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sés. Nous supposons pour le moment que l’on emploie une tourmaline possédant la propriété en question au-plus haut dégré. Il est évident que le rayon acquiert, én trayersant la première lame. ; des propriétés bien distinctes de celles de la lumière primitive. Celle-ci pénétrérait au‘travers de la secon. de lame avec une égale facilité dans toutes les positions, tandis que la première ne pourrait le faire que dans des positions déterminées, correspondantes à certains’ côtés acquis par le rayon, et respectivement parallèles et perpendiculaires à l’axe de la première lame. En-oûtre, le rayon conserve ces côtés pendant tout le reste de sa route, pourvu qw’il ne soit pas modifié de nouveau par le contact d’un'autre corps. En effet, que les lames soient éloignées ou qu’elles se‘toûchent, qu’elles sé trouvent à plusieurs pouces, pieds ou milles l’une de l’autre, on n’aperçoit pas le plus léger changement dans le phénomène. Silon change la position de la première lame, lés côtés du rayon transmis changeront en ntême temps et de las:même quantité angulaire; la seconde lame n’éteindra plus la lamière commerauparavant , jusqu’à ce qu'on l’ait écartée de sarposition primitive d’un nombre de degrés égal à la variation angulaire de la prémière lame.
818.:-—Outre la tourmaline, urie foule de cristaux sont doués de la propriété que nous veñons de signaler. Plusieurs même approchent de la perfection à cet égard. Cependant, la tourmaline étant assez commune ét d’un emplo] très fréquént dans les expériences Sur la lumière, nous recommanderons au lecteur qui‘aimerait à se familiariser avec les manipulations de l’ôptique expérimentale de se procnrer une bonne paire de lames-de ce minéral, taillées et polies de la manière indiquée plus {haut. La couleur’est un point de grande importance. Les tourmalines bleues ou vertes donnent des résultats très imparfaits ; les jaunes sont également impropres, à moins qu’elles ne tirent‘sur le brun verdâtre. La meilleure couleur est le brun châtain ou le brun pourpre. On
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peut faire débiteret polir la pierre par le premier lapidaire venu.
819: — Les moyens décrits plas haut né sont pas les seuls qui puissent opérer le phénomène de la polarisation , et les caractères que nous avons reconnus au rayon polarisé ne sont pas non plus les seuls qui le distinguent. C’est pourquoi nous allons exposer successivement les différents modes de polarisation et l’ensemble des caractères que l’on a constamment trouvés appartenir à la lumière polarisée.
Les modes'de polarisation principaux sont: :
1° La réflexion, sous un angle convenable, à la surface d'u milieu diaphane ;
2° La transmission au travers d’un milieu biréfringent régalièrement cristallisé ; À
5° La transmission, sous des angles convenables , au travers de lames transparentes non cristallisées, mais en némbte suffisant ;
4° La transmission at travers d’une foule de corps, tels que l’agathe , la nacre de perle, qui ont une stracture lamellée plus où moins régulière, et qui se trouvent dans un état de cristallisation imparfaite.
820.-— Les caractères: qui distinguent -toujours-le rayon polarisé, et auxquels on peutle reconnaître-le plus facilement, sout :
1° L’impossibilité d’être transmis, dans certaines positions, par une lame dè tourmaline sur laquelle il tombe perpendiculairement , et la facilité de sa transmission dans d’autres positions perpendiculaires aux précédentes ;
2° T’impossibilité d’être réfléchi , par des milieux diaphanes polis , sous certains angles d'incidence et dans certaines positions du plan d'incidence ; È
3° L’impossibilité d’être partagé en deux faisceaux égaux par la double réfraction, dans des positions où un rayon ordinairé subirait un tel partage,
‘On pourrait énumérer encore plusieurs caractères, mais on doit plutôt les regarder comme des propriétés qui appartiennent à la lumière polarisée et aux milieux qui la modifient. On a déjà dù remarquer que tous les caractères précédents sont négatifs, étant fondés sur l’absénce de. propriétés que possède la lumière ordinaire ,et qu’ils ne concernent que l'in: tensité et non la direction du rayon. polarisé. Ainsi la direction que prend un rayon polarisé soumis à l’action d’un milieu n’est jamais différente de celle que prendrait un rayon ordinaire dans les mêmes circonstances’, Ou du mroins de celle que prendrait une partie de ce rayon.
Par exemple, tandis qu’un rayon ordinaire serait divisé en deux faisceaux égaux par la double réfraction , un rayon polarisé le serait en deux faisceaux inégaux; dont l’un pourrait même s’évanouir entièrement; mais leurs directions seraient exactement les mêmes que celles des faisceaux qui composaient le rayon non polarisé. De là nous pouvons conclure, comme principe général , que la direction que prend un rayon polarisé ou les parties qui peuvent en être séparées par des réflexions, réfractions ou autres causes modificatives', peut toujours. être déterminée par les règles qui s'appliquent à la lumière ordinaire ; mais que les intensités rélatives des parties séparées du rayon polarisé ne sont ‘pas les mêmes que celles des parties analogues prises dans un rayon non polarisé. Leurs différences sont soumises à certaines lois dont il importe aux physiciens
de s’assurer.
$ III: -— De la polarisation de la lumière par
réflexion.
La lumière est polarisée par réflexion : ce fait est découvert par Malus.— Expérience. —. Là lumière polarisée n’est plus susceptihle d’une seconde réflexion. — Expérience. — Autre manière de faire l'expérience précédente, — Côtés d’un rayon polarisé. — Loi de la polarisation par réflexion. — Loi des tangentes découverte par le docteur Brewster. —Toutes les couleurs nesont point polarisées sous la même incidence : expérience qui le prouve. — Cas dans lesquels le rayon polarisé n’est pas susceptible de réflexion, — Conséquences de la loi de polarisatiôn.
— Polarisation par réflexion à l’insérieur, — Maxière d'obtenir un rayon polarisé très intense. — Méthode pour déterminer les indices
deréfraction au moyen de:la lumière-polariséé;: — Polarisation irrézulière par la surface du verre. — Action des surfaces métalliqués. —
olarisation partielle: — Polarisation par des réfléxions répétées dans le même plan.
821.— Quand un rayon, venant directement du soleil , est reçu sur une lime de verre poli où de toute autre matière, il s’en réfléchit toujours une pärtie plas ou moins considérable. L'inténsité de cette partie dépend uniquement de la nature du milieu et de l’angle d’incidence: car elle est d'autant plus grande que le milieu est plus réfringent, et que le rayon incident est plus oblique par rapport à la surface. On a trouvé de plus que, sous un certain angle(nommé, pour cette raison ; angle de polarisätion), le rayon réfléchi possède tous les caractères précédemment énoncés, et que, par conséquent, il est polarisé.
822. — Ge fait remarquable fut découvert par Malus , en 1808, en regardant, par hasard, au travers d’un prisme doué de la double réfraction , l’image da soleil couchant réfléchie par les vitres du palais du Luxembourg à Paris. En faisant tourner le prisme, il fut surpris de trouver une différence d'intensité notable entre les deux images, la plus rélractée étant alternativement plus et moins brillante que l’autre à chaque quart de révolution. Ce fait curieux, qui se rattachait daus son esprit à des phénomènes analogues manifestés par des rayons qui avaient subi la double réfraction (phénomènes que les recherches dont il s’occupait alors lui avaient rendus familiers) , le conduisit à examiner toutes les circonstances nécessaires à sa production avec le soin le plas scrupnleux. Le résultat de ses travaux fut la création d’une nouvelle branche de l’optique: Tant il est vrai que mille phénomènes se passent tous les jours sous nos yeux sans être remarqués, tandis qu’on en pourrait tirer. les conséquences les plus im-
porlantes. Ainsi, l'air qui nous environne porte dans son sein