V. Soins de propreté
Je regarde la propreté comme une des conditions les plus nécessaires, soit pour prévevenir la maladie scrophuleuse^ soit pour la guérir.
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Parmi les soins de propreté, l'un des plus importans est d'éloigner tout ce qui pourrait fournir les matériaux d'une absorption malfaisante 5 delà, la nécessité, i°. des lotions journalières sur tout le corps avec de l'eau fraîche : ces lotions ont aussi l'avantage d'être toniques ;
2°. De faire prendre un ou deux bains tièdes par semaine ; nous reviendrons sur ce moyen ;
5°. De renouveler souvent le linge de corps.
Je ne connais rien de plus funeste à la sanlé des enfans que Thabitude de ne les changer de chemise qu'une fois par semaine. Il n'est pas de meilleur moyen pour favoriser la résorption de la matière de Ja transpiration , et pour entretenir la peau dans un état permanent d'atonie et de relâchement.
Je conseille donc de renouveler le linge de corps au moins tous les deux jours. Lorsque la maladie marche à sa guérison , un moyen de la hâter, est de parfumer le linge avec des substances aromatiques. Quant aux matériaux qui servent aux vêtemens , les meilleurs sont ceux qu'on peut laver le plus facilement, et qui sont le moins susceptibles d'êîre salis. Puissent tous mes lecteurs être convaincus de cette vérité ; c'est le moyen d'entretenir la lympjie en bon état ; car il ne faut pas croire qu'il
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n'y ait que les substances introduites dans Fe&to^ mac qui soient capables d'altérer ce fluide 5 trèssûrement les fonctions de la peau et la malproprêté des vêtemens n'ont pas moins d'influence sur ces altérations que les alimens. Je pourrais citer plusieurs exemples de scrophules commençantes que j'ai guéries très-promptement par la seule précaution de faire changer de linge chaque jour , et de l'exposer à la vapeur des substances aromatiques.
4". D'entretenir la propreté des lits , et d'en changer souvent.
C'est une chose à laquelle les médecins ne s pensent guère ; on croit avoir satisfait à tous les soins de propreté, et l'on permet qu'un enfant passe une partie de sa vie dans un lit qui s'est chargé de toutes sortes de miasmes pendant un demi-siècle ; cependant personne n'ignore que l'absorption n'est jamais plus active que pendant le sommeil. 11 faut pousser la propreté jusqu'à l'excès en tout ce qui s'applique au corps. Un lit de vieille plume peut être considéré comme un dépôt où se trou=vent réunis tous les produits des exhalaisons animales j c'est la source des affections asthéniques et d'une foule d'autres maladies des enfans. .
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Les enfans scropliuleux doivent coucher sur des matelas,
a. Le premier inconvénient cl es lits de plume est de ne pouvoir être changés assez souvent; au heu que les matelas étant composés de laine, de coton, de mousse, de balle d'avoine ou de crin , on peut les renouveler tous les mois , et par conséquent il est facile d'en entretenir la propreté,
h. Comme la plume se charge facilement des miasmes qui se dégagent pendant la nuit des corps organisés, il en resuite une espèce de bain de vapeurs animales quela nature avait destinées à quitter le corps, et que l'absorption y fait rentrer. C'est à ces vapeurs qu'il faut attribuer les fièvres miliaires , les pétéchies et les petites-vérolesmalignesauxquellessontsi Sujets les enfans qui dorment sur la plume. Les matelas laissant passer facilement ces vapeurs ^ n'ont aucun des inconvéniens des matériaux qui les retiennent.
c. Par la chaleur et par la transpiration qu'elle excite, la plume affaiblit et relâche toute la constitution; en sorte qu'elle entretient le principe même de la maladie scrophuleuse.
d. Par le relâchement qu'elle introduit dans le corps 3 elle favorise outre mesure ia crois-
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sance, l'onanisme, etc. : toutes choses dont s'accompagne fréquemment le premier degré du vice scrophuleux, et qu'il faut s'appliquer à prévenir par tous le^ moyens que Fart met à notre disposi tion .
5°. Nous avons parlé plus haut de la pureté ûe l'air ; nous n'y reviendrons pas.
YI. Bains tièdes.
Les bains tièdes , si importans dans l'éducation physique des enfans, sont encore un des moyens les plus utiles qu'on puisse employer pour prévenir et pour guérir la maladie qui fait le sujet de cet ouvrage.
1°. Outre qu'il n'est pas de meilleur moyen pour entretenir la propreté de la peau , les bains ont encore l'avantage de favoriser l'absorption et même l'exhalation.
2**. Une autre propriété qu'on ne saurai I leur contester j c'est de faire une égale répartition des forces par la douce excitation qu'ils exercent sur toute la surface du corps, d'aviver la sensibilité, de rétablir l'équilibre dans les fluides, de calmer l'excès d'irritalion du système lymphatique , de faciliter l'absorption et de régulariser les fondions de ce système.
3*'. Comme anti-spasmodiques, les bains facilitent la résolution des engorgemens, symptômes fréquens du premier degré de la maladie scrophuleuse. On sait que dans les cas de rétrécissement spasmodique des intestins, lorsqu'il existe des calculs dans les uretères , dans les conduits biliaires , etc. , il n'est pas de moyen plus prompt et plus efficace que les bains; il en est de même ici. Je pourrais citer à l'appui de cette vérité beaucoup de faits, car l'expérience m'a appris que les enfans qu'on baigne de bonne heure, sont ordinairement exempts de scrophules.
4*^. Lors même que la maladie scrophuleuse est en pleine vigueur, les bains sont encore très-utiles pour prévenir les métastases, et pour diminuer l'acrimonie de la lymphe.
5^. Enfin , ils forment un véhicule précieux à la faveur duquel les médicamens peuvent pénétrer dans le système lymphatique; ce qui îi'est point à dédaigner dans le traitement pharmaceutique qui fera le sujet du chapitre suivant, (i)
(i) Je n'ai rien à ajouter à ce que dit M. Hufeland des avantages de la diététique dans le traitement de la dia thèse écrouelleuse. S'il eut moins insisté sur ces ayan-
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tages^ je laiirais fait à sa place. La diététique est certainement une des branches les plus importantes de la thérapeutique. Toujours utile dans le traitement des maladies aiguës^ elle est indispensable dans celui des affections chroniques. Les médecins de l'antiquité avaient une si grande confiance dans ses moyens, qu'ils leur attribuaient la plus grande partie de leurs succès , et n'attendaient presque rien des agens pharmaceutiques. Le traité que le père de la médecine nous a laissé sur les alimens , et les règles diététiques qu'il nous a données , prouvent assez l'importance qu'il attachait aux secours îhérapeuthiques fournis par l'hygiène. Galien^ Arétée, Celse , Coelius Aurelianus , Alexandre de Tralles , etc. , adoptèrent sur ce points comme sur bien d'autres , la doctrine d'Hippocrate. Au reste, il suffit de se rappeler que l'air , les alime^is , l'exercice , et tous les matériaux dont s'occupe l'hygiène , agissent sans cesse sur ïious , et qu'ils renferment les causes les plus actives et les plus fréquentes de nos maladies , pour sentir toute l'importance des moyens hygiéniques.
Quoique les médecins modernes ne cessent de vanter les ressources de la diététique , il en est peu qui retirent de cette science tous les avantages qu'on a droit d'en attendre. Leurs leçons sont plus en discours qu'en exemples ; il est vrai qu'ils ont souvent à lutter contre les malades eux-mêmes ; car on consent assez volontiers à prendre des médicamens , mais on renonce difficilement à ses habitudes. Quoi qu'il en soit, la guérison des scrophuleux serait plus fréquente et plus facile s'ils observaient scrupuleusement toutes les règles que la diététique leur commande. Il est important que le médecia
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soit bien convaincu de cette vérité , et qu'il ne cède point à ses malades , s'il ne veut pas compromettre sa réputation, et l'honneur de la science qu'il pro-
( Note du traducteur. )
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