‹ Traité de la maladie scrophuleuseChapitre 13 sur 94 · XX VJ PRÉFACE · texte numérisé non relu

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qu'on trouve dans les nosologies, on croirait qu'ils ont tous de l'embonpoint, des formes arrondies, une peau fine, un teint frais et vermeil, etc, ; mais il s'en faut que ce tableau embrasse tous les cas. Sous ce rapport, il en est des scrophules comme de l'inflammation : quoique celle-ci affecte plus particulièrement le tempérament sanguin , cependant elle n'en épargne aucun ; ainsi ce serait une grande erreur, à notre avis, de ne voir dans la diathèse scrophuleuse qu'une exagération du système lymphatique. L'observation a prouvé seulement que ce système est souvent très-developpé chez les scroplîuleuxjmais non-seulement ce développement ne constitue pas la maladie scrophuleuse, mais encore il ne se lie pas tellement avec elle que celle-ci ne puisse exister avec une autre organisation, et réciproquement. C'est ainsi que tous ceux qui périssent d'apoplexie n'ont pas un cou gros et court, une tête volumi-

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neuse, une poitrine dilatée, un corps replet, etc.

D'après cela, quel siège assigneronsnous à la diathèse scrophuleuse ? Jusqu'ici tous les auteurs l'ont placée dans le système lymphatique. On né peut nier en effet que ce système ne soit très-souvent le siège de cette maladie. C'est ce que prouvent l'engorgement des glandes, l'abondance du tissu cellulaire, la richesse de la lymphe, etc. Mais ce système n'est pas le seul qui soit susceptible d'être affecté des scrophules. Morgagni croyait que toutes les parties y sont sujettes. Les tubercules, qui sont le signe le moins équivoque de la diathèse écrouelleuse, peuvent se développer dans tous les organes, comme le prouvent les observations de Bayle et de M. Laennec.

En vain dirait-on qu'il y a des vaisseaux absorbans dans tous les organes : il n'y en a point dans les nerfs; l'anatomie n'en a pas encore démontré dans le cerveau ni dans les os, et cependant ces organes sont

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loin d'être exempts de Fespèce de lésion dont nous parlons. D'ailleurs, comment déterminer, au milieu des tissus qui concourent à former un organe, quel est celui de ces tissus qui est altéré ^ et le moyen de concevoir que l'altération ne passe pas bientôt de l'un à l'autre ? Ainsi, quand même le système lymphatique serait constamment le siège primitif de l'état écrouelleux, très-sûrement il n'en est ß pas le siège exclusif. L'importance que mettent aujourd'hui quelques médecins à déterminer jusqu'au tissu malade , me paraît une subtilité peu favorable aux progrès de l'art. La médecine-pratique est moins minutieuse; elle ne néglige pas le siège des maladies, mais elle borne son ambition et ses recherches à savoir quel est l'organe malade, et lorsqu'elle ne peut atteindre le but , elle tâche au moins d'en rapprocher, ce qui suffit souvent pour déterminer le traitement le plus convenable, ainsi que le fait observer M. Alibert.

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Il résulte des recherches des pathologistes,que le vice scrophuleux peut affecter tous les organes: la peau, les muscles, le tissu cellulaire, les glandes, les os, les viscères, etc. ; et c'est ainsi qu'on explique la variété des symptômes et des formes sous lesquelles il se manifeste.

Ces formes sont si différentes, qu'on serait tenté de croûte qu'elles appartiennent à des maladies qui n'ont aucun rapport entre elles ; mais la cause qui les produit étant identique, la raison nous garantit de l'erreur de nos sens.

Dans une génération scrophuleuse, dit M. Portai, on trouvée indifféremment les scrophules, l'épilepsie, la manie, la pierre, le rachitisme, le mal vertébral, la goutte, la gravelle , le rhumatisme, des tumeurs blanches des articulations, des anévrismes , etc. Il serait aussi curieux qu'utile de développer cette proposition , et de signaler toutes les affections primitives ou secondaires que peut déterminer le vice scrophuleux. Ce tra-

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