‹ Traité de la maladie scrophuleuseChapitre 54 sur 94 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Traitement pharmaceutique.

iNous commencerons par exposer quelques règles qui nous paraissent essentielles à connaître pour entreprendre avec succès le traitement de la maladie scropliuleuse.

Première règle. Il n'est pas de maladie qui exige plus de patience de la part du médecin que celle dont nous parlons; essentiellement chronique de sa nature, le temps est une des conditions les plus nécessaires au succès du traitement. Il est des médecins qui perdent facilement espoir, qui rejettent un moyen comme inutile s'il n'agit pas dans les deux ou trois premiers jours de son administration, et qui changent à tout instant de méthode et de moyens curatifs; que ces médecins n'entreprennent pas la curation de la maladie scrophuleuse, car très-sûrement ils ne réussiraient pas.

Deuxième règle. Le temps et le développement naturel des organes, sont deux élémens précieux dont il faut tenir compte dans le traitement de l'affection écrouelleuse. On a déjà vu comment j à la faveur de ce développe-

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ment, et des révolutions inhérentes au système lymphatique , cette affection se guérit pour ainsi dire d'elle-même , ou devient facile à guérir. Le temps opère quelquefois des guérisons qu'on attendrait vainement des agens pharmaceutiques. L'art de temporiser et de mettre à profit les révolutions naturelles des âges , fait donc partie des connaissances du praticien ; il faut qu'il prenne sur lui d'ordonner quelquefois , pendant long-temps , des médicamens presque insignifians; mais dès que le moment d'agir est arrivé, qu'il s'empresse de recourir à des moyens plus puissans. Combien de fois n'a-t-oa pas fait honneur aux médecins de guérisons dans lesquelles ils n'avaient eu d'autre mérite, que de n'avoir pas contrarié les opérations de la nature !

Troisième règle. Le printemps est sans contredit la saison la plus favorable pour combattre la diathèse écrouelleuse.

1°. Tout le corps , et notamment le système lymphatique, éprouve dans cette saison une turgescence , un surcroît de vie qui se montre chez la plupart des hommes par la tuméfaction des glandes , des érupsions cutanées, etc. ; c'est le changement qui se fait alors dans l'économie qui favorise l'action des moyens curatifs, et la terminaison du vice scrophuleux. -

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3"*. Jamais les végétaux ne sont ni si frais , ni si actifs qu'au printemps, et les scropHuleux se trouvent si bien des sucs de certaines plantes, qu'ils doivent en faire usage tous les ans.

Quatrième règle. Ne confondez pas la suppression des tumeurs glanduleuses et des autres affections locales avec la guérison de la diathèseécrouelleuse. Ces affections sont symptomatiques^ et si elles disparaissent souvent pendant que la cause qui les produit subsiste encore, il n'est pas rare de les voir reparaître après un temps plus ou moins long : encore si la suppression de ces affections était sans danger; mais elle est souvent suivie de métastases qui se jettent sur les organes les plus impor-^ îans. Ne traitez donc jamais les symptômes extérieurs par la seule application des topiques. Que s'ils viennent à disparaître spontanément, ne négligezrien pour rappeler la lésion dans son siège primitif.

Cinquième règle. Il ne faut pas croire qu'il existe un spécifique du vice scrophuleux; une maladie qui reconnaît plusieurs causes , et qui est tellement identifiée avec la constitution qu'il faut la renouveler toute entière pour l'endélivrer , une telle affection ne peut être guérie par un seul moyen. Si Ton s'est fia t lé

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souvent du contraire , c'est qu'on a confondu les symptômes extérieurs avec la disposition du corps qui les produit; on a pris la suppression des symptômes pour la guërison de la maladie.

Cependant il est vrai de dire qu'il existe des moyens qui paraissent doués d'une vertu spéciale contre certains symptômes, tels sont par exemple, les engorgemens glanduleux, et qu'on pourrait décorer, en ce sens, du nom de spécifiques.

Sixièine règle. Pour obtenir de grands succès dans le traitement de la maladie scropliuleuse, il faut avoir égard à ses complications et aux tempéramens des sujets; il suffit quelquefois d'enlever les complications pour que la maladie principale disparaisse ensuite d'ellemême. D'autres fois c'est une circonstance particulière dans le tempérament du malade qui retarde la guérison. La règle dont il s'agit est de la plus grande importance pour le choix et l'administration des moyens curatifs : telle substance est nuisible dans une complication et pour un tempérament particulier , cpii produit les plus heureux effets dans d'autres circonstances.

Septième règle. Il faut varier de temps en temps les moyens curatifs, pour prévenir les

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inconvéniens de Thabitude. Le corps humain s'accoatume à la longue à l'impression du même stimulus; en sorte que si l'on n'a pas le soin d'augmenter progressivement la dose des médicamens, et même de les varier, ils ne produisent bientôt plus aucun effet. Toutes les substances médicinales agissent avec une nouvelle énergie toutes les fois qu'on les donne sous une nouvelle forme : observation banale, mais qu'on ne saurait assez répéter.

Huitième règle. N'oubliez pas que le système lymphatique est le siège primitif delà diathèse scrophuleuse , et recherchez soigneusement tous les moyens susceptibles de ranimer Fab- «orplion.

Tels Sont les topiques proprement dits, et les médicamens qui s'administrent ordinairement à l'intérieur, lorsqu'on les met en contact avec la surface du corps. Il est très-avantageux de porter directement les substances médicinales sur le système lymphatique , sans les contraindre à suivre la route tortueuse des voies assimilatrices, avant d'y arriver ; c'est le moyen d'éviter une foule de contradictions qui Vopposent souvent à l'administration des médicamens à l'intérieur. Je range ici les bains médi° cinaux, les pédiluves , les cataplasmes , les onguens , etc., ei même les lavemens, quoiqu'ils

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puissent être considérés, à la rigueur , comme des moyens internes.

Après avoir exposé les règles qui doivent nous diriger dans l'administration des moyens pharmaceutiques, je vais parler de ces moyens, en commençant par les émétiques.

** I. Emétiques.

Les émétiques méritent d'occuper une place distinguée parmi les moyens curalifs de la diathèse écrouelleuse. A l'avantage de nettoyer les premières voies , chose importante dans cette maladie, ils joignent celui d'exciter l'absorption et d'agiter fortement le système lymphatique. f ^Ces moyens ont suffi quelquefois pour faire disparaître des obstructions, quoique leur siège fût très-éloigné de l'estomac. Je commence donc ordinairement le traitement des scrophules par prescrire un vomitif, et j'y reviens de temps en temps, bien qu'il n'existe pas des symptômes très -prononcés d'un embarras gastrique, parce que mon but est moins d'exciter le vomissement que d'imprimer une secousse au système lymphatique, et de favoriser l'action des autres moyens curatifs.

Quoique les vomitifs ne soient jamais formellement contre-indiqués dans la maladie scropliuleuse, cependant je les emploie rarement

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dans les cas d'une atonie manifeste des organes digestifs. J'ordonne de préférence aux sujets scrophuleux et pituiteux un mélange d'un ou deux grains de tartrite antimonié de potasse avec douze grains , ou un scrupule d'ipécacuanlia dans une demi - once d'oximel scillitique et une once etdemie d'eau. Le malade doit prendre une cuillerée de cette potion tous les quarts d'heure jusqu'à ce que le vomissement ait lieu, (i)

(i) Il y a des scrophuleux dont la constitution est si lâche, qu'il est nécessaire de les exciter de temps en temps pour les tirer de l'état de langueur qui leur est naturel. Or, rien n'est plus propre à produire cet efîet que les émétiques. L'essentiel, avant de les administrer, est de s'assurer qu'il n'existe point de contre-indication, M. Hufeland fait très -bien observer qu'ils ne conviennent point aux sujets déjà très -affaiblis, parce que l'excitation qu'ils provoquent est bientôt suivie, chez ces personnes, d'un affaissement qui les rend plus nuisibles qu'utiles. Il ne serait pas moins dangereux de les prescrire aux enfans très-nerveux , ou dans les cas d'irritation générale, puisqu'ils augmenteraient cette irritation sans aucun avantage pour l'affection principale.

Mais lorsque rien ne s'y oppose , l'emploi des émétiques est fort utile dans les scrophules , moins , comme le dit l'auteur, pour déterminer le vomissement que pour imprimer aux organes une secousse qui les dispose à mieux ressentir l'action des moyens qui possèdent une

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1 1 . Purga tifs e t diges tifs .

Ces méJicamens , comme les précédens, agissent de deux manières : ils évacuent les matières contenues dans les intestins, et relèvent les fonctioos du système lymphatique; mais pour obtenir ce dernier effet , il faut les prendre dans la classe des purgatifs irritans. Ainsi, au lieu des sels neutres dont l'usage ne saurait con venir aux scropliuleux, on emploiera de préférence le sel ammoniac (muriate d'ammoniaque), laterrefoliée détartre (acétate de potasse), la liqueur digestive de Boerîiaave , le sel digestif de Sylvius , Tesprit de Minderer us ( acétale d'ammoniaque) , la rhubarbe , le jalap , Taloès, etc.

Je recommande spécialement la racine de

vertu plus particulière contre le vice dont ils sont entachés. Mais il ne suffit pas de placer un émétique au début du traitement, comme le font quelques praticiens^ il faut en répéter l'usage à des époques rapprochées. Des médecins fort instruits^ dit M. Baumes, fondent presque tous leurs succès sur cette pratique. On sait, par le rapport de Michaelis , que MM. VViat et Smith guérissent , au moyen des ^'^omitifs réitérés , des tumeurs scrophuieuses , et que ce dernier fait le plus grand cas deoes médicamens contre les scropiiules.

( IS^ote du traducteur. )

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jalap (i) dont Fr. HofFmami faisait tant de cas dans les maladies des enfans. Je ne crains pas de la donner, avec les précautions convenables, aux enfans à peine âgés de deux mois^ à la dose de quatre ou six grains, avec un peu de magnésie; et y loin d'avoir à m'en repentir, j'affirme ici qu'il n'est pas de meilleur moyen pour débarrasser les intestins des mucosités dont ils sont engoués , et pour leur rendre le ton qu'ils ont perdu. J'ai fait usage pendant long-temps des sels, des résolutifs et des incisifs; mais la toux, les mauvaises digestions, l'empâtement du ventre , etc. , persistaient toujours : une ou deux doses de jalap suffisent pour enlever ces symptômes. J'ai administré plusieurs fois le même moyen dans des cas d'hydropisie , avec le succès le plus complet; en sorte que maintenant, dès que j'aperçois chez un scrophuleux les accidens que je viens de signaler, je m'empresse d'administrer la racine de jalap à petites doses , associée avec le tartre tartarisé ( tartrate de potasse) , le sulfate de magnésie, et le

(i) Je préfère la racine à la résine, parce que les parties résineuses y sont tellement combinées avec les principes gommeux , qu'on n'a. pas à craindre les effets drastiques de la résine.

( JVote de l'auteur, )

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soufre doré d'antimoine ( oxide d'antimoine Lydrosulfuré orangé) ; fen fais continuer Fusage pendant plusieurs semaines , j'y joins quelques prises d'une boisson tonique, et le succès couronne souvent cette pratique.

Données à petites doses , et combinées avec les extraits amers et les sels résolutifs , les substances résineuses conviennent parfaitement dans les cas d'atonie , lorsque le ventre est paresseux; l'impression qu'elles exercent contrebalance la faiblesse qui devrait suivre , ce semble , les évacuations qu'elles déterminent. La matière médicale ne possède pas de plus puissans résolutifs 5 mélangées avec les sels neutres et les extraits amers , elles ajoutent à leur énergie.

L'usage des purgatifs est beaucoup plus important qu'on ne pense dans les cas dont nous parlons. Pour moi, je ne doute point que la médecine n'ait beaucoup perdu de sa puissance dans les maladies chroniques du bas-ventre, en condamnant d'une manière trop générale l'emploi des substances résineuses ; aussi n'estil pas très-rare de voir les empiriques les plus absolus réussir dans les cas où les médecins dogmatiques échouent journellement. Je ne suis pas partisan assurémentdelapoudred'Aaihîaut (préparation de scammonée) j mais pourquoi

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ne (lirais-je pas que je Tai vue produire deg merveilles dans quelques affections anciennes du bas -ventre? En même temps qu'elle débarrassait les intestins des mucosités qu'ils renfermaient , elle relevait le ton et les fonctions du système lymphatique, et la maladie présentait bientôt un aspect plus satisfaisant; mais il ne faut pas hésiter sur le choix des moyens à employer , les minoratifs et les doux résolutifs seraient sans effet contre des engorgemens froids et pituiteux , tels qu'ils sont ordinairement chez les enfans scrophuleux. Pour retirer de ces moyens tout le bien qu'on a droit d'en attendre , il faut qu'ils impriment une secousse au système lymphatique , pour le retirer de l'état de stupeur dont il se trouve frappé.

L'aloès est encore un médicament que j'emploie fréquemment, mais toujours avec précaution : outre la faculté de résoudre les engorgemens lymphatiques et de chasser les vers intestinaux , il fortifie les viscères du basventre, comme il est aisé de s'en convaincre non-seulement à l'amertume qu'il laisse sur la langue, mais encore. au retour de l'appétit, et au soulagement qu'il procure dans les affections atoniques de l'estomac. Il y a plus, c'est que cette substance ne peut être remplacée

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dans les affections que nous venons de nommer. J'ai guéri quelquefois très-promptement , avec ce seul moyen, Fanorexie, des vomissemens clironiques, des affections venteuses, etc., contre lesquelles on avait inutilementemployé le quassia et même le quinquina : bien entendu que toutes ces maladies dépendaient d'un état de faiblesse (i). Enfin j l'aloès exerce une action spéciale sur le foicj et par suite sur la bile 5 c'est ce qui le rend si précieux contre les éruptions cutanées rebelles , et contre toutes les affections atoniques qui proviennent d'une suppression de la sécrétion biliaire.

1**. L'aloès convient spécialement dans la seconde période de la nialadie scropliuleuse , lorsqu'elle s'accompagne d'une faiblesse générale, ou d'un état de langueur et d'empâtement des organes abdominaux : il est doublement indiqué lorsqu'il existe des vers; mais il faut le proscrire avec soin dans les cas d'irriîa-

(1) Dans les vomissemens chroniques qui dépendent de l'atonie , ou d'un spasme de l'estomac , je recommande expressément la potion suivante dont l'expérience a prouvé les bons effets : prenez essence d'écorces d'orange , demi-once; essence d'aloès et de castor^ deux gros. A prendre à la dose de cinquante gouttes , trois ou quatre fois par jour.

( iVo^e de V auteur. ) Ji

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tion inflammatoire, ou d'éréthisme nerveux.

2°. On le donne à petites doses, associé avec des substances apéritives, tels sont les extraits amers et les difFérens sels. Pris en petite quantité, Taloès, ainsi que la rhubarbe, est un léger tonique.

3^. Cependant il faut en augmenter la dose de temps en temps, en l'associant avec d'autres purgatifs.

Une petite fille de huit ans, d'une constitution évidemment scrophuleuse, avait, depuis long -temps, le ventre enflé: les digestions étaient difîiciles , la couleur de la peau était mauvaise, engorgemens glanduleux, toux fréquente. Tout à coup ces symptômes s'exaspèrent : la fièvre lente se déclare, la toux devient plus incommode , les forces diminuent , et pour comble de malheur, il se manifeste un vomissement qui se répète plusieurs fois par jour, et qui menace d'épuiser le peu d'énergie qui reste encore à cette pauvre enfant. Je soupçonnai qu'il existait des vers dans les intestins , et j'unis les anthelminthiques aux antiscrophuleux ; il sortit en effet quelques vers ; mais cela ne changea rien à la maladie ; le vomissement persistant ainsi que les autres symptômes de la diathèse scrophuleuse, j'ordonnai la mixture suivante : Éiixir viscéral de Klein ,

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tîemi-oncej élixir apéritif de Claudius (i)teinture apéritive de rhubarbe de Darels ana, trois gros ; vin antimonial d'Huxam , deux gros; extrait de ciguë ^ extrait de douce-amère ana , un gros ; essence d'écorces d'orange ^ un gros et demi. A prendre à la dose de soixante gouttes quatre lois par jour dans une infusion de pissenlit, de saponaire, de millefeuilles j et de douce-amère. Après six jours de ce traitement , le vomissement avait déjà cessé , l'appétit était revenu , tout le corps paraissait moins empâté, etc. ; cependant je crus devoir en faire continuer Fnsage 5 quatorze jours après , la toux parfaitement analogue à celle des phtisiques n'existait plus, l'oppression avait disparu ; la fièvre lente s'était évanouie, les forces et la gaîté étaient revenues ; en un mot la malade pouvait être considérée comme guérie ; la convalescence s'afFer-

(1) Je ne saurais assez vanter les effets que j'ai retirés de cet élixir à l'Institut poli-clinique de Berlin , dans le traitement des scrophuleux. En voici la formule telle qu'elle se trouve dans la pharmacopée des pauvres. Prenez carbonate de potasse, une once ; faites dissoudre dans dix-huit onces d'eau ; ajoutez aloès, myrrhe^ résine de gayaCj racine de rhubarbe ana^ derrii-once; safran, deux gros. Faites un élixir.

{^NotQ de l'auteur.)

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mit SÖUS Finfluence des toniques, et toutes les apparences de la diathèse scrophuleuse se dissipèrent. Je dois faire observer que la mixture dont nous parlons n'agit pas comme purgative, (i)

J'ai fait usage du même moyen sur d'autres sujets scrophuleux, qui se trouvaient dans des cas analogues , et j'ai obtenu le même succès.

A titre de purgatif et de tonique, la rhubarbe est encore un excellent moyen pour combattre l'atrophie mésentérique et la fièvre du même nom chez les personnes affectées du vice scrophuleux; je fais un cas tout particulier de la teinture vineuse de Darels. Un enfant de dix-huit mois , chez lequel le travail de la dentition avait déterminé des convulsions et quelques mouvemens fébriles, présentait toutes les apparences de la diathèse scrophuleuse : obstructions mésentériques , maigreur exces-

(i) Cette observation est une nouvelle preuve des inconvéniens des formules trop composées lorsqu'il s'agit de déterminer les propriétés curatives d'un médicament en particulier. En effet, qui voudrait assurer que c'est à l'aloès que la malade dut sa guérison ?

Au reste, tout ce que dit M. Hufeland de l'usage des purgatifs dans le traitement du vice scrophuleux, nous paraît conforme à la plus saine pratique.

( Note du traduQteur. )

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sive^ etc. Je lui prescrivis trois cuillerées par jour de la teinture de rhubarbe de Darels, et lis appliquer sur le ventre un sachet composé de plantes aromatiques 5 il continua ce traitement pendant trois semaines après lesquelles il fut entièrement guéri.

Lorsque l'engorgement est plus difficile à déraciner, je prescris, avec un grand avantage , la gratiole , pourvu toutefois qu'il n'existe pas d'irritation. Une jeune personne de dix-huit ans , scrophuleuse dans son enfance , et qui portait encore des glandes engorgées , était tourmentée depuis long-temps d'un enchiffrènement fort incommode, d'une céphalalgie violente et souvent répétée, de vertiges et d'un assou pissem ent r emarq uable qui d épendait é videmment de l'obstruction des viscères abdominaux. Les médicamens les plus vantés n'empêchèrent pas la céphalalgie de devenir continue , et de se changer en une véritable léthargie; je prescrivis un scrupule de gratiole en poudre tous les malins, une poudre saline et résolutive à midi et le soir, et de temps en temps quelques prises d'un mélange de poudre d'asarum , de sucre et de savon , en guise de tabac. En peu de temps la tête devint libre, l'enchiJBFrènement cessa , et tous les symptômes des scrophules se dissipèrent. Il est plus utile

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qu'on ne pense, dans les scropbules rel)elîeg, de faire passer de temps en temps un purgatif un peu drastique; c'est dans ce but que j'em^ ploie fréquemment les pilules suivantes : Prenez résine de jalap , extrait panchymagogue (ï) de Crolîius, mercure doux, de chaque un scrupule. Pour quatre >vingt-dix pilules : le nombre de ces pilules est relatif à l'âge des malades,

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