II. Goitre
Il existe contre cette maladie quelques spécifiques auxquels elle résiste rarement lorsqu'elle ■n'est pas héréditaire , et lorsque le malade est encore jeune. Parmi ces moyens, on distingue l'éponge brûlée , les coquilles d'oeuf, l'éthiops minéral et le muriate de baryte. La méthode que je vais exposer m'a souvent réussi.
Je commence par purger le malade, après quoi je lui fais prendre matin et soir d'une poudre composée avec éponge brûlée, demidrachme; coquille préparée, éthiops minéral , ana demi-scrupule; oléo-saccharum d'anis, un scrupule : mêlez et réduisez en poudre très-fine. Le temps le plus favorable pour commencer ce traitement est le déclin de la lune. Je purge le malade tous les huit jours avec le mercure doux; j'entoure le cou d'une flanelle , et je fais faire soir et matin des frictions sur les parties malades avec le uniment volatil camphré, quelquefois avec la graisse de lièvre, qui est un très-bon résolutif. Telle est la méthode avec laquelle j'ai vu des goitres
considérables disparaître en deux ou trois semaines.
Si le malade est faible ou très-irritable, et particulièrement s'il a la poitrine délicate, je lui f iis prendre de préférence la lessive d'éponge dont j'ai déjà parlé. Lorsque l'éponge brûlée ne produit aucun changement favorable , il faut recourir à la dissolution du muriale de baiyte; cette substance a produit quelquefois de très-bons effets là où l'autre ne faisait rien.
Il est encore un moyen de favoriser la guérison du goitre , c'est de faire prendre au malade les pilules de savon anlimonial de Kœuipf. (i)
(i; Depuis qu'Arnaud de Villeneuve nous a fait connaître les propriétés de l'éponge brûlée , il est peu de préparations pharmaceutiques préconisées contre le goitre dont celte sub:>lance ne fasse partie. Quarin dit qu'elle lui a parfaitement réussi. Voici sa formule : Prenez éponge marine calcinée , six gros ; oléo-sacchanim d'anis;, demi-once. On en prend trente grains deux fois par jour , et l'on en porte insensiblement la dose jusqu'à cinquante ( Observations pratiques sur les maladies chroniques, p. 24). Son traducteur , M. Sa in te -M a rie, s'est servi de cette formule^ avec le plus grand succès, sur une fille de quatorze ans qui portait sons le menton uuq tumeur dure et indolente , grose comme un œuf de moineau; la tumeur se ramollit d'abord^ et disparut peu