‹ Traité de la maladie vénérienneChapitre 19 sur 84 · DANS LES DEUX SEXES · texte numérisé non relu

DANS LES DEUX SEXES

La maladie que je viens de décrire chez l'homine et chez la femme, est locale et limitée le pins souvent à la partie affectée ; aependant il arrive quelquefois que toute la constitution est plus M moins affectée par elle. Ainsi, quelques malades éprouvent As légers frissons avant qu'il se soit formé du pus sur les surfaces malades ; ces finissons sont plus intenses quand la suppuration est lente à s'établir que lorsqu'elle survient promptement. Un homme qui avait contracté la maladie deux fois m'en a offert un exemple remarquable (1). Il m'assura que la première fins il s'était écoulé six semaines entre la manifestation de la maladie et les dernières relations sexuelles auxquelles il se ftt livré auparavant, et que, pendant la plus grande partie de ce temps, il avait été fréquemment tourmenté par de l^rs Ms- ■ons, accompagnés de fiè\Te peu forte et d'agitation , symptômes auxquels il ne pouvait assigner aucune cause, et qui ne furent point amendés par les moyens thérapeutiques usités en pareil cas. La gonorrhée qui survint fut violente, et après son apparition les symptômes précurseurs disparurent, ce qui ne laisse aucun doute sur la cause de ces derniers. La seconde fois, il s'écoula un mois depuis le moment de Tin fection jusqu'au développement de la gonorrhée, et pendant une grande partie de ee temps le malade fut en proie aux mêmes symptômes que cidessus, qui se dissipèrent comme la première fois quand l'écoulement s'établit. On peut considérer ces symptômes comme constituant une sorte de fièvre de suppuration, et peut-être ont-ils lieu souvent dans la maladie qui nous occupe; mais l'inflammation étant peu intense , et par conséquent la fièvre très légère, les malades y font en général peu d'attention. Le malade que je viens de citer, ne se doutant nollementla première fois de ce qui le menaçait, eut commerce avec sa femme ;

(I) Ce cas a été mentionné page 71.

DR LA GONORRHI^R. 187

auM, quand la maladie se développa, eut-il la crainte de la lui avoir communiquée ; mais elle n'éprouva jamais aucun symptôme suspect, ce qui est puissamment en faveur du principe que j'ai établi plus haut, savoir, que la maladie ne peut être communiquée que par le pus (1).

Ces sympathies constitutionnelles qui ont pour point de départ une maladie spécifique, sont les mêmes, quelle que soit la maladie primitive : ce sont les effets sympathiques de l'irrita'^ tion ou d'une violence quelconque , et il est probable que toutes les sympathies éloignées se ressemblent, au moins sous ce rapport, car si elles étaient semblables à leur cause, elles produiraient très probablement dans la constitution une maladie de même nature que celle qui leur a donné naissance (2).

Page 1