IX. T^ers intestinaux
Les vers exercent une double influence sur la production de la diathèse écrouelleuse, par l'altération du chyle, et par l'irritation qu'ils produisent sur le tube digestif.
Quoiqu'il en soit de cette explication, Fex« périence ne prouve que trop la liaison des affections vermineuses avec la diathèse scophuleuse.
X. Abus de F opium et des autres narcotiques dans F enfance-^ crises incomplètes.
Quoique je me sois montré, dans d'autres eirconstances, assez chaud partisan des nar-
coliques, cela ne m'empêchera pas de convenir qu'il n'est rien de plus funeste aux enfans que l'abus de ces moyens. Cel abus, aussi funeste aux propriétés vitales qu'aux facultés intellectuelles , dispose au vice scropliuleux. Je me fonde sur ce que : 1°. Les narcotiques diminuant les forces digestives , la faiblesse se communique du tube digestif aux vaisseaux absorbans; dès lors l'absorption languit, les glandes et les vaisseaux lymphatiques ralentissent leurs mouvemens , d'où résulte un mauvais chyle et de mauvaises sécrétions. C'est ainsi que l'excès et le défaut d'irritabilité sont également nuisibles.
2°. Ils s'opposent à la perfection des crises ^ phénomène sur lequel il est d'autant plus important d'appeler l'attention des médecins que les doctrines du siècle sont plus favorables à l'emploi de l'opium. Qu'on soit partisan de l'humorisme ou du solidisme, on ne peut s'empêcher d'avouer que les idées de crise et de coction sont fondées sur la nature même de l'économie animale. L'essence des maladies consiste dans la réaction vitale qu'oppose la nature aux causes morbifîques, et leur issue dépend du rapport qui s'établit entre cette réaction et la cause qui la provoque. Or, la nature a besoin d'un certain degré d'énergie, et
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d'un espace de temps donné pour triompber de son ennemi, soit qu'elle l'expulse hors du corps, soit qu'elle le réduise au néant. Il y a donc un temps dans les maladies où la nature se livre à cette opération , comme il en est un où elle ne s'y livre pas ; ou, ce qui revient au même, il y a des périodes de crudité, de coction et de crise. Point de crise sans réaction : si donc vous ôlez à la puissance vitale le pouvoir de réagir (et c'est ce qui résulterait infailliblement de l'abus des narcotiques, avant l'élimination des causes morbifiques), qu'arriverat-il? La maladie se prolongera , et vous aurez h vous reprocher d'en avoir empêché la solution en paralysant la force médicatrice de la nature, (i)
(i) Plein de confiance dans les opérations de la nature, Sydenliam considérait la fièvre comme un instrument de gaérison. M. Hufeland semble renchérir encore sur 1© médecin anglais , car il se représente tontes les maladies comme un combat entre la nature et les causes morbifiques, et les phénomènes de réaction comme l'arme dont elle se sert pour terrasser son ennemi. Grâces aux découvertes deEordeu, Bichat, Cabanis, etc. , on est revenu de ces jeux de l'imagination. Plus on étudie les lois de l'organisme , plus on e^t convaincu qu'il n'est pa:^ nécessaire d'admettre un principe particulier distinct de l'organisation , ainsi <jue l'ont fait Van-Helmont , Stahl
Telle est la manière dont je crois qu'il faut envisager les crises. La réaction est un bienfait
et Barthez, pour expliquer la régularité, l'harmonie des phénomènes dont elle est le théâtre. Tout marche avec ordre dans les corps vivans , parce que les organes dont ils sont composés se conviennent tous enlr'eux» Les maladies ne sont que les dérangemens de ces mêmes organes , et les symptômes sont le signe de ces dérangemens, comme l'état normal des fonctions annonce la santé. Quand l'estomac rejette, par le vomissement, un corps étranger qui l'importune , il ne faut donc pas croire que cet organe agit sous la direction de Vâme, de la nature y ou de tout autre principe intelligent qui l'avertit du danger qui le menace ; le vomissement a lieu parce que l'estomac est irrité , et si le corps qu'il contenait est expulsé, c'est parce que cet effet est presque inséparable du vomissement.
Cette manière de raisonner a changé la doctrine des crises. Au lieu de les considérer, à l'exemple des anciens, comme le résultat, le terme d'un plan concerté par la nature pour opérer la solution des maladies , nous n'y voyons que l'effet aveugle et nécessaire des dérangemens organiques auxquels elles succèdent. En d'autres termes, les crises étaient pour les anciens des moyens de solution ; elles ne sont pour nous que des signes de solution. Cette question est peut-être plus importante qu'on ne pense , car ici la différence des théories est passée dans la pratique. Dans la crainte de troubler la jaature dans les opérations qu'elle préparait en silence, l&ft médecins de l'antiquité se contentaient d'observer
de la nature , il faut la respecter. Une crise incomplète peut faire dégénérer une maladie aiguë en une maladie chronique, une affection générale en une affection locale; elle peut faire d'une maladie très-facile à guérir une maladie très-rebelle et même incurable, et transporter le principe morbiiique sur le système lymphatique.
Cest donc en s'opposant à Taccomplisseraent des crises que les narcoliques peuvent déterminer le vice scropliuleux.
Je suis tellement convaincu de cette vérité que je ne doute point que ceux qui voudront prendre la peine de répéter les mêmes observations, n'acquièren t la certitude qu e beaucoup d'enfans sont devenus scropliuleux uniquement pour avoir pris une trop forte quantité de narcotiques.
les maladies dans leurs périodes de crudité et de coction, et réservaient toutes leurs ressources pour la seconder au moment des crises. Moins confians dans la sagesse de la nature ;, et mieux instruits sur les lois des corps organisés, les médecins modernes ne font pas difficulté d'attaquer les maladies dès leur début, feuivanî les indications qu'elles présentent , et croient qu'ils doivent à cette méthode des succès qu'ils n'auraient pas obtenus en suivant une autre marche.
( Note du traducteur. )