CHAPITRE PREMIER
DE LA GONOBBIliB (bLBNNORRHAOIe).
Toute matière irritante appliquée à une surface sécrétante en augmente la sécrétion , et fait passer le liquide sécrété de son état naturel, quel qu'il soit, à un état qui en difl^. Dans la maladie vÂiérienne , le liquide sécrété se transforme en pus.
Quand la suppuration vénérienne a son siège dans le canal de l'urètre, on lui donne le nom de gonorrhée ; et comme cette forme de la maladie résulte de lapplication de la matière morbide sur nne^aurface sans épiderme, qui naturellement sécrète an liquide, il importe peu, pour la maladie considérée en ellemême, que la surface affectée appartienne à telle ou telle partie da corps : l'écoulement est le même à l'anus, à l'intérieur de la bouche et du nez, aux yeux et dans les oreilles.
Quelques pathologistes admettent que la gonorrhée peut être produite sans Tinfluence de la cause immédiate ci-dessus mdi-
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quée , c'est-à-dire qu'elle peut dériver d'uue action de la constitution. Si cette doctrine était vraie, il en serait pour la go* norrhée comme on suppose qu'il en est pour rophthalmia vénérienne. Mais si l'on juge par analogie d'après les affections vénériennes réellement constitutionnelles , il est probable que cette opinion est erronée aussi bien pour l'une que pour l'autre de ces deux maladies. En effet, quand le poison se porte constitutionnellement sur la bouche, la gorge ou le nez, il y détermine des ulcères et non un accroissement de sécrétion comme dans la gonorrhée ; tandis que dans l'opbthalmie vénérienne la face interne des paupières ne présente aucune ulcération. La gonorrhée urétrale est trop fréquente pour qu'on puisse lui assigner une telle cause.
Jusqu'à l'année 1753, on croyait généralement que le pus qui s'écoule de l'urètre, dans la gonorrhée, provenait d'un ou de plusieurs ulcères situés dans ce canal ; mais à cette époque, il fut prouvé par l'observation qu'il n'en est rien (1).
Il ne sera peut-être pas sans utilité de raconter ici en peu de mots comment a été découvert ce fait, savoir, que l'inflammation peut produire dupus sans ulcération. DansThiver del749, le cadavre d'un enfant fut apporté dans la salle de dissection, à Covent-Garden. Quand on ouvrit le thorax de ce sujet, on y trouva une grande quantité de pus qui était Ubre dans la cavité, et l'on remarqua que la surface des poumons et de la plèvre était tapissée par une matière plus solide, semblable à de la lymphe coagulable. Cette matière ayant été enlevée , la surface sous-» jacente ne présenta aucune perte de substance. Cette circonstance parut neuve à William Hunter, et il envoya chercher Samuel Sharp, pour l'en rendre témoin ; le fait parut également nouveau à ce médecin. Quelque temps après, en 1750, Samuel Sharp publia son ouvrage intitulé Criiical enquiry , et il y plaça cette proposition, •« que du pus peut être formé sans aucune perte de substance ; •• mais il ne dit pas à quelle source il afait puisé cette notion. William Hunter enseigna ensuite cette vérité dans ses leçons ; et nous voyons bien des auteurs qui l'ont adoptée sans faire mention ni de Sharp ni de William Hunter.
(I) Voyex l' Addition placée â la page 39.
DE LA GONOBBHÉE. éB
Ce fait étant ainsi CMinu, j^éprouvai le désir de tn'assurer ai le pus de la gonorrhée se forme de la même manière. Dans le printemps de 1753, on exécuta huit hommes dont deux étaient atteints d'une violente gonorrhée au moment de leur mort. Je me procurai les deux cadavres et je les soumis à une investigf^ tîon exacte, mais je ne trouvai aucune ulcération. Les deux urètres parurent seulement un peu plus injectés de sang qu'à Tordinaire, surtout dans le voisinage du gland. C'était encore on fait nouveau qui ne pouvait échapper au docteur Gataker, qui, toujours attentif à faire son profit de tout, suivait les leçons de William Hunter et disséquait sous ma direction. Il publia bientôt après, en 1754, un traité sur la maladie en question, dans lequel il professa hautement que le pus de la gonorrhée ne provient point d'un ulcère, sans faire connaître comment il avait acquis la connaissance de ce fait ; après lui, plusieurs antenrs ont reproduit la même doctrine (1). Depuis l'époque que
fl) On a longtemps cru que récoulement gonorrhéique était unique^ ment formé de pus. Mayeme {Syntagmata praxeos, Londin., 1 690], qui du reste l'attribuait toujours à un ulcère du canal, lui avait donné , h cause de cela, le nom de mt^ota. Aujourd'hui on sait que ces écoole^ ments consistent dans un mélange de pus et de mucus, auquel j'ai donné le nom de muco-pus, et qui rend Texpression de blennorrhagie, inventée par Swédiaur, aussi incorrecte que celle do Mayerne, attendu que ce a'est pas pios du mucus pur que du pus sans mélange.
Quand on étudie avec soin les sécrétions réputées blennorrhagiques, suite de TinOammation des muqueuses , on trouve que plus Tinflammalion est intense, plus elle pénètre en profondeur et gagne le tissu cellulaire interstitiel ou sous-muqueux, plus les globules du pus l'emportent en nombre sur l'élément muqueux ; et quand la sécrétion vient d'un abcès voisin ou d*un ulcère de la muqueuse, le mucus peut manquer complètement.
On est étonné que Hunter ait eu besoin, pour comprendre le mode de sécrétion morbide de la muqueuse urélrale, de l'observation de pleurésie avec fausses membranes, qu'il cite. Ce qui se passe sur le gland et le prépuce dans la balanite, ce qui a lieu dans le coryza et la bronchite, dans Tophthalmie purulente, aurait dû l'éclairer ainsi que ceux qui i'oift suivi.
On voit dans le reste de ce paragraphe , si admirablement fait pour prouver que le chancre et la blennorrhagie sont deux affections dîMrentes. que Hunter feit de vains efforts pour prouver que la muqueuse urétraie n'est pas susceptible de s'ulcérer, iMen que lui-même en donne w asinple.
CowM toutes les autres nraquinaes , celle de l'urètre pe«t être le
80 DB LA OONOKRH^.
j'ai indiquée ci-dessus, mon attention n*a cessé de se porter d'une manière spéciale sur cette question d'anatomie pathologique, et j'ai ouvert l'urètre d*an grnnd nombre de sujets qui avaient une gonorrhëe au moment de leur mort, sans jamais y trouver une seule ulcération ; du reste, j*ai toujours trouvé Turètre plus rouge qu'à l'état normal, dans le voisinage du gland, et souvent il y avait du pus dans les lacunes de ce canal. «Tai observé une fois, il est vrai, une plaie située à la surface interne du canal de l'urètre ; mais cette plaie n'était point le résultat d'une ulcération de cette surface : un point d'inflammation s'était développé, piobablement dans une des glandules de cette région, et avait donné lieu à un abcès qui s'était ouvert dans l'urètre.' Le même abcès s'était ouvert également en dehors aua près du frein, de sorte quUil en était résulté une fistule urinaire. D'ailleurs, les moyens de traitement qui réussissent dans la gonorrhée auraient dû donner à penser que cette maladie ne dépaid point d'un ulcère vénérien, car on pourrait à peine citer un cas de chancre vénérien guéri sans l'emploi du mercure, ou au moins des escarrotiques : or on sait que la plupart des gonorrhées peuvent se guérir sans mercure, et ce qui est encore plus remarquable, sans remploi d'aucun moyen médical , ce que je crois toujours impossible pour un chancre. Cette doctrine qui admet que la gonorrhée n'est liée à la présence d'aucun ulcère a été enseignée pour la première fois par William Hunter, dans ses leçons publiques, en 1750 ; mais il n*a point cherché à l'expliquer.
S I. Se riotervaUe de temps qui aépare Vmpfàiomtiom àm poMoa de la
itfestatîoii de »e§ «flbtt.
Dans la plupart des maladies , il s'écoule un certain espace de temps entre l'application de la cause et la manifestation des effets. Dans la maladie vénérienne, ce temps varie d'une manière considérable, ce qui dépend probablement de l'état où se
siège d'ulcères soit sous rinfluence d'un chancre , soit sous celle d'une simple innaromalioD ; et si Hunier croit n'avoir jamais rencontré d'ulcérations dans ce canal, Aslruc, Frank, Bell, Wiseman, Howard. Capuron, Spangenberg. Swédiaur, Thomas B.tribolin, Teytaud, Usfrancei moi, en avons trouvé à différentes profondeurs. P. Ricoas.
D£ LA GONORBHÉE. 61
trouve la constitution au moment de rinfection. Les diverses fonnet de la maladie différent aussi entre elles sous ce rapport. La gonorrhëe et le chancre apparaissent plus tôt après le con* tact impar que la syphilis constitutionnelle , et des deux premières affection8.c'e6t la gonorrhée qui se manifeste le plus promptement. Dans la gonorrhée, Tépoque d*apparition est très ▼ariaUe. J*ai des raisons de croire que dans quelques cas l'efTet s'est produit au bout d'un petit nombre d'heures , tandis que chez d'antres sujets, il s'est écoulé six semaines avant la manifestation des symptômes ; entre ces deux extrêmes, j'ai observé tons les intervalles intermédiaires. Toutefois, autant qu'on peut s'en rapporter à la véracité des malades, et l'on ne peut guère avoir d'antres preuves, le temps d'incubation est le plus coflsmunément de six, huit, dix ou douce jours, bien qu'il puisse être beaucoup plus court chez certains malades et beaucoup pins long chez certains autres. Un homme marié venant de la campagne, où il avait laissé sa femme, se rendit dans une maison publique ou il eut commerce avec une femme qu'il quitta le lendemain matin. II était à peine arrivé chez lui, lorsqu'il sentit de l'humidité a l'extrémité de la verge, et ayant recherché quelle en pouvait être la cause, il reconnut une gonorrhée commençante, qui devint très intense. Un autre malade ayant passé une nuit a\ec une femme éprouva les symptômes de la gonorrhée le matin même ; la même chose lui est arrivée deux fois. Chez un troibième, l'écoulement apparut trente-six heures après l'application du poison. Chez ces malades on ne peut reporter 1 infection i une autre époque que celle qui est indiquée, car aucun d*eux ne s'y était exposé depuis plusieurs semaines (1).
Ces témoignages qui viennent d'hommes dignes de foi et n'ayant aucun intérêt à tromper doivent être admis avec confiance. D'un autre côté, je tiens de sources également bonnes, qu'il s'est écoulé dans un cas six semaines entre l'infection et l'apparition des S3rmptômes gonorrhéiques. Avant l'écoulement^
(I) Le Ciit suivant est ajouté dans rédition de Ilome : < Un malade était atteint d'un chancre qui fut guéri par l'usage da mercure à Fintérienr; an moment où le chancre était presque guéri , une gonorrhée se manUlesU. il s'était écoulé près de cinq semaines depuis Tapparltion du chaacrs. »
m DE LA OONORRHÉE.
il se manifesta des phénomènes morbides bizarres et extraordinaires, une sensation inaccoutumée dans la partie affectée, accompagnée de la plupart des symptômes de la gonorrhée sauf l'écoulement. Un an aprc-s , le même malade fut atteint d'une nouvelle gonorrhée, et l'écoulement ne se forma qu'au bout d'un mois pendant une partie duquel il éprouva les mêmes sensations pénibles qui ont été indiquées tout à l'heure; mais cette fois, instruit par sa propre expérience , il prévit ce qui^ allait lui arriver. De ce fait je suis porté à conclure que le poison ne reste que rarement ou jamais dans une inaction complète aussi longtemps qu'on pourrait le croire, et que la période inflammatoire peut exister pendant un temps assez long avant la période sappurative (1). Dans les cas de cette espèce, la tendance à la gnérison est peu énergique , car la disposition qui a pour effet l'écoulement est une disposition salutaire, et constitue un degfé intermédiaire entre la maladie ou l'inflammation, et la gnérison. En effet, lorsque la suppuration se forme, les vaisseaux ont subi une modification d'où résulte la production du pus ; si cette modification n'avait point lieu, peut-on savoir quelles en seraient les conséquences t II ne m'a pas été possible[de m'assurer si l'inflammation gonorrhéique pourrait disparaître sans sup-
(4 ) L'incubatioD des afieclions virulentes et de la syphilis en particulier est géaéralemeut admise et regardée môme comme une condition propre à ces affections. Mais rexpérimeutation ne permet pas d'admettre L'incubation des accidents primitifs de la vérole. II n'y a pas, ainsi qa'on l'a professé , un temps qui s'écoule entre l'application de la caaie et ses premiers effets. Du moment que le virus est déposé dans les tissus et dans les conditions nécessaires à la contagion, l'action commence et arrive à la production des phénomènes par une évolution plus ou moins rapide. En un mot, ainsi qu'on peut s'en assurer par l'inoculation artificielle du chancre , il n'y a pas plus d'incubation après l'insertion du pus virulent sous l'épiderme, qu'à la suite d'une épine plantée dans les chairs ; et le chancre se forme dans le premier cas par une action graduelle, comme l'abcès se produit dans le second, après le temps voulu pour la suppuration. H n'y a pas do bronchite, de pneumonie, de phlegmon , etc. , qui arrive au terme de la suppuration tout de suite après l'action des causes qui ont présidé au développement de ces maladies.
. La blennorrbagie pouvant reconnaître des causes autres que le coït , il liittl se méfier de la valeur des observations dans lesquelles la maladie s'est montrée fort tard après les rapports suspects, et qu'on a citées de préférence comme preuve d'incubation. P. Ricord.
DE XsA GONORRHéK. 6^
pintion, comme rinflammation commune, mais il est probable (jKlamaladie durerait plus longtemps qu*à l'ordinaire, parce qvks parties affectées n'auraient point complété leurs actions. ViîUeurS) je pense que ces anomalies dépendent de quelque particularité de la constitution (1).
$ n. 1^ la dîffiealté d« distinguer la gononhée vml«nto de la
gonorrhée timple.
Indépendamment du poison vénérien, il est beaucoup d'autres causes qui peuvent produire l'inflammation et la suppuration à la surface du canal de Turëtre, quelquefois même il survient q)ontanément des écoulements auxquels on ne peut assigner aucnnecause immédiate. Ces écoulements peuventêtre désignés lous le nom de gorwrrhies simples^ pour exprimer qu'ils n'ont rien de l'infection vénérienne, bien que ce soient les sujets qui ont eu antérieurement ies gonorrfiêes virulentes qui les présentent le plus communément.
On a indiqué comme marque distinctive entre la gonorrhée simple et la gonorrhée virulente, que la première se manifeste immédiatement après le coït et présente tout de suite toute son intensité, tandis que la seconde se montre au bout de quelques jours et s'établit graduellement. Mais la gonorrhée simple n'est pas toujours consécutive au commerce de l'homme avec la femme; elle ne s'établit pas d'emblée dans tous les cas, et elle n'est pas toujours sans douleur. D'un autre côté , on voit beaucoup de gonorrhées virulentes qui débutent sans aucune apparence d'inflammation, et dans beaucoup de cas de cette espèce j'ai été fort embarrassé pour décider si la maladie était vénérienne ou non, car il est un certain nombre de symptômes qui sont communs à presque toutes les maladies de l'urètre, et desquels il est difficile de distinguer les phénomènes peu nombreux qui dé-
(t^ On voit des malades, comme l'a observé Hunter loi-même, et cela est plus commun chez les femmes, qui s'étant exposés aux causes d*uae blennorrhagie , en éprouvent bientôt les prodromes : les parties sont quelquefois rouges , chaudes, tuméfiées ; les sécrétions naturelles peuvent être momentanément taries, comme dans les cas auxquels Fabre donnait le nom de blennorrhagie sèche, ou bien être accrues; et cependant la maladie cesse complètement, souvent d'une manière rapide, sans retour et sans qu'il se soit formé de pus. P. Ricord.
84 DE LA GONORBHÉE.
pendent uniquement de l'affection spécifique. J'ai vu le canal de l'urètre Bympathiser avec ]^ sortie d'une dent (1). et présenter sous cette influence tous les symptômes de la gonorrhée; ce fait s'ert reproduit plusieurs fois chez le même malade. On sait que l'urètre peut devenir le siège de la goutte (2) ; je l'ai vu atteint de rhumatisme. L'urètre des sujets qui ont eu des maladies vénériennes a plus de tendance à présenter des symptômes semblables à ceux delà gonorrhée que le même canal chez les personnes qui n'ont jamais été atteintes de ces maladies ; et c'est, en général, par suite de la lésion que ces maladies ont fait éprouver au canal que la gonorrhée simple tend à se produire; peut-être est-ce aussi pour cette raison que la gonorrhée viralente et la gonorrhée simple ont tant de points de ressemblance. Le canal de l'urètre devient le siège d'un écoulement, et même d'une douleur plus ou moins vive ; des sensations inaccoutoméei 8*y font ressentir de temps en temps. Ces symptômes peuvent être un retour de l'affection vénérienne sans virus , ou se produire en quelque sorte spontanément , ou enfin être la conséquence de quelque autre maladie. Quand l'écoulement se manifeste comme conséquence d'une gonorrhée vénérienne antérieure, il est rarement continu ; il disparaît pendant un temps pour se reproduire ensuite, et l'on peut le désigner sous le nom de blennorrhée temporaire ; mais alors il est rare que les parties se tuméfient; le gland ne présente point la coloration rouge-cerise, ni aucune espèce de suintement. On reconnaît que celte affection n'est constituée que par un écoulement sans propriétés virulentes, quand elle se manifeste chez des sujets qui n'ont eu depuis longtemps aucune relation sexuelle, ou qui n'ont jamais eu aucune maladie vénérienne et ne s'y sont jamais exposés. Sa guérison, ordinairement prompte aussi bien chez les sujets qui ont eu commerce avec des femmes que chez ceux qui n'en ont point eu, rend très difficile, dans beaucoup de cas, de déterminer si elle est syphilitique ou non. Aussi arrive-t-il souvent qu'on la considère à tort comme vénérienne, tandis que dans d'autres cas on prend pour un retour d'une ancienne blennorrbée un
l\ ) Voyez Traité dêiderUi, part. II» p. 4 43 de la tradoction française. (%) i?May« and obi. ph^i, and lilerary (Bdioburgh), t. III, p. 4(5.
DB LA GONORRH^E. 65
éoonleiiieiit qui eat règlement vénérien. Du reste, cette difR- Giillé de diigDOitio est peat-être moins importante qu'on ne serait tenté de le croire d'abord.
Cette affection, quand elle est la conséquence d'anciennes maladies vénériennes, peut être considérée simplement comme une infirmité attachée aux personnes qui ont eu des gonorrhées virakntes. On ne ccmnait aucun moyen de traitement qui puisse lui être opposé avec certitude; elle ressemble aux flueurs blan* dies chei les femmes (1).
S Xn. Bant la (ononhée, la wiyyuitîon n'atlMil pas le ImhI aMÉ
•mia«l «Ile répond luibîtiieUcment.
Dès qu'une surface sécrétante a contracté Taction inflammatoire, sa sécrétion est augmentée et manifestement altérée ; de même, lorsqu'une cause irritante a fait naître l'inflammation et l'ulcération dans un des tissus de l'organisme , du pus est sécrété. Dans les deux cas , l'écoulement du pus paraît avoir pour objet d'emporter la cause d'irritation. Les irritations ont donc pour but final d'amener leur propre destruction ; c'est ainsi qu'un corps étranger qui pénètre entre l'œil et les paupières détermine un accroissement de la sécrétion des larmes, et devient la cause médiate de sa propre expulsion. Mais dans les inflammations qui sont produites par des poisons morbides ou spécifiques, cet effet ne peut pas être obtenu. En effet , la matière irritante primitive peut bien être entraînée, mais le pus nouvellement formé possède les mêmes qualités; il devrait donc se former une série non interrompue d'irritations, et, par con-
(4) Un eolt suspect pour aotécédeot, an temps prétenda d'incubatioa, le plus on oMMos d'inteosité dans les symptômes, leur plus grande durée arec ou sans rémission, la couleur plus ou moins foncée , verdâtre, de l'écoulement, son odeur particulière, la teinte des parties affectées et le siège particulier de la maladie, ne sauraient en indiquer la nature intime ou fiûre reconnaître la cause rigoureuse à laquelle on doit la rapporter. J'en appelle aux aveux de Hunter, qui élude la question comme l'a fait Hecker, et surtout à la discussion récente qui a eu lieu au sein de l' Académie de médecine, et de laquelle il est ressorti, pour tous les bons es* prits, qo*il n*y a de blennorrhagie virulente que celle qui est compliquée ou qui dépend d'un chancre caché et rigoureusement reconnaissablepar riaocolatioo. P Ricobd.
6& ÙR Ui OONORitU^.
séquent , de sécrétions , lors iiiême que la maladie n'aurait pas d^autre cause de continuation que t>on propre produit purulent» Or , dans la gonorrhée , Tinâainmation vénérienne n'est pas entretenue par la présence du pus qui est sécrété sous son in* fluence, mais, de même que plusieurs autres maladies bpécifiques y par la qualité spécifique de rinflammation elle-même. Cependant il parait que cette inflammation ne peut durer qu'un certain temps, et que les symptômes qui lui sont propres s'éteignent d'eux-mêmes , parce que les tissus affectés perdent de plus en plus de leur susceptibilité pour ce mode d'irritation, Cette particularité n'appartient pas exclusivement à la forme de la maladie vénérienne qui nous occupe ; on la retrouve dans presque toutes les maladies qui peuvent affecter le corps humain. Il résulte de là que le pus vénérien consécutif n'a point la faculté de continuer l'irritation primitive j et en effet , s'il n'en était pas ainsi, la maladie durerait perpétuellement.
Dans la gonorrhée comme dans mi grand nombre de maladies , le principe vital ne peut accompUr indéfiniment la même action morbide, et l'irritation cessant graduellement, l'effet définitif cesse enfin de se produire. L'époque de cette cessation varie suivant les circonstances : si les parties irritées ont une grande susceptibilité pom* l'irritation à laquelle elles sont soumises, l'action consécutive sera très intense selon toute probabilité, et durera très longtemps. Mais dans tous les cas, la différence, sous ce rapport , dépend de l'état de la constitution , et non d'une différence dans les qualités du poison lui-même.
La cessation spontanée de la maladie n'est possible que quand celle-ci attaque une surface sécrétante , et quand il se produit une sécrétion de pus ; quand la maladie affecte une surface non sécrétante et y produit l'effet qui lui est propre en pareil cas, c'est-à-dire, une ulcération, les parties affectées ont la faculté de continuer indéfiniment la maladie ou ce mode d'action, ainsi que j'aurai occasion de le dire plus tard en parlant du chancre. Mais cette difi'érence dans la terminaison de la maladie ne parait pas tant dépendre des caractères différents des surfaces malades que d'une différence dans les deux modes d'action. En effet, lorsque la maladie donne naissance à une ulcération sur une surface sécrétante, comme il arrive souvent
qffUlis eoMiitelionnelle , par exemple sur les amyg- »9 eeUe afeénitioii ne mamfeste anccine disposition i se iiA. De meute, les ulcératioiis qui se forment » •• se fsérieeeiit pas pins facilement que celles qui partout ailleurs.
pjntiqoe ée chaque jour met eea faits hors de doute. On ««t lou ka join lea iiomases las plus ignorants guérir des go-
lia fie pour laa chancres et pour la syphilis contai fui plus de savoir. La raison en est manifeste: Ja gUQOaèèe a^ guéni d «Ue-méaM, et les autres tonnes de la ■Mladie ae peuveul^ae guérir que par les secours de l'art (1).
On obaerve quelquefois que les parties qui ont été irritées lea fÊtmàkrm se giiériasent, ea tnême temps qu'une autre partie et la HiéiM ansCace devient le siège de l'irritation, ce qui contioue U i— ladie ; c'eat œ qui arrive quand Tirritation passe dtt glaad m caaâi de l'urètra.
11 réaulla d« ûù fait , savoir, que toutes les gonorrhées peuvent ae gwrir aans le aeoours de la médecine , qu'il est tiès doQleax qu'un sujet déjà atteint d'une gonorrbée puisse en contracter une nouvelle avant la guérison de la première , ou que celle quieiûate déjà puisse être exaspérée par l'application d'un nouveau pus de méane nature (2). Cette remarque s'applique
(4) Qaaad 00 lit avec attaation ce que dit Uualer sur les difiérenoss qui sxitleDl entre la gonorrbée et la forme ulcéreuse des maladies véuérisoiies , sous le rapport des symplômes, de la marche, des lermiDaisons, et, d'après sa doctrine même, bOus celui du traitement des deux maladisa» aa est étoaué de la voir persisier dans l'idée qu elles ne recoonaisaaot qu'uoeseale et même cause spécifique, ei que, Dediiléraot que par le siège et la forme, elles peuvent produire les mêmes eflels généraux, aurtout , lorsque pour se rendre compte de ceui-ci , dans de prétendus cas de bieonorrbagie, on admet , comme il le fait lui-même , l'eiislence possible d'ulcères urétrauz. P. Ricoeb.
(1) GeUe assertion est trop contraire à Tobservation journalière, pour qa*on la laisse passer sans réfutation. On peut établir la proposition contraire : plus les maladies ont été fréquentes , plus elles sont de nou- THu cootraclées aisément. Comme aussi les affections successives se développent d'autant plus vite et avec d'autant plus de facilité , que la nalsdie précédente n'est pas encore éteinte. On sait que la cause la plus commune des recbules, dans la blennorrhagie surtout, est la répétition trop prompte des rapports sexuels avant la guérison parfaite et même avantlalBBps de convalescence voulu. P. Record.
d'ailleurs à toutes les formes de la maladie : il est prouvé que Tapplication du pus d*une gonorrhée sur un bubon ne retarde en rien la guérison de ce dernier ; de même, le pus d'un chancre appliqué sur un bubon et celui d'un bubon appliqué sur un chancre ne produisent aucun effet fâcheux, tandis que si du pus vénérien est mis en contact avec une plaie ordinaire, il y fait naître le plus souvent l'irritation vénérienne (1). Tous ces faits confirment mon opinion, que le pus vénérien qui se forme dans la gonorrhée ne concourt en rien à entretenir la maladie (car la présence de ce pus ne peut être considérée que comme l'application d'une matière dont le poison n'estj>as différent de celui qui a agi antérieurement, et dont les effets sont exactement semblables à ceux qui sont déjà produits dans les solides) , et que la maladie ne peut être exaspérée ou perpétuée que par un agent qui ait la propriété d'accroître la disposition ou la susceptibilité des parties déjà affectées pour cette espèce d'inflammation. On observe, en outre, qu'une gonorrhée peut être guérie pendant qu'un chancre existe , et ince versa : or, si une nouvelle application de pus vénérien pouvait perpétuer la gonorrhée, aucune ne pourrait jamais se guérir tant que persisterait cette source de pus vénérien . De tout ce qui précède il est permis de conclure que la surface du canal de Turètre n'est point susceptible d'être irritée par le pus qu'elle a sécrété ellemême, et qu'elle ne peut être irritée que pendant un certain temps, de sorte que si l'on continuait à appliquer du pus vénérien nouveau sur la surface de l'urètre d'un homme atteint de gonorrhée , sa gonorrhée se dissiperait tout aussi promptement que si une pareille application n'était point faite et qu'au contraire on prît beaucoup de peine à déterger la surface malade du
(4) Prises à la lettre , ces propositions pourraient conduire à de fâcheuses erreurs. Il est bien certain que le pus de la blennorrhagie , qui n'est point une affectiou virulente, ne peut rien faire , pas plus sur une surface de chancre que sur celle de toute autre plaie. De môme , le pus d'un chancre appliqué sur un bubon yirulent ulcéré et à la période de progrès . n'ajoute rien à la maladie ; mais le pus de ce bubon , dans les mêmes circonstances , mis sur une surface de chancre en voie de cica* Irisation, ferait repasser celui-ci à la période ulcéra tive virulente.
P. RiCOlD
DE LA GONORBHÉE. 69
pot formé par elle. Le même raisonnement s'applique également MX chancres (1).
Mais je porte ces idées encore plus loin, et j'affirme que les parties qui sont le siège de l'irritation vénérienne deviennent
(I) J'ai dit daas mes leçons , eo foisant Tbistoire du pus, que je ne croyais pas qu'aucune matière sécrétée, de quelque espèce qu'elle fût « pAt eiercsr une action quelconque sur la partie qui Ta produite. De même, ie ne crois point que le pus d'une plaie, quelles que soient d'ailleurs ses proprîélés, puisse jamais affecter cette plaie d'une manière nuisible. Eo effet, les parties qui ont formé du pus sont empreintes des mêmes qualités que ce liquide, et ne sauraient, par conséquent, être ir-* ritées par lui , à moins qu'une matière étrangère n'y soit mêlée. La gteode qui sécrète le poison de la vipère et le conduit qui porte ce poison dans la dent ne sont point irrités par lui, et il paratt résulter des expérienoes de Fontana que la vipère ne peut point être affectée par son propre venin. (Voyez Traité tur le venin de la vipère, par M. F. Fontana, Floreiice, 4781, t. I, p. 22.) Si la doctrine que je viens de soutenir est eiacte, c'est toujours une pratique dénuée de fondement que celle qui coosttte à essuyer le pus et à l'enlever par des lotions dans le but détenir propres les parties qui suppurent. J. Hdntei.
Le pus sécrété par la partie malade elle-même n'a peut-être pasd'in* floence l&cheuse sur celle-ci, tant qu'il n'a pas subi d'altération putride postérieure à sa sécrétion. Mais, comme nous l'avons déjà dit , que sur une sur&ce affectée de blennorrbagie et en voie de guérison on applique un nouveau pus irritant, on fera repasser la maladie à l'état aigu , comme aussi, sur un chancre qui allait se cicatriser, une application nouvelle d'un pus pris sur un autre chancre à la période de progrès spécifique reproduira l'ulcère virulent.
fin opposition à ce que dit Hunter de l'innocuité du séjour du pus virulent sur les ulcères qui le sécrètent, et de l'inutilité des lotions et des soins de propreté, je signalerai les inconvénients généralement reconnus de la rétention du pus simple dans un grand nombre d'abcès , surtout loftque l'air pénètre dans les foyers et lesclapiers où il stagne, et les qualités irritantes qu'il contracte par sa décomposition et par les altérations que lui fût subir la putréfaction. J'insisterai spécialement sur les ravages plus grands que font les chancres incarcérés dans un prépuce trop étroit ei dont la surftK» reste constamment couverte de matière virulente, et plus encore sur ce qui se passe dans la pustule d'inoculation, qui s'étend davantage quand on ne la rompt pas vite ou qu'on permet à l'ulcère qui lui surâède de se couvrir de croûtes qui retiennent le pus.
La comparaison que Hunter fait du venin de la vipère et du pus virulent n'est pas juste ; il y a toute la différence et toute la distance qui se» parent les phénomènes physiologiques des phénomènes morbides : la vésicule biliaire n'est point irritée par la bile, pas plus que la vessie ne Test par rurine; mais si ces deux liquides viennent à pénétrer dans le tissu oellufaûil», ils y déterminent de graves accidents. P. Ricoan.
70 db' la ommsaotàM.
par cela seul moÎM mnceptibles de eette irritation, et qoe non*
seulement une gonorrhée ne peut être perpétuée par rapplieation de son propre pus ou d*un pus nouveau , mais encore qa*un homme ne peut contracter une nouvelle gonorrhée o« un nouTean chancre en mettant une nouvelle matière vénérienne en contact avec les parties, dans le moment où la gaétiÉon est sur le point d*être complète , et en continuant cette appGcafîon soit d'une manière non interrompue^ smt au moina à dea intervalles tels, que les effets de l'habitude n'aient pas le tempe de s'éteindre^ On peut concevoir, en effet, qu'avec le temps lestlsstl» s'habituent tellement à cette application qu'ils finissent par y devenir insensibles. Par une application oonstantet en enpêche que les parties n'oublient ce mode d'irritation, oti phrtM qu'elle* ne s'en désaccoutument. Le contact renouvelé d'un ptis vénérien nouveau ne peut donc plus affecter les parties de manière à j reproduire la maladie, tant que osa demikres neeoiit pas eneofe revenues k leur état primitif et natrirel ; mais, une ftrfs qu'elles ont recouvré cet état, elles sont susceptibles d'être affectées de nouveau.
Cette opinion n'est point seelement déduite de la théorie ; elle est fondée sur l'expérience et sur Tobservation. Un homme peut , immédiatement après avoir eu une gonorrhée , avoir de fréquentes relations avec des femmes publiques, et cda pendant plusieurs années consécutives, sans être mfecté; tandis qu'un homme qui n'aura point encore eu la maladie, la contractera immédiatement avec les mêmes femmes. Le premier , 8*il perd pendant quelque temps Thabitude de cette irritation, deviendra tout aussi susceptible que l'autre de l'infection. Lorsque cette habitude n'est pas assez forte pour empêcher complètement que les parties ne soient affectées , elle s'y oppose cependant encore en partie. Ce qui vient fortement à l'appui éê cette proposition, c'est que la plupart des sujets ont d'abord leur go-> rtorrhée la plus intense, et que celles qui succèdent à cette première se montrent de plus en plus douces , jusqu'à oe que le danger d'être infecté soit presque entièrement anéanti (1).
(t) Sans revenir sar cetque j*ai dit plus haut, j'ajouterai que ce que Hunier regarde comme une règle géoérale, n'est qu'une ezceptkmdoDi nous aurons à nous occuper plus tard. En ellét* vous trouves bien plus
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Ces idées paraissent être confirmées par les faits suivants : Un bomme marié, qui pendant plusieurs années n'avait eu de relations sexueHes qu'avec sa femme , coucha avec une andenne maîtresse et contracta avec elle une violente gonorrhée ; ectie femme assura qu'elle ignorait complètement qu'elle f&t HMiade. Ils se confièrent tous deux à mes soins. Pendant toute la durée du traitement, ils continuèrent à avoir commerce ensemble, d'après la permission que je leur avais accordée sans peine. L'homme se guérit très bien, et il parut en être de même pour la femme. Les mêmes relations durèrent entre eux pendant plusieurs mois, sans aucun inconvénient pour lui, et sans qu'il se manifestât rien qui pût faire soupçonner chez elle un reste de maladie. Enfin leur union fut rompue , et la femme forma une autre liaison. Son nouvel amant contracta immédiatement avec elle une gonorrhée. Aussitôt elle vint réclamer mes sohis, affirmant qu'elle n'avait cohabité qu'avec les deux per-« sonnes citées ci-dessus, et que par conséquent sa maladie ac^ taelle ne devait pas être autre chose que celle pour laquelle je l'avais déjà traitée. Son second amant ne fut pas traité par moi. Je prescrivis à cette femme des médicaments qu'elle ne
de maladeê qui te plaignent de ne pouvoir toucher à une femme sans voir reparaître leur maladie, que vous n'en voyez qui soient dans les circonstances opposées. La plupart, qu'une sotte conRance ou de la bonhomie empêche d'accuser les femmes qui les ont de nouveau rendus ma * ladei. rapportent à la première affection toutes celles qui arrivent après, et cette opinion est si répandue, qu'il est des hommes qui croient à cette répétition après des années même dinterruption ; mais ce n'est le plus souvent qu'un préjugé.
It est vrai que plus les blennorrhagies se répètent chez un même individu , moins aussi elles entraînent de douleur ; mais ce n'est pas k dire pour cela qu'elles soient absolument moins fortes. Elles peuvent occuper une étendue du tissu aussi considérable, donner lieu à une sécrétion aussi purulente et aussi abondante; être tout autant contagieuses. dorer aussi longtemps , et le plus souvent davantage, que la première qui était seulement accompagnée de plus de douleur. Ici , comme on le voit, l'habitude n'aurait aucune innuence sur l'action de la cause, qui agit d'une manière tout aussi énergique une seconde qu'une première fois dans la plupart des cas ; mais la répétition de l'inflammation dans un même point, qui. par cela même, tend primitivement ou consécutivement à la forme chronique, émonsso la sensibilité et diminue ou éteint la douleur, qui n'est pas un phénomène obligé de toute inflammation.
P. R\coiii).
prit qu'avec beaucoup de négligence. Son nouvel amant continua à la voir, comme avait fait le premier, pendant plusieurs mois après sa guérison, sans contracter aucune affection nouvelle. Malheureusement , son premier amant revint au bout d'un an, et croyant n'avoir rien à craindre, puisqu'elle vivait avec l'autre sans inconvénient pour lui, il se livra au coït avec elle, et cela une seule fois ; il y gagna une g(»norrhée.
Cette femme avait- elle eu la gonorrhée pendant tout ce temps! et pourquoi ces hommes n'ont-ils contracté la maladie avec elle qu'après que leurs relations avaient été interrompues pendant un certain temps! Doit-on considérer ce résultat comme l'effet de l'habitude, en vertu de laquelle les parties perdirent leur susceptibilité pour cette irritation! Une preuve frappante de l'exactitude de cette dernière manière de voir est fournie par le cas suivant d'une jeune femme de l'hôpital de la Magdeleine (maison de refuge pour les filles de joie), autant que de pareilles circonstances peuvent prouver un fait. Cette femme fut admise dans cette mmson et y resta le temps ordinaire, qui est de deux ans. Au moment où elle en sortit, elle fut enlevée par un homme qui l'attendait dans une chaise de poste pour remmener immédiatement : elle lui donna une gonorrhée.
L'opinion qui admet que l'habitude de l'irritation vénérienne rend les parties moins susceptibles d'en être affectées est corro« borée par cette circonstance que, dans la gonorrhée , on voit souvent cesser les symptômes violents, tandis que la maladie continue et se prolonge même pendant un temps considérable , ne présentant aucun autre symptôme qu'un écoulement, qui cependant est de nature vénérienne. C'est ce que j'ai vu souvent. Voici un extrait d'un fait de cette espèce qui est fort singulier.
Un homme eut commerce avec une femme publique, et contracta une gonorrhée vénérienne, au commencement d'avril 1780. D'abord il eut de la peine à admettre que sa maladie fût vénérienne, car il avait gardé cette femme à la campagne où il ne l'avait presque jamais perdue de vue; mais la vive douleur qu'il éprouvait en urinant , l'abondance de l'écoulement, la cor^ liée (1) et le gonflement d'un testicule ne lui laissèrent plus de
(4) Ce moi n'est employé en français que comme adjectif, dans cette
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doutes sur la nature de cette affection. Plug tard , la guérison marchait d'une manière assez favorable , et il avait triomphé de Tengorgement de son testicule» lorsque l'autre testicule commença à se tuméfier. Cependant tous les symptômes dispararant graduellement, excepté la cordée, l'induration de l'épididyme et un écoulement visqueux peu abondant. Le 12 juin, il alla à la campagne ; pendant son séjour en cet endroit, la cordée le dissipa et l'induration de l'épididyme disparut entièrement ; mais il lui resta un écoulement visqueux presque insignifiant. Le 1^ septembre, cet homme se maria avec une jeune de* moiselle, et les difficultés qu'il éprouva à introduire la verge déterminèrent le retour de la cordée et une augmentation de l'é» oooleroent. Le 10, la jeune femme se plaignit de chaleur et de douleur dans les parties génitales; elle éprouvait de la difficulté pour uriner ; le besoin d'uriner se renouvelait fréquemment ; et, lorsque l'urine était expulsée, elle entraînait avec elle un peu de pus. La malade ressentait en outre une douleur gravative et sourde, et une sensation de pesanteur dans le bas-ventre et autour des hanches ; lorsqu'elle s'asseyait , les parties sexuelles devenaient le siège d'une vive souffrance. Ces symptômes avaient été précédés par une démangeaison autour de l'orifice du vagin. L'usage des pilules mercurielles et des frictions avec l'onguent mercuriel fit tomber la violence des symptômes dans l'eqpaoe d'environ huit jours. On permit alors au mari de cohabiter avec sa femme ; mais, toutes les fois qu'ils s'unirent, cette dernière éprouva des douleurs excessives. On fit sur les parties des lotions avec une solution de sublimé corrosif et d'acétate de plomb, et des frictions avec l'onguent mercuriel ; ces applications ayant été continuées pendant quelque temps, les douleurs se dissipèrent. Le mari fut soumis à un traitement approprié, et tout alla bien ensuite.
Dans ce cas, on voit une gonorrhée vénérienne qui a été contractée au commencement du mois d'avril. Tous les symptômes avaient disparu le 1*' juin, et il ne restait plus que quelques phénomènes morbides consécutifs, comme la cordée , l'indura-
expression chaudepisie cordée ; j ai cru devoir en faire un substantif à reiMDple de Hunter. G. Ricbklot.