CHAPITRE PREMIER
Considérations générales sur le système lymphatique y -pour servir d'introduction à la palhogénie de la maladie scrophuleuse»
IjA maladie scrophuleuse ayant son siège dans le sysième lymphatique, il est indispensable d'avoir des idées précises sur la structure et les fonctions de ce système.
En général , il me paraît qu'on l'envisage sous un point de vue beaucoup trop rétréci. Le désigner par le seul nom d'absorbant, c'est se mettre dans la nécessité de ne lui reconnaître que la faculté d'absorber , quoiqu'il ait bien d'autres usages.
Il se compose de trois ordres d'organes : 1°. Des vaisseaux absorbans ^ proprement dits : assemblage d'une multitude de petits vaisseaux déliés , transparens , inégaux, pourvus de valvules. Nés par d'innombrables radicules des surfaces externes et internes , de la peau 5 des membranes, du lissu cellulaire, etc. , ils sont répandus dans tous les organes comme les vaisseaux artériels dont ils sont la terminaison, et vont s'ouvrir, pour la plupart,
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dans le canal tliora chique j je dis pour la plupart, parce qu'il en est qui communiquent directement avec les vaisseaux sanguins. Quelques anatomistes distinguent les vaisseaux lactés des vaisseaux lymphatiques ; mais cette distinction, fondée sur la nature du fluide en circulation , est inutile en pratique.
2"* . Du canal thorachique où vont se réunir la plus grande partie des vaisseaux lymphatiques,
5°. Des glandes lymphatiques ou conglo- , bées : petits corps ovalaires , rougeâtres , coni^ posés de vaisseaux blancs , de vaisseaux sanguins et de nerfs , distribués çà et là sur le trajet des vaisseaux l^^mphatiques , comme les ganglions sur le trajet des nerfs • mais elles existent en plus grand nombre dans le mésentère , à la face interne des cuisses, dans les aines, autour du cou, sous les aisselles , et générale^ ment dans toutes les parties du corps où le tissu cellulaire est abondant.
Outre les propriétés générales de la matière, le système lymphatique est doué d'une puissance vitale qui n'a rien de commun avec les propriétés des corps bruts. Cette puissance est prouvée, sans réplique, parla quantité de nerfs qui entrent dans sa composition , par Tinfluence qu'il exerce sur le système nerveux en géuéral;i et par celle qu'il qï\ reçoit. Pour bien
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apprécier ses fonctions, il faut donc prendre en considération ses forces physiques et ses forces vitales , et profiter des lésions auxquelles la puissance vitale est sujette dans les autres systèmes , telles que l'éréthisnie , les spasmes , les convulsions , la paralysie , etc. , pour éclairer celles dont le système lymphatique est susceptible.
Quant aux fonctions de ce système , il en est deux principales.
i**. Absorption*
L'absorption embrasse tout ce qui doit pénétrer dans le torrent de la circulation pour s'identifier avec nous-mêmes , excepté les substances tirées de l'atmosphère qui se mêlent immédiatement avec le sang dans les organes de la respiration.
L'absorption s'exerce, i"". dans le tube digestif sut les matériaux destinés à réparer les pertes que nous faisons sans cesse.
2°. A la surface de la peau et dans Finterieur des bronches. Ces organes sont pourvus d'une quantité prodigieuse de vaisseaux absorbans à travers lesquels s'insinue tout ce que la peau enlève à l'atmosphère , et la plus grande partie de ce que les poumons en absorbent.
5°, Dans r intérieur des caçités. Ce mode
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d'absorption est prouvé par le fait même de l'exhalatioii. En effet, on conçoit que ces cavités seraient bientôt remplies des produits de l'exhalation, si leurs parois n'étaient armées de vaisseaux pour en absorber le surperflu.
4*^. Dans les espaces que laissent entr' elles les lames du tissu cellulaire ^ et -partout ou il y a des vaisseaux absorbans. C'est ici qu'il faut placer l'absorption qui s'exerce dans le ■ sein même de nos parties , dans les organe* sécrétoires, dans les muscles, etc.
Ce mode d'absorption parait avoir pour but :
a. De résorber la iymphe et delà mêler encore avec le sang qui l'a fournie, pour accomplir l'acte de la nutrition.
h. De recueillir et d'absorber les parties bétérogèaes pour les éliminer. Mais les vaisseaux dont noMs parlons en ce moment, paraissent avoir, pour principal usage, de délivrer les organes sécrétoires du superflu des fluides sécréiés. C'est ainsi qu'ils enlèvent la bile au viscère qui la fournit, et la transportent sur la peau, ainsi que la maladie connue sous le nom d'ictère nous en offre un exemple frappant. Il est donc très-probable qu'il existe une communication directe entre les vaisseaux absorbans et nos opi^anes, communication qui facilite le transport àç^ fluides d'une partie sur une autre ^
sans qu'ils soient conlrainls à passer par la grande circulation ; exemple, le diabètes.
c. De pomper et de transporter la matière morbifiqued'un endroit dans un autre, comme nous l'avons observé très-souvent à l'égard du pus. Tel est sans doute le mécanisme de la plupart des métastases ^ et voilà pourquoi les glandes en sont si souvent le terme.
2^. Préparation et assimilation des fluides nutritifs .
Le système lymphatique n'est pas seulement destiné à livrer passage aux molécules qui doivent faire partie de nos organes, ou , pour le dire autrement, ce n'est pas une simple voie passive, ouverte à tous les principes qui vont se rendre dans la grande circulation. C'est véritablement dans ce système que les molécules organiques, introduites dans le corps, commencent à perdre leurs qualités liélérogènes pour se rapprocher du caractère de l'animalité ; c'est là qu'elles font le premier pas du monde physique dans le monde vivant, espèce de préparation qui les dispose à revêtir les propriétés du sang qu'elles sont destinées à renouveler.
Nous en avons dit assez pour faire sentir toute l'influence qu'exerce le système lympha^ tique sur la composition matérielle du corps ^
et sur l'état des forces; ainsi que pour faire entrevoir les changemeus que les lésions de ce même système doivent introduire dans l'économie.
1**. La sanguification est essentiellement liée à l'état du système absorbant, je veux dire qu'elle en suit toutes les altérations, toutes les vicissitudes.
2°. Le même système opère la nutrition , soit en recueillant les principes nourriciers, eten leur imprimant le premier caractère de l'animalisation , soit en prévenant l'accumulation de la lymphe, et en éliminant du corps ce qui pourrait lui devenir nuisible par un trop long séjour. Ainsi donc, c'est le système absorbant qui détermine la maigreur, l'atrophie, le développement excessif de nos parties, l'obésité, les infiltrations séreuses, etc. ; c'est encore lui qui distribue les matériaux de la nutrition, et qui se plaît quelquefois à surcharger un organe au-delà de ses besoins, comme, par exemple, lorsqu'il fait prédominer le phosphate calcaire dans les os.
3°. En éliminant les principes délétères qui pénètrent ou qui se développent dans l'économie , le s^'^stème dont nous parlons, épure ^ purifie le corps ; mais cela même.l'expose à de*venir la source d'une foule de maladies.
4*". Il suffit de savoir que le système lymphatique maintient Y équilibre dans la circu" lation , pour comprendre que ses altérations doivent déranger le cours du sang , et favoriser les congestions.
5°. Enfin c'est encore au système absorbant qu'il faut attribuer le développement des for^ mes. Vous aurez remarqué sans doute qu'à mesure que nos organes se développent, il se manifeste des signes non équivoques de l'irritation de ce système, tels sont enlr'autres la tuméfaction des glandes qu'on nomme vulgairement tumeurs de croissance. Il n'est pas rare non plus de voir ce système se débarrasser spontanément des maladies dont il était affecté, et quelquefois en acquérir de nouvelles.
Il résulte clairement de ce qui précède, que les matières en circulation dans les vaisseaux lymphatiques (matières qu'on désigne, d'une manière beaucoup trop vague, sous le nom de lymphe)^ sont :
i'^. Du chyle, résultat des substances alimentaires introduites dans les premières voies ;
2**. Les principes les plus subtils enlevés à l'atmosphère ;
S**. Les débris des organes eux-mêmes qui deviennent la proie de l'absorption.
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Toutes ces choses renfermées dans les vaisseaux lymphatiques doivent être prises en considération, pour apprécier convenablement les maladies auxquelles ils sont sujets, et les causes qui les produisent. Malheureusement la plupart des pathoîogistes n'ont tenu compte que des parois de ces vaisseaux , et les fluides qui les parcourent ont été totalement négligés, quoiqu'ils déterminent souvent l'état des vaisseaux euxmêmes. Dans les beaux jours deî'humorisme, on exagérait l'importance des humeurs, et l'on faisait à peine mention dessoudes; aujourd'hui que la doctrine de la sensibililé domine , on fait tout le contraire. Mais la vérité repousse également l'un et l'autre de ces excès.
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