‹ Traité de la lumière, t.1Chapitre 91 sur 171 · CT · texte numérisé non relu

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450. — Ainsi, quand l'incidence du rayon varie depuis SE (fig. 105) jusqu’à S'E, et par conséquent la direction du rayon réfracté depuis F G jusqu’à F!G', la largeur du spectre commence par avoir une valeur maximum, mais finie; elle décroît ensuite et atteint son minimum, puis recommence à croître jusqu’à l’infini.

La distribution des couleurs ou la largeur de chaque espace coloré pour une position quelconque variera d’ailleurs avec les valeurs de p, de p'et de sin I : en effet , l'équation (e), en donnant successivement pour à y les valeurs qui correspondent aux intervalles entre le rouge et l'orange, l'orangé et le jaune, le jaune et Le vert, etc., fournira également les valeurs corréspondantes de à P! ou les largeurs apparentes de ces espaces. Or le dénominateur cos p cos pl est une fonction implicite de y, et varie par conséquentsuivant que l’on prend le rayon initial dans telle ou telle partie du spectre.

à “AAC” IMSNNS, 266

Cette variation est très faible quand les angles p et p'sont considérables ; mais près de la limite, quand le rayon peut à peine être transmis , elle devient très grande : le spectre est fortement contourné, et le violet s’allonge extrêmement par rapport au rouge. L’effet est le même que si la nature du milieu venait à changer pour prendre un rang inférieur dans l’ordre des substances classées dans le tableau de l’art. 443: :

45r. — L'on voit, par ce qui précède, qu’il est toujours possible d’achromatiser un prisme, quelque ouvert que soit son angle réfringent, en employant un autre prisme de même matière, dont l'angle peut être aussi petit que l’on voudra ; car la dispersion peut être accrue indéfiniment en présentant le prisme sous un angle convenable au rayon inci-

dent : ainsi le second prisme peut, non, seulement compenser la dispersion du premier, mais encore la surpasser. Dans la fig, 106, malgré la petitesse de l'angle réfringent, la situation inclinée du prisme,a lui fait disperser.les rayons en sens contraire avec la même puissance que le prisme A , dont l'angle est beaucoup plus grand.

452.— Quand les angles des-prismes diffèrent considérablement, le second doit être très incliné, de manière qu’il se

trouye près de la limite de la transmission. Dans ce. cas, sa dispersion sera fort altérée, ettotalement différente de celle -de l’autre prisme (art. 450). L’on ne pourra donc obtenir ainsi un achromatisme parfait.

Lorsque le rouge extrème et le violet seront réunis, le vert sera réfracté trop faiblement par le second prisme, et l’on aperceyra un spectre pourpre et vert, comme dans le cas de prismes de différents milieux. C’est à cespectre que le docteur Brewster (qui l’a fait remarquer le premier) a donné le nom de ‘spectre tertiaire ; mais il nous semble qu’il vaudrait mieux réserver cette dénomination aux spectres mentionnés à l’art, 446, et nommer ceux-ci spectres subordonnés.

Si l’on regarde un petit objet rectangulaire à travers deux

prismes tels que l’un, A, se trouve dans son lieu de moindre déviation, et que l’autre, a, dont l’angle est moindre que celui de A, sert à rendre le système achromatique, sans produire.cependant un spectre secondaire, cet objet paraîtra contourné. En effet, les côtés parallèles aux arètes des prismes, n'éprouveront aucun: changement dans leur longueur

apparente ; tandis que la largeur du rectangle semblera am-

plifiée,

Le premier prismé, en vertu de sa position, n’altère point les: dimensions angulaires de l’objet qu'on voit au travers; mais Je second en change la largeur dans le rapport deg p" à du’, ou (en différentiant) dans le rapport de SAPIN ae

COS p COS p

à Punité, rapport qui croît avec d'autant plus de rapidité

que le prisme s'incline te pan "et que ue est ae près de 90°:

455: + M: Aimici a profité de ces propriétés pour con struire unelespèce de: télescope achromatique qui paraîtfort bizarre au premier coup-d’œil, n'étanticomposé que dérquatre prismes à faces planes ‘et de même Verre:Pour serendre compte de cétinstrament, qu'on/intagine un petit objet car= ré op, dont le côté 6 est parallèlé-aux arètes dé‘deux/prisnes arrangés en conséquence, et perpendiculaire à leurs sections principales, c’est-àä=dire/au plan du papier : alors, pour un œil placé en E, l’objet réfracté par les deux prismes conservera sa longueur o, mais sa largeur augmentera. Maintenant , si l’on ajoute un nouveau cpuple de prismes semblable au premier, ét disposé de manière à former un système achromatique, mais tel que sa section principale. soit perpendiculaire à «celle des premicrs prismes , et produise une réfraction perpendiculaire au plan du papier ou parallèle à la longueur du carré, celui-ci éprouvera une nouvelle déformation dâns le sens de sa longueur’, et demeuréra incolore. Ainsi, par la première distorsion, le carré croïten largeur dans le même rapport qu’il croît en longueur par la seconde : il doït donc en résulter uné image régulière , incolore et amplifiée.

L'auteur de cet ouvrage peut certifier lui-même, la bonté de cet instrument, qu'il a vu grossir jusqu’à quatre) fois le diamètre des objets entre les mains de son inventeur, à Modène, en 1826. Il est clair qu’en superposant ainsi plusieurs télescopes ; on peut augmenter le grossissement'en progressiôn géométrique ;alest-évident ‘aussi qu’en faisant usage de prismes de deux différents milieux pour former. les combi naisons binaires, les spectres subordonnés peuvent détruire les/spéetres sécondaires qui proviennent de!l’inégale dispérsion des deux milieux : l’on peut obtenir ainsi un achromaüsiné d’une perféction présqué mathématique. M'Sérait hit ressant d'examiner si ces télescopes ne pourraient pas être

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