‹ Traité de la maladie vénérienneChapitre 72 sur 84 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DES MALADIES QUI RESSEMBLENT A LA SYPHILIS CONSTtTUTIONNBLLB ET QUI ONT iri CONFONDUES AVEC ELLE.

Il n'est probablement aucune maladie à laquelle quelque autre ne ressemble d'une manière assez frappante dans quelques unes de ses formes extérieures, dans quelques uns de ses symptômes, pour qu'on soit exposé i les prendre l'une pour l'autre. Le siège des maladies peut contribuer à faire naître les erreurs de cette nature : par exemple, une tumeur du sein chez une femme peut ressembler à un cancer au point d'être prise pour cette dernière maladie, si l'on ne recherche avec un soin suffisant tous les signes distinctifs du cancer. Un ulcère qui est situé sur le gland, dans la gorge ou dans le nez, fait soupçonner l'existence d'une affection vénérienne. La manière dont une maladie a été contractée peut devenir également une cause de suspicion. Ainsi, les flueurs blanches des femmes produisent quelquefois une gonorrhée simple chez les hommes. Autrefois on supposait qu'il suffisait de boire dans le même verre qu'un malade atteint de la syphilis constitutionnelle, pour contracter cette maladie ; mais je pense que cette croyance est tombée aujourd'hui. On a admis récemment un mode nouveau de communication de la maladie vénérienne, savoir, la trans* plantation d'une dent de la bouche d'une personne dans celle d'une autre. Il n'est pas douteux que cette opération n'ait donné naissance à des maladies ; mais il reste à examiner si ces mapeuvent être considérées comme vénériennes.

Les maladies qui ressemblent à d'autres maladies présen*-

teol rarement celle rea&eœblanct: dam plus d'un cw dmà I leurs «ymplômea. Aussi, toutt^ les fais qae la nature d'tiWH* ladie est incertaine, doit-on soumettre loas lec syi q'i'irlle présente à une invesligTilion complète, afia de s'ss El toBS c«3 symptômes, ou senteraent un petit nombre i eux, appartiennent à la maladie dont on soupçonne I Cette remarque fat applîc^le A ]b maladie vénérienne plu qu'à toute autre, car il n'existe peut-être pas une seule tSe^ ■ tion morbide avec les différentes formes de laquelle un |Ai^ grand nombre de maladies présentent de la ressemblance. Lod^ qu'une maladie ressemble à la syphilis dans quelques uns dé sea ayatptâines, et non dans tous les aatrea, ce «ont cm astra symptômes qui doivent être conaidéré.s comme lessymplome spécifiques ou essentiels de la maladie, et ceux d'apparence syphilitique n'en sont que les symptômes coBamiuis. >lais n mt maladie, quoique imparfaitement caractérisée, est a d'être vénérienne, et qu'elle ressemble à la maladn v dans le plus ^and nombre de ses symptômes, on doit la cmsidérer comme vénérienne; cette opinion est la plus probabic, bien qu'elle ne soil point ri ^nun-ii sèment certaine, car i! est rarement possible de démontrer la nature vénérienne d'une maladie, surtout quand il s'agit de la syphilis constitutionnelle, qui n'a pas la propriété de communiquer l'infection.

Addition de G. -G. Babington. — Il règne beaucoap de

confusion au sujet des maladies syphilitiques et pseudo-aypbilitiques; et l'on aurait pu éviter en grande partie cette confosion si l'on avait pris en suffisante considération les principes évidents qui doivent servir de guides dans la détermination de l'identité et de la diversité des maladies. Cette confusion ne peut être imputée à Hunter que pour une très faible partie. Cependant il est quelques cas oii il paraît avoir été induit en erreur par des opinions préconçues sur la maladie vénérienne; opinions qu'une plus longue observation lui aurait fait considérer comme plus que douteuses.

On peut confondre a\cc la syphilis des maladies qui n'oot de connexion avec aucune espèce de virus. Cette méprise ett fréquente pour les plaies des organes génitaux, sur lesqoeli

JÊk^ . JÊÊ

A LA SYPHlUa COMSTITVTIONHBLUC. 769

des excoriationa superficielles qui auraient pu être gu^riea en trois jours par un traitement convenable, et des vésicules herpétiques qui ressemblent exactement dans leur forme extérieure et dans leur marche à celles qui s'observent ai fréquemment sur les lèvv>, sont traitées souvent comme des atfections vénériennes. La môme remarque s'applique dans toute sa force i quelques unes des affections de la gorge et des éruptions de la peau.

L'existence d'un poison morbide comme cause de la lyptiilig constitutionnel le est déduite de deux faits : premièrement, une longue flliaervation a démontré que les symptômes primitifs de hi syphilis sont le résultat d'une communication avec des sujets infectés, etqu'ils peuvent delà même manière propager l'infection. £n second lieu, l'ubservntiuii a également spprig que ces symptômes primitifs nunt suivis, après un certain temps, de symptômes secondaires, il est vrai que, dans la pratique, on ne peut pas obtenir dans tous les cas particuliers une démonstration complète de ces deux poinli, et que l'on est forcé de baser le traitement sur des conjectures probables plutôt que sur une certitude. Mais il a été démontré que ces deux principes sont généralement vrais pour la classe des symptômes que l'on appelle vénériens. C'est sur leur vérité que reposent les opinions pathologiques qui sont admises au sujet de la maladie vénérienne; et l'on ne peut nier que là ou l'un de ces deux faits, sinon les deux, ne peut être constaté d'une manière satisfaisante, nous n'avons aucune preuve absolue de l'existence d'un virus.

La manière dont la maladie a été contractée, prise isolément, peut induire en erreur, puisque les sécrétions des parties malades peuvent avoir des qualités irritantes capables d'affecter les parties sur lesquelles elles sont appliquées, sans qu'il existe aucun poison morbide qai soit de nature à produire une maladie spécifique. Si donc on ne peut démontrer l'identité des symptômes dans la partie qui communique l'infection et dans celle <)ui la reçoit, ou si l'infection ne peut êlre suivie dans un certain nombre d'individus sui^cessivement infectés, les conclusions sont toujours entachées de quidquc incertitude. Mais lorsque la succession régulière des symptômes secondaires aux symptômes primitifs est rigoureusement établie, il est difficile de se

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refuser à admeltre qa'il existe un virus qai a été mêW k qniâe» en circulation, et qui porte ie germe de ta maladie! dans les parties dn corps les plus éloîgoéfs. Il es! digne A marque que les passages de Celse et autres, qu'on b r" souvent comme des preuves de l'existence de la maladie » rienne en Europe avant la fin du xV siècle, n'ont npf qu'aux Ifeions locales contractées par des sujets qui «e en contact avec des personnea malades, et gardent le i plus complet sur toute affection constitutionnelle qui eût p être la conséquence de ces affections locales [Ij.

>Iais lorsque l'existence d'un poison a été pTOUv*?ie, on peut encore demander si ce poison est le même que celui de la syphilis constituttonnelle ; el c«tte question ne peut être r^Kilw que par une Aude comparative du mude de roinmiinicati<n, des caractères des symptômes, de la marche el des progr^ <fe U maladie, et des moyens de traitement. Qaand U maladie se

» comporte, sous tous ces rapports, comme la syphilis, on MM peut guère douter de l'identité du virus ; lorsqu'au contraiij^| dans des conditions semblables, elle présente une différence tf^ cidée et uniforme, on doit naturellement admettre que la onladie est d'one autre nature.

11 résulte de là que toute erreur, toute inexactitude dans les notions que nous pouvons posséder sur la syphilis elle-même doit exercer infailliblement une influence fâcheuse sur la msnière dont nous savons distinguer les maladies qui lui ressemblent, et nous porter, suivant nos idées arrêtées d'avance et la nature de nos erreurs, à donner trop on trop peu d'extension à la dénomination de ma/tni^fe réién'enn*. Dans ces dernières années, l'erreur qui parait avoir été la plus fréquente est celle

(I) La relation entre les accidents primiiirsel les secondaires a '■

pas été toujours connue ; on peut, sous ce rapport, diviser Ibiâtoireds I* syphilis en trois époques : la première, pendant laquelle les acciduti primitifs étaient seuls connus, est aniérieurc à l'épidémie du it* siècle ; dans la seconde, qui commence avec l'épidémie et s'étend jnsqn'tni travaux de Fernel, les accidents secondaires ou coDslitulioanels forvl plus particulièrement notés; el enfin, dans la ii - '>

primiiirs furent bien distingués des accidents ■. J

l«r tour, et surtout depuis Hunier, ont pu éirc :,..r« tû ii^i.iiiiij Mcondatreseï tertiaire?. V. Bkohi.

TMcondatreseï tertiaire?.

A LA &ÏPIIlLta CONSTITVTIONMBLLB. 761

qui consiste à exclure du cadre des maladies syphilitiques des maladies qui sont mauifesteinent de cette nature, parce qu'elle* ne sont pas de tous points conrormes aux opinions préconçues qu'on s'était faites sur la syphilis constitutionnelle. Les auteurs qui ont écrit sur ce sujet semblent i peine se douter de la grande variété d'aspects des symptômes vénériens, et de la différence que présentent les agents thérapeutiques dans leurs effets à des époques difTcrentes de la maladie. Un ulcère primitif, dans lequel on n'observe pas manifestement les caractères du chancre tels qu'ils sont décrits par Hunter, peut néanmoins être vénérien. Il peut dériver d'un ulcère vénérien et produire des symptômes constitutionnels qui aient tous les caractères de la vraie syphilis. Dans les affections secondaires, la variété est encore plus grande. Souvent des symptômes de caractère douteux sont tellement entremêlés à d'autres symptômes sur la nature desquels on ne peut se méprendre, qu'ils doivent certainement être rapportés à la même cause.

Ainsi, lorsqu'on rencontre des affections qui s'éloignent plus ou moins des formes les plus spéciales et les mieux caractérisées de la maladie vénérienne, on n'eât pas en droit de conclure à la diversité de cause, pt d'attribuer les symptômes à l'existence d'un virus différent de celui de la vraie syphilis. Cependant on a publié comme exemples de pseudo-syphilis plusieurs cas où les apparences s'accordaient exactement avec quelques unes des formes de la syphilis constitutionnelle.

En outre, les notions qui ont prévalu quant au mode de traitement iint été une source encore plus abondante d'erreurs. Le mercure a été considéré comme le seul moyen curatif de la syphilis, et son action a été admise comme le critérium de la maladie. D'une part, lorsque le mercure n'a pas eu d'heureux résultats , et, d'une autre part, lorsque le malade a été guéri sans l'emploi de ce métal, on en a conclu que la maladie n'était point vénérienne.

Cependant , il est pleinement établi par l'expérience des temps anciens , et confirmé par une longue série d'expérimentations qui appartiennent aux temps moderties , que la plupart de» sympt&Des vénérieiu , sinon tous , soit primitifs , soit secondaires, peuvent ^re détroits sans le secoure du mercure. Il

764 MAUDtEB Ijn BESSEUBLSlcr

Les symptômes qui sont le résaltat de l'infecticm € tiontielle sont communs à plusieurs autres maladies. A éruptions cutanées s'observent dans ce qu'on appelle la a lution dartreuse; tes douleurs, dans ie rhotnatistiie; le g ment des os, du périoste, des aponévroses, etc., dana b de cachexies qui sont probablement de nature i rhumatismale. On retrouve donc dans plusieurs autresB la plupart des symptômes de la syphilis , soos quelque li qu'elle se présente. Aussi faut-il remonter à l'ori^ne de U a ladie, recueillir toutes les circonstances importantes qui rattachent, comme l'époque de son début, ses effets m individus par suite des relations sexuelles quand e locale, et réunir ces renseignements avec les appw symptômes actuels , pour pouvoir déterminer d'u absolue quelle est la véritable nature de la maladie, toutes ces données réunies peuvent présenter un c ne se retrouve dans aucune autre maladie. CependanI, a toutes nos connaissances et l'application que nous poaTOM^ faire  l'investigation des symptômes douteux, nous e ponH souvent , tantôt en admettant comme vénériennes de» affections qui ne le sont pas , et tantôt en prenant pour d'antra maladies celles qui le sont réellement.

Le rhumatisme, dans quelques constitutions , ressemble à it syphilis constitutionnelle par plusieurs de ses symptômes. La douleurs nocturnes , le gonflement des tendons , des ligamefltl et du périoste, la douleur dont ces tuméfactions sont le siège, sont des symptômes du rhumatisme aussi bien que de la syphilis quand elle attaque ces parties. Je ne me rappelle pas avoir jamais vu la syphilis constitutionnelle attaquer les articulations, bien que les affections rhumatismales de ces parties soient euhvent guéries par le mercure , et qu'en conséquence on les coosidÈre comme vénériennes (1).

(1) Cette assertion est trop générale. Il se présente de i> temps, quoique rarement, des cas où rinnammation de la mi synoviale des arliculalionB se maniresle en cuiricMuni^u avM des stb>ptômes secondaires de caractère non douleur, augmente d'intenfl^ pendant la période d'accroissement do ces symplAmes. et se diwpc aussitôt que l'éruption culaoéc ou l'aCTcclion de la gorgs eM O

Le mercure donné sans précaution produit souvent les mêmes symptômes que le rhumatisme. J'ai vu des médecins considérer comme vénériens des symptômes de cette espèce, et persister dans remploi du mercure.

Il est d'autres maladies qui ressemblent à la syphilis, non seulement par leur aspect extérieur, mais encore par leur mode d'infection, car elles affectent les parties par le simple contact» ce qui les fait rentrer dans la classe des poisons morbides, et, de ce point de départ, donnent naissance à des effets consécutifs immédiats semblables aux bubons, ainsi qu'à des effets consécutifs éloignés semblables à ceux qui constituent la syphilis constitutionnelle.

Les erreurs dans le diagnostic conduisent i des erreurs dans le traitement, et par conséquent il importe d'éviter les premières presque autant que les dernières. En effet, il est à peu près aussi dangereux, chez beaucoup de sujets, d'administrer le mercure lorsque la maladie n'est pas vénérienne, que de ne pas recourir à son emploi quand elle est de cette nature ; car il est à remarquer que les constitutions qui, sans être réellement atteintes de la syphilis, manifestent quelques uns des symptômes vénériens, sont précisément celles qui s'accommodent difficilement de l'usage du mercure, et sur lesquelles ce médicament agit communément d'une manière nuisible. J'ai vu le mercure, administré contre un ulcère supposé vénérien des amygdales, produire la gangrène de ces glandes et mettre le malade sur le bord du tombeau.

Lorsque j'ai décrit les symptômes et les apparences générales

avec succès par !*enipIoi du mercure. Dans les cas de cette espèce, rîDQammatioB synoviale se présente aous forme aiguë, et s'accompagne d'une douleur, d'une teosion, et d'ane rougeur superficielle très intenses, qui suflBsent pour la faire distinguer de la forme lente et asthé- Dîque de la même affection, que l'on observe fréquemment dans les cas de cachexie générale, soit que cette cachexie ait été produite par le mercure agissant comme un poison, soit qu'elle soit l'effet de la longue durée de la maladie vénérienne elle-même, comme il arrive quand on laisse cette maladie suivre ses progrès jusqu'à ce qu'elle ait troublé tootes les 'fonctions nécessaires à l'enlretien de la nutrition et de la aanté, ejtqne le malade ail été réduit à un état qui ressemble beaucoup I k eselMsie serofnleuae. 6.-6. B.

7W MAtAon» Qtn wMMumuMT

de 1r syphilis conslitotionnelle , j'ni rnpporté qti^l<]Qn flu qoi paraissaient être vénériens, bien qu'ils ne le fussent poènl rénlité; j'y renvoie le lecteur, pour éviter de« rép^titiimi ; auraient trouvé parfaitement ici leur place , si je ne leo av Aéjk fait connaître.

Comme les maladies en question sont nombreuses rt rmriMi et qu'elles ne peuvent être ramenées à aucun système, à asMl oidre que je connaisse, je me bornerai à rapporter les faito, ■lettant ainsi les lecteurs dans le cas déjuger par eun-mêm*», b'îIb ne sont point disposés à adopter les conclusions que j'en BÎ tirées.

Le 27 juillet 1776, un chirur-;ien. qui était alors aux Indts occidentales, se tît une égratignure au bout du doigt avec nnt é{Mne. Le 31 , il ouvrit un abcès eitué sur l'épaule, chez une n^ gresse qui avait le yaws, et qui depuis longtemps avait fréquemment, dans dilVérentes parties du corps, de pareils ab(*^8. auxquels succédaient des ulcératinns incurables. Immédiatement aprta l'opération, il ape^ut un peu de pua sur son é^rattgtiure, et il s'écrin qu'il s'était inoculé la maladie. Le 2 rwùt, il amputa un doipl, rheii un jeune garçiii de trci/c anx. pour un ulcère dont l'aspect rappelait le bois vermoulu. L'excoriation de son doigt ne se cicatri-a point, et de temps en temps elle produisit des écailles blanchâlres. Cette apparence l'alarma, et il fit des frictions mcrcurielles très énergiques. Malgré ce traitement, dans le mois de septembre, il se forma sur la seconde articulation du doigt une tumeur inflammatoire douloureuse, qui fut bientôt suivie de l'appurition de plusieurs autres tumeurs semblables, à la face dorsale de la main , sur le trajet du second os mélacarpion. Le malade continua Wa frictions mercurielles, mais sans succès, car les tumeurs se multipliaient chaque jour, et dans le mois de novembre elles s'étendaient jusqu'à peu de distance de l'aissiile ; ces tumeurs ne passèrent point & cette époque à la suppuration. Vers la lin de novembre, il commença à ressentir des douleurs nocturnes Irbs vives dansdiveraea parties du corps, mais surtout le long du tibia et du péroné, et des maux de tète intenses qui se renouvelaient fréquemment j ces souffrances tirent des progrès continuels pendant cinq moia et devinrent presque intolérables, quoique le malade continuftt à faire des frictions mercurielles etqu'il lit usage tous les jours en

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grande quantité delà décoction de salsepareille. En mai 1777, une émption squammeuse se manifesta en différentes parties du corps, principalement sur les jambes et sur les cuisses, et les tumeurs indiquées ci-dessus s'ulcérèrent ; mais ces phénomènes morbides furent suivis d'une rémission dans les douleurs nocturnes. Jamais le malade ne put réussir à se faire saliver, bien que sa bouche eût été constamment douloureuse pendant plusieurs mois. Les ulcérations empirèrent chaque jour, et l'on pensa qut la seule ressource qui lui restât était de faire un voyage en Angleterre. Il arriva à Londres le 1*' août, et, d après lesayia de William Hunter et de John Pringle, il reprit l'usage du mercure et de la salsepareille , et se mit à la diète lactée. Je fus appelé en consultation, et comme je jugeai que deux tiers de grain de mercure calciné par jour étaient une trop faible dose si l'on considérait la maladie comme vénérienne, il fut décidé que la dose de ce médicament serait élevée graduellement jusqu'à cinq grains. Ce traitement fut continué jusqu'en novembre, époque à laquelle tous les ulcères étaient parfaitement cicatrisés. Il abandonna alors l'usage du mercure et ^e trouva délivré de tout symptôme, à l'exception de quelques nodus sur le tibia, et dequelques douleurs rhumatismales qui étaient réveillées quand il s'exposait au froid ; mais il y a environ un an (1), il a commencé à éprouver de la gêne dans la déglutition, de la sécheresse dans la gor^e, et cette dernière région, ainsi quer<m* verture postérieure des fosses nasales est devenue le siège de l'écoulement d'un mucus visqueux; ces symptômes existent encore.

On peut faire les remarques suivantes sur le cas qui précède :

Il n'est guère possible de douter que la maladie ne fût le yaws. Le yaws est une maladie qui ressemble à la maladie vénérienne dans plusieurs de ses symptômes, ainsi que dans la manière dont il est le plus ordinairement communiqué. Il en

(1) La première édition de cet ouvrage a été publiée en 4786 ; par conséquent, il a dft s'éeouler un espace de temps considérable entre h guérison des olcératioDS et la manifesution de rafîbctioo morbide de la gorge. G.-G. B.

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diffère cependant par plusieurs p&rticularitiis essentielles. Le yaws a une marche régulière; aprfea avoir parcouru ses pé* rindes, il laisl^e la constitution dans un état sain , ou au main) délivrée enli^remenL de cette maladie ; il suffit . pour la gn^ rison, que le malade soit placé dans des conditions hvgi^ niques favorables. Ainsi, un nègre atteint de (;ttte affection doit rester au repus uu travailler très peu ; il faut le tenir itia propre et le mettre à un meilleur régime qu'auparavant. Dans ces conditions, il se guérit ordinairement dana l'espart? de quatre à neuf mois, bien que les cas les plus défavorables puissent durer beaucoup plus longtemps. On emploie un grand nombre de médicaments dans le traitement de cette maladie, mais il n'est pas prouvé qu'aucun d'eux soit utile. Le niercan agit très puissamment sur elle , sans en être le spécifique. Administré au début, il peut arrêter les progrès de la maladie n même amener la cicatrisation de tous les ulcèreâ cutanés ; tnaii on ne gagne rien à ce succès apparent, car la maladie ne tarde point à éclater de nouveau. Quelques médecins des Indes occidentales pensent que l'interruption du cours de la maladie par remploi du mercure n'a pas d'iuilre inconvénient que do faire perdre du temps et de produire une guérison imparfaite ; d'autres affirment que ce traitement donne souvent lieu à ce qu'ils ap ■ pellent bone ache [douleurs ostéocopes ]. Il est généralement admis que \f mercure peut être donné avec sécurité et même avec avantage vers la fin de la maladie. Il est probable que , dans le cas qu'on vient de lire , la longue durée de la maladie , qui a dépassé quatorze mois, ainsi que les douleurs qui avaient leur siège dans les os, ont été le résultat de l'emploi prématuré et trop abondant Uu mercure. On peut ajouter que le yawa diffère autant de la s^'philîs par ta propriété qu'il a , comme la variole, de n'attaquer jamais le même individu deux fois , que par celle dont il jouit également de se guérir de lui-même (1).

(() La première et la meilleure description du yawa a été donnée dans le cinquième volume des Ediiibvrgh médical etiayi ; elle e$t attribuée â un médecin nommé Home. Le cas rapporté par Adams, dau son ouvrage sur lei ponons morbidet, comme ayant été observé I UtdËre, ne parait poiol appartenir à cette maladie G. -G. 9.

A LA SYPHIU3 CONSTITITIONN'RLLE . 76d

M... me consulta pour des chancres situés au niveau de Tunion du prépuce avec le corps de la verge et sur le frein. Le traitement se composa principalement de frictions mercurielles, qui étaient destinées à affecter la constitution ; on appliqua aussi le mercure sur les ulcëres, afin de les affecter localement. Les chancres marchèrent vers la piérison d'une manière graduelle et non interrompue, et , au bout de cinq semaines environ , ils étaient parfaitement cicatrisés. Immédiatement après cette guérison, et longtemps avant qu'on pût supposer que tout le mercure eût été expulsé de la constitution , M. eut commerce avec une femme. Très peu de jours après le premier rapprochement sexuel , le prépuce devint le siège d'excoriations qui occupaient tout le pourtour de son bord libre. M... continua ses relations ; mais voyant son état empirer, il vint me consulter. Les excoriations étaient très profondes , et le prépuce était ai contracté et si douloureux, qu'il était impossible de le ramener sur la verge. Cette lésion était-elle vénérienne t Les plaies n'avaient pas l'aspect syphilitique ; mais il ne fallait pas s'en tenir aux simples apparences. J'examinai d'abord si ces altérations n'étaient point un retour de la première maladie : cela ne pouvait être, car les nouveaux ulcères n'occupaient pas les mêmes points où les chancres avaient été situés. Etait-il permis d*admettre que la partie actuellement affectée du prépuce avait été infectée en même temps que celle qui avait présenté les chancres, et que le poison n'y avait point, jusqu'à l'époque ac« tuelle, développé l'action vénérienne, parce qu'il en avait été empêché par le traitement mercuriel, qui toutefois n'avait point détruit la disposition ! On ne pouvait répondre à cette question d'une manière satisfaisante ; mais cette hypothèse n'était guère vraisemblable , car l'action vénérienne aurait été excitée à une époque très rapprochée de la cessation du traitement , et lorsqu'il y avait très probablement encore une grande quantité de mercure dans l'économie. Cette nouvelle affection avait-elle été communiquée par la femme? La présence du virus communiqué par le coït ne pouvait être considérée comme la cause de ces excoriations , quelque influence qu'elle eût pu avoir ensuite pour les rendre vénériennes , car elles s'étaient formées trop peu de temps après les relations sexuelles; et sartont à une époque ob

U conetilntioii éuit encore impr^giH^ de mereare ; en oulrc, trfes pea de temps aapamvant , In parties étaient aceoQtnmJfS aa contact de la matière vénérienne. Bien que je fosse eon- , d'apKs toiiles ces circonstances réunies, que le m n était point rénénen , le malade n'en craignit pas moins qu'il ne fût pos&ible qu'il eût communiqué la maladie à la Temme arct Uquelle il avait eu des rriationa, parce qu'il l'avait vue aja^ rapf>arilion des ulcérations. Ma conviction étant aassi arrMt sur ce point que sur l'antre, je l'engageai i rester parraifa-mcut tranquille. Il pkriit immédiatement pdur la campagne, et set excoriations se guérirent parfaitement bien sans traitement Mains de quinze jours npr^ les rapports qu'il avait eus arec c«Ue femme, celle-ci fut prise d'une fièvre légère, et il se forma une tiiDienr dans l'une de ses aines . Je suivis les pmgrH der Cette tumeur, qui furent lents , et mon opinion fut qu'eDe n'était point vénérienne. A la fin. U s'y forma du pus, eltes'oovrit, et l'on appliqua dessus des cataplasmes. Au lieu de s'ulcérer et de s'étendre, l'abcts présenta une disposition favonble, et au bout de six semaines environ, il était parfaitement goHi. Pendant le Inivaii de cicfitrisali'iii, il ai'parut sur la peau des plaques squammeuses, dont quelques unes occupaient la face et les cuisses, mais dont le plus grand nombre étaient situées aux mains et aux pieds, dont l'épiderme se détacha par écailles. L'apparition de ces symptômes m'ébrnnia un peu; mais comme la plaie de l'aine était en voie de guérison, je ne voulus point m'en rapporter aux apparences; c'est pourquoi j'insistai pour qu'aucun traitement particulier ne fut entrepris, et l'éruption se dissipa très bien d'elle-même.

A en juger par la physionomie générale de ces faits, on eîit été nature Iteuient porté à aiïirmer que la maladie, dans ces cas, était de nature vénérienne. Mais en recherchant et en groupant ensemble toutes les circonstances de chacun d'eux , je pus conclure qu'il n'y avait là rien de syphilitique, et l'événement a prouvé que j'avais eu raison.

L'observation suivante m'a été communiquée par M. French, de HarpurstreeL:

Le 9 juin 1782, A... me consulta pour un ulcère qtii était litué sur !e gland et qui était le siéee d'une douleur excessive.

Sachant qu*il menait une vie déréglée , et ayant appris de loi qu'étant dans un état d'ivresse il avait eu commerce avec une femme, je considérai l'ulcère comme vénérien. 11 était alors dans un état fébrile et peu favorable à l'administration du mercure : en conaéqU' nce, je lui prescrivis le quinquina en décoction, et l'élixir de vitriol avec la teinture thébaïque, à dose proportionnée à l'intensité de la douleur. Je lui défendis l'usage de toute liqueur fermentée ; je lui recommandai de se nourrir principalement de lait, et de bassiner l'ulcère avec un Uniment composé de parties égales d'huile d'amandes et d'eau saphirine (aqiui saphirina) (1). Vers le 17 du même mois, la lièvre ayant éprouvé un amendement, l'ulcère parut plus net; et la douleur ayant diminué » je prescrivis de petites doses de mercure et d'extrait de ciguë. Le 4 juillet, remarquant que le mercure agissait d'une manière lâcheuse, je prescrivis trois grains d'extrait de ciguë deux ou trois fois par jour, ainsi que la décoction de quinquina comme auparavant, avec vingt gouttes de teinture thébaïque qui furent graduellement portées jusqu'à soixante, et que le malade prit le soir en se couchant. L'ulcère avait pris beaucoup d'extension pendant l'emploi du mercure , et il avait détruit la moitié du gland. Le 1*' octobre, M. Hunter fut consulté ; il conseilla d'ajouter la poudre de salsepareille à la décoction de quinquina, de donner le laudanum à hautes doses, et de baigner l'ulcère avec la teinture thébaïque. Peu de temps après le commencement de ce traitement, le reste du gland fut éliminé, la plaie qui succéda à la chute de l'escarre se cicatrisa graduellement, et la santé générale se rétablit. Ce cas présenta deux autres symptômes qui méritent d'être mentionnés; la moitié droite du frontal et le pariétal gauche devinrent le siège d'une tuméfaction considérable accompagnée de vives douleurs , et des taches semblables à celles du scorbut de mer se montrèrent à la partie interne du tibia gauche; ces deux symptômes disparurent pendant la durée du traitement. Quelques mois

(4) Eau êaphirinê ou Eau cétetie, formée d'eau de chaux, de selaow mooiac et de verldegris, variable d'ailleurs suivant les formulaires.

TR VAUDfES Qri BraSBWKBKr

aprj», les tum^r^ de H iHe se irprodninmil; il «e I pittsimrs dic^ qui furent ouverts, et l'on Iroim les os 4l * criute cariés d&Ds une grande ëtendw. Poor calmer •» dooletm, le malade prit . pendant plusieurs ncns, deux eoit fjaanuile goQttes de laudanum et six grains d'opium par joar. Les nlcères se gnérirent , et il s'en ouvrit d'autres en dirnsti parties de la tête, qtû se gn^nnzii également. En juin 1785, 3 n'y avait pins qa'un large nlcère qm oocapnit t'tngle de Ytà droit.

One dame awoiwha le 30 septembre Î776. L'enfant «art fnible . et la qaantit^ de lait «lue renfermaient les seins de It mère èunt trvs abondante, on jugea k propos de faire trier cette dame par un enfantdu vcôsinage, afin d'entrctetirr les »iiii dans nne condition convenable. Il est à retnanjoer que cMi dame donna le sHn droit à son enfant, et le gaoche à l'cnfaiil étranger. An boot de sîk semaines envtran, te maowkn dn aein gaocbc cmnmença i s'enflammer, et tes glandes de l'a^selle st lamtfèffnl. Queues jovrs aprt« , il se forma sutoor du namHon plusieurs petits ulcères qui. s'i'lendant rapidctoent, coinmsniqnèTent bientôt ensemble et n'en ftHinèrent plot qa'nn ; à la fin, la totalité du mamelon fat détruite La tumeur de l'aisselie se dissipa , H l'ulcère de la mamelle se cicatrisa dan» resp:ice denriron trois mois à partir de son début. Vers cette époque, ienfant étranger avait la respiration courte ; il arart des aphthes dans la bouche ; et :l mourut de consomption, présentant plusieurs ulcères en différentes parties dn corps. Ia malade se plaignit, dans le mime temps, de donlenrs lancinantes qui se faisaient sentir dans diverses régions, et auxquelles succéda . sur les bras, sur les jambes et sur les eusses, une éruption de plaques dont plusieurs devinrent des ulcéra. La malade fut alors soumise à un traitement noCTCHrid, et à l'usage de la salsepareille en décoction On essaya le mercure sous des formes diverses : à lintérieur, en solution et en pilaks; à l'extérieur, sous forme d'ongu^t. On ne put en oontoracr l'emploi qu'un petit nombre de jours chaque fois, car il prodwsait toujours de la fièvre, de la diarrhée et des douletirs mte** nales très vives. La malade re^ta dans ces ciu.iijU.-r.s jt.-q:i ac 16 mars 1779, époque à laquelle «Ht «apuii tii d'sn aatlt»*

A LA bYPHlUS CONdTITLTiONNfiLLË. 773

fant qai était dans un état morbide. Cet enfant fut confié aux soins d'une nourrice et vécut environ neuf semaines; son épiderme se détachait dans plusieurs points, et une éruption squammeuse couvrait tout son corps. Peu de temps après la mort de l'enfant , la nourrice accusa de la céphalalgie et de la douleur dans la gorge ; des ulcérations se formèrent sur ses seins. Divers médicaments lui furent prescrits» mais elle se détermina à entrer dans un hôpital , où on la fit saliver , et dont elle fut renvoyée au bout de quelques mois, sans être guérie. Les os du nez et du palais s'exfolièrent» et quelques mois après, elle mourut dans un état de consomption . De tous les agents thérapeutiques qui furent employés par la dame elle-même, aucun n'eut d'aussi bons effets que les bains de mer. Vers le mois de mai, elle commença l'usage de la tisane de Lisbonne , qu'elle continua régulièrement pendant environ un mois ; et les ulcères, pansés avec le laudanum, se cicatrisèrent. En septembre (1) , elle fut délivrée d'un autre enfant qui n'offrait aucune trace extérieure de maladie ; mais cet enfant paraissait mal portant , et il mourut avant la fin du mois. Environ un an après cette époque, les ulcères s'ouvrirentde nouveau, et malgré des pansements mercuriels et l'usage de divers médicaments à l'intérieur, ils persistèrent pendant une année, mais ensuite ils se cicatrisèrent une dernière fois.

Addition de G. G. Babington. — Hunter croit évidemment que ces cas, ainsi que ceux qui leur ressemblent, ne sont point vénériens ; et, dans un autre endroit, il nie qu'il soit possible qu'un enfant reçoive l'infection vénérienne de sa mère , avant sa naissance. L'exposé des faits suivants, qui s'observent assez fréquemment et qui sont assez spéciaux pour qu'on puisse les donner avec toute confiance dans leur exactitude , permettra de juger si l'opinion de Hunter était fondée.

Lorsqu'une femme est atteinte d'une affection syphilitique constitutionnelle pendant la grossesse, elle paraît être disposée d une manière toute particulière à l'avortement ; et il est très probable que la cause de l'avortement est la mort de l'enfant, qui vient au monde privé de vie dans le plus grand nombre des

T74 WAIAMBS tfiyt WBWBBBtBWy

CAS. et qui, nrtliiinirement, cesse de dotinPr dea si^es i'e

tence quelques jnurs avant son expulsion.

Tontefois, si l'nvortemprt n'a pas lieu, il est l^^s ordinaire de voir que i'enTant ne présente «ucun signe de maladie ati moment de sa naissHiiee. Mais h une <^oque qui v«rie, en g/n'nl. entre trois et cinq semaines aprf's sa naissanee, sa santé s'aH^re; il Burvient dea éruptions sur les caisses , dans les logions inguinales, entre les fesses ou sur les ors;nne3 de la génération. Ces éruptions présentent l'aspect de taches qui affectent en général la forme circulaire, et qui offrent une surface brillante et une légère desquamation , mais sans le moindre épaiiisissemenl tubermleux. A mesure que la mnladie fait des progrts, et» lâches s'agrandissent, et il arrive quelquefois qu'elles occupent presque tout le corps. Dans les plis que forme la peau . elles s'excdrient quelquefois légèrement, et même, auprès de l'anii*, à lomhilic et sur les organes génitaux des petites filles, forment de petites excroissances qui se rapprochent du eondjiôme. Alors, chez beancoup de sujets, il se forme des ulcères d«ns l'intérieur de la bouche et dans le gosier; les narines sont en partie bouchées par l'accroisBement de leur sécrétion, et la voix devient faible et rauque. Avec tous ces symptômes coïncide un état morbide général tri^s grave. Df*s le début des symptômes, rprifant dépérit ; et, à mesure qu'ils continuent, il devient de plus en plus fiiible et émacié. Si cet état est négligé, il se termine souvent par la mort; mais, sous l'influence d'un traitement mercuriel, tous les symptômes sont facilement dissipés, et l'enfant peut être rendu à une santé parfaite.

Les personnes qui ont des rapports trës intimes avec un enfant atteint de cette maladie, jieuvent recevoir de lui l'infection. Lorsqu'un tel enfant, ayant des uictres dans l'intérieur de la bouche, suce le sein d'une femme saine, il arrive le plus souvent que des ulcères se forment sur le mamelon. Or ces ulcères ne ressemblent point aux fissures qui sont si communes sur les mamelons des femmes qui donnent à teter, et qui ne déterminent ordinairement aucune perte de substance ; mais ce sont des uicf-res rongeants, qui, avant qu'on ait pu en obtenir la cicatrisation, détruisent la totalité ou la plus grande partie du numelon, lis déterminent aussi, en général, dans l'aiMelle, no

A LA HYPHIUS COMTITUTIONNSLLE . 775

engorgement glandulaire, qui, toutefois, passe rarement à la suppuration. Au bout de quelques semaines , il survient des afTections morbides de la gorge, des éruptions ou des nodus qui ne différent en rien des formes ordinaires de la syphilis constitutionnelle.

Lorsqu'une femme, aprèS avoir été infectée de cette manière par un nourrisson qui n'a sucé qu'un sein, donne à teter à un autre enfant bien portant, l'infection n'est point communiquée à celui-ci, si elle a bien soin de ne lui donner que le sein opposé, etde ne jamais mettre dans sa bouche le mamelon qui a été suoé par l'enfant malade. Mais si cette précaution n'est pas prise, et que les deux seins soient présentés indistinctement aux deux enfants, l'enfant bien portant contracte, à la face interne des lèvres, des ulcères qui sont suivis d'une éruption squammeuse de la peau, exactement semblable à celle qu'on observe sur le corps d'un enfant qui a reçu l'infection de sa mère.

Il serait facile d'appuyer ces assertions sur des observation! détaillées. Les résultats sont assez uniformes ; au moins, les cas où l'on voit les phénomènes morbides dévier de leur marche habituelle ne sont pas plus nombreux que les cas insolites que présente la maladie vénérienne communiquée par la voie ordinaire dans les relations sexuelles.

Il est difficile, en face de ces faits, de nier que de tels symptômes soient l'effet du virus vénérien. Il est vrai que les symptômesvénériens, chez les enfants, ne sont pas précisément les mêmes, soit dans leur marche , soit dans leur aspect, que les symptômes les plus ordinaires de la maladie vénérienne chez les adultes. Il parut que les affections des os el du périoste, de même que les éruptions tuberculeuses, ne s'observent point à cet âge. Cependant, comme les symptômes, chez l'adulte d'oii la maladie provient, et chez l'adulte auquel l'enfant la communique, sont identiques à ceux de la syphilis commune, on doit en conclure que les différences qui viennent d'être indiquées doivent être attribuées à l'âge et aux conditions particu* Hères oii se trouve l'enfant, et non à une différence de virus.

11 est impossible d'admettre l'argument avancé par Hunter, savoir, que les cas qui nous occupent ont dû être l'objet d'un diagnostic erroné, parce que les symptômes secondaires de la

1^8 RUIAOIBB Qi;i aSMIMBUNT

fyphilis ne communiquent jamais l'infection. Les faits sont si Ûêfl établis, qu'il est plus difficile de les nier que de révoquer ta doute le principe.

Addition DE P. RicoBD. — Je partage ici complètement l'a de M. Babington ; aeulenient je pense que, jusqu'à présent, on n'a pas encore bien déterminé la nature absolue des accidents qui peuvent se transmettre des enfants aux nourrices ; et qM tel accident ri5puté secondaire transmissible pouvait bien arotr été d'abord primitif; comme aussi, dans quelques cas . telle nourrice qui disait avoir été infectée par son nourrisson, pouvait bien avoir contracté la syphilis autrement.

Quoi qu'il en soit, dans l'état actuel de la science, si l'explication laisse encore beaucoup à désirer pour satisfaire compM» tement tous les esprits, il existe un grand nombre d'observaliOM incontestables de sypbilis transmise du nourrisson à la mnirrice, et vice rerêâ.

Quant aux accidents tertiaires, que M. Babington croit ne pas exister chez les enfants, subissant des modifications dépendantes des conditions particulières dans lesquelles ils se développent, ils revêtent si facilement la forme des scrofules, que leur cachet spécial est efTacé et leur origine perdue.

Lee cas suivants, qui dérivent tous de la même source, sont la meilleure preuve possible qu'il se forme chaque jour des poisons nouveaux, qui ressemblent beaucoup, sous plusieurs rapports, mais non sous tous, au poison vénérien, de sorte que ce n'est pas par les points de ressemblance, mais par ceux de dissemblance qu'il faut les juger.

Les parents de l'enfant qui est le sujet de l'observation suivanle étaient et sont encore, selon toute apparence, des gens très sains. L'enfant naquit faible ; sa mëre, n'ayant que peu on point de lait, le confia, trois semaines après sa naissance, à une nourrice dont le lait datait de sept mois et qui allaitait son propre enfant. La nourrice donna le sein droit à son enfant, et le sein gauche à son nourrisson. La nourrice remarqua que la peau de son nourrisson commençait à présenter des des-

A LA SYPHILIS CONSTmJTIONNBLLE . 777

quamations ; mais il n'y avait nulle part d'excoriations, excepté autour de Tanus , oti l'aspect de la peau était tel, qu'on eût dit que la partie avait été échaudèe. La même espèce de desquamation se manifesta sur les lèvres , mais il ne parait point qu*il s'y soit formé des ulcérations, bien que les habitants du pays affirmassent que c'étaient des aphthes. La surface interne de la bouche et la langue paraissaient saines. Le nourrisson mourut au bout de quinze jours, et alors la nourrice allaita son propre enfant pendant trois semaines avec les deux seins indistinctement. Au bout de ce temps, elle vint à la ville pour nourrir un autre enfant. Elle donna à teter à ce second enfant; mais après un séjour de dix à onze jours à la ville, elle sentit que sa santé s'altérait. On pensa que sa nouvelle manière de vivre, le séjour de la ville, et proba« blement un meilleur régime, ne convenaient point à sa santé, et alors elle partit pour la campagne, et emmena son nourrisson avec elle. Trois ou quatre jours après son arrivée i la campagne, par conséquent une quinzaine de jours après avoir pris son nouveau nourrisson, et cinq semaines après la mort du premier, son mamelon gauche, qui avait toujours été sucé par le premier nourrisson, commença à s*ulcérer, de sorte qu'il lui fut impossible de donner à teter avec le sein de ce côté. Cet ulcère du mamelon devint extrêmement douloureux. Un ou deux jours après, il survint une éruption d'abord sur la figure, puis bientôt sur tout le corps, mais surtout sur les jambes et sur les cuisses. Cette éruption continua à sortir pendant environ quinze jours ; elle avait d'abord beaucoup de ressemblance avec l'éruption de la variole, et le troisième jour de sa sortie elle s'accompagna de fièvre, de malaise général et d'une vive douleur. On fit prendre, toutes les quatre heures, à la malade une mixture avec le sel d'absinthe, et tous les deux jours quelques laxatifs, tels que l'infusion de séné, le tartre soluble, etc. , mais sans aucun effet, car les symptômes empirèrent. Deux ou trois jours après l'apparition de l'éruption cutanée, une des glandes de l'aisselle se tuméfia, suppura, et fut ouverte au bout de quinze jours, puis elle se guérit presque tout de suite. Quelques unes des pustules s'accrurent rapidement, devinrent de larges ulcères, ayant presque le diamètre d*une demi-oou»

378 M1LAHB8 QUI I

ronne, surtout sur les jiiiiibes et sur les cuisses, rent d'une large croûte ; plusieura restèrent petites, purent être que de simples papules. Quinze jours e le dt-^but de l'éruption, quelques unes des pustules disparnfi>fd ; et quatre semaines plus tard, un uicëre putride se forma m l'amygdate gauche. Lu chirurgien de l'endroit, voyant qu'il M pouvait retirer aucun avantage du traitement indiqua ci-desnc, se décida à prescrire le sublimé corrosifà la dose d'un demi* grain en dissolution malin et soir. Au bout d'un» semaine eaviron, on crut remarquer que le gonflement des ulci'H** reslail fitationnaire, que la suppuration était un peu moindre, et qM l'ulcère de la gorge avait une apparence plus favorable. Ce fut à cette époque que je vis la malade pour la première fois, c'était à peu près six semaines après le début de l'éruption et quinze jours après l'apparition de lutcfere de l'aniygilale. L'éruption était alors, à peu de cbose prës, dans les conditions qui ont dt4 décrites ci-dessus, mais l'ulcère de l'amy^^dnle était net et en voie de cicatrisation. Les détails de ce fait me firent penser que la maladie n'était point vénérienne. En conséquence, je conseillai d'abandonner tous les remèdes, qui du reste ne pouvaient être en usage que depuis quinze jours au plus, car ce n'était que depuis la formation de l'ulcère sur l'amygdale que le mercure était administré, et cet ulcère n'existait que depuis quinze jours quand je vis la malade. Peu de temps après, la malade se rétablit. Après un certain temps pendant lequel elle s'était bien portée, elle s'adressa de nouveau au chirurgien du pays, pour un abcès qui s'était formé sur le sein dans le point oii la maladie avait débuté, et avec lequel coïncidait une nouvelle éruption du visage.

L'abcès fut ouvert et se guérit en peu de jours ; l'émptioa disparut à la suite de l'emploi d'un laxatif. Depuis ce temps, cette femme s'est toujours bien portée, et il n'est résulté de sa maladie d'autre effet fâcheux que la perte totale de son mamelon.

Voilà un cas qui certainement a été considéré comme véné-

Cinq jours après le début de l'éruption chez la nourrice, le nourrisson fut repris et confié à une femme saine, pleine de

A LA 8YPHIU8 COZiSTITUnONNBLLE . 779

fraidieari âgée de vingt-quatre ans, et qui était accouchée de son premier enfant depuis onze mois. Au bout de quelque» jours, elle remarqua sur la tête de l'enfant une éruption assez semblable à celle dont avait été atteinte la nourrice précédente. Bientôt sa bouche s'excoria, et il ne teta plus qu'avec difficulté. En peu de temps, l'éruption de la tête se dessécha et devint le siège d'une desquamation ; puis il en parut une autre sur la face, sur les genoux et sur les pieds, mais celle-ci différa complètement de la précédente, car les pustules de la première avaient suppuré, tandis que dans celle-ci les plaques restèrent superficielles, donnèrent lieu à une desquamation» et laissèrent une tache circonscrite d'un brun clair, qui continua à s*accroitre pendant cinq semaines. Cette éruption dura près de trois mois, au bout desquels l'enfant se trouva extrêmement amaigri. Mais comme aucun traitement particulier n'était indiqué, aucun médicament ne fut prescrit; quelques semaines BfThSf l'enfant fut transporté à Londres, oii il se rétablit parfaitement

La seconde nourrice, quelques jours après avoir donnéàteter à l'enfant, vit se former sur son sein gauche des taches semblables à celles de la première nourrice, avec cette seule différence qu'elles étaient moins nombreuses, et qu'elles s'accompagnaient d'une inflammation phlegmoneuse plus intense. Elles continuèrent à faire des progrès et s'agrandirent pendant sept ou huit jours. Alors le mamelon du même sein s'ulcéra, et l'ulcération s'étendit assez pour en faire craindre la destruction complète. Bientôt les cuisses, puis les jambes, participèrent à la maladie. Elle allaita cet enfant pendant environ trois mois. La maladie ne manifesta plus de tendance à faire des progrès, et dans l'espace de douze ou quatorze jours elle disparut entièrement, sans que la malade eût pris d'autre médicament que quelques onces de décoction de quinquina. Le seul topique qui ait été appliqué sur le sein fut de l'onguent simple.

Cette femme, à cette époque, avait si peu de lait qu'on fut obligé de se procurer une troisième nourrice pour l'enfant, et elle retourna à la campagne. Son propre enfant étant sevré, elle n'eut plus occasion de donner à teter, et bientôt tout son lait fut entièrement tari. Cependant , pour amuser son enfant

780 MAtAWEg qn bessewhlbnt

(|uand il était de mauvaise humeur , elle lui mettftît à bouche le mamelon du sein qui avait été malade. II en résoht qu'en peu de jours cet enfant devint malade de la même manière que le nourrisson. Elle consulta alors un chirurgien distingué, qui, n'ayant point connaissance des circonstances antécédentes, supposa que cette affection était de nature vénérienne, et prescrivit «ne liqueur incolore, qui, selon toute apparence, était une solution de sublimé corrosif, dans la proportion de seize grains pour une chopine d'eau. La dose était d'une cuillerée à bouche. Elle prit ce médicament suivant les inslnictions qu'elle avait reçues, et en donna à son mari ainsi qu'à son enfant ; pour ce dernier, la dose était seulement d'une cuillerée à café. Sous l'influence de cette liqueur, elle se rétablit.

La troisième nourrice, de même que la précédente, fut affectée en peu de temps, mais les taches se montrèrent encore moins nombreuses ; on eût dit que la maladie perdait beaucoup de sa force, car chaque infection nouvelle offrait un caractère moins malin que les précédentes. La malade guérit sans prendre aucun médicament.

ADDmoN DE l'Éditeur anglais, — On lit de plus dans l'édition de Home ; - Le cas suivant est un exemple de l'influence que l'état de l'esprit peut exercer sur le corps, et des effets fâcheux auxquels sont exposés les malades qui se livrent sans frein à leurs idées sur les affections dont ils se croient atteints. Je le donne tel qu'il m'a été transmis par le malade lui-même, dans le désir d'avoir mon avis:

- En mai 1789, étant à Londres, j'eus le malheur d'avoir

- des relations avec une femme de la ville. Cinq jours après je " me livrai à un exercice extraordinaire, et comme il faisait

- très chaud, je transpirai très abondamment. Celtetranspira-

- tion eut lieu à la tête, et plus particulièrement au front. Dans

- cet état, je retournai à la campngne, et tandis que j'étais sur

- la route la sueur augmenta; quand elle cessa, elle me laissa " une chaleur brillante au front, de sorte qu'il m'était impos- " sible de supporter mon chapeau. Cette chaleur continua pen-

- dant toule la nuit, s" accompagnant d'une douleur extérieure ■ au front Le jour suivant elle augmenta, et le surlendemain

A LA SYPHXUS CONSTlTiTIONNELLF. 781

*• elle parut perdre de son intensité; mais elle se fit sentir plus " ou moins pendant plusieurs semaines. A mon retour chez *• moi, j'eus des rapports sexuels avec ma femme. Dàs lors la n crainte agita tellement mon esprit que je ne pus trouver de *• repos qu'en exposant ma situation à un chirurgien et à un n apothicaire. Je craignais que l'affection de ma tête ne dérivât >* d'une maladie vénérienne. Le chirurgien parut ne craindre • aucun danger. Je le sollicitai de me donner quelques purga- M tifs, espérant qu'ils dissiperaient l'inflammation dont ma tête n était le siège, et qu'ils me délivreraient aussi du virus que je n pouvais avoir contracté. Malgré l'emploi de ces médicaments^ vje continuai à éprouver quelquefois les mêmes sensations *• désagréables, en même temps qu'un malaise qui avait son n siège dans la gorge et dans les dents.

•• Jusque-là, il n'y avait eu rien d'anormal vers les organes I» génitaux, si ce n'est une sensation de chaleur qui n'avait I» point été perçue ou remarquée auparavant. Il me sembla alors n que cette chaleur augmentait. Par une inspection constante *» et attentive, je trouvai que le volume de la verge diminuait » par intervalles. Le gland prit une coloration jaunâtre pâle, et m les glandes situées derrière le gland parurent se couvrir de n mucus. La chaleur de la tète diminua ; la gorge et les dents n furent le siège d'un malaise plus grand.

I* Dans la première quinzaine qui suivit mon retour, je décim dai mon apothicaire à me donner de petites doses de calomel. n Pendant les premiers jours, elles me purgèrent très violem- » ment ; en conséquence, on en diminua la quantité. Pendant n tout ce temps, je n'éprouvai aucun écoulement ; mais après n avoir pris ce médicament pendant quelques jours, je ressentis " un peu de chaleur et de douleur dans l'aine ; ma verge me n parut chaude parfois, et j'éprouvai quelques élancements t* douloureux autour de la tête. Ce traitement fut terminé au M bout d'une quinzaine de jours, et alors je commençai l'usage n des altérants. Pendant que je prenais ces agents thérapeun tiques, l'état de ma gorge parut empirer, surtout vers le soir.

n Six semaines après mes rapports sexuels, je fus jugé guéri, >* et j'abandonnai tout traitement.

» Peu de temps après, le matin, avant d'uriner^ j'aperçus,

782 MALADIES Qt'I HESSEaiAt&KT

n en écartant les lèvres deVorifice de l'urètre, une petite qnan- I» tité d*iin liquide blanchâtre, formant une goutte qui n'égala M jamais le volume d'un pois et ne paraissait jamais que le matin. » Je voulus savoir quelle tache ce liquide formerait sur du linge i> propre ; il y laissa une marque verdâtre. Je communiquai n immédiatement ce fait au chirurgien, qui me défendit de m'en » occuper et m'assura que cela n'avait aucune importance. Mon » esprit était trop tourmenté pour que je pusse me contenter de n ces assurances; c'est pourquoi je consultai un médecin. Celoin ci me dit que si j'étais affecté, ce devait être à un très faible »» degré, et qu'il n'était pas possible que j'eusse infecté ma «femme. Néanmoins, il jugea convenable de me prescrire n quelques médicaments, et me conseilla de suivre un traite- M ment tonique après en avoir fait usage pendant quinze jours. n Je commençai alors l'administration de ces médicaments ; je I» pris une grande cuillerée à café d'un électuaire trois fois par jour; n ma gorge commença bientôt à aller mieux ; au bout de quinze » jours, le traitement fortifiant fut commencé. Lorsque je cessai n l'emploi des médicaments ci-dessus indiqués, ma gorge devint » le siège d'une sensation pénible comme auparavant. Une ou n deux fois je remarquai à l'orifice de l'urètre un liquide clair » et plus glutineux que mon urine. Je remarquai que cette cirn constance avait toujours lieu après les érections.

«« Le traitement fortifiant fut continué pendant environ quinze w jours. Ma gorge était très douloureuse vers le soir, et offrait n de la rougeur. Un bouton dur et rouge se forma sur le palais. » Ces symptômes m'affectèrent vivement.

» Je commençai alors à prendre un électuaire semblable au w premier, et je bus chaque jour une chopine de décoction des w bois. Je suivis ce traitement pendant six semaines. Je fis » usage des médicaments toniques pendant environ quinze » jours, puis je les abandonnai. J'employai un grand nombre n de remèdes pour ma bouche et pour ma gorge; tantôt un élecn tuaire, des gargarismes avec du vin de Porto ; tantôt des " gargarismes avec une décoction de roses, avec du miel, etc.

n Maintenant je me trouve plus mal que jamais ; car bien » que je n'aie jamais été dans l'impossibilité de continuer mes i» affaires, j'éçTouN^ c^udcyies sensations désagréables de plus :

A LA ftTraïUS CONSrmmONWELLE. 783

m ce sont des douleurs qui ont leur siège dans les tibias, et qui

• se font sentir, comme des piqûres d'épingle, surtout après la n marche ou la station debout. Elles ne sont pas violentes, n mais elles sont pénibles. Mesjambes me paraissent quelque-

• fois extraordinairement raides ; je ressens de la cuisson dans m le genou et dans le creux du jarret, ainsi qu'une douleur dans •» les reins et quelquefois dans le bras. Il me semble que mes » cors, qui sont souvent très incommodes, le sont devenus dali vantagt, surtout quand le temps est humide.

» Il y « environ trois mois, j'ai découvert à la face interne «• de la cuisse une tache, de la largeur d'un schelling, qui, orm dinairement de la couleur de la peau, prend quelquefois une M couleur cuivrée ; cette coloration ne manque pas de se pré- •• senter quand cette partie est échauffée. Plusieurs taches de i> couleur moins foncée se sont manifestées de l'autre côté. Il I* en existe plusieurs qui ne sont pas plus grandes qu'une tête » d'épingle, et qui s'élèvent au-dessus du niveau de la peau, « dans diverses parties du corps. Elles ne sont le siège d'au- *» cune douleur. Cette semaine, quelques taches très larges se n sont formées autour du cou, et le côté droit de cette région n est douloureux parfois. Depuis quelque temps mon nez et *• mon front sont devenus le siège de sensations différentes de I» celles qui y étaient perçues habituellement. J'y ressens de la I* chaleur, de temps en temps un picotement et des élancen ments, et une tension dont je ne puis bien rendre compte. La n peau pardt rouge autour du nez. Au moment où je vous >* écris, j'y sens de la douleur et de la tension. Mes yeux me I* semblent plus faibles qu'à l'ordinaire, et quelquefois ils sont m rouges. Ma bouche a été affectée ; la membrane est pâle, p et excoriée en quelques endroits. La salive est très désagréan ble; l'haleine est fétide. Toutes les fois que j'ai des vents f» dans l'estomac, ma gorge devient très douloureuse. Il est n nécessaire que je vous dise que je suis d'un tempérament n dartreux, et que cette disposition a toujours donné lieu à des n boutons qui se développent entre mes deux épaules ou le m long de mes bras, et quelquefois, mais en petit nombre, sur •t ma figure.

» Lorsque je retournai chez moi en mai, je trouvai ma femme

784 MALADIES Wt BBMBMH.8KT

- pâle et faible. Je pensai que cVlait l'effet de la gri^ssesse. Il " paraît, d'aprts ce qui est arrivé depuis, qu'elle était alors en-

- ceintedesix semaines environ. Je priai lechirurgiendeme dire

• s'il pensait que je pusse altérer sa santé ; et que, s'il en était •• ainsi, je me jetterais à ses pieds et lui dirais ce qui s'était

- passé. Je fis la même demande au docteur. Tous deux m'af- .. Armèrent qu'il n'y avait aucun danger. Vers la fin de juin !• elle parut avoir une fièvre lente. L'apolhiraire la vit. Elle

- était très faible ; mais elle se rétablit graduellement. Dans le K mois de juillet, elle eut une frayeur terrible, à la suite de la-

- quelle son état redevint UH misérable ; elle t'tiiit faible, et ae

• plaignait d'un écoulement extraordinaire par le vagin. Après " beaucoup d'efforts, j'obtins d'elle qu'elle consentît à consulter " le docteur pour cet écoulement. Je sollicitais cette consulta-

• tien d'autant plus vivement que le docteur connaissait lotîtes " les circonstances relatives à ma santé. Je crai^ais beaucoup •> que les souffrances de ma femme ne fussent l'effet d'une

• maladie qu'elle aurait reçue de moi. Je parlai de l'écoule-

- ment au docteur, le priant de donner toute son attention aux > symptômes éprouvés par la malade, et le pressant de presn crire tous les moyens propres à la guérir. Il lui donna ses 1. soins, et m'assura qu'il n'y avait pas la plus légère apparence . que les symptômes qu'elle présentait provinssent d'une telle

- cause. Ces symptômes étaient l'effet de la faiblesse et de la " gestation. Elle n'accusa jamais aucune douleur dans tespar- " lies génitales, ni aucune chaleur en urinant. A cette époque, " elle fut tourmentée par une douleur qui avait son siège dans " les dents, dans les gencives, etc., et qui était presque sans

- rémi:ision. Le docteur prescrivit quelques romMes cordiaux X et fortifiait.':, qu'elle prit pendant quelque temps. Elle alla " mieux, mais elle éprouva presque continuellement des dou- 1 leurs de dents. L'écoulement du vagin diminua graduellen ment. Elle avait toujours eu de la tendance à la constipation, <■ mais cette disposition augmenta pendant sa grossesse. Le

• docteur m'expliqua cette circonstance par son tempérament, » par la grossesse, etc., et m'afSrma que tout était parfaile- >• ment naturel, et qu'il n'y avait pas la plus légère apparence >■ d'un syjnptÔHiP qui pijt provenir d'une affei-tion vénérienne.

A LA 8YPHIU8 CONSTITVTIONNBLLE . 785

•* Un mois ou davantage avant son accouchement, sea douleurs *• des dents, des oreilles et de la tête semblèrent s'accroître ; il » se manifesta de la rougeur au-dessus de ses sourcils» et cette » région était le siège d'une douleur très vive, etc. A cette épo- >• que, j'aperçus sur son visage quelques petites taches jauna- » très, une sur le front, deux ou trois moins larges auprès des n oreilles, etc., et quelques unes sur les bras.

n Enfin elle est accouchée d'un bel enfunt très bien portant.

n Ses dents restèrent douloureuses ; la joue droite l'était teile-

*• ment, qu'elle ne pouvait supporter le moindre attouchement»

>« Son sein gauche devint alors douloureux, et cela, d'autant

» plus que le lait s'y accumulait davantage. Elle avait toujours

n accusé une douleur dans ce sein depuis son premier enfant,

M et quelquefois elle s'imaginait y sentir une tumeur dure. Ses

f* deux mamelons devinrent très douloureux, et s'entourèrent

>* de petites ulcérations ; mais le gauche était beaucoup plus

*t malade que le droit. Il lui était extrêmement pénible de don-

f* ner à teter ; il fallait de temps en temps qu'une personne la

n tetât. Les mamelons se sont guéris graduellement, et main-

n tenant elle me dit qu'ils sont bien. A une époque rapprochée

n de son accouchement, il s'est manifesté une rougeur entre les

I* deux seins ; mais cette rougeur s'est dissipée. On voit actuel-

n lement un peu de rougeur de chaque côté de son nez, auprès des

it yeux ; et quelquefois le sommet et les côtés des narines pa-

» raissent rouges. Elle dit qu'elle n'y éprouve aucune dou-

n leur. Ses douleurs sont maintenant dans la gencive gauche,

*» et s'étendent dans la joue. Son urine est souvent très épaisse,

f> et présente un sédiment très prononcé, peu de temps après

» avoir été rendue.

n L'enfant ne présente aucune trace de maladie, mais il na- *» sille comme jamais je n'ai vu nasiller aucun autre enfant. Je >* suis toujours prêta voir les choses au pis, et je suis très affligé ^ de la crainte que cette circonstance n'ait une origine véné- !• rienne. L'enfant est gai, profite et dort bien. Mes deux au- » très enfants ont été misérables de temps en temps : pendant m des semaines, ils ont présenté dans les commissures des lèvres *• une excoriation évidente, qui avait une coloration blanchft- » tre. Je crois que ces excoriations n'existent plus. On leur • 50

- vaitftutoar du fuaiieuxuu Imîs |)rlîte« taches, et qnelqaefctt

• leur ncs 4ev uni rouge ^t dutilourrax. Je uub anc^lé de U r pelisse que) ai pu, yM un acte inconudéré, infaoter toate ti»

• famille. Ub ptr^tlion est Traiment digne de pitid. J'avais fini

- m» nttftjKâ avec (^mprcMeniftiU pour attaquer eelle mala-

• die de \^ Umae iK-ure ; maw. hélas ! j« craint d'ê-lre Innilié

- f>iilr« de mauvnÎMi» niaina.

> Cette affaire comporte an grand nombre de queslions d<> la c pioâ luuite importance pour mai. Pour oot qae»tions et pmu

• c«s riponaes, je nt'eti rapporte s votre jugement plu« éclairé

■ 4jae le micii : >c loe lionteiui à en poaer troia oa quatre pour

• ma pro|>re Mtisfactian :

• Si les gyiuptàntee que j'ai éprouvés ont leur origine dans

■ une t»f<'<Hii>n vénéncnne, ai-je pu infecter me* enfanU an les

• einbra3»ant, e» «wcbaut avec euic. etc. I

r Si r^Ciiulement de ma femme était v^érien, n'naratt-il pat -dû en faire nsîue un eemlilable cliez moîl ou bien l'emistetiee r d« la iii4ladie syphilitique duna ma oonstitation n'a-t-c)te pas r- pu prévenir cet effet!

- Les Jiiuieurs lit; ia U'Ik, dt-s lienls, desoreilies. etc. , r-nt-

■ elles pu provenir de celte cause l Si les mamelons de ma

- fennite avaient élé uffecti^j par lu maladie vénérienne, lin-

- fection n aurail-elle pas dû ict connu un iquer h la personne qui

- lu tétait! Et, s il ^n est ainsi, à quelle l'poque et de quelle

- manière l'infection ^e serait-elle manifestée chfz cette per- " sonne! Si le:> uicérations dt-s mamelonâ avaient été vci><v ' rieiine;', se seraient-elles guéries! La disposition de l'enfuNl

- à nasiller peut-ello venir de cette cause ( Une partie peut-elle

• être aflcc-'iOe de celtu maladie sans qu il se produise manifts-

- tenienl de rintlauiniation , du gonflement, et un écoulemei.l '.

- Je n'ai plus qu'à vous prier, monsieur, de vouloir bien n donner toute l'attention nécessaire â ce cas malheureux et " compliqué. Je désire vivement un soulai,'einent durable. -

D«t préteoduei aff-'ctioDs v^nèrieDocj coiuiïioai<|tiéci p&r Ja *t-'plaoUtior. d« deoli

Depuis que l'opération de la transplantation des dents e,-t pratiquée ii Londres, il s'est présenti^ quelques cas dans les-

A u 6VPU1U» coNtfrnrufioNNSLLE. Yfit

quels cm a soppoië qae rinfectioD vénérienne avait été eommu* nîqiiée par cette voie, et qqi ont été traités en conséquence. Le mode de traitement adopté n'a amené aucun résultat qui fât propre i détruire cette opinion ; oependanti lorsque l'on pèse tottteB le# circonstances qui se rattachent à ces faits, soit soua le point de viie de la manière dont la maladie a été contractée, soit sous celui du traitement quand la maladie a été traité^ comme vénérienne, on voit qu'ils présentent tous quelque chose qui it'est pas exactement semblable aux phénomènes ordinaires de la maladie vénérienne communiquée par la voie habituelle. Cette remarque acquiert une nouvelle force quand on fait atten* tion que quelques uns de ces cas n'ont point été traités comme vénériens, et que cependant ils ont été guéris ; d'où il résulte que la guérison des autres, qui a semblé être due au mercure, ne prouve point péremptoirement qu'ils aient été vénériens (1).

Je crois avoir vu, sinon la totalité , au moins le plus grand nombre des cas de cette espèce, et j'en ai traité plusieurs. Dans presque tous , l'aifection locale s'est montrée assez régulièrement un mois après l'introduction de la dent, ce qui est une période trop longue pour être admise comme durée moyenne de rincubation des symptôines syphilitiques; et lorsque des symptômes constitutionnels ont été produits, ces derniers ont suivi l'apparition des symptômes locaux à une époque trop rapprochée et trop régulière pour qu'on pût les considérer comme vénériens.

Mais on peut dire que l'opération de la transplantation a produit une maladie probablement aussi fâcheuse dans ses con*»» séquences que la syphilis. C'est une chose qu'on ne peut nier.

Le premier cas de cette espèce que j'aie eu à traiter a été celui d'une dame a laquelle on avait transplanté une bicuspidée.

(4) Il est à remarquer qu*icî ja ne m'appuie oullemenl sur Topinion que j*ai émise, et suivant laquelle la syphilis constilulionnelle n'a pas la propriété de se communiquer par infection ; et je crois que si la maladie qui nous occupe actuellement était de nature vénérienne, il fau* drail admettre qa elle émane d'une syphilis constitutionnelle dont aurait été atteinte la personne qui aurait fourni la dent, car les chancres ne sont pas communs dans la bouche, et. à l'inspection de celle partie, oo les apercevrait; Je crois aussi qu'on ne voit guère dans la bouche des écoolements semblables à la gonorrbée. J. HoiiTia.

788 MALADIES Qt't RESSBMBLKKT

La dmit transplantée se consolida trJ?* bien. Un mois environ apr^s l'opérHlion, cettedamedansajusqu'àcinqoufiixheureadtt matin, se refroidit, et fut priée en conséqQenced'unp Sbvreqw dura prëfl de six semaines. En même temps, ii s« fit une ulcération de la gencive et de la mâchoire, qu'on ne remarqua point alor^. Lorsque la malade commençait à se rétablir, on observa que non seulement la gencive et l'alvéole de la dent transplantée, mais encore ceux des dents adjacentes, étaient mnladea. Les deux liicuspidées furent arrachées et les alvéoles s'exfolièrent ensuite ; mais les parties furent très lentes à ae cicatriser.

Cette lenteur donna naissance à diverses opinions , dont la principak- fut que la maladie était vénérienne. En même temps , il se forma sur une jambe une tuméfaction qui était de lesptce des nndus indolents. Ce symptôme fut aussi considéré comme vénérien, ou plutôt comme venante l'appui delopinioncidessus indiquée. Mais je manifestai l'opinion cnntraire. Je conseillai ù la malade d'aller prendre des bains de mer. Elle suivit ce conseil, et se guérit parfaitement , tant di; l'afTection de sa mâchoire que de celle de sa jambe ; depuis elle s'est (onjours bien portée.

Le second cas de cetteespècequej'aie observé survint également chez une jeune dame : la dent transplantée se consolida parfaitement bien, et resta intacte pendant environ un mois, A cotle époque, la gencive commença à s'ulcérer, et laissa à no la dent et l'ulvéole. L'ulcère fit des progrès ; il survint des taches sur lu peau et des ulcères dans la gorge. La maladie fut traitée comme vénérienne; les symptômes cédèrent à ce traitement, miiis ils se reproduisirent à plusieurs reprises après des traitements mercuriels très énergiques ; cependant, à la lin , la guérisoii fut parfaite.

La seule remarque quej'aie à faire au sujet de cette observalion, c'est que les symptômes reparurent, après des traitements mercuriels non interrompus, beaucoup plus souvent que cela n'u lieu d'ordinaire dans les cas vénériens ; et pendant tonte la duri'c de la maladie, je soupçonnai qu'elle était de nature scrol*ul<:u>e.

Le troisième cas se présenta chez un homme. La dent Irans-

A LA SYPUIUS CONaTlTtTIONNfiLLE. 769

plantée resta sans causer le moindre inconvénient pendant environ un moia, au bout duquel le bord libre de la gencive devint le siège d'une ulcération qui continua à faire des progrès jusqu'à déterminer la chute de la dent. Quelque temps après, il apparut des taches à la peau dans presque tous les points de la surface du corps ; ces taches n'avaient point le véritable aspect vénérien ; elles étaient plus rouges ou plus transparentes, et plus circonscrites. Le malade présentait en outre une tendance à la fièvre hectique qui se décelait par de l'agitation, de l'insomnie^ la perte de l'appétit et de la céphalalgie. Il eut recours à des moyens divers ; mais voyant que son état ne s'améliorait point, on le soumit à un traitement mercuriel ; tous les symptômes disparurent en suivant la marche ordinaire de la maladie vénérienne, et nous le crûmes guéri. Mais, au bout de quelque temps, les mêmes altérations de la, peau reparurent, et, de plus, les os du métacarpe présentèrent delà tuméfaction. On soumit alors le malade à un traitement mercuriel plus énergique que le premier, et dans l'espace de temps ordinaire, tous les symptômes disparurent de nouveau. Un certain nombre de mois plus tard, la même éruption se reproduisit pour la troisième fois , mais avec moins d'intensité, et, sans aucun autre symptôme concomitant. Le malade prit encore du mercure ; mais tout le traitement se composa de dix grains seulement de sublimé corrosif, et la guérison fut complète. Il s'écoula trois années entre le premier traitement mercuriel et la guérison définitive.

Cette affection pouvait -elle être vénérienne? Le résultat des deux premiers traitements mercuriels, qui ont fait disparaître les deux premières éruptions, semble prouver qu'elle l'était en effet. Mais le troisième traitement, qui ne se composa que de dix grains de sublimé corrosif, produisit un effet semblable, et ce résultat tendrait à prouver que la maladie n'était point de nature syphilitique, car les symptômes qui reparurent après le second traitement, pendant lequel on avait donné une quantité considérable de mercure, n'auraient pas cédé à dix grains seulement de sublimé.

Le quatrième cas fut celui d'une jeune dame chez laquelle, à la même époque après la transplantation que dans les cas précédents, la gencive devint le siège d'une ulcération qui fit

des |*rcigTès consïdi^rables. Le chirurgien qui ftit i

premier fut d'avis qu'on devait avoir recours immédîatrtnfnH l'emploi du nierCtire. Je fus appelé ensuite nnpr&î de la maltdf , et je lui conseillai de ne point prendre de m'rf tire, afin qu'on pût s'assurer de la nnlute de la maladie. En effet, kI filé edt pria du mercure et qu'elle se fut gnéri*" sons Vinfluenoe dm trntletnent , c'eât été un tiouveau cas qo'on auwiit ajouta inx prétendus exemples de sjphilis commohiqii^e par la trans|ri*iilation des dents. Je prescrivis l'extraction de la deht, atin i« Voir quel efTet produirait Vablalion de la cause premièfp. Ia dent fut ôlée, et la gencive se cicatrisa auïsi rapidement q« n'importe quel ulc&re simple ; depuis, elle est resiée intacle.

Ce fait n'a pas besoin de commentaires. Je ferai cependinl remarquer que, si la malade avait été sourtlîse à un traitement mercurrel, elle se serait guérie également, selon toute probabî* lîtô, car la dent serait tombée dans l'espace de temps néceioaire potr un traitement complet ; et si les choses ae fuBsefit pêasita ainsi, on peut affirmer, sans crainte d'dlre démenti, que e* m eût été considéré (.-ommeréiiénen.

Le cinqui&me cas fat observé ctiés tane jetitie daihe dfi dixhuit ans, à laquelle on avait transplanté une incisive. La dent s'était très bien consolidée ; mais six ou sept semaines aprî-s l'opération, la gencive s'ulcéra. On fit immédiatement enlever la dent ; la malade ne prit pas d'autre médicament que du quinquina, et elle se guérit t^^8 bien en un petit nombre de semaines.

Le Bixiëme cas fut observé chez un jeune homme de vingttrois ans, natif de l'une des îles des Indes occidentales, A qoi l'on avait transplanté les deux incisives moyennes de la mâchoire supérieure. Vers la même époque après l'opération que âans le cas précédent, il se forma sut la geficive une ulcération qui prit une extension considérable; le bord libre de la gencive se gangrena et fut éliminé. On consulta nn chirurgien renommé, qui prescrivit le quinquina. Sans avoir recours à aiicnn autre moyen, le malade se rétablit très bien, àpeu près dans le même espace de tcmp- que les dames du quatrième et du cinquième cas, auxquelles la dent transplantée avait été enlevée. La ge" ■ cive se guérit parfaitement, mais elle resta extr*inem«rt étroite.

A LA SYPHILIS CONSTlTL'TIOlfNBLLE . T91

Parmi lès faits qu on vient de lire, il en est quelques uns qu'on sera tenté, au premier aspect, de considérer comme vénériens. Si l'on porte son attention Sur les autres, on décidera d'une manière absolue qu'ils n'avaient rien de syphilitique. Si ensuite on prend en considération toutes les circonstances qui se rattachent aux cas probablement vénériens , on arrivera à cette conclusion, autant qu'on peut s'appuyer sur le raisonneroent, qu'ils n'étaient point réellement de nature véhérienne. Le premier cas qui ait paru vénérien dans le temps fut celui que j*ai rapporté le second; mais, comme je n'ai pas suivi la malade pendant tout le traitement, je n'ai que peu de chose à en dire. Certainement , les symptômes se reproduisirent plus souvent qu'on ne l'observe ordinairement dans les cas de syphilis où il ne peut y avoir aucun doute sur la nature du mal, et la malade employa une quantité de mercure plus grande qu'à l'ordinaire. Il y a donc quelque chose d'obscur dans ce cas, car il ne s'accorde pas exactement dans tous ses points avec les cas ordinaires de syphilis. Le troisième cas présenta les mêmes récidives, et ressembla encore au précédent par la quantité de mercure qui fut nécessaire pour la guérison des symptômes.

Les effets les plus graves qui aient suivi la transplantation d'une dent sont ceux qui sont survenus chez une jeune damé et qui ont été rapportés dans les Médical irànsaciionSy t. III , p. 96, par William Watson :

Le dentiste, alarmé des premiers symptômes, me sollicita de voir là malade. Le bord libre de la gencive commençait à ft'uloéref • Comme je ne savais trop ce qu'il y avait de mieujc à faire, je éoAseillai an dentiste de préparer une forte solution de sublimé corroëif pour faire de fréquentes lotions dans la bouche, et d'appliquer sur la partie malade uti tampoh dé charpie imbibée de eelte solutioti. Mais ce moyen n'ayant point arrêté les procrée de l'ulcération, la malade consulta sir William Watson ) c'est au récit de ce fhédecin que je renvoie le lecteur, c'est là que je prendrai les bases de mon raisonnement. Toutefois je puis faire remarquer que le cas fut considéré à la fin comme syphilitique, quelle qu'ait pu être l'opinion premièrement Ibittéêi el pour les rAisons suivantes : 1* parce qite ce

793 «ALaDISS Ql'l KESeKHBLSKT

mode de cinlracter la maladif v<!iiérieiine était possible; 2' parce que la maladie iie cédait pas aux agents thérapcultquesqui sont sansefficacilé contre la sypiiiiisjel celle opinion paraît avoir été confirmée par l'influence favoriiltte du triûtemeot mercuriel. Mais la maladie considérée en elle-même. alwtrMtion faite du mode de communication et même du mode de irai* tement , ne présente point dans ses phénomènes une identil^ parfaite avec les phénomÈnes propres à la maladie vénérienne; et l'on n'a point pris les circonstances essentielles du fait a considération suffisante pour pouvoir ilétermmer s'il était réellement vénérien.

La marche de l'ulcération de la bouche, qui fut le premier symptôme de la maladie, fut plus rapide que ne le sont, en général, les ulciSrations vénériennes; carsi l'on admet qu'elle était vénérienne, elle doit être considérée simplement comme un chancre, c'est-à-dire, comme une affection locale.

Maintenant suivons la marche de la maladie dans la constitution. - Vers cette époque •■ , c'est-à-dire , quand la maladie locale faisait des progrès si rapides, - des taches apparurent snr la face, sur le cou, cl sur diverses parties du corps de la malade : plusieurs de ces taches devinrent des plaies ulcérées et douloureuses. " Cette manifestation des effets constitutionnels est trop rapprochée de l'apparition des symptômes locaux pour que la maladie fiit vénérienne : on sait que la syphilis constitutionnelle qui dérive d'une gonorrhée ou d'un chancre ne se manifeste pas ordinairement avant six semaines, souvent beaucoup plus tard, mais rarement plus tôt. Je n'insiste pas beaucoup sur une particularité, savoir, qu'il n'y eut aucun engorgement des glandes lymphatiques du cou, c'est-à-dire aucun bubon, car ces bubons ne sont pas un symptôme constant de l'introduction de la matière vénérienne dans la circulation, bien qu'on doive accorder que ce fait est de quelque poids dans un cas oii les autres circonstances ne sont pas parfaitement satisfaisantes Les accidents constitutionnels, quand ils se manifestèrent, fu' rent beaucoup plus violents et beaucoup plus rapides dans leurs progrès qu'aucun symptôme syphilitique secondaire que j'aie jamais vu. On sait que les taches vénériennes sont des mois avant d'arriver à la période croùteuse ; la douleur dont ces ul>

A LA SYPHIUa CONSTITtTlONNBLLE. 703

cères furent le siège ne s*accordc point non plus avec ce que nous savons de la syphilis constitutionnelle ; les taches vénériennes ne produisent aucune sensation , ou au moins très peu. Mais après tout, le mercure guérit cette maladie, quelle qu ella fût. Vingt-huit grains de calomel, divisés en quatorze pilules, furent pris, probablement en dix ou douze jours, car il fut prescrit à la malade d'en prendre une ou deux par jour, suivant qua les intestins le permettraient. Mais quoiqu'on associât au calomel la teinture thébaïque, ces pilules purgèrent si violemment, qu'on fut obligé de renoncer à ce mode d'administration du mercure. Cependant, malgré la petite quantité de mercure qui avait été employée , et quoiqu'il en eût été tant rejeté par les évacuations alvines, •• l'ulcération de la bouche et des joues cessa de s'étendre, devint moins douloureuse et présenta un meilleur aspect ; les taches de la figure et du corps devinrent plus pâles, celles qui s'étaient ulcérées se guérirent rapidement, et il n'en parut pas d'autres. ** En conséquence, on prescrivit » des frictions, deux fois par jour, sur les jambes et sur les cuisses, avec l'on* guent mercuriel double , à petites doses , ** dans la crainte que le mercure ne se portât sur les intestins. « Au bout de dix ou douze jours les coliques et la diarrhée reparurent avec violence, ce qui força à abandonner les frictions. A cette époque, les taches avaient toutes disparu ; les ulcérations du visage et du corps étaient complètement cicatrisées, et celles de la bouche n'étaient pas loin del être. ** (Ouv. cit., p. 326.)

La seule remarque que j'aie à faire relativement au traitement, c'est que la quantité de mercure qui fut employée n'aurait pas suffi pour guérir des chancres de la verge faisant des progrès aussi rapides que les ulcères de la bouche de la malade en question; elle ne suffirait pas non plus pour guérir des ulcères vénériens de la peau dont les progrès seraient aussi rapides que ceux des ulcères cutanés de cette malade. Si d'ailleurs on prend en considération l'influence que le traitement exerça sur la santé générale, et la manière dont la maladie se termina, je crois qu'on resierm convaincu que celle-ci n'était point vénérienne ; en effet, les phénomènes spécifiques, si la maladie était vénérienne, fiiml ansai extraordinaires que la manière dont la ma* ladie annût été contractée.

794 MALADIES qxi t

J'ai eu souvent occasion d' observer de CS8 CBd que l'on MHipçonnnit d'être vénériens ; et quoique les inaladea aient rMoatré

la santé pendant qu'ils étaient soumis à on traitement merviH rie!, je passe ces faits aotis silence, parce que l^a médecins qai traitaient cea malades n'ont point donné assez d' attention am circonstances qui auraient pu fournir des renseigncmpnts prédt et permettre de décider si In maladie était vénérienne ou non.

Après avoir examiné les faits au point ds vue des personnel chez lesquelles des dents ont élé transplantées , livrons-noiii i quelques remarques sur celles qui ont fpumî ers dents; car je crois que ces considérations jetteront queli^uo lumière sur le sujet qui nous occupe. Supposons que les jeunes filles dont a* prit les dents avaient réellement la syphilis constitutionnelle , et que , par suite, les dents étaient infectées aussi , supposilieii qui est la plus di-favorable ù mon opinion ; il nie semble que, même dans ce cas, il ne pouvait y avoir aucune diffôretice entr? la gencive de la jeune fille dont on prenait la dent et celle de le personne qui la recevait. Si l'ulcération se développa dans cette dernière par le contact de la dent infectée , l'alvénle de la jpohe fille dont on avait pris la dent n'aurait-il pas dû s'ulcéfef également! mais cela n'arriva chez aucune. Je viens de supposer les dents susceptibles d être infectées , quoique je pense qu'on n a encore jamais vu ces organes atteints priniilivetnent de la syphilis et que j'admette que lorsqu'ils en sont attaqués, ce n'est que diins les cas où la maladie, s'étant manifestée ailleurs. dans la bouche , dans la gorge ou dans le nez, s'est étendue consécutivement jusqu'à eux. Mais encore, alors même que les dents pourraient être atteintes de la maladie vénérienne et la communiquer à d'autres personnes, il serait fort extraordinaire que l'on eût rencontré justement le peu de dents qui pent-Kr^ ae trouvaient ainsi infectées.

Lorsqu'on fait attention que les jeunes filles dont on avait pris les dents n'avaient pas la plus légère trace de maladie vénérienne au moment de l'opération, et n'en présentaient pas davantage qoand la maladie éclata chez les personnes dans la mâchoire desquelles les dents avaient été transplantées, on trouve fort étrange que la maladie se soit manifestée chez les sujets qui avaient reçu et non chez ceux qui avaient dofini.

A Là SYPHILIS C0N8T1TUTI0NMBLLB. 796

n MraH tingtilîer mwsi que la maladie ee fit montrée équifi^uè à tcnites ses përiodes : dans son biode de prot^tegation, <ltÂi «es foHnes èxtërienres, dans sa gnérison.

RésnMons ttfas les arguments qni tendent à démontrer que la maladie n'est point vénérienne. 1* Deux malades qui, au début, présentèrent les mêmes symptômes que les autres, se guérirent sans traitement. 2*" Les malades qui parurent être guéris par le mercure ne suivirent point un traitement exactement semblable à celui qu on fait subir aux malades incontestablement atteints de la syphilis. 3° Je considère comme impossible que les parties qui ne sont pas malades elles-mêmes aient la faculté de communiquer l'infection. 4'' Il n'a jamais été démontré que les parties qui passent pour avoir transmis l'infection aient été infectées elles-mêmes.

Mais , que mon raisonnement soit juste ou erroné , les personnes qui ont besoin d'avoir des dents transplantées n'y gagnent ou n'y perdent rien ; car il est certain que cette opération a été suivie d'une maladie qui, dans quelques cas , s'est montrée plus grave, ou a été plus difficile à guérir que ne l'est ordinairement la syphilis constitutionnelle. Quelle que soit cette maladie, je ne connais aucun moyen de la prévenir, si ce n'est de retirer la dent de bonne heure ; cette pratique n'a été tentée que dans un seul cas, et elle a été suivie de succès.

Ce qui précède peut effrayer beaucoup de personnes et les détourner de recourir à la transplantation : sous ce point de vue il ne peut en résulter d'autre mal que le chagrin de penser qu'il n'y a rien d'efficace à opposer à la destruction morbide des dents. Mais on doit se rappeler qu'ici je ne publie que les cas malheureux, ce qui est le contraire de ce que l'on fait généralement dans les livres de médecine. Mon seul but , en les publiant, est d'empêcher que la maladie, quand elle se développe, ne soit traitée par des moyens qui ne conviennent point.

On peut demander quelle est cette maladie? Il est plus difficile de dire ce qu'elle est que ce qu'elle n'est pas. Je répondrai qu'une dent saine transplantée peut faire naître une irritation assez forte pour qu'il en résulte une maladie d'une espèce particulière, capable de développer les phénomènes locaux qu viennent d'être décrits.

Je»

mAl.&X4B QCl ftBSSEVBUDffT A Là STPHIUS, ETC.

pu tenoîiier sans £ûre smaïqner qiie les maladies

m la si-pliQis qui n'ont point été décrites sont très

. « ^ae k pe« qne j*cn si dit doit être oonsidérf

mit vaàe ouverte & des investigations nltérieiires

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EXPLICATION DES PLAKCHES.

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