AR A
” re
IE © ee
Ainsi l’on verra les anneaux, chaque fois que, par un moyen quélcorique, on aura fait parvenir jusqu’à l’œil, au travers d'une lame detourmaline’, un cône de rayons polarisés complétement (ou à peu près), dans une direction commune ou d’après une loi régulière : les anneaux offriront alors un tabléau fidèle des modifications éprouvées par une infinité de rayons polarisés d’une manière déterminée, qui traversent la lame dans toutes les directions. La propriété connue de la tourmaline permet d’obtenir cet effet à l’aide du petit appareil dont la figure 178 nous offre une coupe.
ABC D est un court cylindre de cuivre dont l’extrémité A C'est terminée par une plaque de cuivre; a b est une ouverture formée par une lame de tourmaline taillée parallèlement à l’axe ; } g ik est un autre cylindre decuivre semblable au précédent, ayant la même ouverture et une tourmaline de même grandeur. Ce cylindre est emboîté dans le premier, et peut y tourner librement aa moyen des rebords BD, k. Une lentille de court foyer H, enchâssée convenablement, est vissée ent face de la tourmialine G, de telle sorte que celle-ci se trouve un peu devant le foyer (c’est-à-dire plus loin de lœil). Entre les deux surfaces À C, gi, est un troisième cylindre assez mince, portaut une plaque de cuivre percée d’une ouverture un péu plus petite que celles des autres cylindres, et dans laquelle on fait tenir avec un peu de cire la lame de cristal que l’on veut examiner. Cette lame, ainsi que le cylindre'auquel elle est attachée , peut tourner à frottement doux dans lé cylindre ABC D au moyen d’une petite broche e qui passe par la fente / ménagée dans la paroï À B. Cette fente a la figure d’un arc de cércle de 120°, ce qui permet d'imprimer à la lame cristallisée F un mouvement de rotation dans son propre plan , entre les tourmialines, depuis o° jusqu’à 120°. La broche e peut être vissée dans le cylindre cd, de manière que ces deux pièces se démontent aisément quand on veut changer le CrISLA Le
897. — La lentille-H :sert à répandre les rayons incidents sar un plus grand espace, et conséquernment à égaliser l'éclat du champ de la vision éclairé par une source de lumièrequelconque , naturelle ou artificielle. Elle empêche aussi d’apercevoir distinctement les objets extérieurs , ce qui pourrait distraire l’attention ou même troubler les phénomènes. Ces rayons, rassemblés par la len:ille au foyer qui se trouve dans Ja lame cristallisée F, divergent ensuite et viennent frapper l'œil O , en traversant cette lame dans toutes les directions comprises dans le champ de la vision. A la faveur de cet arrangement, ils ne doivent traverser qu'une petite partie du cristal, et par conséquent ils risquent moins de rencontrer des irrégularités qui troubleraient la formation des anneaux, puisqu'on peut choisir l'endroit de-la lame le plus uniforme. Après leur passage par la lentille, les rayonssont tous polarisés par la tourmaline G, dans des plans parallèles à son axe. Sans l’interposition du cristalF, les rayons arriveraient jusqu’à Pœil en traversant la seconde tourmaline , ce qui ne pourrait avoir lieu que dans le cas où les axes des deux lames serdient parallèles ; s'ils étaient perpendiculaires, les rayons s’étemdraient complétement : ainsi, lorsque le cylindre qui porte la première tourmaline tourne dans celui qui porte la seconde, le-champ de la vision est alternativement lumineux et obscur.
898. — Quand on interpose la substance cristallisée F, on voit paraître les anneaux polarisés, pourvu qu'un des axes optiques du cristal soit enveloppé par le cône des rayons réfractés par la lentille, de manière qu’un de ces rayons parvienne. jusqu’à l'œil le long de cet axe. Si les deux axes du cristalse trouvent dans le cône lumineux, éhacun sera entouré d’une série d’anneaux que l’on pourr4 étudier à loisir. Il ne s’agit plus que de trouver des cristaux dont les axes soient assez peu écartés pour que les deux système d'anneaux puissent être-aperçus sans qu’on doive diriger la vue trop obliquement.
Dans le mica , les axes sont loin de remplir cette condition. Le cristal qui convient le mieux à ce but est-le nitre (nitrate de potasse).
899. — Le nitre cristallise en longs prismes à six pans, dont la section perpendiculaire aux arêtes est un hexagone régulier: Ces prismes sont ordinai: ement fort altérés ; mais, en cherchant dans une grande quantité de salpêtre du commerce, il n’est pas rare d'en rencontrer des échantillons parfaitement diaphanes, du moins dans unepartie de leur longueur. Ayañt choisi un morceau convenable, on le taille avec: un canif, dans le sens perpendiculaire aux axes, jusqu’à ce qu'il se réduise à une lame d’un quart de pouce d'épaisseur ; puis on j’use sur une lime mouillée, jusqu’à l'épaisseur d’un cinquième ou d’un sixième de pouce : on adoucit alors les surfaces sur une plaque de verre usée à l’émeri, et on les polit sur un morceau de soie bien uni qui recouvre une lame de verre, et que l’on a. enduit d’un mélange de suif et d’oxide rouge de fer. Cette opération exige une certaine dextérité, qui s’acquiert par la pratique. Pour qu’elle réussisse, le nitre doit être mouillé quand on l’applique sur la soie, et on doit le. frotter jusqu’à parfaite siccité, en augmentant la vitesse de la friction à mesure que l'humidité s’évapore. Il faut avoir les mains gantéés, car la vapeur qui s’exbale des doigts ternirait lé poli, et éviter, pour la même raison, de laisser échapper son haleine près de la surface. En prenant ces précautions il sera facile d'obtenir un poli parfait, comme celui d’une glace. Nous ferons observer que le même procédé-convient à peine à deux sels &ifférents : ainsi le sel de la Rochelle (tartrate de potasse et de soude) doit être encore humide quand on l’ôte de la soie pour le poser immédiatement sur un linge bien doux et bien sea ; il faut le frotter rapidement jusqu’à siccité.
L'expérience seule peut apprendre toutes ces, particularités, ainsi que les moyens (souvent très étranges) auxquels on
est obligé d’avoir recours pour’se procurer des sections bien polies de pierres tendres, surtout de pierres qui se dissol-
vént aisément dans l’eau.
900. — Le nître étant poli comme nous venons de le dire, et ses deux surfaces étant aussi rigoureusement parallèles que possible, on le place en F :'alors on fait tourner les lames de tourmaline jusqu'à ce que leurs axes se croisent à angles droits, et on les arrête dans cette position, qu'on marque sur les cylindres par un trait de repère. Si l'on applique l'œil en O, et qu’on expose l'appareil à une lumière assez forte, on aperçoit un double système d’anneaux de la plus grande, beauté (fig. 179). Quand'on fait tourner le cristal dans son
propre plan , les tourmalines demeurent immobiles ; les phé-
nomènes passent par upe série de variations périodiques, .qui se reproduisent-après un quart de révolution.
La fig. 180 représente l'apparence des anneaux lorsque la rotation vient de commencer , la fig. 181 lorsque l'angle décrit est de 22°? ou de67° +, et la fig: 182 lorsque cet angle égale 45°. Si l’on fait varier en même temps l'angle entre les axes des tourmalines, on obtient des figures plus compliquées, dont nous:traiterons plus loin. Pour le momént nons supposerons ces axes perpendiculaires entre eux’, ét nous passerons à l'examen des anneaux afin de bien connaître 1° leur forme et lear situation, 2° leurs dimensions pour une même lame et pour des lames différentes, 5° leurs couleurs, 4° l'intensité de la lumière en divers points de leur périphérie.
go1: — La situation des anneaux ést déterminée par celle de la section principale ou des axes optiques. Dans le nitre, ces axes se trouvent dans un plan parallèle à l’axe du prisme et perpendiculaire à l’un de ses pans. Il n’est pas très rare de rencontrer des morceaux de ce sel dont la section transversale se compose de deux parties distinctes, ee qui indique une agrégation dans le cristal. Ces deux parties ont leurs sections