PRÉFACE
bler le fruit de, mon expérience et de mes réflexions, pour le soumettre au jugement de l'Académie.
Je prie donc le lecteur de ne pas considérer cet ouvrage comme un traité complet des scropliules (puisque telle n'est pas l'intention de la Société, et que d'ailleurs cela serait superflu après les ouvrages de Kortum et de Weber ) y mais seulement comme le résultat de mes observations particulières , ou , si l'on veut y comme un simple essai dans lequel j'ai tâché de mettre en oeuvre ces mêmes observations, et d'éclairer expérimentalement quelques points encore peu connus de la question proposée» J'ai cru ine conformer aux intentions deFAcadémie, en m'interdisant soigneu« sèment les longues citations et tout ce qui sent le désir de paraître. C'est ainsi qu'au lieu de passer en revue tous les moyens curatifs proposés contre le vice scrophuleux, je m'attache exclusivement à ceux qui sont le mieux éprouvés^
DE l'auteur. iij
dont je cherche à déterminer les indications avec plus de précision qu'on ne l'a fait jusqu'ici.
Cet ouvrage est divisé en trois parties, conformément à l'esprit du programme que voici :
1°. Naturam acrimoniœ scrofulosœ noms observationibus explicare.
2"". Signa diagnostica certissima , quibiis virus scrophulosum^ in corpore latens ^ et in varios gradus malignitatis abiens ^ licet tunioribus nondum ^ manifestum cognoscatur.
S''. Accuratis observationibus edo-
cere, quibus scrophularum speciebus et
complicationibuscumaliis niorbis, sin-
gula remédia antiscrophulosa , hucitS"
que cognita^ maxime sint accommoda^
ta ; cumprimis autem terrœponderosœ
muriatœ efficaciam in scrophulis et af-
fectibus scrophulosis adcurate definire.
Je traiterai donc successivement
i<^, de la nature et de la cause prochaine
de la maladie scrophuleuse ; 2''. de son
ÎV PRÉFACE
diagnostic; 5**. des indications curatives^ et des moyens propres à les remplir.
Lorsque je publiai la première édition de cet ouvrage, en 1797 , les médecins étaient partagés entre l'humorisme, la doctrine des forces vitales, et la nouvelle secte des chimistes qui commençait à se former. Mon but était de ramener toutes les opinions vers Un seul points c'est-à-dire , à l'unité du principe vital. Le système de Brown n'était pas encore connu en Allemagne ; bientôt après il y fit révolution j mais il ne tarda pas à être remplacé par la Philosophie de la Nature (1). Cependant tant de vacillation dans les esprits ne put arrêter les découvertes de la chimie, de l'histoire naturelle, et même de la matière médicale.
Des révolutions de ce genre sont bien propres à nous faire sentir la dijBPérence qu'il y a entre la nature et les systèmes,
(i) Système de Schelling.
DE l'auteur. y
l'invariabilité des lois de la première, et la versatilité des opinions humaines.
Toujours plus convaincu de cette vérité, je m'imposai dès lors l'obligation de laisser de côté tous les systèmes pour ne m'en rapporter qu'à l'observation.
C'est avec ces dispositions que j'ai composé cet ouvrage et tous ceux qui sont sortis de ma plume. Je recueille aujourd'hui le fruit de cette méthode : après plus de vingt ans, je ne trouve rien d'essentiel à changer à ce Traité, et j'ai la satisfaction de voir que la doctrine des propriétés vitales à laquelle je voulais alors tout ramener, réunit aujourd'hui les suffrages de tous les bons esprits. C'est ce qui me fait espérer que cet ouvrage ne sera pas moins utile aujourd'hui qu'à l'époque où il fut composé.
Toutefois , je n'ai rien négligé pour l'enrichir de tout ce que mon expérience et celle des autres m'ont appris depuis lors sur la nature et le traitement de l'état écrouelleux. On trouvera quelques
yj ' PRÉFACE
nouvelles divisions dans l'histoire des symptômes^ et dans le chapitre qui traite des topiques : le reste est coafornie à la première édition^ et cela même donne un nouveau prix à mes opinions, puisqu'elles se trouvent confirmées par vingtquatre ans de plus d'expérience et de réflexions sur les maladies desenfans^et par une pratique très-étendue, exercée dans les dernières années, parmi les pauvres d'une grande ville.
Je dois encore faire observer que je suis resté fidèle à l'ancienne nomencla-ture , parce que, comme je l'ai dit ailleurs, en fait d'objets qui concernent toutes les nations, et qui sont de tous les temps, il faut s'en tenir scrupuleusement aux termes consacrés par l'usage, si l'on ne veut tomber dans les erreurs les plus graves, et finir par être inintelligible. Voyez que de changemens a subis la nomenclature médicale depuis vingt ans , et certes il s'en faut qu'elle soit irrévocablement fixée. Je le de-
DE L AUTEUR* Vlj
mande ^ n'est-il pas plus simple et plus clair pour tout le monde de dire taraxa* cum que dent de lion ^ pissenlit , fleur demoHy etc. ; calomel, au lieu de sousmuriate de mercure ^ ou muriaie de mercure doux, etc.? Vainement voudrait-on me persuader que la science ou la patrie soient intéressées à des changemens de noms.
Berlin, juin 1819.