CHAPITRE VI
DU nUirBHENT INTERNE OU CONSTITUTIONNEL DE LA OONORBH^B*
Dans le traitement de la gonorrhée, il faut quelquefois prendre en considération l'état de la constitution autant que celui des parties affectées, sinon davantage; mais cette précaution n'est pas nécessaire en général. On puise en grande partie dans les symptômes locaux la connaissance de l'état de la constitution, et l'on doit mettre autant que possible le traitement interne en harmonie avec le traitement local.
Chez beaucoup de sujets à constitution forte et pléthorique, chez qui les actions et la puissance d'action sont également énergiques, on observe que les symptômes sont violents. Ces constitutions ont généralement une grande disposition pour la
iO
146 DE LA ttONOUUlil.
fièvre inflammatoire ; et ce qui peiii être considéré avec le plus de probabilité comme étant leur trait caractéristique, o'est que les symptômes locaux ne s'étendent pas au delà de la distance spécifique. Plusieurs agents thérapeutiques qui pourraient être utiles dans d'autres constitutions se montrent souvent nuisibles dans celles-ciy et exaspèrent les symptômes mêmes qu'ils étaient destinés à combattre. J'ai même vu des lavements opiacés, qui pourtant avaient soulagé d'abord, faire naître enfin ou augmenter la fièvre, et de cette manière exaspérer tous les symptômes. J'ai vu le baume de copahu, dans de tels cas, accroitre les symptômes inflammatoires, probablement parce qu'il suspendait l'écoulement, qui parait être un phénomène salutaire. Lorsque la gonorrhée atteint des sujets doués d'une telle constitution, le traitement doit se composer principalement de moyens évacuants, et les meilleurs sont la saignée et les purgatifs doux. Il est nécessaire de suivre un régime sévère, et surtout de prendre peu d'exercice ; bien que ce mode de traitement ne fasse pas disparaître Tirritation vénérienne, il diminue la violence de l'inflammation et permet aux tissus malades de se rétablir. Il résulte de là que dans ces constitutions la maladie se guérit très promptement dans sa seconde période, attendu qu'il n'existe aucune disposition pour la perpétuation de l'inflammation.
Chez les sujets à constitution faible et irritable les symptômes se montrent souvent très violents, ce qui dépend de ce que les parties sont le siège d'une action très intense ; et l'inflam* mation, dépa>sant la distance spécifique, se propage fréquemment le long de l'urètre, et même envahit la vessie. Loin d'em* ployer ici les évacuants, qui aggraveraient les symptômes au lieu de les amender, il faut fortifier la constitution, afin de la rendre généralement moins susceptible d'irritation.
J'ai vu des malades qui étaient doués d'une constitution telle, qu'ils n'étaient jamais assurés de jouir de vingt-quatre heures de santé : chez eux l'inflammation était intense- et en même temps prenait beaucoup d'extension. Si Ton essayait les moyens évacuants, les symptômes s'exaspéraient; mais lorsqu'on donnait le quinquina largement, les symptômes perdaient presqM immédiatement leur violence, et les malades ne tardaient plia
DB La oonokbhék. l47
M gaéiit «U18 «voir recours A aucun autre médicament. Ici, le qûnqnina agisaait sur la constitution, détruisait l'irritabilité, donnùt aux parties le sentiment exact et eain de l'irritation vénérienne , et ramenait l'inflammation à la condition qu'elle doit préacnter chez un sujet sain, ce qui donnait à la constitutioD Ja faculté de produire la guérison elle-même.
La gonarrhée est ai capricieuse dans sa curation, qu'on voit ^pelt^uefoia l'établissement tout accidentel d'une fièvre arrêter l'écoulement, faire cesser la douleur en urinant, et finalement la fooorrbée ae terminer avec l'afTection fébrile ; tandis que obez d'autres maladea tous lea symptâmee de la gonorrhée ne ceaaent à l'invasion d'une Ëèvre que pour se reproduire après qwa oelle-ci a été dissipée. D'autres fota , la gonorrbée débute d'iue manière bénigne, mais il survient une fièvre intense qui due |4uaieur8 jours, et les symptômes gonorrhéiqnes s'exaspè- NBt; pois, la fièvre disparaissant, la gonorrhée disparaît avee tU*. Bien qu'une affection fébrile n'amène paa toujours la guériaoa de la gonorrhée, cependant comme elle peut avoir ce réraltat, on ne doit rien faire tant que la tîèvre existe ; mois si la gonorihéa persiste quand la flèvre a cessé , il faut alors la trai- Xtt suivant les symptômes (1).
Ualheueuseiurat, il y a des cas où aucun mode de traite-' meut connu ne peut dimmuer les symptômes ; les évacuants ne produisent aucun amendement ; les toniques ont nvnni peu de Hccèa i lea sédatifs et les émoUients ne procurent aucun soulagement ; la temps seul amène la guérison. Dana de tels cas, la méthode adoucissante me parait être la meilleure, jusqu'à ce qae la maladie aoit mieux connue. On ne doit pas avoir recours MU astringents, dont l'influence sur les parties enflammées est ineeitainej souvent, en effet, ils ne diminuent ni l'infiammation, ni la douleur, bien qu'ils puissent rendre l'écoulement moins ■boodul. L«i térébenthines, et principalement le baume de copaha et le benme da Canada, diminuent la disposition des tissus
(I) Oa til ici daas l'^itioo d» Home : * Un bomme qui Taiâsit une
tqjMUùD (KHir cwuikxiUru uoe giiourrtiÉo fui prU de voiuiiifcuieaU «l i^t
dlarrlié«, â l» suite desqucU il«s héoionoidei »• luaniEotlvruul. Ceiitié-
^ wnroiJes BÛgsèrenialNndammoDt.LorMuecaïUDSUvelleaireaioii'jI
' "rtt,ils'»psrsotqM«Hi»toesyiBpthB*>^''fOii(irtMoS»aienl<>îsparu-
Dfi LA OONORRHéfi.
>éoréter du pus, ce qui paraît toujoors salutaire; maisoomiiie ydes n'ont pas en même temps la faculté d'atténuer l'inflamma» tion, elles ne peuvent être que de peu d'utilité.
Indépendamment de la différence des effets de la gonorriiée suivant les différentes constitutions , il est à remarquer que les symptômes de la maladie sont modifiés d'une manière notable par le régime de vie du malade dans la période inflammatoire , et par l'invasion des autres maladies qui peuvent attaquer la constitution à cette époque. Mais ce fait est commun à toutes les maladies ; en effet, toutes les maladies locales (et c'est sous ce point de vue que j'ai envisagé la gonorrbée ) sont toujours affectées par tout ce qui affecte la constitution. La plupart des choses qui précipitent ou excitent la circulation aggravent les symptômes : tels sont, un exercice immodéré , l'usage trop abondant des 1 iqueurs fortes , le choix d'aliments forts et difficiles à digérer, parmi lesquels il en est qui agissent spécifiquement sur les organes affectés, et qui ainsi aggravent les symptômes pins puissamment que s'ils se bornaient à échauffer l'ensemble de l'économie, tels senties poivres, les épices et les spiritueux.
De tout ce qui a été dit plus haut, il résulte que la gonorrhée doit être traitée de la même manière que toute autre inflammation, et que toutes les méthodes de traitement qui ont été employées doivent être considérées comme des correctifs de l'irritation en général et du trouble de la circulation. Dans les cas où la maladie se montre bénigne à son début, où l'inflammation est légère, et dans ceux où les symptômes violents qui ont été décrits ci-dessus ont cédé , on peut administrer, conjointement avec les remèdes locaux que j'ai indiqués, les médicaments qui ont pour effet de diminuer l'écoulement. Parmi ces derniers, ceux qui me paraissent les plus efficaces sont les térébenthines. Les cantharides, les sels de quelques métaux, comme ceux de cuivre, de zinc et de plomb, quelques terres, comme l'alun, ont été fortement recommandés à l'intérieur comme astringents.
Quelle que soit la méthode qu'on ait adoptée pour le traitement de la gonorrhée, soit localement , soit à l'intérieur, il ne faut jamais perdre de vue qu'une certaine quantité de la matière de l'écoulement peut être absorbée et se montrer ensuite sous la ibrroe de syphilis constitutionnelle. Pour prévenir cet effet.
DE LA GONORRHÉI. 149
je pense qu'on doit donner intérieurement de petites doses de memure. Il n'est pas facile de déterminer à quelle époque ce traitement mercnriel doit commencer ; mais s'il est vrai^ ainsi que je Tai expliqué antérieurement, que la disposition syphilitique ime fois formée ne peut point être guérie par le mercure , tûdîs que cet agent thérapeutique a la faculté d'empêcher une parnlle disposition de se former, il importe de commencer de bonne heure et de continuer jusqu'à la fin de la maladie, non seulement jusqu'à ce que la sécrétion du pus ait cessé de se faire, mais encore quelque temps après. On peut employer les frictions mercurielles, lorsque l'estomac et les intestins ne peuvent supporter le médicament.
Cette pratique est d'autant plus nécessaire que l'écoulement dure depuis plus longtemps, surtout lorsque le traitement s'est composé seulement des simples évacuants. En effet, lorsque l'écoulement a une longue durée , l'absorption a plus de temps pour s'exercer ; et lorsqu'on n'a eu recours qu'aux évacuants , il y a plus de raison de craindre qu'elle n'ait eu lieu, car ces médicaments n'ont aucunement la faculté de repousser le virus de l'économie.
Pour empêcher l'établissement d'une syphilis constitutionnelle par suite de l'absorption du pus vénérien, il suffit de prescrire un grain de mercure calciné chaque soir, ou soir et matin; mais il &ut en continuer l'emploi en proportion de la durée de la maladie.
On ne peut jamais constater le succès de cette pratique dans aucun cas particulier, parce qu'il est impossible de dire si le pus a été absorbé, excepté dans les cas où il se forme des bubons ; et toutes les fois qu'on reste incertain sur la réalité de l'absorption virulente, il est impossible d'affirmer qu'une syphilis constitutionnelle se serait manifestée , si l'on n'avait point donné de mercure; car parmi les malades mêmes qui n'ont point pris de mercure, on en voit peu qui soient atteints de symptômes constitutionnels consécutivement à une gonorrhée. Quoi qu'il 0 soit, il est prudent de prescrire un traitement mercuriel, car peut admettre avec raison qu'on préviendra souvent ainsi ! rf biissement d'une syphilis constitutionnelle, lorsqu'on Tadministre à des malades afTedAr
160 DB LA GONORBHÉB.
clebabona qui, sans ce traitement^ détenniiieraieiit oertaimment une infection générale, ainsi que l'expérienee noua ]*a appris ;
AoDtnoN DE G. G. Babinoton. — Les principes sur lesquels Hunter a établi le traitement de la blennorrhagie, bien que cor* rects en général, demandent cependant quelques rectifleations. Sur quelques points, il paraît avoir été égaré par des opinions qui sont au moins très douteuses.
Il est assez bien établi maintenant qu'un traitement mercuriel n'est ni indispensable, ni même utile dans lablennorriiagie. L'emploi du mercure n'exerce aucune influence partieulière sur la marche de la maladie, et c'est une erreur que de croire que l'usage en est nécessaire pour prévenir des symptômes constitutionnels. Cette pratique est également inutile lors même qu'il se forme de la suppuration dans les glandes de l'urètre ou dans celles de l'aine, ou une perte de substance sur les surfaces malades par quelque cause que ce soit. Du reste, l'emploi du mercure ne s'accompagne d'aucun danger, à moins qu'on ne Télève à une dose assez forte et qu'on ne l'administre assez longtemps pour qu*il amène une dépression notable de la tonicité générale, un état alcalin de l!urine, et une irritabilité de toute l'économie.
D'après l'opinion que le pus, de quelque nature qu'il soit, ne peut exercer aucune influence sur la partie qui le sécrète (p. 69), Hunier n'accorde aucune importance à l'écoulement de la blennorrbagie, et conclut qu'en aucun cas l'inflammation n'est augmentée par la stimulation de cette sécrétion de pus, ni diminuée par sa cessation. Cette doctrine ne parait pas s'accorder entièrement avec les résultats de l'expérience. Il est difficile de se rendre compte de l'eflet que produisent les astringents, au début de la maladie, autrement qu'en supposant qu'ils délivrent l'urètre de la stimulation du virus en s'opposant à la sécrétion du pus, et qu'ils enlèvent ainsi la cause même de l'inflammation. En outre, la distinction entre la blennorrhagie virulente et les simples écoulements purulents qui ne dérivent point d'une infection vénérienne, doit être appuyée moins sur la violence des symptômes que sur leur ténacité. L'urètre est souvent le siège d'une inflammation aussi violente que celle de la Uennor-
DB LA QONOIUUISB. 151
rhagie, dans des cas où Ton ne peut admettre aucune infection. L'éeodement peut être aussi abondant, et parfaitement sem* Uable pour la couleur et pour l'aspect. Mais dans ces cas, les •ymptomes inflammatoires s'éteignent spontanément en peu de jours, et rëcottlement diminue en même temps qu'eux, tandis que, sous l'influence de circonstances semblables, TinflammatîoD et l'écoulement de la blennorrbagie persistent pendant des flemaines et même pendant des mois, sans diminution apparente. D*où vient cette différence, si ce n'est que dans les cas d'inflammation simple la cause est temporaire, et que par conséquent l'inflammation qu'elle a excitée ne tarde point à s'épuiser d^elle-même» tandis que dans la gonorrhée il s'engendre un poison, qui agit comme stimulus perpétuel et renouvelle constamment l'excitation qui primitivement a donné naissance aux 83'mptômes morbides?
On ne voit pas pourquoi le traitement de la blennorrhegie difi'érerait de celui des autres inflammations de l'urètre. Mais on doit se rappeler que l'inflammation des membranes muqueuses en général, et en particulier celle delà membrane de Schneider et celle de la membrane interne de la vesâie, ne demandent pas qu'on réduise beaucoup les forces du malade et ne sont point amendées par cet affaiblissement; et quil arrive souvent, si la con« stilution devient irritable par suite d'un tel affaiblissement, que ces inflammations s'aggravent et se montrent trc'S rebelles. Cette remarque, qui s'applique aux inflammations de toutes les niembranes muqueuses en général, acquiert surtout un haut degré d'importance dans les cas d'inflammation de la vessie et de l'urètre, peut-être parce que Its moyens déplétifs ont pour effet de modifier les piopriétés de l'urine et de la rendre alcaline et irritante.
La durée et la violence de la blennorrhogie dépendent beaucoup de la partie de l'urètre oii elle u t'on siégo. On observe de grandes différences sous ce rapport. Dans la plupart des cas, l'inflammation est limitée au voisinage du gland ; mais souvent elle envahit aussi la portion membraneuse, ainsi qu'on peut s'en assurer non seulement pendant la vie par les symptômes, mais encore après la mort parla dissection. Lorsque la maladie est bornée aux trois derniers pouces de l'urclre, il est très rart
162 DB LA OONORRHKB.
qu'elle soit longue oa intense ; lorsqu'elle s'étend au bulbe et aux parties environnantes, les symptômes sont très opinîfitres et très pénibles. A quelques rares exceptions près, la maladie commence au niveau du gland ; lorsqu'elle affecte la portion membraneuse, c'est par suite de l'extension graduelle de l'inflammation, qui se propage le long du canal de l'urètre. Cette extension n'a guère lieu que lorsque la maladie existe au moms dqpuis quinze jours, et si la guérison peut être obtenue dans cet espace de temps, elle est évitée presque certainement.
Les véritables principes qui doivent servir de base au traitement découlent naturellement des considérations qui précèdent.
Si ^e médecin est consulté au début de la maladie, lorsque l'écoulement vi^t à peine de se manifester et est encore très peu abondant, avant que l'orifice de l'urètre se soit tuméfié et que le canal soit devenu sensible au stimulus de l'urine, la maladie peut, dans beaucoup de cas, être entièrement arrêtée par des injections astringentes ou par des médicaments internes qui ont la propriété d'agir comme astringents sur le canal de l'urè* tre, tels que le baume de copabu ou le poivre cubèbe. Mais on ne peut obtenir un tel résultat que lorsque les symptômes inflammatoires ont à peine commencé à se manifester et sont encore au moindre degré possible d'intensité. Souvent il est trop tard au bout de vingt-quatre heures, et presque toujours après quarante-huit heures de durée. Quand il existe une inflammation vive, on peut rarement opérer la suspension complète de l'écoulement, et quand on y parvient, ce n'est presque jamais d'une manière permanente. L'écoulement peut être diminué considérablement, mais cette diminution aggrave l'inflammation plutôt qu'elle ne l'atténue, car elle amoindrit une sécrétion qui a pour effet de dégorger les vaisseaux distendus, et l'inflammation, qui persiste, reproduit inévitablement en peu de temps l'écoulement avec autant d'abondance qu'auparavant. Il est à remarquer que pour que ce mode de traitement réussisse, il est nécessaire que l'écoulement soit supprimé entièrement. S'il en reste une seule goutte, elle fera renaître l'inflammation et la maladie suivra sa marche ordinaire.
Lorsque la maladie est dans des conditions telles, que ce mode de traitement n'ofi're aucune chance de succès, il est néces-
DE LA OONOBBHIE. 158
dft lut laisser suivre sa marche naturelle. Il arrive une épocpe m le canal s'accoutuine à riinpression du virus, et alors ^inflammation se dissipe spontanément. En même temps, le dùnirgieD doit s'efforcer d'en atténuer la violence en écartant tous les stimulants qu'il est possible d'éviter. Les principaux itîmiilaDts sont l'urine et la matière de l'écoulement. Il faut adoucir Turine en neutralisant son acidité et en la délayant considéfablement. Il faut modérer l'écoulement par des médicaments astringents administrés à dose suffisante pour mettre on I^ger obstacle à l'accroissement de la sécrétion sans déterminer aucune diminution immédiate ou notable dans son abondance. Tout ce qui réagit sur les parties affectées doit être évité. Le régime doit être léger et même peu abondant. Le malade ne doit prendre aucun exercice violent. Mais on ne trouve aucun avantage dans une abstinence rigide et dans un repos absolu, et dans les privations capables d'affecter la santé générale ou d'abaisser d'une manière notable le ton de l'économie.
Toutefois, si l'inflammation s'étend aux parties qui environnent l'urètre, ou si elle dépasse la distance spécifique, suivant l'expression de Hunter, ces principes ne sont pas toujours applicables. Lorsqu'il y a de la douleur et du gonflement au périnée, lorsque le col de la vessie est enflammé, la position horizontale et le régime le plus modéré peuvent être nécessaires. Cependant, même alors, la saignée locale est préférable à la saignée générale, et il ne faut pas que Talimentation soit réduite beaucoup au-dessous de ce qu'elle est habituellement dans l'état de santé.
Quand les symptômes inflammatoires ont presque entièrement disparu, que l'ardeur de l'urine et la cordée n'existent plus, que l'orifice de l'urètre a perdu sa rougeur et sa turgescence, et quel* écoulement est devenu moins abondant et moins purulent , les astringents peuvent être de nouveau administrés largement, et, généralement, ils achèvent la cure.
AnomoN de P. Ricord. — Qu'il me soit permis ici de donner les résultats de mon expérience personnelle.
La blennorrhagie est une maladie primitivement et presque toujours définitivement locale.
164 DB Là OONOiAHliE.
Des accidents ou des complications se développent qnelqitefoiiê dans des parties voisines, par continuité on contiguïté dé tissus ; mais les effets sympathiques à distance sont beaucoup plus rares.
Lie nombre et la gravité des accidents sont, non seulement en raison de Tintensité de la maladie première, mais encore en raison de sa durée.
La blennorrhagie n'atteint pas de suite sa plus grande violence ; elle n'a pas non plus de phases régulières à parcourir, ni un temps de durée limité.
Malgré les idées contraires de Hun ter, nous sommes trop éloigné du stahlisme pur pour croire, comme on le fait vulgai* rement, à la nécessité de la suppuration, et au besoin délaisser aller Técoulemeiit. L'abondance delà suppuration est en raison du degré de l'inflammation, et non la cause qui fait diminuer celle-ci. Les prétendus dangers de la répercussion des écoulements ou de leur guérison rapide sont chimériques, et Ton peut établir la proposition contraire, qui veut que plus vite on guérit et plus tôt aussi on se met a l'abri des accidents.
Il résulte de ces propositions que le traitement de la blennorrhagie doit tendre à empêcher son développement, a diminuer l'intensité de ses symptômes quand on n'a pas pu l'arrêter au début, et enfin, daiis tous les cas, à en abréger la durée autant qu'il est possible. Il faut donc diviser le traitement en abortif, en palliatif et en curatif.
Les agents de la méthode aboriive sont directs ou indirects. On peut les employer isolément ou à la fois.
Tant qu'il n'y a pas encore désignes de vive inflammation, au premier, au second, au troisième, au quatrième jour , ou même plus tard, on peut employer les injections de solution de nitrate d'argent, ou ce fiel à l'état solide, en faisant prendre concurremment à l'intérieur le cubèbe ou le copahu. Le nitrate d'argent est un excellent et puissant modificateur des muqueuses enflammées , mais il n'est pas sans quelques inconvénients : il détermine souvent beaucoup de douleurs, et l'inflammation artificielle a laquelle il donne lieu est quelquefois assez vive pour occasionner des accidents qui, bien que passagers, n'en sont pas moins fort désagréables ; j'y ai presque entièrement renoncé.
DB LA GONORJUIÉI. Il
S'O exiile déjà -un peu trop d'inflammation et de ^oulev oa VM ees conditions le manifestent soqb Tinilaenee dee injèo* fions, il faut renoncer à celles-ci, tout en continuant les moyen* inteines, aidés du reste du régime et d'autres moyens que nous allons signaler.
Dès que l'état inflammatoire est franchement établi , la médicstion abortive n'est plus applicable, car elle pourrait pIntAt noire qœ servir.
Alors doit être employé le traitement palliaiifde la période aîguëi qu'on peut ainsi résumer :
Repos général de l'individu , mais , par-dessus tout« repos local de la partie malade ; usage d'un suspensoir pendant la marche et la station droite ; régime sévère, en rapport toutefois avec les forces de l'individu et l'intensité du mal ; éviter les excitants de tous genres, et plus particulièrement les liqueursi la bière, les asperges, etc. ; boissons rafrucbissantes abondan* tes, au goût du malade.
Liberté du ventre à l'aide de lavements ou de légers purgatifs ; bains entiers tièdes et prolongés, en tenant compte toutefois de leurs effets, quelques malades ne s'en trouvant pas bien ; bains locaux comme soin de propreté , ou comme sédatifs, en évitant encore qu'ils ne congestionnent ou ne favorisent l'œdème ; lotions* fomentations, cataplasmes, en suivant les mêmes règles.
Évacuations ssnguines locales quand la maladie existe sans réactions générales, saignée du bras dans les conditions opposées. Dans le premier cas , en donnant la préférence aux sangsues, on doit mettre celles-ci aussi près que possible de l'endroit malade, en évitant, en cas de complication de chancres, les points déclives que pourrait atteindre le pus, et les régions où le tissu cellulaire trop lâche favorise l'œdème et expose à de graves accidents d'inflammation érysipélateuse et même de gangrène, comme on l'a vu pour les bourses, la verge, les paupières, etc. Lorsque l'état aigu cède, ce qui est indiqué par la diminution ou la cessation complète de la douleur en urinant , bien plus encore que par l'absence de celle-ci dans les érections , qui, comme l'observe avec raison Hunter, peuvent faire encore longtemps souffrir après la cessation de tout écoulement, il ne faut plus insister autant sur la médication antiphlogistique , qui.
166 DB LA OONOftRHiS.
loin de guérir dans la plnpart des cas » comme on Fa avancé, tend au contraire i faire passer la maladie à l'état chnmiqiie indéfini.
On doit aussitôt abandonner Tusage des bains généraux, qui non-seulement alors pourraient entretenir la maladie, mais qui même la font revenir , quand on les reprend trop tôt après laguérison.
Le régime doit être rendu graduellement plus tonique, tandis qu'on va prescrire les antiblennorrhagiques proprement dits. Ici , comme dans la méthode abortive , deux ordres de médications se présentent : moyens directs , moyens indirects.
1* Moyem directt. La médication directe , ou locale, doit être mise en première ligne. Les indications qu'elle doit remplir sont : d'isoler les muqueuses malades , en les empêchant de se toucher entre elles ; de s'opposer au séjour ou i la stagnation des sécrétions morbides , et de tarir Técoulement.
La première indication n'est pas facile à remplir dans la blennorrhagie urétrale , bien que je l'aie tentée avec succès dans une foule de cas, comme je le dirai plus tard. Quant aux autres conditions de la médication directe, on y satisfait surtout par Tusage des injections.
Sans chercher ou rejeter d'une manière absolue un spécifique dans les injections , il est bien certain que, parmi les médica* ments qu'on emploie sous cette forme, il en est qui donnent souvent d*heureux résultats. Sous ce rapport, on a mis en première ligne le nitrate d'argent, qui a une action si remarquable dans le traitement de la plupart des inflammations des muqueuses.
La formule à laquelle je donnais autrefois la préférence, et qui est celle dont on peut se servir dans le traitement abortif , est la même qu'a proposée le professeur Serre, de Montpellier, après avoir vu ma pratique :
Nitrate d'argent cristallisé 2 grains.
Eau distillée 8 onces.
Les injections à l'aide de ce liquide doivent être faites avec une seringue en verre.
OB LA OONORRHiB. 167
n fiint que les injecUons soient froides » et qu*on ne les emplfllie pas de paroonrir toute la longueur du canal, afin qu*elles puissent atteindre dans tous les cas les régions malades.
Le nombre journalier des injections doit être limité : six par jour snflbsnt ordinairement, sans fatiguer le canal. Si après un jour ou deux l'écoulement augmente et que surtout il devienne un peu sanguinolent, on les suspend. Alors la sécrétion morbide ne tarde pas à diminuer pour se tarir ensuite, ou tout au moins à revenir au taux où elle était d'abord. Dans le premier cas, les injections ne sont plus utiles ; dans le second, il faut y revenir. Quelquefois cependant, à la dose indiquée, le nitrate d'argent a peu d'effet sur la marche de la maladie ; alors, il faut augmen*ter graduellement cette dose jusqu'à production d'un des résultats signalés.
Le docteur Carmicbael , en Angleterre , en 1841 , et M. le docteur Debeney , en France, en 1843, ont proposé les injections caustiques , c'est-à-dire à 80 centigrammes ou à un gramme pour 30 grammes d'eau distillée, i toutes les périodes de la blennorrhagie. Cette méthode, vivement attaquée par mon savant ami M. le docteur Venot, de Bordeaux, donne souvent des ri^sultats avantageux , comme méthode abortive. Cependant, aujourd'hui, je préfère les injections suivantes :
Esu de rosês. 800 gram.
Solfote de zinc ]hht ffram
Acétate de plomb j e<^ *
Voici une autre formule qui m'a bien souvent réussi :
Eau de roses 800 gram.
Salfate de zinc 4 gram.
Acétate de plomb. . . • 8 gram.
Teinture de cachou. • • )i.A < Laudanum de Sydenbam. j ^^ M.
Il but secouer la bouteille chaque fois , et foire trois injections par jour, en laissant sédourner le liquide une demi- minute, ou une minute s*îl n*y a pas trop de sensibilité.
Il ne faut cependant pas exclure les autres injections de la pratique; on pourrait peut-être en formuler ainsi l'emploi :
ISa DB LA GONURRHÉe.
Injections avec Tacétate de plomb, quand le nitrate d'aigi^iii irrite sans bénéfice ; avec le zinc , quand les dernières restent sans effet ; avec le tannin ; avec le vin, lorsqu'il existe du re- Iftchement et de Tatonie ; laudanisées, quand on a besoin d'un astringent sédatif ; enfin avec le sublimé, l'iode, Tiodurede fer, les caustiques même , quand il faut obtenir , comme nous le verrons plus tard , une modification ou perturbation plus profonde, etc. Les injections avec le chloroforme ne m'ont pas réussi.
On a reproché aux injections : 1^ d'exposer les maladea à des attouchements répétés et dangereux. Cette objection est ridicule.
2^ On les a accusées de pousser la matière contagieuse plus profondément et de prolonger la maladie. Cet effet n'est rien moins que prouvé.
3* On a pensé qu'elles donnaient souvent lieu à l'inflammation du col de la vessie et aux engorgements des épididymes. Bfal administrées, et à des degrés de concentration ou avec des substances non convenables , elles peuvent produire ces effets; mais, dans ces cas, la faute n'est pas au remède, il faut l'imputer à ceux qui l'ont mal appliqué.
4* Enfin l'objection la plus terrible , la plus opiniâtre , est celle qui veut que les injections soient la cause la plus fréquente des rétrécissements de TutHre.
On peut, en opposition avec les idées qu'on tend à propager à ce sujet, dire que non-seulement les injections ne déterminent pas dans tous les cas de coarctations, mais qu'au contraire elles les préviennent quand elles font cesser une blennorrhagie promptement, et que même, dans certaines circonstances d'hypertrophies molles de l'urètre, elles peuvent guérir les rétrécissements qui en dépendent.
Les individus qui ont des rétrécissements après avoir fait des injections , sont ceux chez lesquels récoulement n'a pas été guéri, et a entraîné, par sa persistance, l'altération des tissus, comme cela arrive dans toutes les inflammations qui durent trop longtemps.
En somme , les mauvais résultats des injections tiennent encore à leur mauvaise administration, ou à un défaut d'action.
^ Moji^nâ indirtcU. On doit y recourir dés qu'on commtnce l'usage des injections. Dans quelques cas même, lors* qpe l'iirètre est encore trop impressionnable, ou qu'il s'irrite 8008 l'influence de celles*ci, il faut les employer seuls de prime abord, ou aprl's coup.
On peut les ranger, d'après leur plus ou moins d'efficacité, dans l'ordre suivant : copabu, cubèbe, térébenthines, purgatifs, diurétiques, astringents, toniques, iode, révulsifs cutanés, etc.
Le copabu, auquel Hunter semble n'accorder que la propriété de diminuer la sécrétion morbide sans avoir d'influence bien marquée sur Tinflammation qui la produit, a cependant un effet tel, lorsqu'il est bien employé, qu'on est forcé, malgré les préventions de M. Jourdan , de lui accorder une sorte de propriété spécifique antiblennorrhagique.
Le copabu agit sur l'estomac , les intestins , les voies nrinaires, la peau, et, dans quelques cas rares , sur les centres ntrveux.
Sur l'estomac, il excite des nausées, des rapports^ des vomitaritîons et des vomissements par intolérance, ou bien il détermine des irritations franches et de véritables inflammations. Ces différents effets sur l'estomac sont en pure perte et sans résultats curatifs pour la blennorrhagie.
Dans le canal intestinal , il peut purger simplement , donner quelquefois lieu à de la constipation , ou exciter aussi Vinflammation à difiiérents degrés. C'est toutefois dans cette région des voies digestives que l'action du copahu est efficace. Chez quelques malades , ses bons effets sont en raison directe des éva<« coations alvinesqu'il excite, tandis que chez d'autres on observe les résultats opposés. Ces différentes conditions de succès ne peuvent être déterminées que à posteriori.
Mais l'action la plus puissante du copahu a lieu surtout lorsqu'il est admis à traverser les voies urinaires, ce qui n'arrive que dans les cas où le canal intestinal a pu le tolérer. Cette action se manifeste par un peu d'augmentation dans la sécrétion de l'urine , dont l'odeur change en se combinant à celle du remède; par une excitation quelquefois assez vive du col de la vessie, qui entraîne de plus fréquents besoins d'uriner, et enfin par une chaleur ordinairement accrue dans l'orètre pendant
160 DE LA GONORRUlbc.
rémission. C'est vraiment ici qu'on reconnaît l'action presque spécifique du baume de copafau , et cela est tellement vrai, qu'on peut dire qu'il est aussi puissant contre la blennorrhagie urétrale des deux sexes qu'il est nul pour les autres variétés de cette affection.
Je crois devoir rapporter ici , à l'appui de ce qui précède « l'observation suivante que j'ai publiée dans la 3* livraison de mon Iconographie de V hôpital des vénériens.
Division accidentelle de V urètre : — Urétrile bletmorrha» gique ; — UréiroplaMie . — Tran...., âgé de vingt-six ans, cordonnier , entré le 16 juin 1840, salle 3, n* 25.
Ce malade, à l'âge de sept ans, par un de Ces caprices bizarres qui ont donné lieu à tant d'accidents curieux du côté des or* ganes génitaux, imagina de s'étreindre la verge avec un fil. Ce fil fortement serré un peu en avant de la racine des bourses amena, dès le lendemain, un gonflement considérable des tissus , au-dessous desquels il disparut bientôt en coupant la peau. A la tuméfaction générale des parties et à la section des téguments, se joignit une rétention d* urine que le malade assure avoir été complète pendant 14 jours.
A cette époque, c'est-à-dire au l4' jour , l'urètre fut à son tour divisé par le fil , et il s'échappa une très grande quantité d'urine par l'ouverture accidentelle qui venait d'être opérée.
Ce ne serait qu'alors, s'il faut en croire le malade, quà cause des graves accidents qui survinrent et sur la nature desquels il ne sait pas trop s'expliquer, que ses parents, qui jusquelà ignoraient la maladie, durent consulter un médecin. Nous n'entrerons pas dans le détail des soins qui furent donnés au malade dans cette circonstance; mais nous dirons seulement qu'il se rappelle parfaitement bien qu'on n'a jamais pu retrouver le fil, malgré tous les soins que le médecin mit à le chercher. Quoi qu'il en soit, au bout de six semaines il fut guéri, en conservant toutefois le vice de conformation qu'il venait d'acquérir et avec lequel il s'est présenté à notre observation.
Aujourd'hui la partie spongieuse de l'urètre est divisée dans toute son épaisseur un peu au-devant du scrotum, et le canal est ainsi partagé en deux parties, l'une vésicale, l'autre pé-
DE LA GONORRHÉR. 161
niMiiie. Les deux orifices accidentels résultant de cette division, ttsignës Fan de Tautre d'environ deux centimètres et demi , •ont im peu boursouflés et offrent un renversement en dehors de hi muqueuse, en même temps qu'ils sont dirigés obliquement en bas. Ils se trouvent du reste séparés Tun de l'autre, et entoués par le tissu d'une cicatrice profonde et dure qui forme xmttÊfléee de virole ou de cercle étreignant la verge dans toute sa QÛconférence et au même niveau. Par suite de conditions congénitales, mais surtout par le fait des désordres inflammatoires qui ont précédemment eu lieu, il existe un phimosis qui ne permet en aucune façon de mettre le gland à découvert.
L'émission de l'urine est parfaitement droite, et a peut-être un peu de tendance à se courber du coté du pubis. La moitié antérieure de l'urètre ne semble pas participer autant à cette turgescence érective qu'on observe dans l'état normal , et le gland esteertainement moins vultueux. Cette partie reste aussi complet tement étrangère aux sensations voluptueuses, qui se trouvent limitées à la moitié postérieure du canal, de telle façon que la fosse naviculaire n'est plus, chez ce malade, l'aboutissant ouïe rendez-vous des sympathies de l'urètre. Du reste, l'éjaculation se fiut comme l'émission de l'urine, et sans que le sperme, dont la projection est beaucoup moins forte que dans l'état ordinaire, traverse la moitié antérieure du canal.
Ce fut dans ces conditions que , le l*' juin 1849 et huit jours après un coït , ce malade vit paraître un écoulement blennorrhagique. L'affection commença d'abord par la portion vésicale de l'urètre, et ce ne fut que quatre jours plus tiurd que la portion pénienne devint malade à son tour. Alors l'écoulem^t eut lieu ^ même temps par lorifice de la portion vésicale et par les deux orifices de la portion pénienne (méat urinaire et orifice accidentel) .
Le 17 juin. L'inflammation est partout très intense; la matière de l'écoulement est très abondante, fortement purulente et verdâtre; toutefois , bien qu'il y ait là des caractères très prononcés d'extrême acuité, la portion vésicale du canal, celle qui seule se trouve traversée par l'urine, est la seule aussi qui soit le siège de douleurs pendant l'émission de ce liquide, et l'autre n'est un peu sensible qu'à la pression. Les érections, du reste, ne sont en aucune façon pénibles , le canal se trompant
102 UB 1^ iàomomaHÈm.
divbé dan« la partie la plus favorable pour empëeher ia Aw^ mation de ce qu*on appelle vulgairement la corde^ oa le déâuft d allongement du canal que l'inflammation rend rigide dans la chaudepisse dite cordée. On donne au malade la demi^portien d'aliments, tisane rafraîchissante, bain.
Le 19, l'état aigu a presque complètement cédé an repos tC aa régime antiphlogistique. Il reste un peu de douleur en urinanl ; m donne 24 grammes de pcnvre cubèbe en trois doses ( aiêai» fégime. On suspend les bains.
Le 21 , la sécrétion morbide a considérablement diminvé du eêté de la portion vésicale de Turètre ; tandis que dans la po^ lion pénienne elle n*a subi aucune modilication.
Le 24 9 l'écoulement a complètement cessé dans la portisD tésicàle de l'urètre, on continue le cubèbe; le malade reçoit 1m 8/4 d'aliments.
Le 1" juillet, on abandonne la médication par le cubfckt^; aucune trace d'écoulem^it n'a reparu dans la portion vésicala de l'urètre. L'état de la portion pénienne ne paraît pas modîié; on continue le même régime alimentaire.
Le 6 juillet, la sécrétion morbide reparait dans la portîcm de l'urètre oii elle avait d'abord cessé , et cet accident se trouve peut*être expliqué par ce fait, que pendant l'usage du cubèbe, on tenait les oniices accidentels du canal isolés, tandis qu'après la guérison de la portion vésicale de l'urètre on permit à la matière morbide fournie par la portion pénienne de venir souiller l'orifice du canal qui n'était plus malade.
Le 8 , on reprend la médication déjà suivie et l'on administre 24 grammes de cubèbe; même régime.
Le 16 , la sécrétion blennorrhagique est de nouveau tarie dans la portion vésicale de l'urètre. On continue le traitement, même régime.
Le 17, on fait pratiquer dans la portion pénienne de l'urètre des injections avec une solution de nitrate d'argent (10 centigrammes de nitrate d'argent cristallisé pour 200 grammes d*eau), afin de guérir l'écoulement dont elle est le siège. Même traitement, même régime.
Le 20, sous l'influence des injections au nitrate d'argent, la sécrétion blennorrhagique qui avait son siège dans la portion
|4iipM ém l'wto», a frtiqM eonpiétenent dispara. Mnie 4 aiêne tmitment.
Li 83, il ne reste aoeane trace d'ëcoulement en aaevn point dAOanal, oa cesse tout traitement. Même régime.
Ls96v lagaérison de la blennorrhagie est complète, il n> a pas la moindre aapereécrétion morbide; désirant laisser a« valads ^oelques joon de repos avant de pratiquer l'arétropla»lif qpa iMame son état, il lui est permis de sortir povr sDer ■iltif fin i des affaires particulières.
Sisoqa'il efit proous de revenir plostdt. Tron... n'apa rentrer i r|i9pital qae le 20 octobre ISIO isalle 3, n* 14).
Csst sous le point de vne du traitement externe et de l'action dfs antiblennurrhagiquea pnq>rement dits, qae l'observation que Yçn vient de lire offre de l'intérêt. Les conditions dans lesquelles se trouvait le malade donnaient une belle occasion de reconnaître le mode d'action de ces remèdes presque spédfiques qfmttp la blennorrhagie urétrale, et d'effet presque nu) dans les autres variétés de la blennorrhagie. On a pu se convaincre ici, de la manière la plus évidente « qu'ils agissaient surtout en Vfrttt de modifications particulières qu'ils subissaient en tra%*ersant le filtre des reins, pour être ensuite transportés par l'urine et mis en contact avec les muqueuses malades que ce liquide traverse, et cela dans des proportions mieux appropriées , ou tTfC les seuls principes curaiifs que la chimie vivante et le mécanisme de certaines fonctions ont le secret d'extraire et d'a({diquer. En effet, on se rappelle qu'à deux reprises, chez f ron..., le cubèbe n'a eu d'action curative que sur la portion do l'urètre que traversait l'urine médicamenteuse, tandis que salle qui était restée étrangère à l'excrétion de ce fluide n'a subi aucune modification.
Je ne nie pas pour cela, comme on a voulu me le faire dire, l'action générale des balsamiques; j'admets, avec tout le monde, qu'ils peuvent communiquer certaines propriétés au sang, mo« difier certaines sécrétions. Je suis également convaincu de leur action révulsive. Mais ce que l'expérience m'a enseigné, comme à beaucoup d* autres, c'est que c'est là leur manière d'agir la plus CaiUe ou la ploa incertaine , comme on a pu le voir par la
164 ^E LA C»ON0RRHKE.
persistance de la maladie dans la moitié antérieure de l'nrMiSi de Tion . . . i et comme on peut aussi l'observer tous lei jours dasit le traitement de la balanite, les écoulements vulvaires, vagiaMz, utérins , et dans Toplithalmie blennorrhagique, ou ils neprodoi* sent pas plus d'effet. Si dans quelques circonstances, en portant une irritation plus ou moins vive sur les voies digestives, ils par-viennent à modifier plus puissamment certains écoulemente el à les supprimer même en déterminant quelquefois des vomissements ou le plus souvent de la diarrhée , et sans communiquer ( au moins d'une manière appréciable ) aucun de leurs élémaits à l'urine , l'expérience enseigne que dans ces cas , lasuppression de la maladie n*e8t le plus ordinairement que momentanée, et qu elle reparaît aussitôt qu'on suspend l'usage des médicaments, qui alors n'avaient agi qu'à la manière des révulsifs en général et sans 9picificité. On peut ajouter que y si pour maintenir la cure on porte l'usage des remèdes à des doses plus élevées et de façon à dépasser les bornes d'une sage ré* vulsion , et qu'on parvienne à déterminer un véritable état m* flammatoire de la muqueuse gastro-intestinale , alors encore l'action révulsive cesse et la blennorrhagie reparaît, mais, cette fois, d'autant plus intense ou plus rebelle que la maladie des voies digestives qu'on vient de produire agit dans le sens de celle qu'on voulait combattre , et prive de l'usage d'une mé« dication interne qu'on aurait pu diriger plus sagement.
D'un autre côté, lorsque les balsamiques pris par les voies digestives portent leur action sur la peau et y déterminent des éruptions, on n'observe pas ordinairement d'effet révulsif, et la blennorrhagie, contre laquelle on les administrait, continue comme avant leur emploi , ou même s'aggrave et nécessite presque toujours qu'on les supprime jusqu'à ce que les accidents du côté delà peau se soient dissipés.
Convaincu , comme moi , du peu de confiance qu'on devait accorder à raction générale et révulsive du copahu et du cubèbe, certain qu'il devait y avoir dans les effets de ces agents quelque chose de particulier sur la muqueuse malade , mon honorable collègue, feu Cullerierneveu, avait répété, déjà depuis plusieurs années, quelques expériences sur leur action directe, par application immédiate et en sul)stance sur les muqueuses malades^
D£ LA gonorkhke:. 165
toîlir«îde d'injectîoni, soitaatrement, et il avait reconnu con- IndielQÎreBMot i ce qa'ont avancé quelques expérimentateurs habiles, mais on peu trop prompts à conclure, que les résultats étaûsnt sfdînairement nuls ou nuisibles. J'ajouterai , comme confléBsnt de ces expériences, que je n*ai rien obtenu de mieux da radnîmstration du copahu et du cubëbe par la bouche , ks écoulements réputés blennorrhagiques de la termids rectum ; et œla était ^le à prévoir, les effets devant être itièspeude chose près les mêmes, puisqu'une assez grande quantité de ces substances traverse fréquemment les voies digestives sans subir aucune altération , et qu'on peut alors justement les considérer comme ayant été appliquées directement WK les parties malades.
Aussi, c*est sur les injections ou sur les moyens locaux ap* propriés qu'il faut compter, dans le traitement de toutes les variétés de la bleonorrhagie autres que la blennorrhagie urétrale ; et dans celle-ci on guérit d'autant plus facilement et d'autant plus vite qu*i la médication interne convenablement dosée pour permettre l'action sur les voies urinaires, on associe la médica* tion locale, dans laquelle le nitrate d'argent doit être mis en piemiëro ligne.
Il m'a semblé également intéressant d'ajouter à l'observation précédente les deux nouvelles observations qu'on va lire et que j'ai communiquées à l'Académie de médecine.
Blennorrhagie dans un canal nrètral divisé à sa partie nun/enne^ en aieani de l'angle pèno-scroial. — P... , figé de vingt-quatre ans, est entré à l'hôpital du Midi, le 2 février 1849.
A l'âge de sept ans , ce malade avait eu la fantaisie singulière de retenir son urine, en étranglant sa verge avec une fi* eelle fortement serrée ; la ficelle avait été enlevée au bout de quelques heures; mais la contraction avait assez duré pour nortifier profondément les tissus, y compris l'urètre, et donner lieu à la lésion que nous allons décrire.
A la réunion des deux tiers antérieurs avec le tiers postérieur de la verge, existe un étranglement circulaire , résultat de la compression de cet organe; à ce niveau, la peau présente une cicatricecirculaire, sillonnée, d'environ deux lignes de profondeur: la portion de la verge antérieure à Tétranglement a atteint son
166 DB LA OONOBftHiB.
développement normal. Le canal de lurètre* rompa av-doaiit de cet étranglement, présente mi orifice circulaire nettemenC limité , par lequel on peut introduire une sonde cannelét. Si arrière, la seconde portion de la solution de continuité de l'i* rètre vient aboutir à un orifice plus évasé, plus inégal i|a« le précédent, à bords très irréguliers et pouvant admettre um sonde de calibre ordinaire. Toute l'urine sort par cette ouvertnri^
Les érections sont à peu près comme dans l'élat nèmal. 11 j a un mois, P.... a contracté une blennorrhagie aigui fui, jusqu'au jour de son admission à rhôpital , n'a été Mnunise à aucun traitement. •*
A son entrée i Thôpital du Midi (Ie2février), la maladie Mf cupe les deux portions du canal ; Técoulement très abondant est d'une couleur jaune-verditre; la partie postérieure du eanal est le siège de douleurs assez vives , pendant et après remît* sion de Turine; il y a pendant la nuit quelques éreotimis i peiM .douloureuses.
Le 3 février, le malade est soumis à l'usage d'une émulsien ,de copahu. Pour apprécier exactement l'effet du médieanent dans chacune des parties du canal , je fais obturer avee soin l'orifice antérieur à l'étranglement à l'aide de diachylon, précaution presque superflue, puisque toute l'urine sort par l'ori- Çce postérieur; ainsi l'urine chargée du principe médicamenten ne balaiera que la portion de l'urètre qui est en arrière de la solution de continuité.
Lc6 février, l'écoulement a beaucoup diminué et a ckangéde couleur et de nature dans cette portion ; la pression des doigts en fait suinter une goutte de muco-pus blanchâtre suspendue dans un liquide clair et filant ; les douleurs ont cessé.
Le 8 février, l'écoulement a complètement disparu dans la portion postérieure; alors je reconnnande au malade, qui cen* tinue l'usc'ige du copahu, de faire, dans la partie antérieure qui n'a subi aucune modification, une injection d'arrière en avant (,)ar l'oiifice aitificiel) de toute son urine, au moment où il vient de la rendre.
Le 12 lévrier, il y a déjà une amélioration notable ; la nature de l'écoulement a changé, il est d'une coloration blanc jaunâtre ^t beaucoup moins abondant.
OB LA OONORRHEE. 167
l^ 15.£évrier, la quantité et la coloration derëcoulement sont enoon modifiées ; trois quarts d'heure après les injectionsi on obtient à peine par la pression du canal une goutte de muco-pus trte claîr, à l'orifice du méat naturel.
Le 16 £f?rier« l'écoulement est guéri dans toute la longueur du canal,
J'aireoaeiUi la seconde observation dans ma pratique privée.
SypoêpadioM accideniel; blennorrhayie guérie Êueceêiive* mmU éan9 let deux portiom du canal. — M... était , à la fins , affecté d'une blennorrhagie et d'une rupture de l'urëtri qui avait produit un hypospadias accidentel à la partie moyenne da la verge. Comme dans l'observation précédente , c'était la oonstriction exercée par une ficelle qui avait amené la mortification des tissus et la rupture consécutive de l'urètre ; c'était an même âge^a sept ans, que le malade s'était infligé lui-même cette infirmité.
Jti'ttrine s'échappait par le méat artificiel ; cependant le ma* Jade pouvait lui faire parcourir toute la longueur du canal, en ^tpliquant la portion antérieure de la verge sur la portion postérieure, suivant l'axe de l'organe, de manière à obturer l'ori' fiée traumatique. Le copahu fut donné à l'intérieur, la bien*norrbagie cessa, en peu de jours, dans la partie postérieure de l'urètre; mais elle persistait dans la partie antérieure que l'on ne faisait pas parcourir par l'urine chargée du principe médicamenteux du copahu.
On poursuivit néanmoins, trois jour» encore, dans les mêmes conditions. La guérison de la partie postérieure de l'urètre étant alora parfaitement constatée, on continua l'administration intérienre du copahu, mais cette fois le malade devait faire parcourir à l'urine toute l'étendue de l'urètre, en prenant la précaution que nous avons indiquée ; à l'aide de cette manœuvre, l'urine copahifère opéra la guérison de la partie antérieure du canal, toutefois avec le double du temps qu'avait demandé la guérison de la partie postérieure.
JN'utre savant confrî*re, M. le docteur Hardy, a présenté a la Société des médecins des hôpitaux de Paris des observations
168 DK LA GUNOBRHKE.
de gaérison de blennorrhagies vaginales par l'injection» dans le vagin, d*urine chargée de oopahu. J'ai moi-même rénaai dans quelques cas de balanite.
Mais lorsque j 'ai voulu mélanger le copahu directement à l'urine, après son excrétion, pour l'injecter ensuite, j'ai toujours échoué.
J'ai fait faire des recherches , et j'en fais encore » pour savoir si Ton ne pourrait pas imiter l'urine médicamenteuse préparée par les reins. Je n'ai encore rien trouvé de très satisfaisant.
Le copahu détermine souvent dans les temps froids et humides, au printemps, en automne, des éruptions cutanées, qui se rapportent par ordre de fréquence, à la roséole , à Turticaire, ou à de simples éry thèmes. Ces éruptions ont surtout lieu lors* que les voies digestives sont en mauvais état. Elles s'accompagnent ordinairement de vives démangeaisons et durent rare* ment au delà du premier septénaire, lorsque, reconnaissant la cause à laquelle elles sont dues , on fait cesser celle-ci. Non seulemoit cette action du copahu sur la peau , qui tourmente plus ou moins les malades , est sans bénéfice dans le traite* ment de la blennorrhagie, mais encore il n'est pas rare de voir des malades chez lesquels l'écoulement, d'abord tari , reparaît dès qu'une éruption cutanée vient à se manifester. D'après ces observations pratiques, qu'on peut répéter tous les jours, il faudra bien se garder d'adopter l'opinion récemment professée dans le Dictionnaire de médecine et de chv*urgiepratiqi^^ qui veut que raction du remède sur la peau ne soit pas une contreindication à son emploi.
Je ne saurais parler de l'action du copahu sur la peau , sans signaler une grave erreur commise par M. A. Cazenave,dans son Traité des syphilides. Ce pathologiste considère les exanthèmes produits par le copahu, par le cubèbe, comme étant de véritables éruptions syphilitiques, par cela seul qu'une blennorrhagie a précédé ! Mais , contre quoi donne-t-on ces remodes ! Et est-il besoin de l'existence d'une blennorrhagie pour qu'ils produisent de tels effets!
De tous les effets du copahu, le plus rare est, sans contredit, celui qui a lieu sur les centres nerveux. J'ai cependant eu occasion de voir des malades chez lesquels ce médicament, ad-
DE LA GONORBHKK. 169
à des doses trop fortes, oa d'une manière intempestife, Sffaît produit des sjrmptâmes alarmants de congestion et d'eidtation de la moelle ëpinière et du cerveau /Chez une femme, 3 donna lien à une hémiplégie passagère, qui dispamt aossitfit qa^wait nve ëmptioD rubéolique se manifesta ; tuidis qne chez une antre, son emploi fiit suivi de violentes convulsions, dont la crise hi encore un exanthème aigu.
On a qiplkjué le copahu sur les parties malades : en panse* rnCBls f en injections , en suppositoires. On le fait prendre par l'estomac ou par le rectum.
L'emjdoi direct est nul ou nuisible. Son meilleur mode d'ad* ministration est par Testomac : il est dix fois plus puissant par cette voie que par le rectum, et ce n'est que dans les cas oii Testomac ne peut le tolérer qu'il faut le faire prendre par le gros intestin.
Plus le copahu est pur et sans mélange, mieux il agit. Toutes les préparations pharmaceutiques qui tendent à le solidifier, à lui ôter son goût et son odeur, nuisent souvent à son efficacité.
On peut le faire tolérer par l'estomac en l'associant aux antispasmodiques, aux opiacés, aux toniques, etc. Les boissons gazeuses réussissent très bien dans ce sens : la limonade, l'eau deSdtz.
La forme capsulaire sous laquelle on Vadmînistre aujourd'hui a comititué un véritable progrès en pharmacie.
Lorsque le copahu purge trop, sans bénéfice, il faut Tasso^ der aux opiacés et aux astringents , tandis qu'on doit l'aider de substances purgatives dans les conditions opposées. C'est ainsi encore que, lorsque son action n'est pas assez prononcée sur les vdes urinaires , il faut lui donner les diurétiques pour adjuvants.
Par le rectum, c'est en quarts de lavements, ou sous forme de suppositoire qu'on le fait prendre. Quelques personnes conservent mieux des capsules introduites dans l'intestin au-dessus des sphincters» comme Ta proposé M. le docteur Ratier, le savant collaborateur de Cullerier.
Ce n'est pas en commençant par de petites doses qu'on obtient les meilleurs effets. On peut en donner de quatre à douze
|7Q t>!^ SsA eONOBtHÉB.
gramm^B par jour et jusqu'à plus de trente gramnes* eelm ka ausi^eptibilités individuelles. Quand le copabn a pvodait teii eSet, il ne faut pas en suspendre lemploi bruaquenent: m doit %Uer par doses décroissantes.
Apr&s le copahu » et peut-être sur la mime ligne , on dofl placer le cubèbe comme antiblennorrbagique. Ce dernier médi* cament est moins nauséabond que le premier, mais il est phia irritant, comme aussi il détermine plus souvent la oenstipatien f Uf la diarrhée. Il communique bien moins d*odeur à Turine^ et son action sur la peau est infiniment plus rare.
Plus facile à obtenir pur dans le commerce» et d'un prix moins élevé, il mérite le plus souvent la préférence» en tenant opmpte de quelques unes des propriétés que nous venons de pignaler, et qui trouvent fréquemment leur application.
La dose est de quinze grammes à trente , à soijuuite même par jour. On peut, comme le copabu, auquel on Tnnit seoTint, \p faire prendre sous bien des formes pharmaceutiques : la plvè ainpie est la poudre ; la plus agréable et la plus eomnode est celle de capsules.
Les térébenthines, celle de Venise en particulier, sont bien inoins puissantes, quoi qu'on en ait dit dans ces derniers temps. Les purgatifs ne servent tout au plus qu'à remplir certaines indications, ainsi que les diurétiques, sur lesquels on ne compte plus autant que le faisaient Tode et ceux qui l'ont suivi. Quant aux aslringents, aux toniques, à l'iode, que MM. Richond et Henry avaient tant recommandé, comme aussi les révulsifs cutanés, vésicatoires, bains froids, bains de vapeurs, eto., il ne faut véritablement les considérer que eomme des moyens purér ment accessoires et d'une bien moindre efficacité.
Hunter ne disant rien du traitement de la balanite, ou blennorrhagie externe, qu'il me soit permis d'en dire un mot.
Le meilleur traitement de cette forme de la blennorrhagie consiste dans la cautérisation superficielle des parties n)alatles à l'aide du nitrate d'argent solide, qu'on passe rapidement sur les surfaces de manière à les blanchir, et sans donner le temps au caustique de lespi^nétrer en profondeur. Cela fait, si le gland peut être mis à découvert , on place entre lui et le prépuce un îingt sec à demeure, qu'on renouvelle deux fois par jour. Le«9-
0ft LA OeNOBBHBS. 171
fM 1« balanîte existe sans érosions , de simples lotions d'eau blanehe et Tinterposition du linge seo suffisent. Quand il y a un phimosis plus ou moins prononcé , la cautérisation, en passaot la pierre infernale entre le gland et son enveloppe, pour faire SMoite des injections avec Teau de Goulard , donne les plus lieoreux résultats. Je me sers le plus souvent de lotions ou d*ilijeetions faites deux fois par jour , entre le gland et le prépuee., f fet le liquide suivant :
:y Eau distillée. 200 gram.
Aiotate d'argent. ... t gram.
bsms.
Li ou les autres médications , émollientes , antiphlogîsUqucs , et celles réputées spécifiques, échouent ou prolongent le mal , on obtient les plus rapides guérisons. Le plus ou moins d'iafflammation n'est pas une contre-indication , et ee n'est qu# dans les cas oii l'inflammation est excessive , que des évaeuêr tions sanguines peuvent être ajoutées au traitement , eemait aussi ce n'est que dans les cas de menace de gangrène qu'eÉ opère le phimosis aigu qui peut compliquer la balanite.
Chex la femme, la blennorrhagie vulvaire est la plus faeile ^ guérir. Elle cède aux mêmes moyens que la balanite. Pour fdle qui affecte le vagin, Tétat aigu réclame les antiphlogistiques, l'usage surtout des injections émollientes et sédative!. Mais aussitôt que celui-ci cède , ou quand Tétat chronique le précède ou le suit , le moyen qui m'a donné les plus heureux résultats, que j'ai le premier préconisé et dans lequel j*ai depuis étéiasité, c'est l'emploi du nitrate d'argent, soit solide, sMt liquide. Dans le premier cas , on met les parties à découvert à l'aide de mon spéculum brisé, et, en commençant par les régions profondes, on passe le nitrate d'argent sur toute l'étendue des parois vaginales en retirant l'instrument pour sertir. A la suite de ces cautérisations, on tient le vagin écarté par i^ la charpie sèche qui en isole les parois, comme dans le traitement de la balanite. Ces cautérisations sont suivies, le jour d'après, d'injections ré^iolutives nu astringentes, répétées trois ou quatre fois par jour. L'application du nitrate d'argent s^ide réassit autloul lorsque les follicules muqueux i#n| plus
172 DE LA GONOBBHÉE.
fortement affectés, dans la forme que j'ai désignée sous le nom de piorélyirie. Il faut la répéter à trois ou quatre jours d'infer* vaUe, si la maladie reste dans le staiu quo , ou Tabandonner si le flux s^aggrave ou se tarit. Dans les autres cas, il suffit d'injections faites, deux ou trois fois par jour, avec une solution de nitrate d'argent cristallisé, d'un gramme à deux grammes par cent grammes d'eau distillée.
Dans tous les cas où les injections sont indiquées, l'action du liquide qui constitue celles-ci est bien plus efficace, lorsqu'il est maintenu en contact avec les tissus malades à l'aide de tam* pons qui en sont imbibés. Du reste, on réussit souvent par l'usage de la charpie ou du coton cardé introduits dans le vagin pour en isoler les parois.
Quand la maladie a gagné l'utérus , les moyens que nous venons d'indiquer peuvent encore agir par continuité ou con-* tiguïté de tissus ; mais, il faut le dire, le plus souvent ils restent impuissants. Alors encore, on peut espérer beaucoup de la cautérisation du col et de celle de sa cavité, à l'aide d'un crayon de nitrate d'argent qu'on y introduit avec toute la prudôice nécessaire. On peut faire de la même manière des injections, avec la solution de ce sel, aux doses que je viens de signaler.
Le nitrate d'argent, employé convenablement dans ces cas, ne produit pas plus d'accidens qu'aucune autre méthode , et c'est faute d'avoir lu, vu ou compris , qu'on a pu le blâmer. Les injections utérines, queM. Vidal a failli inventer après moi, produisent dans quelques cas des phénomènes nerveux hystériformes très alarmants et que j'avais déjà signalés dans un mémoire,en 1832 (1). Il ne faut donc les employer qu'avec une excessive réserve, et peutêtre serait-il toujours préférable d'insinuer les liquides médicamenteux à l'aide d'une petite éponge fixéeau bout d'une baleme.
Enfin la blennorrhagie urétrale de la femme rentre , pour le traitement, dans ce que j'ai dit de celle de l'homme, et, pour elle, le copahu et le cubèbe retrouvent leur efficacité.
Je n'ajouterai que peu de mots à ce que dit Hunter du traitement constitutionnel de la blennorrhagie, relativement au mercure. On peut dire qu'il est presque toujours nuisible employé
(f ) Mémoires de f Académie de médecine. Pari9, 1833, t. Il, p. f 59.
DE LA ttONORRHKB. 173
oonune médication générale, et u plus forte raison en applications locakt. Les demùiraitements de M. Lagneau ne sont pas rationnels, etroQ ne doit reconrirà ce genre de remède que lorsque d'antres indications se présentent, telles que la coexistenoe d*nn chancre induré , pour motiver un traitement général , ou odk d'un engorgement persistant, contre lequel on peut appli» quer directement le mercure comme fondant.