DES MOYENS DE PRÉVENIR LA MALADIE VÉNÉRIENNE
Comme il ne faut pas seulement guérir les maladies , mais encore , quand cela se peut , les prévenir, je crois devoir indiquer quels sont , dans l'état actuel de nos connaissances , les moyens de prévenir la maladie vénérienne. Ici , en effet , on peut s'opposer à l'infection avec plus de certitude que dans beaucoup d'autres cas, puisqu'on en connaît l'origine.
Les moyens prophylactiques sont des applications préalables ou immédiates , qui peuvent être divisées en plusieurs espèces : 1* celles qui empêchent la matière vénérienne de venir en contact avec les parties ; 2° celles qui l'emportent par le lavage avant qu'elle ait eu le temps de produire sa stimulation; et 3* celles qui agissent chimiquement et détruisent le poison.
Les corps gras étendus sur une partie sèche s'attachent à elle et empêchent toute substance aqueuse de venir en contact avec elle; or, le poison vénérien étant mêlé avec un liquide aqueux, il ne peut plus toucher la partie ainsi enduite.
Tout corps qui peut se mêler avec la matière vénérienne et remporter de la partie sur laquelle elle a été appliquée , peut agir comme moyen prophylactique. L'alcali caustique est ce
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plus tusémenl et plus complétemeiil inspectée: femme, il n'en est pas toujours de même ; et sî, t si spirituellement remarquer Michel Cullerier, on pwrt wi naîti'c souvent les cas où une femme est malade, qui p«utJ43 affinner qu'elle ne l'est pas, surtout lorsqu'on se i comme de son temps, d'un examen extérieur I
Aussi, s'il importe chez un homme qui vient vous à s'il peut communique! du mat , d'examiner avec le plus gn>l soin tous les poiiils susceptibles d'être itifectés, et des'Blnbtf de jugement absolu dans les cas douteux, lorsque, parexeBffe, par suite d'un phimosis, le gland ne peut pas être compUtcment mis à découvert, il est absolument impossible de fomiBleriat opinion raisonnable sur l'état d'une femm», sans un "mm^f rigoureux au spéculum , les parties profondes du vagin et l'iri^m pouvant être le siège d'un mal ijue rien ne trahit au debu».
Sous le point de vue des maladies possibles à transinellre, les visites des personnes qui sont dans le cas de devenir da foyers d'infection doivent être faites dans les deux ou trois jours qui suivent l'époque où elles se sont exposées , mes rechenrfaes sur l'inoculation artificielle m'nvaiitapjivis qu'alors des arcdrtitt susceptibles d'être communiqués avaient déjà pn se dévekqiptr. On comprendra, d'après ce qui précède , le peu de sécurité que doivent donner les visites qu'on fait subir aux filles publiques, et qui ont lieu tous les huit jours pour celles qui sont réunis dans des lieux de prostitution, et tous les mois pour celles qui vivent isolément.
Quant aux accidents qui pourraient exister chez un individa qui vient demander s'ils sont de nature contagieuse, et si des rapports sexuels, quelquefois obligés, lui sont permis, il eït souvent difficile de trancher la question. Nous savons bien que le chancre k la période de progrès est le seul symptôme syphilitique transmissible par voie d'inoculation ; mais sans l'expérimentation préalable, est-il toujours facile de bien distinguer l'ulcère syphilitique primitif d'autres ulcérations étrangères à U syphilis, ou de celles qui appartiennent à ses formes secimdaires? Non sans doute; et alors il est nécessaire de défeodce tout rapport, lorsque le plus léger soupçon peut rester dsM l'esprit. Mais s'il faut se tenir dans une sage réserve, il o'esl pft*
besoin de tomber dans les exagérations de quelques spéculateurs anciens et modernes et d'écrivains par trop timorés. Ainsi, pour la blennorrhagie, comme je Taidit dans d'autres parties de ces additions, tant que la matière de l'écoulement est purulente, défendez les rapports ; mais dès qu'elle n'est plus que muqueuse, et à plus forte raison lorsqu'il ne s'agit plus que de ces fils ou flocons que charrie l'urine, ou de ces gouttes filantes, lactescentes ou caillebottées, qui constituent le suintement habituel du matin ou la goutte militaire du vulgaire, empêcher les rapports sexuels, ce serait condamner au célibat absolu une bonne partie de la population. Ce n'est pas, sans doute, le lendemain delà cessation d'un écoulement purulent qu'on peut affirmer qu'il n'y a plus de danger de le communiquer, ni lorsqu'un écoulement muqueux redevient puriforme; mais, à part ces cas, le suintement muqueux n'est plus contagieux. A l'autorité de Bell je pourrais ajouter des milliers d'observations, et, entre autres, celle d'un spécialiste distingué, marié depuis nombre d'années, et auquel j'ai souvent entendu dire que lui-même était dans ce cas. Du reste, si l'on ne permettait le mariage ou les rapporta sexuels à l'homme que dans les circonstances de sécheresse absolue du canal, je ne vois pas pourquoi on n'exigerait pas les mêmes conditions prophylactiques de la part de la femme ; et, dans ce cas , combien en trouverait-on qui les présentassent rigoureusement! Ce ne serait certainement pas le plus grand nombre. Dans les observations qu'on cite comme contraires à l'opinion que j'émets ici, ou l'on a été plus crédule que l'expérience journalière ne me permet de l'être, ou Ion s'est trompé sur la nature présumée des écoulements, la limite entre la blennorrhagie et les inflammations catarrhales des organes génitaux n'étant pas chose toujours chose facile a établir pour les gens positifs. Je puis affirmer, sans crainte d'être contredit, que les femmes donnent cent fois plus de chaudepisses qu'on ne leur en communique.
Quoi qu'il en soit, en fait de prophylaxie, il faut mettre en première ligne tous les moyens de traitement qui, en éteignant les foyers du mal, en empêchent la propagation. Sous ce rapport, les remèdes les plus prompts à faire disparaître les sympt&nes contagieux doivent être préférés, en dépit des vieilles
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doctrines, qui heureusement s'écroulent de toutes pnrtf , rt tp* le replâtrage de q(ielr[ues ailleurs rétrogrades ne saurait sooWar.
Quand une personne crnînt d'être malade, ou qu'A plus &rti raison elle » tiiieli]ue symptôme suspect, qu'elle ne vert pu s'abstenir des rapports, ou qu'elle s'y trouve quelquefA» hrrtt. jl faut qu'elle ait recours aux plus grands soins de propreU. Del lotions doivent être exactenitnt faites sur toutes les partiet K> cessibles, et des injeclions dans celles qui sont plus profonitf* ment placées. Chez les filies publiques, cela est al'^oloinBit indispensable, lorsqu'on sait que, sans être elles-mêmes mlaJes, elles peuvent conserver, pendant un certain t<-mps. do„ matières contagieuses dans les organes génitaux. En géc si les femmes étaient plus propres, les maladies vénénenDI dans leur ensemble, seraient moins communes.
Pour la personne qui peut transmettre la maladie, les lotioiu avec les chlorures, le savon, le.^ alcalis, les acides élendic, l'acétate de plomb, l'alun, le vin, et enfin tout ce qui, en nettoyant les surfacea, peut encore altérer chinniquement t« ptn contagieux, pourra prévenir l'infection. J'ai connu plusietui élèves en médecine qui avaient cm de fréquents rapporta «i'«: des femmes affectées de chancres, immédiatement après 1« avoir cautérisés avec le nitrate d'argent, et qui n'avaient jamais rien contracté.
2°ZJes individus qui s'erposentà Vinfedion. — Quant ani personnes qui s'exposent, les moyens prophylactiques nesaO' raient être les mêmes avant, pendant et après l'acte vénérien.
Avant l'acte, un examen scrupuleux des parties devrait donner ta certitude qu'il n'existe actuellement aucune solution de continuité. Ici les soins de propreté, surtout les lotions alcalines ou savonneuses, sont nuisibles, et expoï^ent, en mettant à nu des surfaces que garantissaient le smegma ou des mucosités. Mais si des lotions de ce genre sont peu rationnelles, il n'en est pas de même de celles qui , faites longtemps à l'avance, ont agi comme astringentes ou propres h donner du ton ou d« la force aux tissus, sans cependant leur communiquer trop àt rigidité. C'est ainsi que dus lotions hubituflles, comme moyen* de toilette, avec des solutions d'acétate de plomb, d'alun, d*
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vin et de tannin, parviennent à g^arantir quelques personnes jusque-là faciles à s'infecter. Au moment du coït, les corps gras peuvent souvent mettre à l'abri de Tiiifection; et les chirurgiens qui ont à porter les doigts sur des parties malades avec lesquelles ils doivent rester dans un contact assez prolongé, dans certaines opérations, ne devraient jamais négliger cette précaution.
De tous les moyens prophylactiques, celui qui semble promettre la garantie la plus matérielle, c'est le Condom , que la morale repousse sans doute, mais que la nécessité tolère quelquefois. Cependant il faut bien se garder d'accorder au Condom une confiance aveugle; vraie cuirasse contre le plaisir, comme l'a dit une femme illustre, c'est une toile d'araignée contre le danger; fréquemment, en effet, il se déchire ; d'autres fois, son tissu reste perméable ; ou bien, ayant préalablement servi, il a été mal lavé; enfin, dans les cas où il est de bonne qualité et reste intègre, il ne garantit réellement qu'une partie des organes génitaux.
Pendant l'acte, certaines précautions ne sont pas indifférentes. C'est ainsi que les rapports ne doivent pas être prolongés volontairement, comme le disait si bien Nicolas Massa dans son chapitre sixième. De animi paasiont et coitu : « Sivero quiscum infecta muliere coire voluerit, quodfafuum est y non moretur in coitu, • et qu'il est nécessaire que l'éjaculation s'effectue. Il est incontestable que c'est dans le temps qui précède l'émission du spenne que l'infection urétrale se fait, et que, dans les circonstances heureuses où elle n*a pas lieu» le pas* sage brusque et rapide de ce fluide qui entraine avec lui les matières contagieuses qui auraient pu s'introduire dans l'urètre est une des conditions favorables qui s'y opposent le plus. C'est dans ce sens que l'énriission de l'urine, après le coït, offre tant d'avantages.
Cependant c'est surtout après l'acte, qu'on n'a pas toujours pu prévoir, qu'il faut recourir aux soins de la propreté la plus minutieuse; explorer chaque repli des tissus exposés; prati« quer des lotions répétées, soit alcalines, soit sa vonneuses, mais mieux encore avec des chlorures étendus, de manière i décomposer les matières morbifiques dont on pourrait être souillé^
7gS bypHiua coNSTinmotniBLut.
sans cependant [iéterminer de l'irritation artificiellâ, solution de continuité, quelle qu'elle soit, devra ètreJ temertl cautérisée. Ce précepte est tclleinent importnl,^ je voudrais qu'il fût afBché dans tous les Ueux où Ton peat a dea dangers.
3" De la prophylaxie par rapport aux enfants , Ion de k conception , pendant la gestation , et ait moment de la mi»tance. — D'aprbs ce que j'ai dit autre part, l'existence artotlle de tout accident primitif ne donne pas lieu, dans toas les cas. à l'infection syphilitique constitutionnelle , et partant , la mint» de transmellre la syphilis par hérédité. La blennorrliag>« , par exemple, telle que nous la comprenons, c'est-à-dire les écoulements qui ne sont pas la conséquence d'un chancre larvé, n'ool aucune influfince sur la génération. Quant aux ulcères primitif aux chancres, les parents peuvent en être inrectds au mometi de la conception, sans que l'enfant ait ta syphilis ; à moins que. pendant la gestation , ils ne donnent lieu , chez la m&re , i des i accidents secondaires. I
Sous le point de vue de la prophylaxie appliquée aux enfant^ 1 les chances île la conception dev raient être absolument défendu», toutes les fois qu'il existe des accidenta constitutionnels, od que la nature des accidents primitifs les rend probables. Il faut, sous ce rapport , pousser plus loin la réserve, et s'assurer autaot qu'on le peut par les antécédents, si, en l'absence de tout symptôme appréciable, les parents ne sont pas sous l'influeocede la diathëse syphilitique ; circonstance dans laquelle ils peuvmt donner naissance à des enfants véroles, jusqu'à ce qu'un trmitement bien fait vienne mettre ceux-ci à l'abri de l'infection. A plus forte raison, lorsque, pendant la grossesse, la mère est affectéede symptômes syphilitiques primitifs de natnre adonner lieu à des accidents secondaires, ou que ceux-ci existent déjà, il faut se hâter de les combattre ; et, loin de regarder la gros* sesse comme une contre-indication au traitement, on doit être bien convaincu qu'il prévient le plus souvent le mal chez l'enfant, et empêche, quand il est sagement administré, les avortements si fréquents que détermine la syphilis.
Lorsque des symptômes primitifs ont éié contractés parla mcrc peu ào temps avant l'accouchement, l'enCuit pOBnntlM
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contracter au passage, il faut se conduire, à son égard, comme dans le cas où une personne vient actuellement de s'exposer à un contact impur.