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Si l’on voulait comparer les degrés d’éclairement

ou d’éclat intrinsèque de deux surfaces, il faudraitisoler une portion, déterminée de chacune et la soumettre à l’examen : on atteindrait ce but,en adaptant aux ouvertures du photomètre deux!tubes noircis d’égale longueur, etterminés par des orifices d’égale surface, où sous-tendant des angles égaux aÿant leur sommet au centre de l’instrument. Ces tubes limitant, surles surfaces éclairées, des portions de même grandeur apparente, on pourra rendre:leurs lumières égales sur le papier huilé dela fente EF, comme dans le cas des chandelles, etc. (Bouguer, Traité, page 51.)

77. — Le comte de Rumford a proposé une autre méthode de comparer l'intensité d'éclat de: deux luminaires (fig. 8), qui joint la commodité à l'exactitude, et présente de grands avantages. dans certaines circonstances. ( Voy. les Transactions philosophiques, vol. 84, page 67.)

Elle est fondée sur légalité des ombres projetées par l’interposition de corps opaques. entre les luminaires et une surface blanche éclairée par tousles deux en même temps. Supposons, par exemple, qu'il s’agisse de comparer le pouvoir éclairant de deux flammes L et /, de différente grandeur, ou produites. par des combustibles de différente nature , comme la cire et le suif. Devant un écran CD de papier: blanc, dans une chambre obscure, placez un petit bâton noir de forme cylindrique;.et derrière ce bâton. les deux flammes. L et 7, de manière à projeter sur l'écran les ombres A B, éloignées l’une de l’autre d’une quantité à peu près égale à la largeur de chaque ombre. De plus, linclinaison des rayons incidents LS A et Z SB sur la surface de l’écran doit être exactement la même. On doit alors.reculer la flamme la plus éclatante ou rapprocher la plus faible , jusqu’à ce que les deux ombres paraissent de même intensité ,. et mesurer la distance de ces ombres ou de l’écran à chaque flamme, dont le pouvoir éclairant sera proportionnel au. carré de cette distance. La raison en est évidente : l'ombre qui résulte de chaque flamme est éclairée par la lumière. de l’autre flamme. La clarté

de l’écran est la somme des clartés produites par les deux flammes : l’œil juge, dans ce cas, de la diminution d’éclat de cette somme; et , si elle est la même pour chaque ombre , il “est clair que les clartés restantes doivent être égalés,

78. — Cette méthode devient incertaine quand les lumières sont d’une grandeur considérable et très près de l’écran; les pénombres ne permettent pas de comparer bien exactement les intensités relatives du centre des ombres. Cet inconvénient devient encore plussensible Iorsqué les lumières different considérablement en couleur; et, dans ce cas, la méthode devient presque impraticable. Ses'avantages ; cependant, tels que la promptitude de ses résultats et la simplicité de son appareil, puisqu’iln’est besoin, pour s’en servir, que d'objets que l’on atoujours sous la main (car la couleur noire du bâton , quoique préférable, n’est pas absolu-

ment nécessaire), la rendent souvent très utile, à défaut d'instruments plus précis.

79. — Il peut arriver que les lumières à comparer ne soient pas mobiles, ou qu’on ne juge pas à propos de les rendre telles : dans ce cas, on parviendra à donner aux ombres la même intensité en inclinant l'écran sous différents angles avec les directions dans lesquelles il reçoit la lumière de chaque luminaire, et en notant les angles d’inclinaison des rayons incidents. Les pouvoirs éclairants seront alors respectivement en raison directe du carré des distances et en raison inverse des sinus des angles d’inclinaison.

80. — Quand un faisceau de rayôns lumineux traverse un espace vide ou un milieu parfaitemént homogène, sa direcüon est rectiligne , comme nous l’avons déjà vu, et sa vitesse uniforme ; mais, lorsqu'il rencontre un obstacle ou un milieu nouveau , il éprouve des changements ou modifications que l’on peut classer comme il suit :

Le faisceau se partage en plusieurs autres, qui prennent

chacun un chemin différent, c’est-à-dire qui sont divérsement modifiés.

81. — Ceux!de la: première espèce sont réfléchis régulièrement, et poursuivent leur route après cette réflexion , entièrement hors du nouveau milieu.

82. — Ceux de la seconde et de la troisième espèce sont réfractés régulièrement, c’est à-dire qu’ilspénètrent dans le milieu, et qu'ils y poursuivent leur marche en obéissant aux lois de la réfraction: Dans plusieurs milieux, ils suivent précisément. la même route,,:et peut-être ne pourra-t-on jamais les distinguer entre eux.

Pour de tels milieux, au nombre desquels on compte la plupart des liquides et des substances non cristallisées, la réfraction est dite simple. Dans plusieurs'autres, tels que la plupart des cristaux, les rayons suivent des routes diverses, et prennent par-là des caractères physiques différents : dans ce cas, la réfraction est dite double.

83. — Les rayons de la quatrième espèce se répandent dans toutes-les directions, les uns ‘entrant dans le milieu et formant un hémisphère lumineux à l’intérieur, et les autres produisant-un hémisphère semblable à l'extérieur. Ce sont eux qui rendent la surface des corps visible à l'œil, quelle que soit sa position à l'égard de ces corps : ils sont donc d’une grande importance dans le phénomène de larvision.

84. — Dettous ces rayons qui passent dans le milieu, une pare plus ou moins considérable est absorbée ; éteinte ou perdue, sans changer de directions cette absorption: ne se fait pas tout d’un coup, mais progressivement, à mesure'que la lumière pénètre plus profondément dans la substance. Dans les corps parfaitement opaques, tels:que les métaux, Vabsorption est totale, et a lieu à une profondeur inappré-

ciable; néanmoins, l’on a de fortes raisons delcroire qu’elle

se fait graduellement.

Dans les cristaux, du moins dans les cristaux colorés, l’ab-

sorption se fait d'une manière différente/pour les.deux moitiés du: rayon réfracté régulièrement, et selondes: lois que nous expliquerons en traitant de l'absorption de:la lümièré.

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