‹ Traité de la lumière, t.2Chapitre 61 sur 170 · FE · texte numérisé non relu

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diculaire au sens général des couches qui restent sensiblement uniformes, quand on n’envisage qu’une petite portion'dé la surface à la fois.

1079. — Mais la lame äinterposée peut être elle-même cristallisée et insérée entre deux portions adjacentes d'an cristal régulier, en vertu des lois: dela cristallographie qui règlent [a juxta-position des molécules aux surfaces commu nes’des cristaux maclés ou hémitropes: Soit A DEF (fig. 210) une lame telle que nous venons de dire, interrompue parune lame cristallisée BG EF et terminée-par des plans parallèles: Considérons ce qui arrivean rayou S.a, incident en a.

Il est évident que, sans'la présence de la lame cristallisée, ou si les molécules de celle-ci étaient situées -d’une manière homologue par rapport:à eelles des parties contigüés ; onaurait un cristal, interrompu. dans le dernier cas ; et, dans/le premier, deux prismes dont les.sections principales-seraient parallèles et agissant en sens contraire: Dans les deux cas, les faisceaux émergents ordinaire et extraordinaire, séparés par la double réfraction à, la première surface, ‘sortiraient parallèles au rayon incident et; par conséquent, entreteux: Mais la section principale dela lame mince,cristallisée necoincidänt pas avec,celle des deux prismes À BE,;;GE Gr, la polarisation des faisceäux ab, « c, se trouverataltérées Au lieu d’être réfractés chacun en particulier par le second prisme CFG,. comme dans le cas précédent; ils ‘éprouveront une réfraction double; de. manière . qu’au ‘lieu de-‘deux faisceaux émergeuts ,äl y en aura mainténant quatre. La subdivision des faisceaux, dans la lame interposée, peut visiblement être négligée , Car ils sont réfractés dans la même direction, en passant de Ja lame mince dans le second prisme, comme ils le seraient par, une lame d’air infiniment mincé. Or, danse cas, : ils, émergeraient de la lame, en couples respectivement parallèles aux rayons 4 b, ac, et, par.conséquent, les uns auxantres.,

La réfraction-par le second prisme sera donc précisément

la même que si la lame était supprimée et-que les rayons db, ac, enssent reçu en a les'états de polarisation qu'ils acquièrent’ par son action. Or,'ces états étant opposés, ilest évident’que chacun des rayons a b, ac, doit subir une réfraction ordinaire.et une extraordinaire. Dénotons «les quatre faisceaux: par 00,0E,E0,EE, etsapposons que «b soit la” direction prise par la partie de $ a réfractée à la manièretordinaire yet

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a c-celle de l'extraordinaire. Puisque © O- est réfracté- ordi q

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nairement par le prisme CF G et tombe sur lui dans la “direc-

tion da rayon ordinaire «b, sa direction , à son émergen-

ce, sera parallèle à S 4. De même, EE étant réfracté eætraordinairement et tombant dans la direction bc de la partie extraordinaire de Sa, il émergera aussi, parallèlement à, S a. Ainsi des deux rayons OO, EE, émergeront parallèlement et leurs systèmes d’oudés se superposeront. Maintenant OE, qui tombe dans la direction du rayon ordinaire, est réfracté extraordinairement, tandis que E O, qui tomhe dans celle du rayon extraordinaire , est réfracté ordinairement. Ces deux, faisceaux ne peuvent donc émerger ni parallèlement à Sa ni entre eux; mais ils produiront deux images latérales, une de chaque côté de l’image centrale on directe, laquelle aura d’ailleurs une intensité égale à la somme de celles des images latérales. :

1080. — $i la lame EBCF est très mince, ou'si les axés optiques sont très près de se confondre en direction avec la lamière qui la traverse, la différence de route et d'intensité , dans l'intérieur de la lame, produira l’interférence des cou-

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ples de rayons qui iront former chacun des faisceaux émer-.

gents et donnera naissance aux couleurs des anneaux des images latérales, Ainsi ces conleurs seront respectivement primaires et complémentaires dans ces deux images, tandis que l'image centrale, formée par l’exacte superposition de deux faisceaux complémentaires, paraîtra blanche.

Tous ces phénomènes ont été décrits par le docteur Brew-

ster, et expliqués pär/lui d’après les principes exposés ci-dessus, On les observe dans certains échantillons de spath d’Islände dont la structure est interrompue’par des lames minces hémitropes qui passent parles diagonales les'plus longues dés faces opposées du rhombe primitif: Si l’on regarde une chandelle au travers d’un tel rhombe ;:on l’aperçoit accompagnée de deux images latérales, tellés que nous venons de décrire, qui- offrent souvent des teintes complémentaires de la plas grande beauté.

1081. — Si le-luminaire dont émane le rayon S & est de petite dimension , les imaves latérales seront séparées par on intervalle obscur entre elles , et entre chacune et l’image centralé ; mais elles empiéteront les unes sur les autres, dans le cas contraire. Si le luminaire est infiniment grand, comme Jorsqu’on emploie Ja lumière uniforme des nuées, toutes les images se recouvrent. Quoique lé champ embrassé par la vue ne soit pas nécessairement uniforme et blanc, l’image au centre forme toujours un écran d’un blanc vif sur lequel se projetient les images latérales. Or, si la lame mince se trouve telle que le pôle d’une de ses séries d’anneaux soit dans le champ visible d’une seule de ses images latérales (1),,cette série ne sera point projetée centralement sur la série complémentaire de l’autre image latérale, à cause de la séparation angulaire de ces deux images. Les couleurs ne seront donc pas neutralisées , et deviendront visibles pér se, quoique très pâles à cause de leur mélange avec toute la lamière blanche de l’image centrale (0 O, EE) et avec la parte visible et presque üniforme de l’autre image latérale (OE).

(1) C’est ce qui arrive chaque fois que l’un, des axes optiques est assez près d’être perpendiculaire à la surface de la lame A D pour que l’un dés rayons OE ou E O traverse la lame même dans la direction de son axe:

1082. — Cette manière n’est pas la seule par laquelle un cristal parfaitement incolore puisse manifester ses anneaux à la lumière du jour ordinaire sans polarisation préalable ou sans. décomposition Subséquente, du faisceau transmis. La masse générale. de la lame cristallisée péit.avoir un de ses axes optiques dans la direction du rayon visuel, comme dans la fig. 211, etla partie CD dc, comprise entre deux feuillets BCcbet DdeE, formera précisément alors une combinaison telle que nous l’avons décrite plus haut, et fera apercevoir une série d’anneaux pâles, en raison du peu de densité et d'épaisseur des feuillets, et de la petitesse dé l'axe des surfaces BC, DE, Ces cas d'exception ne sont pas purement hypothétiques. Le docteur Brewster assure avoir rencontré des morceaux de nitre qui produisaient less anneaux per se; mais.ce cas estfort rare, excepté pour le bicarbouate de potasse, où il est même assez fréquent. On reconnaît aisément les feuillets dans les dtux cas, et leur position, ainsi que celle du système d’änneaux, nelaisse aucun doute sur l'exactitude de lexplication quenous-venons de-donner. Cés cristaux; dont les physiciens S’occuperont sans doute davantage par la suite, peuyént être nominés ‘édiocyclophanes, jusqu’à ce qu'on ait trouvé umterme

plus convenable.

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