III. Lruptions cutanées
Le traitement intérieur de cette forme du. vice scrophuleux, ne présente rien de parti-
à peu dans l'espace de cinquante jours. Dans son Ratio medendi , pars \i, cap. xi, de Haën préconise une poudre absorbante avec laquelle M. Sainte-Marie^ que nous venons de citer , a dissipé les goitres les plus considérables. Celte poudre se compose de nihiluin album ( oxide de zinc), quatre onces ; os de sèche , coquilles d'oeuf, de cbaque, deux onces ; drap d'écarlate , une once et demie : faites brûler ensemble toutes ces substances dans un vaisseau fermé ; ensuite réduisez-les en poudre , et mêlez bien exactement. La dose est de dix-huit grains deux fois par jour pour un adulte : on se purge le premier jour de \^ pleine, lune , avec du jalapet de la manne; îe lendemain, on commence l'usage de la poudre, que l'on prend six jours de suite, aux doses et de la manière indiquées ci-dessus. On interrompt ensuite pour recommencer à la pleine lune suivante , de la tci^vclq maniere^ Quelques malades guérissent dès les premiers six jours. Les goitres les plus considérables résistent rarement à l'emploi de cette poudre pendant trois pleines lunes consécutives. Pendant qu'on en fait usage , on pratique des frictions sèches sur la tumeur. De Haën tenait ce remède de Mensurati, célèbre médecin et professeur à Gratz , en Styrie , qui avait eu occasion , dans un pays couvert de montagnes , et où le goitre est presque endémique, d'en éprouver un très-grand nombre de fois l'efficacité. Mais cette poudre a l'inconvénient d'éprou-
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culiero Quant au trailemeiit extérieur , on retire de grands avantages des bains salins , sa-
ver beaucoup les malades. La dernière fois que M. Sainte- Marie s'en est servi, c'était sur une jeune actrice de Lyon ; elle fut guérie à la seconde pleine lune ; mais elle paya sa guérison par la perte de son embonpoint. Quant à l'influence delà pleine lune sur l'opération du remède , il est permis d'en douter, ce Je ne force à cet égard, dit M. Sainte-Marie, la croyance de personne. J'ai rapporté fidèlement les prescriptions de de Haën , et je m'y suis conformé. » ( Nouveau Formulaire médical , p. 558 )= M. Dubois est parvenu à faire disparaître la maladie dont nous parlons , chez trois ou quatre jeunes gens , par l'application d'un emplâtre fondant sur la tumeur, et l'usage intérieur des pilules suivantes : Prenez cannelle en poudre, un scrupule ; suc de réglisse , mmq once ; éponge brûlée, trois gros ; carbonate de soude , demi-once ; sucre blanc , une once et demie ; conserve de roses , quantité suffisante. Les malades en prenaient dix, douze, quinze ou vingt grains tous les soirs. {^Consultations verbales du 2 Juillet i^i'-j. ) M. Boyer a obtenu le même résultat sur le même nombre de malades par l'application d'une poudre composée d'un mélange de tannin , de muriate d'antimoine et de chaux éteinte. On étend uue couche de cette poudre sur un linge , on la recouvre d'une couche mince de ouate, ou ouète, que l'on saupoudre avec la même substance , et puis on l'applique sur la tumeur. {Leçon de clinique du 29 octobre 1817.) M. Chrestien rapporte l'histoire d'une fille de vingt- deux ans , qui portait depuis douze ans un goitre très- volumineux
Tonneux et sulfureux. Les exutoires sont aussi fort ufilesdans les éruptions chroniques.
du côté droit. L'inutilité des moyens employés pendant long-temps^ engagea M. Chrer.tien à proposer l'or divisé en frictions sur les gencives. Dans l'espace de deux mois, il y eut une diminution très- marquée. Le mieux fut toujours croissant, mais avec beaucoup plus de lenteur /lorsque la tumeur fut réduite à «in petit volume. Le traitement dura vingt-deux mois ( la dose du remède ne fut portée qu'à deux grains ), et l'on fut même obligé, pour détruire itn gonfLement qui restait et qui était du à la flaxidité d'une portion glindu' leuse , d'avoir recours, d'après les conseils de [Vl. Irages, à l'application du fondant de Stieilt. Mais la giiérison fut si complète , que cette demoiselle s'étant masiée, est accouchée trois fois , sans que les efforts inséparables de l'accouchement aient renouvelé le moindre gonflement dans la glande thyroïde. ( Méthode ïatralep tique , p. 569 \
Le dernier numéro de la Bibliothèque britannique {^juillet 1820) contient la découverte d'un nouveau remède contre le goitre , qui mérite de trouver ici sa place. Un chimiste anglais , dont je ne me rappelle pas le nom, a trouvé une très-petite quantité à'iode dans l'éponge brûlée. M. Coindet de Genève, ayant pensé que c'est à ce principe qu'elle doit les vertus qu'elle possède contre le goitre, imagina demployer les diverses préparations de cette substance , parmi lesqu lies il choisit l'hydriodate de potasse , sel déliquescent, dont quarante-huit grains dans une once d'eau distillée représentent approximativement trente-six grains d'iode.
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Dans Jes cas les plus rebelles, j'ai retiré de très-bons effets des louons avec Feau salée, ou
De la solution de ce sel clans une suffisante quantité d'eau, il résulte un liydriodate de potasse ioduré^ dont M. Coindet a fait usage dans les cas où un goitre plus dur, plus volumineux , ou plus ancien , paraissait résister à l'action de la solution saline simple ; et par ce moyen, il a souvent obtenu les cures les plus remarquables.
Mais la préparation la plus familière à M. Coindet , la plus facile à préparer, et peut-être aussi la plus énergique, est une sorte de teinture d'iode composée avec quarante-huit grains de cette substance sur une once d'esprit-de-vin à 35^. L'auteur fait observer qu'on ne doit pas préparer cette teinture long-temps à l'avance , parce qu'elle ne peut se conserver long-temps sans déposer des cristaux d'iode.
Quant au mode d'administration , M. Coindet prescrit aux adultes dix gouttes de l'une de ces trois préparations dans un demi-verre de sirop de capillaire et d'eau, qu'il fait prendre de grand matin à jeun; une deuxième dose à dix heures, et une troisième dans la soirée en se couchant.
Sur la fin de la première semaine , il en porte la dose à quinze gouttes, trois fois par jour. Quelques jours plus tard , lorsque l'iode a un effet très-sensible sur la tumeur , il augmente encore de cinq gouttes*, ce qu'il répète trois fois par jour pour en soutenir l'action : vingt gouttes contiennent environ un grain d'iode.
ce J'ai rarement passé cette dose , dit M. Coindet ; elle m'a suffi pour dissiper les goitres les plus volumi-
avec une dissolution de muriate de baryte , ou de tartre stibié. J'en dis autant des fric. ions avec l'onguent de précipité blanc (sous-muriate de mercure précipité) de Werlhof.