‹ Traité de la maladie vénérienneChapitre 15 sur 84 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DBS MALADIES SUR LA PRODUCTION DESQUELLES LA SYratUS CONSTITUTIONNELLE PEUT EXERCER UNE INFLUENCE.

On peut dire que tout animal a ses tendances naturelles pe«r certaines actions morbides. Ces tendances peuvent être eonstdérées comme des causes prédisposantes ; elles pearent être transfermées en actions par l'application d'une cause immédiate qui souvent n'a aucune connexion avec dles, et qui , par cea* séquent, ne peut point être regardée comme la cause de la maladie. Une maladie peut agir comme cause excitante d'une autre maladie , et l'on suppose alors qu'elle en est la cause unique. Ainsi , une fièvre légère , un rhume , la variole et la rougeole, deviennent fréquemment la cause immédiate de la midadie Bcrofuleuse , et souvent certains troubles apportés aux actions naturelles du corps donnent naissance à la goutte, ides fièvres intermittentes et à d'autres maladies. Mais ces maladies sont toujours plus ou moins en rapport avec Tétat de la constitutîeR et des parties affectées ; et les diverses constitutions diffèrent entre elles suivant un grand nombre de circonstances , ptffMÎ lesquelles il faut compter l'âge et la localité habitée par le malade.

En Angleterre, la tendance aux scrofules natt du climat, qu» sur beaucoup de sujets , agit comme cause prédisposante $ de sorte qu'il suffit de quelque trouble qui vienne jouer le rSIe de cause immédiate, pour que la maladie se développe eompM* tement.

La maladie vénérienne devient souvent aussi la cause immédiate de plusieurs autres maladies, en stimulant a l'action des dispositions latentes. Cet effet ne résulte point de la nature particulière de cette affection, mais seulement de ce qu'elle détruit les

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actiolUinaliureUesv ce qui permet àla nouvelle maladie de se inani« (ester dëaqueladiqposition et l'action vénériennes n'existent plua, J'ai mêait vu dans beaucoup de cas la nouvelle tendance telle^ ment forte, que la manifestation en avait lieu avant que la dis^ position vénérienne fut entièrement détruite. En effet, si Ton persévérait dans l'emploi du traitement mercuriel , les symptômes nouveaux s'aggravaient ; tandis que si Ton combattait la nouvelle disposition et qu'on la rendit moins active que la disposition vénérienne , l'action de cette dernière se manifestait de nouveau ; et ces effets se sont reproduits plusieurs fois alternati%'ement. Dans de tels cas, c'est une condition heureuse que de pouvoir associer les deux traitements ; mais la conduite du médecin est fort difficile lorsque les moyens thérapeutiques que réclament les deux affections sont en opposition les uns avec les autres.

Si la maladie vénérienne affecte les poumons, elle peut donner naissance à la phthisie, lors même qu'on parvient i détraire ^entièrement la disposition vénérienne. De même, lorsque ce sont les os ou le nez qui sont affectés, des tuméfactions scrofuleuses ou la fistule lacrymale peuvent en être la conséquence, bien que la maladie vienne à être guérie.

Parmi les maladies auxquelles la maladie vénérienne donne naissance, il en est plusieurs qui semblent appartenir en propre à ce genre de cause, et qui paraissent dériver de l'état de la constitution, de la maladie existante et du traitement dirigé contre cette dernière • aussi est-il très difficile de dire quelle est leur nature. Toutefois elles reçoivent ordinairement de la constitution une tendance particulière ; et , lorsqu'on connaît la tendance générale de la constitution, on peut la considérelr comme celle des causes qui agit avec le plus de force , et admettre que l'affection nouvelle participe plus à cette tendance qu'à toute autre. En Angleterre, ces maladies ont le plus ordinairement une tendance scrofuleuse, et souvent ce sont de véritables scrofules, attendu que c'est de cette espèce de disposition que la maladie vénérienne se rapproche le plus dans ce pays (1).

( I ) Ce que dit Hanter ici est tout à fait confirmatif do là note qus ]éi annexa â W page 9. P. Ricoid.

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Les diveraes parties du corps ont aussi leurs tendances propres, qui sont encore plus paissantes que celles de la constitution en général ; de sorte que, sous Tinfluence d'une lésion morbide, elles contractent l'action morbide qui découle de ces tendances. Ainsi, quand l'irritation vénérienne a détruit les actions naturelles des parties, les dispositions particulières passent à Tétat d'action ; il faut donc tenir compte des causes de mala* dies qui résident dans les tendances spéciales des parties. Ces tendances peuvent être favorisées en outre dans leur manifestation par Tfige et par le siège de la maladie.

Dans certains pays, la tendance scrofuleuse est celle qui prédomine chez les jeunes sujets; de sorte que, chez eux, les bubons deviennent facilement scrofaleux. Chez les sujets avan* ces en âge, c'est la disposition cancéreuse qu'on observe ; et lorsque les bubons ont leur siège dans des parties qui ont une tendance particulière pour le cancer , cette dernière maladie se développe très facilement.

Le peu de connaissances qu'on possède sur ce sujet et le peu d'attention qu'on y a accordé ont été causes d'un grand nombre de méprises. Toutes les fois que les effets dont je viens de parler se sont produits consécutivement à la maladie vénérienne, non seulement on les a considérés comme des effets de cette dernière, mais encore on les a confondus entièrement avec elle. C*était le résultat d'une induction qui est assez naturelle i ceux qui ne savent point reconnaître que des causes très variées peuvent produire un seul et même effet, ou, en d'autres termes, que, lorsque la cause prédisposante est la même, des causes immédiates diverses peuvent donner naissance à la même action. Quoi qu'il en soit, c'est montrer une grande ignorance que d'admettre que la maladie vénérienne puisse agir ici à la fois comme cause prédisposante et comme cause immédiate.

Quand la maladie vénérienne affecte l'urètre, elle devient souvent elle-même une cause prédisposante d'abcès et de plusieurs autres maladies ; quand elle se manifeste sous forme de chancres, à la surface extérieure de la verge, ces chancres peuvent s'ulcérer assez profondément pour aller s'ouvrir dans l'urètre et y déterminer une fistule ; on voit encore, dans beaucoup de cas, ces chancres produire un phimosis permanent.

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la daieriptîon d'une maladie qui, comme la maladie vénérienne, préiente des symptômes si nombreux et si variés, U faut sorria ane ligne moyenne et exposer d'abord les symptômes qu'elle offre le plus communément dans chacune de ses fennes* pois les phénomènes exceptionnels qui s'observent le plos souvent, puis enfin ceux de ces derniers qui sont les plus rares. Mais il n'est pas facile de n'omettre aucun des phénomènes morbides dont elle est susceptible de s'accompagner ; si donc une des formes morbides de la syphilis ne se trouve point mentionnée dans ce traité, il ne faut point en conclure que l'anteor cherche i tromper ses lecteurs ou ne connaît qu'imparfiutement son sujet. Si les principes généraux posés par lui sont exacts, ils serviront à expliquer la plupart des anomalies de la maladie qui fait l'objet de cet ouvrage.

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