ane largeur très sensible s’ÿ remarque facilement; ‘et l’on peut encore s’en assurer par d’autres expériences que nous décrirons plus tard en parlant de l'absorption de la lumière.
En un mot, à l'exception des lignes fixes, que Newton ne pouvait connaître à cause de l’imperfection de ses instruments , le spectre est absolument tel que l’a décrit d’abord cet illustre philosophe : les teintes s’y dégradent, et l’on peut reconnaître distinctement les sept couleurs qu’il a énumérées ; mais leurs limites se touchent de si près qu'on ne saurait les fixer au juste. Si ces couleurs sont réellement composées ou non, si un nouveau genre d'analyse ne parviendraït pas à les séparer en vertu d’une autre différence caractéristique entre les rayons que le degré de réfrangibilité, ce sont là des questions d’une autre nature, que nous traiterons plus loin. Qu'il nous suffise de
remarquer, pour le moment, que, suivant toutes les probabilités données journellement par l’expérience, il est à croire que l’orangé, le vert et le violet sont des couleurs mêlées, et que les couleurs primitives sont le rouge, le jaune et le bleu : les premières peuvent être imitées par le mélange des 'secondes; mais le contraire ne se voit jamais. Ce système a été soutenu par Mayer, dans un traité curieux qui se trouve parmises œuvres. (Voy. à la fin de cet ouvrage la liste des au-
teurs qui ont écrit sur l'optique.) Néanmoins, le docteur Young à ayancé une opinion toute contraire dans ses Leçons de physique, Y, p. 441 : il y affirme que les couleurs fondamentales sont le rouge, le vert et le violet. Nous discuterons bientôt ces deux systèmes. (Voy. , dans la table, Composition
des couleurs.)
425. — Les milieux, comme nous l’avons vu , différent ‘beaucoup en pouvoir réfringent, c’est-à-dire que des prismes dont l'angle réfringent est le même détournent plusou moins le rayon lumineux, suivant la matière dont ils sont formés. Cette propriété était connue des physiciens qui ont précédé Newton. En faisant connaître ce fait général que le
même milieu réfracte différemment les rayons de couleur
différente, ce grand homme aura été conduit naturellement à chercher par l'expérience si chaque couleur avait la même réfrangibilité relative pourtous les milieux. Il paraîtavoir été induit en erreur par une expérience trompeuse où il employa plusieurs milieux (1), et il en tira Ja fausse conclusion que des milieux exercent une action proportionnelle surlesrayons de mème couleur. M.Hall, gentilhomme du comté de Worcester, s’aperçut le premier de l’erreur de Newton; et, s'étant assuré que le pouvoir dispersif varie pour chaque espèce de verre, il appliqua cette propriété, avec le plus grand succès, à la construction d’une lunette achromatique. Cépendant sa découverte tomba:düns un injuste oubli, quoiqu’on dise qu’il acheva plusieurs lunettes de cette espèce, dont quelques unes existent encore : elle fut retrouvée, et appliquée de nouveau par Dollond,célèbre opticien de Londres, à l’occasion d’une dispute qui s’éleva à ce sujet par suite de quelques idées paradoxales avancées par Euler.
426. — Si l’on présente à deux rayons de lumière blanche deux prismes-tels que ABC et abc (fig. 97), l'unide flint-glass et Vautre de crown=glass, dont les angles réfringents sont égaux, S C et sc étant les rayons incidents, CR, CV, cr, cv, les rayons rouges et violets réfractés par le flint et le crown-glass, l’on observe 1° que la déviation produite sur lelrouge et le violet par le flint-glass est beaucoup plus forte que par le crown-glass; 2° que l'angle R CY, que les rayons colorés couvrent après leur dispersion par le flintglass, surpasse de beaucoup l’angle analogue rc pour le
(1) ILessaya de corriger les effets dela réfraction par le verre, à l’aide d'un prisme rempli d’eau. Ilné devait rester qu’une légère coloration : malheureusement il ayait mêlé de la litharge avec l’eau, pour rendre la réfraction plus forte; et le grand pouvoir dispersif des sels du plomb
(pouvoir qu’il lui était impossible de soupconner) lui enleya la gloire d’une‘dés plus bélles découvertes en optique.
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