V. Défaut de sommeil
Jamais le développement du corps n'est plus actif que pendant le sommeil; aussi forrne-t-il un point essentiel de l'éducation jdiysiqu' . JNon» seulement le sommeil lui-même, mais encore tous les corps environnans, exercent sur celui qui dort une action pari icu Hère. C'est ainsi qu'un air malsain, une mauvaise position, sont beaucoup plus nuisibles pendant le sommeil que pendant la veille. L'absorption se fait avec plus de promptitude; les miasmes s'identifient avec la constitution , et se développent avec elle.
Il est plusieurs circonstances à considérer dans le sommeil , et qui toutes peuvent produire des déviations de la colonne vertébrale,
I**, C'est une très -mauvaise habitude que
de coucher les enfans trop tard. Epuisés par l'exercice de la journée , le soir, les muscles et les ligamens manquent de force pour maintenir la colonne vertébrale dans une direction convenable. Si l'on empêche les enfans d'aller au lit, ils s'asseyent, s'endorment, et prennent de mauvaises positions qu'ils conservent en grandissant. — Dès qu'un enfant est fatigué, et qu'il se sent porté au sommeil , il faut donc le coucher.
2°. Pourquoi vouloir toujours abréger le sommeil des enfans? c'est ôter à la nature les moyens de réparer leurs forces , car c'est principalement pendant le sommeil qu'elle y travaille. La nature veut que les enfans dorment beaucoup; plus l'homme est jeune, plus il aime le sommeil : il y a , selon moi , moins d'inconvéniens pour un enfant à dormir trop, qu'à ne pas dormir assez.
3°. Les enfans aiment beaucoup à dormir assis , et les parens sont en général trop indulgens pour ce défaut qui tourne bientôt en habitude. La plupart, persuadés qu'il est trèsavantageux que les enfans dorment^ la tête et la poitrine très-élevées, disposent leurs lits en conséquence ; mais c'est une erreur insoutenable. Quel avantage peut-il y avoir, pour un enfant, à dormir pendant huit à neuf heures
dans une position qui n'est pas naturelle? Encore ce temps est-il , comme nous Tavons déjà dit, le plus favorable au développement du corps. Ajoutez à cela que, dans la rectitude du tronc sur le bassin, les vertèbres comprimées les unes contre les autres ont le poids du corps à supporter pendant toute la nuit; ce qui est d'autant plus fâcheux que les muscles et les ligamens sont alors dans le plus parfait relâchement. Comment la colonne épinière pourrait-elle conserver sa rectitude naturelle? L'habitude de dormir dans cette position se fortifie à mesure qu'on avance en âge , et produit les plus funestes résultats , surtout sur les viscères du bas-ventre.
La position dont nous parlons n'est pas la seule préjudiciable à la santé; la meilleure de toutes est sans doute la position horizontale, et la plus funeste celle qui s'en éloigne le plus.
4°. Le sommeil pris sur la plume est encore très -funeste aux enfans. Cette cause de la déviation de la colonne vertébrale, pour être fréquemment méconnue, n'en est pas moins réelle; elle agit sans doute en plongeant l'économie dans un état de relâchement par la transpiration insensible qu'elle provoque , et en s'accommodant à toutes les formes, à tou^ tes les inégalités de la surface extérieure dïk
corps ; de sorle que si l'on prend une mauvaise position, on la conserve toute la nuit, puisque rien ne vous invite à en changer. J'ai connu beaucoup d'exemples d'enfans contrefaits qui ne pouvaient accuser d'autre cause de leurs difformités que celle dont nous parlons.