CHAPITRE Vin
DES STBSPTOMES QUI PERSISTENT SOirv^ENT APRES LA GUERISON DE
Il arrive souvent » après que le virus est détruit et que l'inflammation est dissipée, qu'un ou deux ou un plus grand nombre des symptômes persistent, et même se montrent plus opiniâtres que la maladie primitive. Quelques uns de ces symptômes se continuent pendant toute la vie, et quelquefois même il en naît de nouveaux aussitôt que les premiers ont cédé. Tous ces symptômes sont attribués ordinairement par les malades, et ce qui est pis encore, par quelques médecins, à ce que la maladie primitive n'a pas été bien traitée. Mais certainement, autant qu'on peut en juger d'après ce que nous savons de la maladie et des méthodes de traitement, l'accusation est fausse. On peut dire, en effet, que les méthodes de traitement, quoique nombreuses, se ressemblent toutes; et Ton observe que les symptômes en question, loin d'être la conséquence de l'une ou de l'autre d'entre elles, se montrent indistinctement après toutes. Cependant on conçoit que certaines constitutions et certaines parties puissent souvent
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im mode de traitement de préférence à un antre, et même en rédamer nn entièrement nouveau. Mais ai, comme il doit arriver aouvent, ces conditions particulières de la constitution ou des parties ne sont point encore connues, c'est une témérité que d'accuser le praticien d'ignorance.
Dana mon introduction , j*ai dit que la maladie vénérienne peat transformer en action des susceptibilités très fortes, qui sont propres à certaines constitutions et à certains pays; et que, comme les scrofules sont très communes en Angleterre, quelques uns des effets de la gonorrhée dans ce pays peuvent participer de la nature scrofuleuse.
Les symptômes qui persistent après la destruction du virua doivent leur continuation, non aux qualités spécifiques du virus, mais aux effets qu'il a déterminés dans les parties malades, c'est-à-dire à Tinflammation et à ses conséquences ; car le même degré d'inflammation, provenant de toute autre cause, laisserait à sa suite la plupart des mêmes effets. Mais je soupçonne que la continuation de Técoulement, qu'on appelle un suintement habituel, fait exception à ce que je viens d'avancer; car il est à remarquer que le suintement habituel est souvent guéri par le même mode d'action qui serait de nature à donner naissance aux autres symptômes , savoir, l'inflammation ; et l'expérience apprend qu'en général un écoulement qui est Teffet d'une violence qui n'a rien de spécifique ne dure pas plus longtemps que la violence, lors même que la cause a agi pendant un certain teinps ; c'est ce qu'on conserve souvent pendant l'emploi des bougies (1).
(I) La cessatioo rapide d*un écoulemeot, après réloigoement d*une caoae matérielle qui aurait pu le produire, comme une bougie, par eiemple. ne doit pas faire admettre, par opposition forcée , reiistence d'une cause spécifique pour celui qui viendrait à durer plus longtemps, en dehors de l'action d'une cause mécanique. Il faut , sans la nécessité du virus vénérien, plusieurs conditions pour qu'une inflammation catarrfaale te développe et suive ses phases. On excite momentanément la moqueuse nasale avec du tabac ; on augmente sa sensibilité et sa sécrétion ; mais d'autres conditions sont nécessaires pour qu'un coryza régulier s'établisse ; et ces conditions ne sont , certes , pas celles de l'existfloce d'une cause spécifique 11 en est de même pour la blennorrbagie : sans les causes accessoires obligées , la cause excitante , quelle qu'elle soit, reste sans eflets : témoin ceux qui résistent à toutes les chances de eoalagioD ; tandis que , avec les prédisposîtioos voulues , les causes les
ItS DB LA «ONOmtHÉB.
Jt doitf placer en tête des syiriptâmee qui survivent à Iftfonorrhée^ la continuation de la douleur que la maladie prtniitive a fait nûtre dane le canal de Turëtre ;
Secondement, Técoulement B.^p^elésuiniefnenihmbituei;
Troisièmement, la cordée;
Quatrièmement , Tirritabilité de la vessie ;
Cinquièmement, Taugmentation de volume et l'induration de l'épididyme.
S I. ll« la oontiaiiatioii de la douleur causée par la gonorrbée.
La douleur qui a pour siège Turètre et le glatid, et i[{tti1nirvit à la gonorrhée , s'observe le plus souvent dans les cas oà la vessie a sympathisé avec l'urètre pendant la maladie. Alors, en effet, on retrouve souvent des restes des anciennes douleurs lancinantes qui se faisaient sentir dans l'épaisseur du gland ou à sa surface, et qui ont leur point de départ dans la vesde. TVnitefois cette souflVance se dissipe ordinairement , et il est rare qu'elle soit l' avant-coureur d'aucun symptôme ftcheux; de sorte qu'on doit la considérer, non comme une partie , rnats comme une simple conséquence de la maladie. Cependant elle est souvent très pénible et trbs fatigante pour le malade, qu elle porte a douter de sa guérison , et qu'elle expose fréquemment à deverïir la dupe des hommes ignorants ou malintentionnés.
Ce reste de douleur variant beaucoup dans sa nature , il est probable que la même méthode de traitement ne doit pas toujours convenir. J'ai vu l'introiluction d'une bougie, répétée un petit nombre de fois, faire disparaître entièrement la sensation douloureuse de l'urètre, et j'ai vu le même nioyt*n rester sans effet. Des injections légèrement irritantes , pratiquées de temps en temps, produisent souvent du soulagement. Vn grain de sublimé corrosif dissous dans huit onces d'eau constitue une bonne injection pour cet objet; mais tous ces topi((ues ne sont, en général , rien de plus que des palliatifs.
plus simples : le flux calaménial , la leucorrhée , l'introduction d'une bougie , des injections irritantes, comme dans les eipériences de Swédtaur , suffirent pour donner lieu à des ôc^ulemtMits analogues en tout aux Usanorrhagies lei> plus complètw. P. HicoaD.
Dft LA OONOBftllte. ISI
J'ai ?a l*aMge de la cî^ë apporter un grand soulagement^ et même, dans quelques cas , procurer une guérison complète, tandis que, d'autres fois , ce médicament ne produisait pas lé flooîndfe effiel.
Un yësicatoire appliqué sur le périnée guérit entiëreméilt qoelqnes uns des symptômes survivant à la gonorrhée, lors Hiême qu'ils s'étendent à la vessie , ainsi qu'il sera expliqué ciaprès. C'est de tous les moyens thérapeutiqVies celui qui paràtt êtfa la plus efficace. Un vésicatoire appliqué sur la région lombaire procure aussi du soulagement , mais non avec la même sfficaeité que lotaqu'il est appliqué au périnée. Les faits suivants viennent , d'une manière fort remarquable , à Tappui de ce qui pieesoe*
Un Portugais» ftgé d'environ vingt -cinq ans, avait contracté une gonorrhée vénérienne dont il fut guéri. Deux ans aprèii plusieurs des symptômes de cette maladie existaient encore, et même sévissaient avec beaucoup d'intensité. Ces symptômes étaient les suivants : besoins fréquents d'uriner, auxquels il était impossible de résister ; ténesme et douleur dans la vessie après la sortie de l'urine ; douleur permanente dans la région de la vessie ; douleur lancinante qui avait son siège dans l'urètre, ei qui s'étendait souvent jusqu'à l'anus ; sensations anormales dans le périnée ; sensation de pesanteur dans les testicules. Dès que le malade rapprochait fortement les cuisses , la douleur eu sensation anormale du périnée était réveillée. ()n crut à Lisbonne qu'il avait une pierre dans la vessie, et il vint à Londres pour se faire guérir de cette maladie. La vessie fut explorée, mais on n'y trouva aucune pierre. On lui conseilla de baigner tous les matins les parties génitales dans de l'eau froide , œ <Itt'il fit pendant une quinzaine de jours sans en retirer aucun avantage. Je fus alors consulté, et l'on me tit conndtre toutes les circonstances qui viennent d'être rapportées. Puisqu'on avait introduit une sonde dans la vessie , il ne pouvait y avoir de rétrécissement. Toutefois je pensai que la prostate pouvait être malade, et j'en fis l'exploration par l'anus , mais je lui trouvai son volume et sa consistance naturels. Ne pouvant constater nullo part une altération appréciable de texture , je considiiaî (Mie aflsctiori comme le seul sffet d'une action vicieuse des
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parties , et , en conséquence , je prescrivis rapjdîcation d'un vésicatoire au périnée. Ce vésicatoire ne fut entretenu que pendant quelques jours, et tous les symptômes se dissipèrent entièrement. Le malade put retenir son urine comme à l'ordinaire ; toute souffrance cessa de se faire sentir , et on laissa guérir la plaie faite par le vésicatoire. Quinze jours environ après ce résultat , le malade contracta une nouvelle g«morrhée vénérienne qui Talsrma beaucoup , car il craignait qu elle ne fît renaître les symptômes dont il venait d*être délivré; mais il n*en fut rien , et il fut promptement guéri de cette noavelle affection. Il séjourna à Londres quelque temps après sa gttérison, et pendant tout ce temps il n'y eut aucune récidive.
Un domestique de la campagne , à la suite d'une aflbotiim vénérienne, éprouvait une sensation douloureuse toutes les fois qu'il urinait; il avait, en outre , un écoulement et une cordée peu intense ; il était en proie à ces symptômes depuis un temps considérable. Dans la pensée que le virus vénérien n'avait pas été détruit , on le soumit à un traitement mercuriel qui dura deux mois , mais sans avantage ; ensuite on le saigna ; puis il fit usage de poudre de gomme arabique et de gomme adragant, et prit du calomel à petites doses, sans que son état s'améliorât. Alors il eut recours à des injections et à des bougies de toute espèce, mais avec aussi peu de succès. Me fondant sur lopinion que les symptômes n'étaient point vénériens , mais qu'ils dépendaient seulement d'une action vicieuse des parties , je fis appliquer un vésicatoire sur le périnée ; ce vésicatoire fut en* tretenu pendant six jours , au bout desquels les symptômes disparurent complètement. Un an après , il n'y avait point eu de récidive.
Cette pratique n'est pas seulement utile lorsqu'il y a eu précédemment une gonorrbée; j'ai fait disparaître ainsi, presque immédiatement, des suppressions d'urine qui dépendaient d'autres causes, dans des cas oii les térébenthines et l'opium, pris àla fois parla bouche et par l'anus, étaient restés inefficaces, et oii il était nécessaire de sonder le malade deux fois par jour pour vider la vessie. Mais je reviendrai plus amplement sur ce sujet.
L'électricité s'est montrée utile dans quelques cas ; on peut
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ÏBÊÊÊj^ff Wûii toQt d'abord, soit quand les autres moyens ontéehoué.
iLOomoN DB p. RicoRD. — - La persistance de la douleur après la cessation d'an écoalement doit rendre les malades plas ré- •erfés que de couliune, attendu que, dans ces circonstances, les récidives sont très &ciles.
n est des cas dans lesquels la persistance de la douleur oonstitoe une yéritable névrose, une urétralgie, à type continu, ou quelquefois irrégulier, ou franchement intermittent.
Aux moyens thérapeutiques signalés par Hunter, il faut surtout ajouter les quarts de lavements froids opiacés ; les frictione landanisées, ou avec l'extrait de belladone, sur le trajet de Turètre , ces substances portées dans le canal à l'aide d'une bou* gie ; mais par-dessus tout, d'après les idées de M. le professeur Lallemand, de Montpellier, et à l'aide de son instrument , la cautérisation superficielle du canal.
L'emploi du vésicatoire saupoudré d'un sel de morphine, dans les cas qui résistent , et l'usage du sulfate de quinine uni au camphre , quand une intermittence un peu prononcée a lieu , m'ont souvent bien réussi.
Quelle que soit la méthode à laquelle on a eu recours dans le traitementde l'inflammation vénérienne, soit qu'on aitemployéles injections» soit qu'on ait fait usage de médicaments internes (mercanaux, purgatifs ou astringents) , il arrive sou vent que la sécrétion du pua persiste et se montre plus longue et plus di£Eicile à guérir que la maladie primitive. En effet, ainsi que je l'ai déjà dit» l'uiflammation vénérienne est d*une telle nature , qu'elle cesse ou s'use d'elle*même; en d'autres termes, c'est une action du principe vital qui ne peut s'accomplir que pendant un certain temps. Mais il n'en est point ainsi pour le suintement habituel, qm semble avoir pour cause une habitude de l'action que lea parties ont contractée ; ces dernières n'ayant aucune disposition à abandonner cette action, l'action se continue, et l'on observé que cette habitude est d'autant plus enracinée, que la gonorrbée a daté plus longtemps et a été plus difficileà guérir.
Ifl^ DC LA OONORIH^.
Cependi^nt le suintement habituel ne manifeste pu toiijwm ime disposition à se perpétuer ; on le voit souvent a*anêtèr de lui-même, et cela après que tous les modes de traitement ont ^■employéa sans succès. Il est très probable que cette eeisa*tion est l'effet de quelque changement accidentel qui 8'q)ère dfuia la constitution, et qu elle ne dépend point de la natnrê même de la maladie.
J'ai soupçonné quelque ohose de scrofnleux dans certains l^inteiqents habituels. En effet, on observe fréquemment qa'un trouble apporté aux actions naturelles d'une partie est la cause qui fait que cette'partie devient le siège d'une nouvelle maladie paur laquelle il y avait une grande disposition dans la constitution. Ainsi, un refroidissement qui porte sur les yeux produit uae atonie scrofuleuse de ces organes avec écoulement abonéfoii ; certaines tuméfactions scrofuleuses des amygdales re-* connaissent la même cause.
Cette opinion sur la nature de certains suintements habituels aat corroborée par le résultat du traitement ; en effet, les bains de mer guérissent plus de suintements habituels que les bains froids ordinaires et toute autre espèce de bains. Je n'ai jamais essayé dans ces cas les médicaments internes que Ton prescrit généralement contre les scrofules ; mais j'ai vu Teau de mer étendue, employée en injections, guérir quelques suintements habituels , bien qu'elle ne soit pas toujours efficace.
On admet généralement que le suintement habituel naii de la faiblesse. Cette explication ne nous donne certainement aucane idée de la maladie, et, en vérité, aucune idée ne peut être attachée à cette expression. Far faiblesse mécanique y on entend l'inhabileté à accomplir une certaine action, à supporter une certaine force. On attache la même idée à \H/aièless€ ani* maie. Mais si Ton emploie cette expression pour désigner l' accomplissement d'une action non ordinaire ou additionnelle, il m'est impossible d'y attacher un sens précis.
Les moyens thérapeutiques employés ordinairement sont fondés en grande partie sur cette idée de faiblesse. Mais il est à remarquer que le traitement qui dérive de cette manière de voir, loin de répondre dans tous les cas au but qu'on se propose.
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fait MUf ent da mal, tandis que la pratique contraire est suivie daneoès.
La suintement habituel diffère de la gonorrhée par les cir* OQMtances suivantes : 1^ bien que le suintement habituel sdt UM conséquence de la gonorrhée, il est parfaitement innocent ams le rapport de la contagion ; 2» quand Técoulement dépend d*on véritable suintement habituel, il diffère de celui de la gonorrhée en ce qu'il est constitué par des globules nageant ou tenus en suspension dans un mucus visqueux et non dans de la sérosité. Mais Turètre est dans une telle condition, qu'il revient faeileroent à la formation du pus , ce qui arrive souvent sous rinfluence de la moindre augmentation d'exercice, après l'usage d'aliments ou de boissons de difficile digestion, ou par toute oause qui accélère la circulation ou échauffe le malade. Toutefois je ne pense pas que le virus se reproduise ; mais c'est une chose dont je ne suis pas certain, car, ainsi qu'il a été dit plus haut, il y a des cas qui rendent difficile la solution de cette question.
Je suis porté à admettre que la matière du suintement habituel nul de la surface de Turëtre seulement, et non des glandes de ce canal. En effet, j'ai remarqué plusieurs fois que lorsque le canal venait d'être nettoyé par le passage de l'urine ou par une injection , si une idée lascive faisait couler le liquide muqueux naturel, ce liquide était très pur, ce qui, sans doute, n'aurait pas eu lieu si les organes qui sécrètent ce liquide concouraient à la production de la maticTe du suintement habituel (1).
On suppose que le suintement habituel est une maladie propie à ce qu'on appelle une constitution relâchée. Mais c'est une doctrine que mes observations ne justifient point complètement}
(4) On lit ici dans rédiiioa da Home : « Uo malade est atteiot d'ua saintement habituel , qui 8*accompagne quelquerois de douleur en uriasnt : récoulement est provoqué lorsque le malade voyage en diligence, 8*ii s'assied sur an coussin , et non s'il s'assied sur un corps dur ; Fé^ coulement ne se produit jamais après Téquilation , pourvu que le malade ne repose pas sur une selle rembourrée. »
L'aaalomie pathologique m'a appris , contrairement à ce qu^avance Soater , qu'on trouve les mêmes éléments des membranes moqueuses affectés dam la blennorrMe ou état chronique, et dans la biennorrhagie ooélataigu. P. Rigobp.
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au moins ai-je vu des cas où j'aurais dû m'attendreà voir lago* norrhée se terminer ainsi, si la cause générale assignée au suintement habituel était réelle, et où cependant aucun suintement habituel ne se manifesta; tandis que j*ai vu ce dernier survenir chez des sujets à constitution robuste, au moins en apparence , sous tous les autres rapports. Le suintement habituel ne succède pas toujours à une gonorrhée ; il peut être la conséquence d*ane autre maladie de l'urètre. Je crois que les rétrécissements de l'urètre sont presque toujours accompagnés de ce suintement. Il peut dépendre aussi d'une maladie de la prostate.
Quand on ne peut assigner aucune cause évidente à un suintement habituel, et qu'on ne peut admettre qu'il soit le retour d'un ancien écoulement chronique consécutif à une gonorrhée , on doit soupçonner la présence d'un rétrécissement ou d'une maladie de la prostate, et Ton doit rechercher si le jet de l'urine est plus petit qu'à l'ordinaire, si l'émission de ce liquide est difficile, si enfin les besoins d'uriner sont fréquents. Si ces symptômes existent, il faut introduire une bougie de médiocre grosseur. S'il y a un rétrécissement , la bougie s'arrêtera au niveau.de l'obstacle ; mais si elle pénètre avec assez de facilité jusque dans la vessie, il est probable que c'est la prostate qui est le siège de la maladie (1), et cette glande doit être explorée. Mais je reviendrai plus amplement sur ce double sujet.
Addition de G. -G. Babington. — Le suintement habituel peut dépendre de toute cause d'irritation ayant son siège dans une partie quelconque des voies urinaires , ou même dans leur voisinage. Les hémorrhoïdes, et, chez les enfants, les vers intestinaux, lui donnent naissance fré(|uemment. De même, il peut être produit par un calcul ou par toute autre maladie delà vessie ou des reins, et surtout, ainsi que Hunter vient Je le dire, par un rétrécissement du canal de l'urètre. Mais ce qui , à part les rétrécissements, agit peut-être le plus souvent comme cause
(4) Une bougie pénétrant avec assez de facilité dans la vessie oe saurait indiquer, comme le veut Uunter, la probjbllité d'une maladie de la prostate, pour rendre compte de la persistance d'un écoulement.
P. Ricofto.
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de iuniteineiit habituel , c'est une altération de la sécrétion urinaire, en veiia de laquelle l'urine contracte des qualités trop acides ca trop alcalines, et devient ainsi une cause permanente d'irritation, qui amène des désordres variés des organes urinaires, dont Tun des plus fréquents , au moins chez les sujets qui ont été atteints deblennorrhagie, est le suintement habituel. Le traitement du suintement habituel consiste principalement à rechercher et à enlever les causes d'où il dépend. Tant que ces causes existent, les moyens thérapeutiques qui s'adressent directement à l'écoulement sont généralement inefficaces» ou n'ont qu'un effet temporaire. Quand la cause d'irritation, quelle qu'elle soit, a été détruite, il est rare qu'on éprouve beaucoup de difficulté à combattre la sécrétion excessive de Turètre.
La même remarque s'applique à la leucorrhée chez les femmes. Cette affection est généralement entretenue par quelque trouble de l'utérus , comme l'aménorrhée ou l'irritabilité de l'orifice utérin. Tant que ce trouble persiste , aucun remède n'est ^cace ; mais lorsqu'il a été réprimé d'abord par un traitement approprié, il est ordinairement assez facile de faire cesser l'écoulement, en persévérant un peu dans l'usage des astringents les plus ordinaires.
$ m. TirMlgnual d« MÙBi«iii«Bt habâta«l; trattcment eoaftitiitâoaa*! ;
tr«îl«ineiit IooaI.
Comme la matière du suintement habituel ne possède aucune qualité spécifique, et que cette affection dépend de la constitution du malade ou de la nature des parties elles-mêmes , il ne peut y avoir aucune méthode certaine ou invariable de traitement ; et, comme il est très difficile de reconnidtre la véritable nature des diverses constitutions et les véritables conditions des parties malades, il est aussi très difficile d'indiquer les agents thérapeutiques qui doivent combattre la maladie avec efficacité. Telle est, en effet , la diversité des constitutions , que ce qui amène la guérison dans un cas aggrave la maladie dans un autre.
Il y a deux manières de traiter le suintement habituel, constitutionnellement ou localement.
On peut soppoeer que les médicaments pris à l'intérieur dans
194 DK LA OONORRifl^S.
le but de guérir le euinteroent habituel agiteent de i'ttut dee trob manières euivantes : oomme spécifiques (1), corome fortifiante, comme astringents.
L'action spécifique des médicaments internes sur les organes en question n'est pas très puissante ; cependant lobservatûm prouve que quelques uns d'entre eux, oomme les baumes , Isa térébenthines, les cantharides, sont utiles, surtout lorsque la maladie est peu intense. Je crois avoir constaté ce fait, savoir, que quand les baumes, les térébenthines ou les oantharides sont efficaces, ils le sont presque immédiatement ; de sorte que si je ne vois pas ces médicaments faire cesser complètement on diminuer le suintement habituel dans Tespace de cinq ou six jours, je n'en continue jamais l'emploi plus longtemps. Lors même qu'ils Tont diminué ou ^complètement détruit dans cet espace de temps, il se rsproduitsouvent quand on en cesse l'usage: c'est pourquoi il faut les continuer pendant un certain temps après que les symptAmes ont disparu. J'ai vu des cas où le suintement habituel disparaissait immédiatement par l'usage du baume de oopahu , et reparussait dès qu'on le suspendait. J'en ai vu d'autres où la maladie a été suspendue pendant plus d'un mois par le même médicament, et s'est manifestée de nouveau dès qu'on en a cessé l'usage, pour s'arrêter une seconde fois aussi promptement lorsque le malade y est revenu. Dans de tels cas , il faut recourir aux autres méthodes de traitement. On peut administrer les baumes, soit seuls, soit mêlés à d'autres substances, afin de les rendre moins désagréables (2).
Les fortifiants généraux de la constitution ne sont utiles que lorsque les parties intéressées agissent simplement comme parties de cette constitution. En disposant tout l'ensemble à agir normalement , on dispose aussi les parties malades à agir de la même manière. Par fortifiants généraux, j'entends les bains
(t) Je dois faire remarquer ici que, par le mot sp^ci/i^ues, je De ?eux point désigner des médicaments qui agissent spécifiquement sur la maladie, mais seulement des substances qui agissent spéciriquementsur les organes malades, comme les térébenthines, les cantbarides, etc.
J. liDNTRa.
[i) On lit dans Tédilion de Home : a Je crois que le bauoie de oopaha guérit le suintement habituel d'une manière plus durable que les iiqec« lions, parre qu'il exerce une action spécifique for les psrtlss ***'■■* * -
DR LA GÛNORRHÂE. 195
tniàtf ki baim de mer, le quinquina et le fer. Les astringents |rii i l'intérieur n'ont pas une influence bien marquée , et s'ils Maisnt plus paissants leur emploi pourrait être accompagné de 4aBgmi, e«r nne substance capable d'agir sur la constitution «rat la fiiree qui serait nécessaire ici , pourrait affecter grava- WÊÊùt phiBÎeurs des opérations naturelles de l'économie animale. Oadopne oomunémentles gommes astringentes et ToiLydedefer.
La seconde méthode de traitement consiste dans les appliaatinni locales. Ces dernières sont de quatre espèces, savoir : lai médicaments spécifiques , les astringents , les irritants , et cnix qui agissent par dérivation .
On peut admettre avec raison que les spécifiques appliqués Iscaliment doivent avoir des effets plus marqués que lorsqu'ils ■sntpria à l'intérieur, parce qu'on peut les employer à un degré es eoneentration plus fort que celui auquel ils peuvent être intooduita sans danger dans la circulation générale. C'est une chose que je crois avoir constatée par l'expérience.
Lss astringents que l'on emploie communément sont la déeoetkm de quinquina, le vitriol blanc, l'alun et les préparations de plomb. L'eau vitriolique bleue (aqtia vitriolica carulea) de la Phanaaeopée de Londres , étendue dans huit parties d'eau , eooatitae une très-bonne injection astringente. Les remarques qoe j'ai faites à l'occasion des spécifiques doivent s'appliquer aux astringents. Je crois qu'ils agissent à peu près de la même manière et qu'ils produisent les mêmes effets. Il est difficile de dire quel est leur mode d'action.
Quand l'une ou l'autre de ces méthodes a été employée et a fraduit l'effet qu'on en attendait, on doit la continuer très longtemps après la cessation des symptômes , et la durée de son cmpbi doit être en proportion de la durée de la maladie ou de la firéquence de ses récidives. Si la maladie dure depuis longtemps, on peut être sûr qu'il existe une forte disposition pour elle, et ai elle s'est reproduite fréquemment sous l'influence da OMnndre accroissement de la circulation, on doit s'attendre i la voir renaître encore. Dans ces cas , pour modifier la dispaahkm moibide , il faut continuer le traitement pendant un
'«l^|Meatiem irritantes eont des injections , ou des bou-
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gieSy soit simples , soit enduites d'une substance irritante. Un Tiolent exercice peut être considéré comme ayant le même effet. On ne doit jamais recourir à ces applications qu'aprës que les autres modes de traitement ont été essayés suffisamment et sont restés inefficaces. Elles diffèrent des précédentes en ce qu'elles produisent d'abord un écoulement plus considérable que celui qu'elles sont destinées à guérir ; et cet accroissement de l'écoulement peut , ou non , continuer aussi longtemps que l'application elle-même. Il résulte de là, qu*il est nécessaire de rechercher combien de temps leur application doit durer pour nmener la guérison d'un suintement habituel. En général , la durée de cette application doit être proportionnée à la violence du remède et à la nature des parties qui sécrètent la matière de I Woulement ; elle doit dépendre aussi de la force plus ou moins grande et du dogro d'ancienneté de la disposition , et enfin da plus ou moins d'irritabilité des parties. Quand les parties sont faibles ou irritables, ou faibles et irritables à la fois, il ne faut point avoir recours aux injections irritantes ; mais lorsqu'elles sont fortes et non irritables , on peut les employer avec sécu* ritt^. Dans ce dernier ras« si Ton fait usage d'une injection qui stiinuif Irès-vivomont, il suffit souvent de l'employer deux ou trois fois par jour. J'ai connu un malade qui, ]X)ur un suintement habituel dont il était atteint depuis deux ans , s'injecta dans l'urètre de l'extrait de Saturne non étendu. II en résulta une intlanmiation intense ; mais quand l'intlammation fut guérie, le suintement habituel se trouva guéri étralement.
On obtiendra une trt^s l>onne injection irritante en faisant dissoudre deux i;rains de sublimé corrosif dans huit onces d'eau.
Li^rsque le suintement habituel est ancien, il peut exiger une semame ou dav.intag:e ^x^ur sa guérison, même sous l'influer.ce des mjivtions irritantes ; et si .injection est peu irritante, de manière qu elle ne prv^uise que |vu de d^^uleur et n'augn^ente que i^^u l\vou!en;t r.l, la i:ueri>on ^^eut se fd:re attendre pendant qumze jours. .^lAl^ :'. e>t une j rts. .iutior. tK-s inifoitAile à à prendre dans 1 euip^*; des aijtvtiov.s irrtdiiies ; il faut s assuivr d'abord « s'il * •le. qu't !e> i 'Vcvn mal.
Dus beaucoup d l èir« di sr i sac
DE LA GONOUtHÉE. 197
pareille connaissance ; mais il faut s'enquérir de la nature des parties malades aussi exactement que possible; c'est-à-dire, s'infonner si déjà elles n'ont point souffert du traitement qu*on se propose d'employer , et si elles ont une telle susceptibilité pour Firritation, qu'on doive craindre que celle qu'on veut faire nûtie ne se pn^age le long de l'urètre et ne produise des symptfimea dans la vessie, car alors les applications irritantes, loin de réussir, produisent souvent des accidents plus graves que cens qu'elles sont destinées à guérir.
Les bougies peuvent être classées parmi les applications irritantes I et , dans beaucoup de cas , elles agissent comme des initants très violents. Elles paraissent avoir plus d'e£Eicacité que les injections, mais elles mettent plus de temps à produire leur plein et entier effet. Une bougie simple ou non médicamenteuse suffit en général pour la cure du suintement habituel ; die doit être appliquée pendant un mois ou six semaines pour produire une guérison sur laquelle on puisse compter. Si les bougies sont disposées de manière à ne pas stimuler seulement comme corps étrangers, la guérison sera obtenu plus promptement. Je pense que la meilleure manière de les rendre médicamenteuses consiste à mêler un peu de térébenthine ou un peu de camphre à la composition , de manière qu'elles puissent agir spécifiquement sur les parties qu'elles touchent; mais il faut avoir grand soin de ne pas produire une irritation trop forte.
Le volume des bougies doit être plus petit qu'à l'ordinaire; il n'est pas nécessaire qu elles aient plus de cinq ou six pouces de long, car il est rare que la disposition au suintement habituel occupe une plus grande étendue de l'urètre; mais il n'y a aucun inconvénient à introduire une bougie de la longueur ordinaire dans toute l'étendue du canal.
Dans le traitement du suintement habituel par les bougies» noua n'avons aucune règle fixe pour nous indiquer quand il faut en cesser l'usage, car souvent l'écoulement continue aussi longtemps que dure l'emploi des bougies. Si l'écoulement cesse au moment où l'on abandonne les bougies , après en avoir fait usage pendant plusieurs semaines , on peut espérer que la cure ^ mais tfi alors il ne présente aucune diminutioiit
ifW OR IJI r.'ON'ORRHLE.
il est plus que probable que les bougies sont incapables d'ame* ner la guérison ; c'est pourquoi il n'est guëre utile d'y ayoir recours de nouveau. Cependant, si le suintement habituel ft subi une diminution , il est rationnel de recommencer , et il est convenable d'augmenter les propriétés irritantes de la bougie , afin de l'accommoder à Tirritabilité moins viye des tissus.
Le quatrième mode de traitement est fondé sur la sympathie; il consiste à produire dans une autre partie du corps une iifita« tion qui fasse cesser l'action morbide de l'urëtre.
J*ai vu un suintement habituel très opiniâtre, accompagné d'une douleur assez vive de l'urètre, principalement au moment du passage de l'urine , cesser complètement à l'apparition de deux chancres sur le gland. Le malade avait pris tous les rernk* des recommandés généralement et avait fait usage des bougies, sans aucun effet.
Un homme m'a dit avoir guéri deux personnes de suintements habituels , par lapplication d'un vésicatoire à la face inférieure de l'urètre ; et j*ai vu l'électricité triompher de plusieurs suintements habituels anciens qui avaient résisté à tous les moyens employés ordinairement. Ces divers modes de traitement modifient la disposition locale.
Quelle que soit la méthode de traitement que Ton ait choisiei le repos et la tranquillité sont d'une haute importance dans la plupart des cas ; en effet . j'ai souvent observé que l'exercice était une cause , non seulement de persistance , mais encore d'nccrnissenn'nt et de récidive de Ti^oulenient. Mais il ne faut pas adopter ce principe trop rigoureusement, surtout dans les cas qui ont été tiaités sans succ^s. car j'en ai vu qutlques uns où la maladie a été euérie immédiat*" ment après que le malade eut repris l'u>;j^c du ^îieva!» qui était interrompu depuis longtemps.
On doit s'attacher d'une manirre toute particulière à mettre une prande reculante et unejrrande modération dans le régime; car les im^ularites qui pi'^rtent '•urce pt^int mipei^hent la guéri wn ou déterminent le ret'^ur de la maladie
l.e coii pri>duit souxfijt une îtvuîjve ou une augmentation du suinttMnent habituel . et alors on Nfup-ço» * nouvelle infec-
tion. Mal^ il V a . < pU rxa' la maladie et
Dl LA GONORRHÉE. 199
«M BOttvaUe infection, cette différence, que dans le premier cas rttngnwntatîon on le retour de l 'écoulement suit de si près le coït, qnt la manifestation en est presque immédiate ; or cette cir» coMtance, réunie aux autres symptômes, permet en général de leeowialtre la nature de l'écoulement.
La traitement da snintement habituel chez les femmes est à pen de chose près le même que chez les hommes, sauf Tempbi de ce que j'appelle les médicaments spécifiques ; car cette afleclion ebei la femme a son siège principalement dans le vagin, et je pense que la membrane muqueuse de ce canal n'est pae plna affectée par les térébenthines que les autres parties du corps; maie le vagin étant moins irritable que l'urètre de l'homme, les astringents qui y sont injectés peuvent être beaucirap plus énergiques. L'emploi des bougies n'est point applicable aux cas d'écoulement chronique du vagin ; et , lorsque le saintement habituel a son siège uniquement dans l'urètre chez la (emme , je pense que la maladie n'attire presque jamais rallention.
Amitioii db P.Ricord. — Rien n'est plus commun que la persistance de certains écoulements à l'état chronique ou de blennorrhée, arrivant chez quelques malades à un léger suintement ronqueu habituel , se présentant sous la forme d'une goutte plus on moins forte , surtout le matin , et à laquelle on donne vulgairement le nom de goutte militaire .
Aux moyens dont il a été question , et à ceux que signale Hunter, qu'il me soit permis d'ajouter ceux qu'une expérience journalière me permet de recommander.
Injections. Dans les cas rebelles et dans lesquels aucune altération de tissu n'existe encore, l'iode a souvent réussi, surtout dans les conditions si bien observées par Hunter , dans lesquelles les scrofules semblaient prendre part à la maladie, ou l'entretenaient. On fait alors faire des injections avec de l'eau distillée , additionnée d'une goutte de teinture d'iode par 30 grammes. On augmente la dose de l'iode, ensuivant les règles que j'ai posées autre part, jusqu'à ce que l'écoulement s'arrête, ou qu'augmentant souBrinfluence de ces injections, on soit forcé deleesœtiendre.
200 Dfi LA GONORRHËfi.
D*aprës les mêmes données, j'ai employé avec succès, dans une foule de cas rebelles, le proto-iodure de fer en solution, en commençant par cinq centigrammes pour trente grammes d'eau distillée.
Mèches, Une pratique récente m'a aussi fourni de nombreux résultats favorables. J'ai posé ailleurs, comme principe, qu'une première condition de guérison dans les inflammations des muqueuses consistait à les isoler , en empêchant leurs surfieu^et de se toucher. Cette condition dans la blennorrhagie urétrale serait encore plus importante que celle qui mettrait les parois de l'urt'tre à l'abri du contact de l'urine. Mais dans l'état aigu, les inconvénients de l'introduction plus ou moins pénible de corps étrangers , pour satisfaire à cette indication , l'emportent sur les bénéfices , qui restent seuls à la période de chronicité. Ici j'emploie souvent, avec succès, quand la plupart des autres moyens ont échoué , une mèche de linge sec introduite dans le canal à l'aide d'une canule en gomme élastique et d'un mandrin. Cette mèche est laissée de place jusqu*à la prochaine émission d'urine, pour être renouvelée, et ainsi de suite jusqu'à la guérison, qui a quelquefois lieu dans sept ou huit jours, ou plus tard (Ij.
Ces mèches, que j'emploie d'abord sèches, peuvent être enduites de substances médicamenteuses ; on peut aussi les remplacer par les petits sacs cylindriques de baudruche de Ducamp, comme l'a fait M. Crespiat ; petits sacs qu'on introduit d'abord vides, et à Taide d'un mandrin placé dans leur intérieur, et qu'on peut ensuite distendre avec de l'air ou de l'eau.
Bougies . sondes. Les bougies et les sondes triomphent souvent de quelques écoulements réfractaires à tout autre moyen. Ces instruments , simples ou médicamenteux, peuvent être employés d'une manière temporaire ou à demeure.
Dans quelques circonstances , il suffit d'introduire une bougie, une ou deux fois par jour, et de la laisser séjourner une ou deux minutes , ou plus , dans l'urètre , pour obtenir le résultat voulu. Toutefois la j^uérison ne s'effectue pas toujours de la même manière. Le plus ordinairement, la sécrétion morbide est
{ i ; Voyez mon Traité pratique des maladies vàivrienneê. Pttrii.l8M.
DB LA GOMORRHjiB. 201
d'abord augmentée, rinetrument agissant, comme le fait obseriPtrHmiter, à la manière des irritants; tandis que, dans d'antres circonstances, peut-être plus rares, elle se tarit insensiblement , sans avoir été préalablement avivée. Dès que la sécrétion morUde a été assez fortement accrue , ou qu'elle a eesséd'cnster, il faut suspendre T usage de Tinstrument, qui entrciiendiait ou aggraverait même la maladie dans le premier cas, on pourrait la ramener dans le second, après avoir guéri.
Lorsque» par l'emploi temporaire des bougies, en en augmentant graduellement le calibre, on reste dans le siaiuquo, ou que de leur introduction répétée il résulte trop d'irritation , il faut donner la préférence aux sondes à demeure. Avec ces instruments encore, on obtient ou la cessation graduelle de Técoulement, ce qui est plus rare, ou bien on arrive à une véritable et forte suppuration qui force à y renoncer, et à la suite de laquelle on obtient ordinairement la guérison définitive.
Lorsque les bougies et les sondes restent sans action marquée, elles réussissent mieux enduites d'un peu de cérat mercuriel, ou d'onguent mercuriel pur, jusqu'à production d'accroissement de l'écoulement. On peut tirer un très bon parti d'une pommade faite avec cinq centigrammes de nitrate d'argent pour quatre grammes d'axonge.
Cautirimlion, Pour les écoulements qui résistent , la plus puissante médication consiste encore dans la cautérisation à l'aide du nitrate d'argent, et d'après les règles que j'ai posées autre part. Dans certains cas, les suintements sont limités à un ou deux follicules, à conduits excréteurs plus ou moins longs et qui échappent à l'action de la plupart des moyens que je viens d'indiquer, à moins qu'ils ne soient visibles, comme cela arrive quelquefois dans différentes variétés de l'hypospadias. On peut alors les diviser dans toute leur étendue , avec une lancette ou un couteau à cataracte et les cautériser ensuite.
Régime. Il est bon de rappeler ici, contrairement à ce que recommande Hunter, que le régime, au lieu d'être aussi sévère, doit devenir tonique et fortifiant , en tenant compte, du reste^ effets produits, pour le modifier en plus ou en moins. "Ufoulêifs, Tout en partageant les idées de Hunter sur Eida des révulsifs en général, je dois dire que, d'après des
202 DB LA GOKORAHKfi.
telewéâ d'observalioDB faits sur une grande échelle, je n'ai ji observé que le développement d'un chancre fôt la oondiàon éè cessation d'un écoulement, et vice tersâ.
Moyens iniemei au généraux. Lorsqu'on est arrivé an derniers termes des écoulements , les toniques ferruginens , las astringents peuvent bien avoir encore de bons résultata; mais il faut beaucoup moins compter sur ]es antiblennorrhagiqosa proprement dits. Les moyens directs doivent être préférés.
Coîi. Les rapports sexuels sont souvent la condition définitive de la guérison. Chez quelques malades, il ne faut que dea rapports éloignés ; chez d'autres, par la répétition, on doit arriver à produire un peu d'irritation.
La condition de succès, dans la plupart des cas, est de flairs passer momentanément l'état chronique à l'état aigu.
$ IT. Se la «ocdéa penûtanla.
J'ai déjà dit que la cordée persiste souvent après que toute trace de virus a été détruite , et qu il n'est aucun des autres symptômes persistants avec lequel elle ne puisse se montrer.
Des frictions locales avec l'onguent mercuriel peuvent être utiles; 0T\ ajoutant du camphre à cet (mguent, on peut en augmenter la vertu. J'ai vu IV'lectricité gu(5rir une cordée très ancienne. Lorsque c'est umi cordt^e s»pasmodique qui persiste après lu gonorrliée, on doit prescrire lequinc^uinu.
{( ▼. l>e la contînnation de rirrîtaiion véiicale.
L'irritation de la vessie persiste (quelquefois après que tous les autres symptômes ont ceesé , et elle peut accompagner tous les autres symptômes persistants, soit qu'ils se montrent réunis, soit qu'ils existent ibolëment. Elle conserve rarement la même violence ({u'elle avait d'abord , bien qu'elle soit souvent très pénible. Quand cette irritation est entretenue avec son intensité première , on peut soupçonner une maladie de la vessie ; elle peut dépendre encore d'une lésion des parties voisines, comme l'urètre ou la prostate ; car sa persistance peut être causée par un rétrécissement qui vient à se formiT dans le canal de rorèUei ou par une maladie de la pnujtale. ■ ''
Oi LA OONÔlOtHÉB. 901
■d général, ces deux dernières maladies succèdent rarenisnt àfai gmorrhée asseas TÎte pour entretenir l'irritation de la vessie, nab ellea peuvent exister avant la gonorrfaée , et contribuer ainn à son accroissement et & sa persistance ; c'est ce dont on pnl 8*aflrarer dans beaucoup de cas , en s'informant de l'état oliétainitlee parties avant la maladie actuelle. Toutefois, avant d*eÉsa]ter de guérir la vessie elle-même, il faut passer une bougie^ et t ri Ton ne trouve aucun rétrécissement , il faut explorer la prostate, ainsi que j'aurai occasion de le dire.
Qtaaftd l'aiTection qui nous occupe est limitée entièrement à la veine, la douleur se fait principalement sentir au moment ou l'on aehève d'uriner, et quelque temps après. Le trdtement cWtaiste dans l'etnploi des lavements opiacés , de la ciguë , du quinquina, des bains de mer ; l'application d'un vésicatoire au périnée chez les hommes me parait être une pratique utile. Je ne aaunds dire si les lavements opiacés peuvent agir sur la vessie chei la femme comme ils font chez l'homme (1).
S TI. 9m l'ôidoralîoB de Véfiààdjmm q«i fwtoècU à la gowerrliéi.
Ainsi que je l'ai fait remarquer, ce symptdme persiste longtemps après que tous les autres se sont dissipés, et même il peut durer pendant toute la vie ; mais il est bien rare qu'il en résulte rien deftcheux si le conduit déférent n'est point oblitéré et lors même que cette oblitération a lieu, pourvu qu'elle n'existe que sur un testicule, car l'autre testicule suffit à l'acte de la génération. Il est facile déjuger du premier coup d*œil qu'aucune méthode certaine pour obtenir la résolution n'est encoreoonnue. On peut essayer l'action d'un courant d'eau camphrée chaude, surtout dans les cas où Tinduration n'a pas de disposition & être permanetite ; on peut en même temps faire sur le scrotum des fVietions avec l'onguent mercuriel uni au camphre. Mais, dans la plupart des cas, cette pratique est trop ennuyeuse, ou plutdt trop inefficace, pour qu'on insiste longtemps sur son emploi.
(4) L'irritation dont parle ici Hunter persiste surtout au col delà "'a, et il est rare que le corps de l'organe y participe. Lorsque les 18 ordinaires ont échoué , on peut encore employer la cautérisation nilrale d'argent, avec de grandes chances d'un prompt succès.
P. Ricoan.
202 DB LA OOHOIIAHÉI.
relevéïi d'observatâona faits sur ima grande échelle, je B*aij( observé que le développement d'un ehancre At la oonditkn él cessation d'un écoulement, et vice tsenà.
McyenM internes au généraux. Lorsqu'on est arrifé sMI derniers termes des écoulements , les toniques fermgîneBKi hl astringents peuvent bien avoir encore de bons résultats ; w/k il faut beaucoup moins compter sur les antiblennonlwgiqM proprement dits. Les moyens directs doivent être préfiMs.
Cm. Les rapports sexuels sont souvent la condition diSmlivs de la guérison. Chez quelques malades, il ne faut quedas M^ ports éloignés; chez d'autres, par la répétition» on doit^triHr a produire un peu d'irritation.
La condition de succès, dans la plupart des cas, eatdsftin passer momentanément l'état chronique à l'état aigu.
$ IT. Be la «ocdéa penwlmU.
J'ai déjà dit que la cordée persiste souvent après que toute trace de virus a été détruite , et qu'il n'est aucun des autres symptômes persistants avec lequel elle ne puisse se montrer.
Des frictions locales avec l'onguent mercuriel peuvent être utiles; en ajoutant du camphre à cet onguent, on peut en augmenter la vertu. J'ai vu rélectricité guérir une cordée très ancienne. Lorsque c'est une cordée spasmodique qui persiste après la gonorrhi'e, on doit prescrire le quinquina.
S ▼. l>e la eontinoatîon de l'irrîtalioii Témala.
L'irritation de la vessie persiste quelquefois après qne to« les autres symptômes ont cessé , et elle peut accompagner toos les autres symptômes persistants, soit qu'ils se montrent réunis, soit qu'ils existent isolément. Elle conserve rarement la même violence qu'elle avait d'abord , bien qu'elle soit souvent très pénible. Quand cette irritation est entretenue avec son intensité première , on peut soupçonner une maladie de la vessie ; elle peut dépendre encore d'une lésion des parties voisines, comme Turotre ou la prostate ; car sa persistance peut être causée par un rétrécissement qui vient à se former dans le canal de l'urètre, ou par une maladie de la prostate.'
RFFm CX>lfftécimFS DE iJi QONORRHKE. 205