‹ Traité de la lumière, t.2Chapitre 127 sur 170 · ROSES · texte numérisé non relu

ROSES

Por PA RE —

roue en mouvement, se séparent immédiatement si l’on observe de la manière indiquée son image dans le miroir.

Ces expériences , comme on voit, conduisent directement au procédé que j'ai indiqué, p. 482, pour détruire les fausses apparences résultant d’un mouvement rapide ; mais il faut pour cela faire subir aux roues de M. Faraday une modification importante qui consiste à rendre les ouvertures très étroites, sans quoi on est obligé, si l'on ne veut pas voir l’objet confus et mal terminé, de se tenir, comme dans les expériences citées, à une très grande distance de cet objet. Quant à la raison des effets observés par M. Faraday, je pense que les explications que j’ai données p. 482 sufliront pour la faire comprendre.

Enfin je citerai encore l’expérience suivante du même physicien. Si l’on découpe dans la roue, entre les dents et le centre, une nouvellerangée d’ouvertures dont lenombre diffère ün peu de celui des dents, et si alors on soumetcette roue à l'expérience du miroir, en regardant à travers l’une ou l’autre rangée d'ouvertures , l’image de celle à travers laquelle on regarde paraît, comme cela doit être , complétement immobile; mais l’autre paraît animée d’un mouvement lent de rotation. On peut ainsi percer plusieurs rangées d’ouvertures, de manière à produire Fapparence de mouvements plus ou moins rapides et de sens différents.

Les expériences que je viens de rapporter m'ont conduit encore à imaginer un nouveau genre d'illusions dont jai développé l’idée dans ie journal de M. Quételet (1), et au

(1) Correspondance math. et phys. de l’'Observ. de Bruxelles, t.7, p. 365. Il s’est glissé quelques erreurs dans la description que j'ai donnée , dans cette lettre, des expériences de M. Faraday : ainsi, jai supposé à tort, comme on peut s’en assurer par la notice même de ce physicien, que les ouvertures ou les intervalles déco upés dans les roues dont il s’est servi avaient une très pelite largeur relativement aux parties pleines. Cette condition aurait été, du reste, plus nuisible qu’utile aux effets

moyen duquel on fait paraître animées et mouvantes des figures dessinées. La même idée a été mise depuis à exécution, quoique d’une manière imparfaite, dans l'instrument conuu sous lenom de phénakisticope (x). L'appareil consiste essentielle ment, comme on sait, en un disque de carton percé, vers la circonférence, d’une série d'ouvertures étroites, et sur lequel sont peintes de petites figures qui , lorsqu'on fait tourner le disque vis-à-vis d’un miroir, en regardant d’un œil son image à travers les ouvertures, semblent s’animer et exécuter différents mouvements. L’effet provient d’une telle disposition de l’instrument que des figures qui diffèrent graduellement entre elles de forme, de position ou de lieu, viennent successivement, et à des instants très rapprochés, se présenter à l'œil, de sorte que la persistance des impressions lie ces images entre elles, et que l'œil croit voir les mêmes figures passant, d’une manière continue , d’un état à un autre. (2) J. PLATEAU.

que M. Faraday voulait produire, parce qu’elle aurait rendu l’image plus sombre, et que cette image se voit, sans cette conditicn, avec une netteté suflisante quand on l’observe à une plus.grande distance de la glace; mais on a vu que la réussite du procédé décrit p. 482 exigeait nécessairement que les ouvertures fussent très étroites, et il en est de même pour les effets du phénakisticope.

(1) Je suis étranger à l’exécution du phénakisticope ; mais on a fait à Londres, d’après mes dessins et mes indications, un instrument beaucoup plus parfait, qui a porté d’abord le nom de phantasmascope, et qui-se vend maintenant sous celui de fantascope.

(2) Voyez, pour des explications plus détaillées, l’article cité du jour nal de M. Quételet, etles Ann. de phys. et de chim. , juill. 1833, p. 304.

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24. Sur le couleurs accidentelles (sujet omis dans le texte).

Si l’on regarde fixement un objet coloré placé sur un fond noir, en tenant l’œil coñstamment attaché sur le même point, on voit au bout de quelque temps la couleur de cet objet perdre peu à peu de son éclat; et si alors on porte subitement les yeux sur une surface blanche, on voit bientôt paraître une image de même forme que l’objet, mais d’une couleur complémentaire de celle de ce dernier. Ainsi la contemplation prolongée d’un objet rouge donne ensuite naissance à une image verte, et réciproquement la contemplation prolongée d'un objet wrt est suivie de l'apparition d’une image rouge; si l'objet est jaune ou bleu, l'image subséquente sera violette ou orangée, et vice versä. De plus, un objet blanc produit de cette manière une image noirâtre, et un objet noir produit une image blanche plus claire que le fond sur lequel elle se dessine. Toutes ces images restent visibles pendant assez long-temps, et leur intensité ainsi que leur durée est d'autant plus grande qu’on a regardé l’objet pendant un temps plus considérable. Ces apparences forment une partie de celles auxquelles on donne le nom de couleurs accidentelles, d’après Buffon, à qui on doit les premières observations sur ce genre de couleurs (1). Je vais exposer ici d’une manière

(1) Mém. de l’acad, des sc., 1743 :

Les observations de Jurin ont, à la vérité, précédé celles de Buffon; mais Jurin n’avait pas observé de couleurs ; il n'avait remarqué que les apparences blanches ou obscures qui succèdent à la contemplation des

objets noirs ou blancs.

succincte les propriétés principales que présentent ces apparences singulières.

1° La disparition de ces images n’a pas lieu en général par un décroissement d'intensité graduel et continu ; elles présentent au contraire ordinairement des disparitions et réapparitions alternatives ; quelquefois même on voit reparaître une ou plusieurs fois l'impression primitive. L'expérience suivante m’a montré ce dernier effet d’une manière extrêmement remarquable. L’un de mes yeux étant fermé et couvert avec un mouchoir, j'adaptais à l’aatre un tube noirci, d'environ 5o centimètres de longueur et 3 de largeur, et je regardais fixement, pendant une minute au moins, un papier rouge bien éclairé et suffisamment étendu pour que les bords en fassent cachés par le tube; puis, sans découvrir l’œil fermé, j'enlevais subitement le tube et je regardais le plafond blanc de l’appartement. Alors je voyais d’abord se former une image circulaire verte; mais bientôt elle était remplacée par une image rouge d’une faible intensité et d’une très courte durée; après quoi reparaissait l’image verte, à laquelle succédait de nouveau une image rougeâtre, et ainsi de suite, l’image rouge reparaissant jusqu’à quatre fois, et l’intensité da rouge et du vert allant tonjours en s’affaiblissant. Ces effets ont été également constatés par M. Quételet, qui a bien voulu répéter cette expérience. | |

2° Tous les phénomènes dont j’ai pañlé jusqu'ici se manifestent'encore lorsqu’au liea de porter les yeux'sur une surface blanche, après avoir regardé l’objet pendant un temps suffisant, on les ferme au contraire de suite, mais en les couvrant complétement d’un mouchoirsur lequel on applique les mains. On voit alors parfaitement , dans cette complète obsecurité, se dessiner l’image de l’objet, colorée de la teinte complémentaire.

5° L’image accidentelle paraît plus ou moins grande selon la distance de la surface sur laquelle on la projette. Lorsque cette surface est à la même distance de l’œil que l’objet, l’i-

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