PREFACE DU TRADUCTEUR
XL est digne de remarque que dans les sciences d'observation ^ comme la inédecine^ les premiers hommes qui se sont consacrés à leur étude ^ aient presque toujours produit les travaux les plus utiles et les plus durables. Hippocrate^, Aristote, Pline, me sont témoins de cette vérité. L'esprit libre et dégagé de tout système j ils ont, en général , bien observé, parce qu'ils n'étaient occupés que d'observer. Les sciences alors étaient simples : elles se bornaient à retracer un tableau fidèle des phénomènes que présente la nature. C'est en effet le talent d'observation qui brille dans les ouvrages d'Iiippocrate^ qui le fait regarder encore, après plus de deux mille ans ^ comme le plus parfait modèle qu'on puisse se proposer en médecine.
PRÉFACE DU TRADUCTEUR. ix
Mais cette simplicité se perdit bientôt : toutes les sciences ont essayé d'usurper le sanctuaire de la médecine; presque dès son origine , la pHilosophie grecque voulut la soumettre à toutes ses rêveries, et cette étrange alliance fut d'autant mieux accueillie ^ qu'elle flattait davantage l'amour-propre des philosophes, qui se persuadaient connaître une science qu'ils n'avaient pas étudiée. C'est ainsi que nous avons vu, de nos jours, les chimistes et les naturalistes se disputer l'honneur de faire de la médecine une branche de la chimie, ou de la zoonomie; c'est ainsi que nous voyons encore des esprits superficiels s'enthousiasmer pour un système qui leur promet, après quelques jours d'étude , la connaissance d'une science aussi vaste que difficile.
Sans doute l'esprit humain doit se trouver humilié quand il considère avec quelle rapidité ont disparu les nombreux systèmes qui tour à tour ont divisé le monde médical j mais le praticien se con-