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son existence et reconnaître sa grandeur exigent plus de précautions que celles décrites plus haut.
La lumière que M: Lloyd employa d’abord était donnée par une lampe placée à peu de distance; et, afin d’obtenir un rayon incident aussi minceque possible, cette lumière passait par deux étroites ouvertures, dont l’une était pratiquée dans un écran placé près de ‘la flamme ;, et l’autre, percée dans un mince feuillet de métal, létait appliquée contre la première surface du cristal (1). En observant les deux raÿons dans lesquels le rayon incident se partage en général, M. Lloyd tourna doucetnent le crisial de manière à altérer graduellement l'incidence: Après quelques essais | dans lesquels il était guidé en:partie par les changements: dans: la position relative de ces rayons, il parvinteenfin à obtenir une incidence sous laquelle les deux rayons s’épanouissaient en un cercle continu , dont le diamètre apparent pouvait être égal à l’intervalle qu’ils laissaient entre eux quand ils étaient près de leur position définitive.
La lumière émergente était alors reçue directement par lœil armé d’une lentille: En répétant l'expérience avec de la lumière solaire, M. Lloyd reçut le cylindre émergent sur un petit écran de papier argenté, et il put voir qu'il n’y avait pas de différence sensible dans la grandeur de la section à différentes distances.
Quand lajustement était bien fait , la lumière de l'anneau entier était blanche, et partout de même intensité; mais, pour une très faible déviation, deux quadrans opposés du cercle paraissaient plus lumineux que les deux autres, et les deux couples étaient de couleurs complémentaires.
M. Lloyd trouva que l'angle du cône était de 1° 50’, et qu’il ne différait que de 5! de celui donné par la théorie. En
(1) Philos. magaz. , mars 1833.
examinant les rayons émergents avec une tourmaline, il les trouva polarisés conformément à la loi déjà indiquée pour le premier cas de la réfraction conique: Le résultat pour ce cas était prévu par la théorie ; maïs, pour le premier cas, il avait été déduit de l’observation.
35. Sur la polarisation circulaire dans les substnnces organiques (numéro 1046).
&* M. Biot a présenté depuis peu à l’Académie des sciences de Paris plusieurs nrémoires dans lesquels ce savant physicien a soumis à un examen profond le earactère chimique que fournit la polarisation circulaire pour la détermination des substances organiques. Dans ces mémoires(1), M: Biot expose d’abord les méthodes qu’il emploie pour étudier ces phénomènes, pour en prendre les mesures, les sour-eltre au calcul, et en tirer ie pouvoir rotatoire moléculaire de chaque substance, désignant ainsi la dévialion qu’elle imprimerait au plau de polarisation d’un rayon rouge si elle avait une épaisseur d’un millimètre et la même densité que l’eau. Ces méthodes sont appuyées de nombreux exemples, qui prouvent que le pouvoir ainsi défini reste constant dans tous les modes d’aggrégation que la substance peut prendre, soit qu’on l’emploie solide, liquide, ou même à l’état gazeux , mais sans qu’elle change de constitution moléculaire. De là passant aux applications , il poursuit l’investigation de ces phénomènes dans les différentes classes de substances , telles que les huiles essentielles, le naphte, le camphre naturel , le camphre artificiel, la gomme, les différentes espèces de
(1) Nouvelles annales du muséum d'histoire naturelle , tome 2.
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57a sucre. D’après ses observations, tous les sucres icristallisablés, tels que ceux des cannes, des betteraves, des panais, des navets, des carrottes, etc., tournent le plan dansle même sens, vers la droite, et selon une gradation -dont lé premier rang est occupé par le sucre de canne; au contraire la 1gommé
tourne ce plan à gauche; et le jus de plusieurs sortes de
fruits, tels que les poires , les pommes, les raisins , les 9roseilles, dont on netire qu’un sucre incristallisable, produit la mêmeaction.que la gomme, dans tous les états par lesquels on les fait passer jusqu’à la solidification. C'est depuis ce point seulement que, par un changement brusque, ils peuvent réfléchir à droite. Les sucs de l’autre série au contraire la dévient toujours dans le même sens. :
M. Biot a aussi fixé son attention sur une matière découverte par M. Raspail dans les graïnes de fécule. Cette sabstance, que M. Raspail considère comme la gomme la plus pure, diffère de lai gomme ordinaire en ce qu’elle imprime au plan de polarisation une rotation en sens opposé, et du sucre de canne en ce qu’elle possède, sous le rapport du pouvoir de rôtation, une supériorité qui lui a fait donner le nom de déxirine par M. Biot.